17/04/2017

Ce que l'Arbre de vie de la Basilique St-Nazaire et St-Celse nous révèle...

La théorie la plus répandue et admise comme vérité absolue serait que 18 panneaux du vitrail "Arbre de vie", situés dans le chœur de la Basilique St-Nazaire, auraient été refaits par le maître verrier parisien Alfred Gérente. D'après les nombreux ouvrages consultés, Viollet-le-duc demanda à Gérente de réparer le bas du vitrail. Lily Devèze indique que la maître verrier " a substitué aux quatre fleuves du Paradis l'image d'Adam et Ève, entourés de l'arche de Noé et de l'arche d'alliance, ainsi changeant l'arbre de vie en arbre de mort.

3166333959.jpg

© C. Desneux

Au-dessous d'Adam et Ève, on peut lire cette inscription en latin tentant de réparer l'erreur 

"Que ligno vetus Adam mortem protulit novus Adam vitam retulit"

À cette théorie, s'oppose vigoureusement l'affirmation de l'abbé Bruno de Monts de Savasse selon laquelle, Gérente n'aurait pas refait les 18 panneaux en les disposant dans le mauvais ordre. C'est dans un texte manuscrit, rédigé à l'issue des Journées du patrimoine du mois de septembre 1998, que nous avons trouvé les objections de l'abbé. Dans une salle du Château comtal avaient été exposés 18 panneaux du haut du vitrail de l'Arbre de vie de la Basilique St-Nazaire. La note explicative délivrée aux visiteurs avait fait bondir le curé :

"Le vitrail a subi une restauration importante en 1860, par A. Gérente qui a refait dans le bas de la verrière, 18 panneaux manquants. Il semble que l'ordre des panneaux, qui doit normalement suivre le texte de Saint-Bonaventure, n'ait pas été respecté".

Selon le prêtre, on retrouve en entier et sans aucune exception, toutes les sentences inscrites dans l'Arbre de vie de Saint-Bonaventure. Toutefois, elles ne sont pas toujours dans le même ordre. Le vitrail "Arbre de vie" de Carcassonne est la copie conforme de la fresque peinte par Taddeo Gaddi dans le réfectoire de la Basilique Santa Croce de Florence (Italie).

Santa croce.jpg

L'Arbre de vie de Santa Croce à Florence

La restauration de l'Arbre de vie par Gérente portait sur le bas de la verrière. Il mit sur le toit rouge de l'arche de Noé l'encart suivant :

"Cette fenêtre a été restaurée et complétée en l'an 1860, par Alfred Gérente, peintre verrier à Paris."

"Beaucoup de parties, dans cette fenêtre et notamment les dix-huit panneaux au bas manquaient au lecteur, salut - Alfred Gérente."

arche.jpg

Encart noir sur le toit rouge de l'arche de Noé

L'abbé Monts s'appuie sur la virgule qui suit dans le texte "parties". Sa lecture et son analyse indique que  "manquaient des parties aussi bien dans la fenêtre que "notamment" dans les 18 panneaux au bas". Ce qui permet d'affirmer sans hésitation que ces "parties" ont été aussi bien restaurées en bas qu'en haut et donc, que Gérente n'a pas refait les 18 panneaux au bas.

Ces panneaux existaient avant leur restauration, car Viollet-le-duc dans son livre sur la Cité (p.435), écrit en 1855 (cinq ans avant la restauration) : "Le vitrail de la première chapelle du transept de droite représente, le christ en croix avec la tentation d'Adam et Éve". Le baron de Guilhermy lors de sa visite en 1855 précise que "la verrière est complète et remplit trois baies ainsi que leur tympan". Il y a une "mandorle avec rétable, un Christ en croix et plusieurs personnages" au-dessous de la croix.

Un grand tableau peint par Pierre Gaston Rigaud représente le vitrail, tel qu'il était avant la restauration. A savoir : 3 baies complètes avec la croix, l'arche de Noé, l'Arche d'alliance, Adam et Éve autour de l'Arbre du Paradis.

choeur.jpg

© Pinterest

L'abbé met ses affirmations en contradiction avec Joseph Poux (archiviste de la Cité) lorsqu'il prétend dans son ouvrage, que Gérente a tracé le dessin de l'Arche de Noé, l'Arche d'alliance et Adam et Éve.

_____________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017 

16/04/2017

La Roseraie : Histoire d'un gâchis social et financier

La congrégation religieuse des Petites soeurs des pauvres fut fondée en 1839 par Jeanne Jugan (1792-1879) à Saint-Servan sur mer (Ille et Villaine). Elle participe à l'acceuil et aux soins des personnes agées isolées et dans le besoin sans distinction de nationalité ou de croyance.

3692189164.jpg

Les religieuses s'installent à Carcassonne le 21 novembre 1879 dans une maison inhabitée de l'avenue du Pont neuf (Arthur Mullot), où elle fondent l'asile des Petites soeurs de pauvres. (Source: Henri Alaux)

3537498186.jpg

Un peu à l'étroit, la congrégation fait construire en 1883 un nouvel établissement en bordure de la route de Narbonne (flèche rouge).

3084456624.png

Cet ouvrage est l'oeuvre de l'architecte Charles Emile Saulnier (1828-1900). Il se présentait à cette époque sous la forme d'un U ; une chapelle à l'arrière du bâtiment principal et de chaque côté l'aile des hommes et celle des femmes.

2845981856.jpg

La chapelle des Petites soeurs des pauvres au début du XXe siècle

1503693241.png

© J. Blanco

L'entrée à droite avant qu'elle ne soit entièrement refaite.

1957830591.jpg

Les soeurs vont ensuite faire construire un bâtiment reliant les deux ailes, dont la façade et l'entrée donneront sur la route de Narbonne. Elles resteront à Carcassonne jusqu'en 1973, année où l'ensemble immobilier sera vendu à la ville.

1433045042.jpg

En début d'année 1977, la municipalité Gayraud décide la transformation de l'ancien Asile des Petites soeurs des pauvres, en 53 logements-foyer pour personnes âgées. Le bâtiment est acquis par le Conseil général de l'Aude qui le vend à la ville pour le franc symbolique. Celle-ci le rétrocède à l'Office H.L.M. Le montage financier s'établit comme suit :

Caisse des prêts aux organismes HLM : 2.818.00 frs

E.P.R : subvention de 170.000 frs

O.R.G.A.N.I.C : 141.000 frs

B.A.S : 500.000 frs

H.L.M Aude : autofinancement 150.000 frs

Ville de Carcassonne : 500.000 frs

La restructuration des bâtiments et leur transformation est confiée à l'architecte Mlle Cailhau. La gestion est placée sous la responsabilité de Mlle Brieu, sous l'égide du Bureau d'aide sociale de la ville.

La Roseraie dispose d'une superfine totale de 2905 m2 dont 1575 sont réservés aux logements. À l'intérieur, les aménagements collectifs comprennent une salle à manger de 72 places située dans l'ancienne chapelle, 4 salons, une salle de jeux (46 m2), une cuisine collective (63 m2), une salle polyvalente pour 99 personnes (232 m2) et un jardin de 12 000 m2. 

Ce sont au total 55 logements qui sont construits pour des personnes âgées non dépendantes. Il s'agit de studios avec cuisine et chambre à l'exception de neuf type F1 et d'un type F2. Chaque pensionnaire bénéficie d'une buanderie équipée de machines individuelles et d'un service de restauration, qu'il peut prendre en salle ou dans son appartement. Les loyers vont de 480 à 890 francs (allocation logement comprise). Selon le maire, tout a été fait pour que l'on puisse se loger et se nourrir même avec le minimum vieillesse de 916,66 francs. En 2015, il est de 800 euros. Le jour de l'inauguration 60% des  logements avaient déjà été pourvus ; un succès qui ira croissant dans les mois suivants.

Au dessus du portail, le dessin en faïence est l'oeuvre du peintre Jean Camberoque (1917-2001).

262494587.jpg

La chapelle est visible depuis la rue Alexandre Guiraud et servirait, parait-il, de gymnase. Elle a été désacralisée, mais l'abbé Jean Cazaux à son grand regret ne sait pas ce que sont devenus les objets du culte. Ciboires, calices, maître autel, chemin de croix, confessionnal, statues, etc... ont disparu à jamais.

3587803161.jpg

Le maître autel dans le choeur de la chapelle, autrefois...

109026839.jpg

© Jean-Luc Bibal / La Dépêche

Au moins de décembre 2010, la Communauté d'Agglomération du Carcassonnais présidée alors par Alain Tarlier, fait l'acquisition des bâtiments de la Roseraie au bailleur social Habitat Audois, représenté par Robert Alric. Habitat Audois avait obtenu les bâtiments pour l'euro symbolique de la ville de Carcassonne. La valeur vénale estimée par France domaine, s'élève à 2,29 millions d'euros. Le président indique son souhait d'y installer les bureaux de l'Agglo ; le déménagement coûterait 8 millions.

564202676.jpg

Finalement après cet achat onéreux pour les finances publiques, la Communauté d'Agglomération abandonnera son projet. Elle s'installera dans les locaux de l'ancien EDF, dans lequel elle avait promis de créer la médiathèque. La Roseraie restera sa propriété mais à l'abandon (voir photo ci-dessus). Depuis ce temps, l'administration territoriale cherche à se débarrasser de ce bien. On apprend cette semaine qu'elle vient de trouver un acquéreur. 

454584922.jpg

© Nathalie Amen-Vals / L'Indépendant

C'est la société immobilière Nexity qui vient de réaliser une belle affaire. En effet, elle emporte la Roseraie pour 1,1 millions d'euros afin d'y réaliser une résidence privée pour séniors. La Communauté d'agglomération viendrait de perdre en sept ans 1,19 millions d'euros : 2,29 M acquis en 2010 - 1,10 M vendu en 2017. Elle s'enorgueillit quand même d'avoir réussi à se dessaisir de ces bâtiments, en ayant réussi à récupérer 1 millions d'euros pour ses finances. La belle affaire ! Sans compter que si elle en avait pris soin depuis ce temps, le prix aurait peut-être pu être négocié à la hausse. 

Sur le plan purement social, nous sommes passés d'un asile et une maison de retraite publique pour personnes âgées désargentées en 1977, à une résidence privée pour séniors fortunés. Quand on sait le coût actuel des maisons de retraites, on se demande dans quel établissement iront les "vieux" qui n'ont pas le sou. Pire encore, ce sont les contribuables qui viennent de perdre 1,1 millions d'euros en faveur d'une société immobilière privée. 

 _______________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2017

16/03/2017

La Passion du Christ : Une vieille tradition théâtrale Carcassonnaise disparue

Le 16 octobre 1900, on apprend dans Le courrier de l'Aude qu'une "oeuvre artistique et moralisatrice" est offerte aux spectateurs par le Musée vivant de passage à Carcassonne. "La troupe de M. Kétorza-Drumont fait revivre avec une réelle perfection le sacrifice du Fils de l'Homme. Les principaux rôles : Jésus, la Vierge Marie et Marie-Magdeleine sont remplis d'une façon admirable. Tout Carcassonne ira voir ces scènes de la Passion qui ont surtout le mérite de jeter une douce impression sur l'âme des spectateurs." Salomon Kétorza, né en Tunisie, est un homme de spectacle propriétaire d'un cinéma ambulant. Il mourra en 1928.

Capture d’écran 2017-03-16 à 09.35.39.png

La Passion aux Carmes

 Un autre article de presse paru dans L'Eclair le 16 mars 1910, nous informe que plusieurs représentations de la Passion du Christ ont lieu durant la Semaine Sainte au chevet de la chapelle Notre-Dame des Anges, derrière l'église des Carmes. "Les nombreux figurants mériteraient chacun un éloge particulier". 

Capture d’écran 2017-03-16 à 09.43.17.png

Jean-Marie Cazaux (Jésus Christ)

Le mystère de la Passion fut créé à Carcassonne au sein de "L'Oeuvre des Carmes" en 1906. Pour la circonstance, plusieurs paroissiens de St-Vincent interprétaient les rôles de Judas (René Stark), Marie-Magdeleine (J. Pradelles), Jean-Marie Cazaux (Jesus). Ce dernier serait un lointain cousin de l'abbé Jean Cazaux, ancien curé de Saint-Vincent. C'est donc vers lui que nous nous sommes tournés.

Capture d’écran 2017-03-16 à 09.50.52.png

D'après l'abbé, cette représentation théâtrale aurait été organisée chaque année par la paroisse de St-Vincent, propriétaire des Carmes. Sur l'actuel parking de l'Evêché se tenait autrefois une salle "Le Familia" dans laquelle seront projetés des films ayant passé la censure religieuse. Nous nous souvenons d'une précédente chronique dans laquelle M. Ouliac racontait que des parties de la bobine du film étaient parfois coupées. Selon l'autorité épiscopale, elles présentaient des scènes trop dénudées ; comprenez pour l'époque qu'il s'agissait d'une jupe au-dessus du genou. Selon l'abbé Cazaux, l'église a toujours eu un problème avec le sexe des hommes.

Capture d’écran 2017-03-16 à 10.03.26.png

La cène dans la salle du Familia

Capture d’écran 2017-03-16 à 10.04.33.png

Les Rameaux

Capture d’écran 2017-03-16 à 10.05.35.png

Les adieux de Béthanie

Capture d’écran 2017-03-16 à 10.06.17.png

Le Baiser de Judas

Il est fort probable que ces représentations se soient arrêtés avec le début de la guerre de 1914. Toutefois, elles reprendront après la Seconde guerre mondiale dans le quartier des Capucins. A l'époque du père Augustin - Très Révérend Père Supérieur du Couvent des Capucins - une représentation de la Passion était donnée dans l'actuelle salle du Secours Catholique, rue du 24 février. Elle attirait beaucoup de monde de Carcassonne et des alentours.

2904288020.jpg

Père Augustin, Gabriel Langlès

(1906-1983)

Mlle Canellas qui habitait rue Fortuné, s'occupait des accessoires. Georgette et ses amies cousaient les habits dans des morceaux de draps blancs, garnis de rubans et de macarons de toutes les couleurs. M. Philoctête avec son visage émacié et une barbe volontairement laissée poussée, interprétait le Christ. On peut également citer M. Mousseigne de la famille Chonier.

La pasion.jpg

© P. Hyvert

M. Philoctête alias Jesus Christ

_______________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

15/02/2017

Quand l'évêque de Carcassonne fut expulsé de l'évêché par l'armée

Il est des épisodes historiques totalement ignorés ou plus exactement rarement relatés dans les livres de notre département. Aussi, lorsque nous avons la chance de tomber sur un témoignage dactylographié et inédit, émanant d'une personnalité comme celle de la soeur de Joë Bousquet, il ne faut surtout pas passer à côté. Henriette Bousquet épouse Patau, relate avec un vrai talent littéraire l'expulsion de Mgr de Beauséjour, évêque de l'Aude. Il s'agit là d'un évènement dont elle fut l'un des témoins oculaires.

2250309256.jpg

Mgr de Beauséjour

Au début de ce siècle (1906, NDLR), de profonds remous politiques aigrissaient les rapports entre l'église et l'état. Après bien des tentatives infructueuses, le concordat fut dénoncé ; les écoles religieuses, les communautés de soeurs, obligées de subvenir à leurs besoins, fermèrent leurs portes ou furent chassées de leurs couvents. Certaines trouvèrent un asile en Espagne. Il y eut une grande émotion dans le public. Des scènes douloureuses éclatèrent dans la rue, et les catholiques pratiquants aidèrent le clergé spolié à résister. Ils s'enfermèrent dans l'enceinte de la maison qu'on leur enlevait (l'évêché, NDLR) et résistèrent à toutes les sommations. La troupe fut mobilisée et on décida d'employer la force. Le premier représentant du clergé expulsé fut l'évêque Monseigneur de Beauséjour.

1087961154.jpg

© AAVC

Hôtel Murat (CCI de l'Aude), ancien évêché de 1826 à 1906

Une foule immense, prévenue du drame qui se préparait se massait sur l'avenue qui desservait l'évêché. Au milieu d'un silence de mort, un juge frappa trois fois à la porte avec des menaces. Le portail s'ouvrit tout grand et Monseigneur parut, applaudi par les fidèles, qui criaient "Vive Monseigneur". Très droit, regardant avec une immense dignité le magistrat gêné qui lui faisait face, grandi, vraiment en cette minute, consacré "prince de l'église", il sortit, suivi de ses prêtres et la foule l'accompagna en chantant sans regarder l'armée : de jeunes soldats pleuraient. Je pleurais, moi aussi ; j'étais petite, mais tante Lucie avait voulu me prendre. Elle me donnait la main, son autre bras brandissait belliqueusement  un grand parapluie qui aurait pu faire une arme redoutable (elle ne s'en servit pas).

Monseigneur avait loué un grand appartement près de la cathédrale, au 67 rue Voltaire. Un jardin séparait le nouvel évêché de la partie de l'immeuble occupée par des membres de notre famille.

Capture d’écran 2017-02-15 à 16.58.19.png

D'après l'abbé Cazaux - ancien curé de St-Vincent - que j'ai contacté, sa cousine Henriette s'est trompée de rue. Mgr de Beauséjour habita chez les Bousquet, au 67 rue Aimé Ramond. C'était l'ancien Hôtel de Saix de Polignan (à gauche sur la photo ci-dessus). Il devint l'évêché de Carcassonne pour un temps. Mgr de Beauséjour a ensuite acquis une maison dans la rue Jean-Jacques Rousseau, où il habita et fit ses bureaux.

Une grande intimité s'établit très vite entre les arrivants et la famille Cazaux. Monseigneur venait les voir souvent. D'une vive intelligence, d'une admirable dignité il se plaça moralement au-dessus des spoliateurs et commença à réorganiser son diocèse. Bientôt la maison fut appelée "Le petit évêché" à la grande fierté de notre tante qui passait une grande partie de sa vie à surcharger d'ornements et de cierges, la chapelle St-Roch, confiée à se soins.

Puis, les communautés furent chassées de chez elle. Les religieuses, qui n'avaient pu partir en Espagne, revinrent dans leurs familles. Le couvent des Capucins fut fermé le dernier après un siège de trois jours ; ils sortirent de chez eux, avec leurs amis de la ville, en voitures découvertes pour gagner la gare d'où ils partirent en exil. La ville entière était dehors. Son passage était salué de vivats, un cantique, avec un bruit de tonnerre déferlait à mesure au passage des capucins qui nous bénissaient.

Capture d’écran 2017-02-15 à 17.49.14.png

St-Joseph de Cluny (aujourd'hui, collège André Chénier)

La préfecture et la mairie étaient fermées ; on ne rencontra pas d'hommes politiques... Le tribunal était au passage, vide de juges, qui avaient dû obéir aux ordres, ou renoncer à leurs places. A ce moment, le couvent de Cluny fut fermé également ; mon frère (Joë Bousquet, NDLR) dut rentrer au Petit lycée et j'eus une institutrice Mlle Evelyne, qui me fit travailler, en attendant pour mon entrée dans une institution religieuse.

_____________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017 

18/01/2017

Une très belle fresque réalisée dans l'église du Sacré-coeur de Carcassonne

Depuis le mois de septembre 2016, Thibault Remaury - curé desservant l'église du Sacré-coeur de Carcassonne - peut s'enorgueillir de la réalisation d'une belle fresque à l'intérieur de ce lieu de culte construit en 1955. 

sacré.jpg

A partir d’une maquette du Père Angelico Surchamp, faite pour une fresque en 1955 dans l’église du Sacré-Cœur de La Chapelle Saint Luc, fresque disparue depuis, les Passeurs de fresques ont réalisé une fresque de 7m sur 2.5m pour l’église du Sacré-Cœur de Carcassonne.

MG_0059_resized_1.jpg

© Les passeurs de fresque

Cette réalisation est l'oeuvre de l'association "Les passeurs de fresque" située dans le département de l'Aube. Les artistes avaient déjà par le passé dessiné de petites fresques sous le porche de l'église. 

MG_0028_resized.jpg

© Les passeurs de fresque

Pendant leur travail in situ, ils ont reçu très gentiment les personnes intéressées, tout en expliquant le principe de la fresque. Le résultat est à la hauteur et permet d'ajouter une nouvelle oeuvre d'art au patrimoine religieux de Carcassonne.

MG_0601_resized.jpg

© Les passeurs de fresque

La fresque et l'autel en marbre de Caunes-Minervois

Merci à Maryse Audouy

http://lespasseursdefresques.fr

___________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

27/09/2016

Les statues de la vierge cachées ou disparues de la Bastide Saint-Louis

La vierge du Saint-Suaire

Capture d’écran 2016-09-27 à 09.47.36.png

A l'angle de la rue Pinel et de la rue de Verdun se trouve une élégante niche. Au XIVe siècle, il y avait à cet endroit l'oratoire du Saint-Suaire et la statue qui l'ornait était appelée "La vierge du Saint-Suaire". Cela n'a rien d'étonnant puisque les R.P Augustins conservaient dans leur couvent, un suaire sensé avoir enveloppé le corps du Christ. Ce drap attirait une foule de pèlerins à Carcassonne et Louis XIV en personne visita le couvent des Augustins à cet effet. Le suaire a été conservé ; il se trouve dans le trésor de la cathédrale Saint-Michel. Vous ne le verrez jamais, car le curé desservant le garde pour lui. S'il avait un tant soit peu le sens du commerce, ce suaire pourrait à lui seul faire des miracles. Comme par exemple, recueillir des fonds pour la restauration de l'église des Carmes. On vénère bien le suaire de Turin ; celui de Carcassonne n'a rien à lui envier.

Revenons à cette statue, car elle a une histoire... En 1568, pendant la première période des luttes entre catholiques et huguenots, elle fut un jour trouvée de bon matin dans le ruisseau. Elle était mutilée et souillée de boue. Les catholiques crièrent à la profanation, et traitèrent les huguenots d'iconoclastes. Ils prirent les armes et les attaquèrent, non seulement dans les rues mais aussi dans leurs demeures. Il y eut des morts et des blessés. A la suite de ce pugilat, on organisa une grande procession en expiation de la profanation qu'on reprochait aux disciples de Calvin. Elle se termina par la pose d'une nouvelle statue dans la niche. Qu'est-elle devenue ? Mystère...

La statue de la Merci

Capture d’écran 2016-09-27 à 09.52.20.png

Au n° 22 du boulevard de Varsovie, cette maison est appelée communément "Maison de la vierge". Elle marque l'emplacement du couvent des pères de la Merci. Ces religieux recueillaient les aumônes pour délivrer les catholiques esclaves des Barbaresques.

Notre-Dame du Sauveur

Capture d’écran 2016-09-27 à 10.27.55.png

A l'angle de la rue de Verdun et de la rue Chartrand, on distingue une magnifique statue en marbre blanc. Le sculpteur serait Barata fils, à qui l'on doit la fontaine de Neptune de la place Carnot. Monsieur H. Bourbon était propriétaire de cette maison ; il acheta cet oeuvre d'art et la fit placer à cette niche qui abritait autrefois la statue votive de Notre-Dame du Sauveur. Celle-ci avait été placée à cet endroit dans un oratoire, afin de matérialiser l'emplacement de l'ancienne église du N-D du Sauveur qui fut supprimée lors de la construction de l'Officialité au XIVe siècle. Le magasin - aujourd'hui, la Ferme - s'est très longtemps appelé "A la vierge". Les vieux Carcassonnais le nomment encore ainsi.

Notre-Dame de Lourdes 

Capture d’écran 2016-09-27 à 10.35.44.png

A l'angle de la rue du 4 septembre et Jules Sauzède, dans le quartier dit "de l'artichaut" on distingue une statue dédiée à Notre-Dame de Lourdes. Ce lieu de dévotion était régulièrement fleuri, ce qui bien sûr n'est plus le cas. En dessous, se trouvait la fontaine de l'artichaut.

Sainte-Eulalie

Capture d’écran 2016-09-27 à 10.40.42.png

Au Moyen-âge, la commanderie de Saint-Eulalie occupait ce terrain. La vierge que l'on aperçoit dans une alcôve de la façade de Monoprix se trouvait à l'angle de cette rue, dans un bâtiment aujourd'hui détruit. L'immeuble actuel date de la fin du XIXe siècle ; c'était le Bazar Combéléran. La statue a été sauvée et ainsi déplacée.

Notre-Dame de Pitié

Capture d’écran 2016-09-27 à 10.50.34.png

Provenant de l'église de Peyriac-Minervois, la statue de Notre-Dame de Pitié fut vendue par un antiquaire à Mme Delteil - épouse du Dr fondateur de la clinique. Cette vierge ornait le jardin de l'établissement - aujourd'hui, maison de retraite Montmorency. On la plaça à l'intérieur du bâtiment pour la protéger. 

vierges

© M-C Ferriol

D'après M-C Ferriol - Conservatrice des objets d'art sacré - cette statue se trouve dans l'église Saint-Vincent. Madame Delteil en avait fait don à l'abbé Jean Cazaux.

Source

Le culte de Notre-Dame à Carcassonne / Louis Cros / 1978

Cette brochure dactylographiée de 30 pages et jamais éditée, a été sauvée par mes soins de la décharge publique. Louis Cros fait partie de ses passionnés Carcassonnais, auxquels on n'accorde aujourd'hui aucune reconnaissance. Pourtant, leurs travaux auront fait considérablement avancer la connaissance du patrimoine de notre ville. Nous ne sommes tous que les dépositaires d'un héritage...

_____________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016