19/04/2017

La Samaritaine

On ne sait rien de l'origine, ni du nom de la statue qui ornait jusqu'à l'an passé, la fontaine de la rue du Pont vieux. Plusieurs hypothèses ont été avancées par les historiens locaux ; elle aurait été sculptée au XIXe siècle avec les restes de la vieille fontaine de la place Carnot. A défaut de pouvoir amener des éléments nouveaux sur l'histoire de cette statue, nous avons pu retrouver son nom.

La Samaritaine

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La fontaine vers 1900

L'origine de ce nom est purement et simplement tirée des Évangiles.

"Comme, se reposant près d'un puits, Jésus lui demande à boire, la Samaritaine s'étonne qu'il ose, lui, un Juif, lui demander de l'eau : les Juifs méprisaient les Samaritains et ne leur adressaient pas la parole. Jésus lui répond que l'eau qu'elle puise n'étanche pas la soif, mais que l'eau vive qu'il donne devient jaillissante et que quiconque en boit n'aura plus jamais soif."

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Dans ce quartier populaire de la ville, cette fontaine donnait l'eau courante aux riverains et l'hygiène quotidienne. Pas étonnant, si on s'est servi du mur de derrière pour promouvoir l'apéritif de Michel Sabatier : L'Or-Kina. 

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Notre Samaritaine, sculptée en grès de chez nous, s'est érodée au fil du temps. Elle a perdu le bras droit et surtout sa cruche d'eau, à gauche. En 2013, Monique Joseph - conseillère municipale - redonnait vie à la fontaine dont l'eau n'avait pas jailli depuis des années. En 2015, la municipalité décidait de déposer la statue pour la faire restaurer et faire repeindre le mur de derrière. 

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C'est aujourd'hui un beau fronton de pelote basque, car la statue ne reviendra pas. Il serait impossible techniquement de la restaurer compte tenu de l'usure de la pierre, dit-on. Pourquoi donc ne pas faire un moulage, où lui trouver un successeur ? Quant à l'endroit dans lequel elle a été entreposé, cela reste un mystère. Aucun service n'a voulu nous répondre sur ce point...

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Nous avons trouvé à Cevico de la Torre dans la province Castilla i Léon en Espagne, presque la même Samaritaine en bronze. Elle a été fondue en 1903...

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18/04/2017

Un trésor archéologique massacré sous le square Gambetta en 2006

Le projet de construction d'un parking souterrain de 400 places en lieu et place du square Gambetta avait engagé en 2005, la réalisation de sondages préventifs dirigés par l'INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives). Les historiens locaux connaissaient l'existence sur le site d'un ancien couvent de Franciscains, élevé sur décision de St-Louis après la destruction de celui se trouvant au pied de la cité. Les premières pierres seront posées dans la seconde moitié du XIIIe siècle, mais il faudra attendre la fin du XIVe siècle et le début du XVe pour voir le cloître et la dernière aile des bâtiments conventuels achevés. Les guerres de religion auront raison des bâtiments et les frères se réfugieront à l'intérieur des remparts entourant la nouvelle ville. Ils garderont tout de même leurs terres en jardins sur lesquels on aménagera à la fin du XIXe siècle le square Sainte-Cécile, baptisé ensuite du nom de Gambetta.

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Les fouilles préventives menées par Agnès Bergeret débutèrent fin octobre 2006 pour une durée légale de trois mois. Sur les 5500 m2, l'ensemble monastique a été dégagé en collaboration les entreprises du chantier sur une superficie de 3000 m2. C'est le plus important jamais observé en Languedoc-Roussillon, mais la prescription scientifique a concerné seulement quatre zones sur 900 m2. Nous savons que le couvent s'étend plus au sud, au delà du square et empiète sur l'entrée de l'avenue A. Mullot.

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© INRAP

A trois mètres en dessous du niveau de la chaussée, les fouilles ont mis en évidence les soubassements d'un cloître, des sépultures et une partie de l'église. Cette dernière n'a pas pu être dégagée, car elle s'étend hors des limites du site de fouilles. Au total, ce sont 93 individus qui ont été inhumés dans différentes parties. Parmi elles, six sépultures dans l'angle sud-ouest du terrain, et un caveau dans la galerie de circulation orientale du cloître où furent dégagés 25 individus.

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Les carcassonnais furent invités à se rendre sur le site le 15 février 2007, où une visite leur fut faite par les agents de l'INRAP. Après quoi, les bulldozers écrasèrent cet ensemble archéologique de premier plan. Reste à savoir si le parking en béton armé qui a pris sa place, résistera dans les dix siècles à venir. A titre personnel, je trouve lamentable que l'on ait pas encore pensé à placer un panneau ou une plaque pour rappeler l'emplacement de ce couvent. Ne serait-ce pas la moindre des choses ?

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Une vue de l'ensemble du site archéologique

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Sur ce cliché, des sépultures inhumées depuis le moyen-âge.

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De ce trésor archéologique, il en restera rien ! Après les fouilles préventives, les bulldozers ont fait leur oeuvre ; l'ensemble des fondations du couvent et de l'église sont passées au pilon pour servir d'agrégats. La terre, elle, a servi pour créer un jardin d'enfant dans Carcassonne. Les promesses de la municipalité de l'époque, de conserver une partie de ces trésors en les mettant sous plexiglas dans le futur parking souterrain n'a pas été tenue. On aurait pu, comme cela s'est fait ailleurs, dessiner sur les dalles en surface le plan de ce couvent pour le matérialiser aux yeux du public. Aujourd'hui, les carcassonnais ignorent encore son existence.

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Le square Gambetta en 2008... Depuis 2015, un nouvel aménagement de surface a rendu de la verdure à cet immonde glacis. Toutefois, où sont passés les vestiges archéologiques et les squelettes ? Personne n'a l'air à Carcassonne de s'en soucier, mais c'est Carcassonne. A Narbonne (Sous-préfecture), le Musée régional archéologique est actuellement en construction et sera achevé en 2019...

Mis à jour le 18 avril 2017

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17/04/2017

Ce que l'Arbre de vie de la Basilique St-Nazaire et St-Celse nous révèle...

La théorie la plus répandue et admise comme vérité absolue serait que 18 panneaux du vitrail "Arbre de vie", situés dans le chœur de la Basilique St-Nazaire, auraient été refaits par le maître verrier parisien Alfred Gérente. D'après les nombreux ouvrages consultés, Viollet-le-duc demanda à Gérente de réparer le bas du vitrail. Lily Devèze indique que la maître verrier " a substitué aux quatre fleuves du Paradis l'image d'Adam et Ève, entourés de l'arche de Noé et de l'arche d'alliance, ainsi changeant l'arbre de vie en arbre de mort.

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© C. Desneux

Au-dessous d'Adam et Ève, on peut lire cette inscription en latin tentant de réparer l'erreur 

"Que ligno vetus Adam mortem protulit novus Adam vitam retulit"

À cette théorie, s'oppose vigoureusement l'affirmation de l'abbé Bruno de Monts de Savasse selon laquelle, Gérente n'aurait pas refait les 18 panneaux en les disposant dans le mauvais ordre. C'est dans un texte manuscrit, rédigé à l'issue des Journées du patrimoine du mois de septembre 1998, que nous avons trouvé les objections de l'abbé. Dans une salle du Château comtal avaient été exposés 18 panneaux du haut du vitrail de l'Arbre de vie de la Basilique St-Nazaire. La note explicative délivrée aux visiteurs avait fait bondir le curé :

"Le vitrail a subi une restauration importante en 1860, par A. Gérente qui a refait dans le bas de la verrière, 18 panneaux manquants. Il semble que l'ordre des panneaux, qui doit normalement suivre le texte de Saint-Bonaventure, n'ait pas été respecté".

Selon le prêtre, on retrouve en entier et sans aucune exception, toutes les sentences inscrites dans l'Arbre de vie de Saint-Bonaventure. Toutefois, elles ne sont pas toujours dans le même ordre. Le vitrail "Arbre de vie" de Carcassonne est la copie conforme de la fresque peinte par Taddeo Gaddi dans le réfectoire de la Basilique Santa Croce de Florence (Italie).

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L'Arbre de vie de Santa Croce à Florence

La restauration de l'Arbre de vie par Gérente portait sur le bas de la verrière. Il mit sur le toit rouge de l'arche de Noé l'encart suivant :

"Cette fenêtre a été restaurée et complétée en l'an 1860, par Alfred Gérente, peintre verrier à Paris."

"Beaucoup de parties, dans cette fenêtre et notamment les dix-huit panneaux au bas manquaient au lecteur, salut - Alfred Gérente."

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Encart noir sur le toit rouge de l'arche de Noé

L'abbé Monts s'appuie sur la virgule qui suit dans le texte "parties". Sa lecture et son analyse indique que  "manquaient des parties aussi bien dans la fenêtre que "notamment" dans les 18 panneaux au bas". Ce qui permet d'affirmer sans hésitation que ces "parties" ont été aussi bien restaurées en bas qu'en haut et donc, que Gérente n'a pas refait les 18 panneaux au bas.

Ces panneaux existaient avant leur restauration, car Viollet-le-duc dans son livre sur la Cité (p.435), écrit en 1855 (cinq ans avant la restauration) : "Le vitrail de la première chapelle du transept de droite représente, le christ en croix avec la tentation d'Adam et Éve". Le baron de Guilhermy lors de sa visite en 1855 précise que "la verrière est complète et remplit trois baies ainsi que leur tympan". Il y a une "mandorle avec rétable, un Christ en croix et plusieurs personnages" au-dessous de la croix.

Un grand tableau peint par Pierre Gaston Rigaud représente le vitrail, tel qu'il était avant la restauration. A savoir : 3 baies complètes avec la croix, l'arche de Noé, l'Arche d'alliance, Adam et Éve autour de l'Arbre du Paradis.

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© Pinterest

L'abbé met ses affirmations en contradiction avec Joseph Poux (archiviste de la Cité) lorsqu'il prétend dans son ouvrage, que Gérente a tracé le dessin de l'Arche de Noé, l'Arche d'alliance et Adam et Éve.

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16/04/2017

La Roseraie : Histoire d'un gâchis social et financier

La congrégation religieuse des Petites soeurs des pauvres fut fondée en 1839 par Jeanne Jugan (1792-1879) à Saint-Servan sur mer (Ille et Villaine). Elle participe à l'acceuil et aux soins des personnes agées isolées et dans le besoin sans distinction de nationalité ou de croyance.

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Les religieuses s'installent à Carcassonne le 21 novembre 1879 dans une maison inhabitée de l'avenue du Pont neuf (Arthur Mullot), où elle fondent l'asile des Petites soeurs de pauvres. (Source: Henri Alaux)

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Un peu à l'étroit, la congrégation fait construire en 1883 un nouvel établissement en bordure de la route de Narbonne (flèche rouge).

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Cet ouvrage est l'oeuvre de l'architecte Charles Emile Saulnier (1828-1900). Il se présentait à cette époque sous la forme d'un U ; une chapelle à l'arrière du bâtiment principal et de chaque côté l'aile des hommes et celle des femmes.

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La chapelle des Petites soeurs des pauvres au début du XXe siècle

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© J. Blanco

L'entrée à droite avant qu'elle ne soit entièrement refaite.

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Les soeurs vont ensuite faire construire un bâtiment reliant les deux ailes, dont la façade et l'entrée donneront sur la route de Narbonne. Elles resteront à Carcassonne jusqu'en 1973, année où l'ensemble immobilier sera vendu à la ville.

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En début d'année 1977, la municipalité Gayraud décide la transformation de l'ancien Asile des Petites soeurs des pauvres, en 53 logements-foyer pour personnes âgées. Le bâtiment est acquis par le Conseil général de l'Aude qui le vend à la ville pour le franc symbolique. Celle-ci le rétrocède à l'Office H.L.M. Le montage financier s'établit comme suit :

Caisse des prêts aux organismes HLM : 2.818.00 frs

E.P.R : subvention de 170.000 frs

O.R.G.A.N.I.C : 141.000 frs

B.A.S : 500.000 frs

H.L.M Aude : autofinancement 150.000 frs

Ville de Carcassonne : 500.000 frs

La restructuration des bâtiments et leur transformation est confiée à l'architecte Mlle Cailhau. La gestion est placée sous la responsabilité de Mlle Brieu, sous l'égide du Bureau d'aide sociale de la ville.

La Roseraie dispose d'une superfine totale de 2905 m2 dont 1575 sont réservés aux logements. À l'intérieur, les aménagements collectifs comprennent une salle à manger de 72 places située dans l'ancienne chapelle, 4 salons, une salle de jeux (46 m2), une cuisine collective (63 m2), une salle polyvalente pour 99 personnes (232 m2) et un jardin de 12 000 m2. 

Ce sont au total 55 logements qui sont construits pour des personnes âgées non dépendantes. Il s'agit de studios avec cuisine et chambre à l'exception de neuf type F1 et d'un type F2. Chaque pensionnaire bénéficie d'une buanderie équipée de machines individuelles et d'un service de restauration, qu'il peut prendre en salle ou dans son appartement. Les loyers vont de 480 à 890 francs (allocation logement comprise). Selon le maire, tout a été fait pour que l'on puisse se loger et se nourrir même avec le minimum vieillesse de 916,66 francs. En 2015, il est de 800 euros. Le jour de l'inauguration 60% des  logements avaient déjà été pourvus ; un succès qui ira croissant dans les mois suivants.

Au dessus du portail, le dessin en faïence est l'oeuvre du peintre Jean Camberoque (1917-2001).

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La chapelle est visible depuis la rue Alexandre Guiraud et servirait, parait-il, de gymnase. Elle a été désacralisée, mais l'abbé Jean Cazaux à son grand regret ne sait pas ce que sont devenus les objets du culte. Ciboires, calices, maître autel, chemin de croix, confessionnal, statues, etc... ont disparu à jamais.

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Le maître autel dans le choeur de la chapelle, autrefois...

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© Jean-Luc Bibal / La Dépêche

Au moins de décembre 2010, la Communauté d'Agglomération du Carcassonnais présidée alors par Alain Tarlier, fait l'acquisition des bâtiments de la Roseraie au bailleur social Habitat Audois, représenté par Robert Alric. Habitat Audois avait obtenu les bâtiments pour l'euro symbolique de la ville de Carcassonne. La valeur vénale estimée par France domaine, s'élève à 2,29 millions d'euros. Le président indique son souhait d'y installer les bureaux de l'Agglo ; le déménagement coûterait 8 millions.

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Finalement après cet achat onéreux pour les finances publiques, la Communauté d'Agglomération abandonnera son projet. Elle s'installera dans les locaux de l'ancien EDF, dans lequel elle avait promis de créer la médiathèque. La Roseraie restera sa propriété mais à l'abandon (voir photo ci-dessus). Depuis ce temps, l'administration territoriale cherche à se débarrasser de ce bien. On apprend cette semaine qu'elle vient de trouver un acquéreur. 

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© Nathalie Amen-Vals / L'Indépendant

C'est la société immobilière Nexity qui vient de réaliser une belle affaire. En effet, elle emporte la Roseraie pour 1,1 millions d'euros afin d'y réaliser une résidence privée pour séniors. La Communauté d'agglomération viendrait de perdre en sept ans 1,19 millions d'euros : 2,29 M acquis en 2010 - 1,10 M vendu en 2017. Elle s'enorgueillit quand même d'avoir réussi à se dessaisir de ces bâtiments, en ayant réussi à récupérer 1 millions d'euros pour ses finances. La belle affaire ! Sans compter que si elle en avait pris soin depuis ce temps, le prix aurait peut-être pu être négocié à la hausse. 

Sur le plan purement social, nous sommes passés d'un asile et une maison de retraite publique pour personnes âgées désargentées en 1977, à une résidence privée pour séniors fortunés. Quand on sait le coût actuel des maisons de retraites, on se demande dans quel établissement iront les "vieux" qui n'ont pas le sou. Pire encore, ce sont les contribuables qui viennent de perdre 1,1 millions d'euros en faveur d'une société immobilière privée. 

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15/04/2017

Montplésir d'été : une guinguette au bord de l'Aude

Que sait-on de Monrplésir d'été, improprement écrit "Montplaisir d'été" dans les très rares ouvrages qui évoquent son existence ? Presque rien, sinon que cet endroit situé sur la rive droite de l'Aude, fut une guinguette dans laquelle on venait se rafraîchir et danser à la belle saison. On y accédait par une barque qui traversait le fleuve en aval du Païchérou ou bien à pied, par les terrains de l'île.

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Monplésir est complet depuis que sur l'Herbette, on a trouvé des mots écrits par un poète. Ô couples amoureux gardez-vous d'oublier, que nous avons ici l'Or-Kina Sabatier

De ce temps-là, il ne nous a pas été possible de retrouver le nom des propriétaires. Aucun des annuaires que nous possédons, ne nous donne cette information. En revanche, les registres du commerce nous apprennent que Laurent, Pascal Bourdel exploitait une "vente saisonnière au détail de boissons hygiéniques" après la Seconde guerre mondiale. Le fonds sera exploité jusqu'au 31 décembre 1974 par son épouse Raymonde, Marguerite Bourdel (née Pech). Margot, bien connue des Carcassonnais, vendait sa production maraîchère au marché de place Carnot. On l'appelait "La campardine". Quant on cherche l'étymologie de ce surnom, on observe qu'en provençal, un campardin est un fanfaron.

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14/04/2017

Quand le Centre dramatique "les tréteaux du midi" programmait le Festival de la Cité

Entre 1968 et 1975, le Centre dramatique National du Languedoc-Roussillon présidé par Jean Deschamps résidait à Carcassonne. Il faisait toute la programmation du Festival de la Cité dont la notoriété dépassait de loin les frontières de notre département. À cette époque, Carcassonne se trouvait presque sur le même pied d'égalité, en terme de programmation théâtrale, que le Festival d'Avignon. En 1975, Jean Deschamps décida de passer la main au comédien Jacques Echantillon. Le Théâtre du midi changea de nom pour Les tréteaux du midi, domiciliés cette fois à Béziers. La compagnie assurera également la programmation de la saison du théâtre municipal. 

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© Archives municipales de Carcassonne 

Affiche du festival 1976

Jacques Echantillon réalise la programmation en collaboration étroite avec les associations culturelles de la ville, les techniciens de la culture, les élus municipaux et les grandes organisations syndicales. L'adjoint à la culture de l'époque cite cette phrase de Paul Langevin : "La culture est ce qui permet à l'individu de sentir pleinement sa solidarité avec les autres hommes".

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© Archives municipales de Carcassonne

Les tréteaux du midi - Centre Dramatique National Languedoc-Roussillon - ont pour mission de procurer tout au long de l'année un service à l'ensemble de la population de la région. L'idée de service public, chère à Jean Vilar, suppose une disponibilité permanente de la part de l'équipe du C.D.N à l'égard du public. Le théâtre, la musique, le music hall, les arts plastiques, la danse, le cinéma, toutes les formes d'expression seront accueillies dans les lieux les plus divers : Théâtre de la Cité, Cour du Midi, Jardins et cours intérieures, remparts et cafés.

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© en.notrecinema.com

Jacques Echantillon

Né à la Tronche (Isère) en décembre 1934, Jacques Echantillon obtient un Premier prix d'Art dramatique au conservatoire de Grenoble puis "monte" à Paris. Il est reçu à l'unanimité au conservatoire de Paris, après audition des bouts de scènes de Figaro du "Barbier", le sosie d'Amphitryon , Lubin de "Georges Dandin". Le voilà pour deux ans dans la classe d'Henri Roland. Après un passage par la guerre d'Algérie, il réintègre le conservatoire d'où il sortira avec un Premier prix moderne et un accessit classique.

Il multiplie les rôles de valets, les sapins, etc. À la télévision, il obtient un rôle de 800 lignes dans "Un pareil milliardaire" avec Claude Santelli. Il rêve d'avoir une troupe et monte des farces de Molière avec Francis Lemaire, France Darry, Jean-Luc Bidaut, Ramade et Paulette France.

A la Maison de la culture de Nantes, il joue "Voulez-vous jouer avec moi" de Marcel Achard. L'auteur qui était dans la salle préféra confier la pièce à la troupe d'Echantillon plutôt qu'à celle de Robert Dhéry. Il eut alors envie de changer de style "pour se remettre en question", et il eut le culot de monter "l'espace dedans" d'Henri Michaux, dans le premier café-théâtre du quartier du Marais. Personne n'y croyait mais au bout de dix jours c'était la queue ; deux séances par jour.

Au festival de Mexico, il obtint les deux premiers prix - pour la troupe et pour le spectacle. Au retour, après la reprise de Scapin à la Comédie Française. Après avoir roulé sa bosse dans de nombreux pays, Jacques Echantillon s'établit en Occitanie. A partir des années 75, il dirige des institutions : Michel Guy le nomme au Centre dramatique de Carcassonne, le Théâtre du Midi. L'aventure s'achèvera avec Carcassonne en 1981, où il sera remplacé à la tête du Festival de la Cité par Jean Alary. Jacques Echantillon est décédé le 17 décembre 2009.

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© Archives municipales de Carcassonne

Jacques Echantillon a porté notre culture jusqu'à Paris. On pourra citer le succès de "Jésus II" de Joseph Delteil, au théâtre de Paris en 1977. Que reste t-il aujourd'hui de tout cela ? La nostalgie, sans doute, d'une époque où les artistes étaient appréciés comme des porteurs de rêves et non, comme la variable d'ajustement de l'économie du secteur culturel. On ne fait pas de la culture pour le peuple - quel mépris ! On fait de la culture par le peuple, c'est là une différence de taille vers son émancipation émotionnelle, intellectuelle et finalement vers sa liberté.

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