26/08/2017

Essai d'inventaire des tableaux et objets représentant le poète André Chénier

Gabriel de Chénier, dernier descendant du poète, possédait des papiers de famille qui furent légués à la Bibliothèque municipale de Carcassonne, la ville où André Chénier avait passé huit années de sa jeunesse. Nous y reviendrons dans un prochain article. Il s'y trouve notamment les lettres d'André à son père, les seules connues en original à une près, qui est à Zurich, des lettres de divers membres de la famille, des documents officiels concernant André et quelques livres de sa bibliothèque personnelle.

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Plaque sur la maison de la rue Pinel, à Carcassonne

Le musée de Carcassonne reçut des portraits, notamment ceux d'André Chénier et de sa mère et divers objets. Aujourd'hui, le musée des Beaux-arts expose dans ses collections permanentes une partie de cet héritage, l'autre partie se trouve dans les réserves. Quant à la bibliothèque municipale, depuis son démantèlement en 2010 au profit de la Communauté d'agglomération du Carcassonnais, il n'est plus possible d'accéder d'une façon pratique à l'ensemble du fonds, qu'en prenant rendez-vous auprès des bibliothécaires dans un bâtiment "provisoire" qui dure depuis sept ans, situé à cinq kilomètres. Soumis au droit de réserve, les employés ne peuvent s'exprimer ouvertement sur le lieu de conservation des manuscrits, de feu la bibliothèque municipale. Outre le fonds Chénier et son billet manuscrit de Voltaire, il s'y trouve plus d'une centaine de lettres de grands compositeurs à Paul Lacombe, le fonds du philosophe Alquier, les originaux manuscrits du cartulaire de Mahul, etc. Une personne bien informée me glissait l'autre jour que le président de l'agglomération, ignorait jusqu'à un passé très récent, qu'il y existait ce fonds Chénier. C'est vrai, à sa décharge, qu'il connaît bien mieux l'histoire des trois-quart de l'équipe de rugby à XIII de Carcassonne... Un raison pour que l'agglomération cherche en douce à refiler les collections de l'ancienne bibliothèque, aux archives départementales de l'Aude ? Pour les incunables, c'est déjà fait.

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Pierre gravée sur la tombe de Marie-Joseph Chénier à Paris

Le chanoine Gabriel Sarraute - ancien élève de l'école du Louvre - avait réalisé en son temps un essai iconographique sur les œuvres et objets représentant André Chénier. Son travail, ô combien précieux, ne s'accompagnait pas de photographies mais d'une description détaillée. Notre travail de recherche a consisté dans la recherche de ses tableaux, gravures et sculptures disséminées dans plusieurs collections et dans l'actualisation de la description de Gabriel Sarraute. Le Musée des Beaux-arts de Carcassonne en conserve un grand nombre grâce à la donation effectuée par Adélaïde Frémeaux et Gabriel Chénier en 1880 et 1892. Le chanoine signale que le sculpteur René Iché, mort en 1955, projetait un monument à André Chénier pour Carcassonne, la ville de son enfance. Ce dessein n'a pas été réalisé.Chénier à 11 ans. Cazes fils.png

© Musée des Beaux-arts de Carcassonne

André Chénier à onze ans par Cazes fils

(Huile sur toile, 0,80 x 0,50)

Signé à droite, à hauteur d'épaule : Cazes fils pinxit 1773.

Au dos, une étiquette ancienne porte le nom André. 

A propos de Cazes fils, il s'agit d'un fils de Pierre-Jacques Cazes (1676-1754), mort directeur et chancelier de l'Académie royale, auteur d'un tableau, Saint Pierre ressuscitant Tabithe, dessiné à St-Germain des près, dont l'esquisse est au Louvre. Pierre-Jacques eut deux fils : Jacques-Nicolas et Pierre-Michel. On se sait pas quel est celui qui signait Cazes le fils, qui a fréquenté le salon de Mme Chénier ; qui a peint pour elle des scène de l'Iliade et plusieurs portraits ; qui, s'il faut croire une inscription d'un tableau du Musée de Carcassonne, aurait peint Mme Chénier à Constantinople. Il semble avoir été le "peintre ordinaire" de Mme Chénier et le professeur de dessin et peinture d'André.

Provenance :

Collection de Gabriel de Chénier. Don de Mme G. de Chénier à A. Mazières (1880). Don de Monsieur A. Mazières au Musée de Carcassonne en 1892.

Documents écrits à la Bibliothèque municipale de Carcassonne : 

Lettres de G. de Chénier à Dougados (Paris, 21 février 1854) : "J'ai le portrait (...) de mon oncle" ; Mme G; de Chénier à M. Malric (Paris, 16 avril 1884) : "Les portraits de grandeur naturelle de Mme Louis de Chénier et ceux de ses fils André et Sauveur (...) étaient tous les trois dans la maison de mon beau-père." 

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© Musée des Beaux-arts de Carcassonne

Tableau de famille

Huile sur toile, 1,40 x 1,07

Ce tableau était daté de 1774 à l'envers de la toile. Mais son état ayant exigé un réentoilage, cette date est actuellement cachée sous la nouvelle toile. La famille Chénier est alignée au bord de la Seine, du côté de la Samaritaine. On voit le Pont neuf avec la statue d'Henri IV, le bâtiment de la Monnaie, l'Institut. DE gauche à droite : Trois servantes ; Hélène Chénier en route rouge ; une servante ; Mme Chénier en costume grec, robe blanche, manteau bleu paon, dans une pose théâtrale. Cette dernière est grande, alors qu'elle était en réalité de petite taille. André Chénier, en jaune paille ; Constantin, en rouge ; Louis-Sauveur, en gris ; Louis Chénier, en uniforme de Consul : habit bleu, gilet et culottes rouges ; deux laquais. Le tableau semble être l'œuvre d'un peintre du dimanche : les pavés, les bâtiments à l'arrière sont penchés.

Historique :

Donné par Louis Chénier à André Béraud, bourgeois de Carcassonne, oncle et parrain d'André. Transmis par voie d'héritage à sa nièce Paule Coste, épouse Dolbeau, puis à Mme Sacraste, née Dolbeau, à Mme J-J Mazières, inspecteur des Eaux et forêts qui le prête à Gabriel de Chénier en 1854 pour "quelques mois", afin d'en faire faire une copie par sa femme "qui a cultivé la peinture". Elle devait le garder 25 ans (1856-1881). Au moment de l'essai du Chanoine Sarraute, le tableau était à Jean Azaïs (10, rue Temponnières à Toulouse), unique descendant des Chénier. Il est depuis 1985 au Musée des Beaux-arts de Carcassonne (Don d'Etienne Azaïs en 1985).

D'après les lettres de la Bibliothèque municipale :

Dougados, avocat et secrétaire de la Société des arts et des sciences de Carcassonne, apprend à Gabriel de Chénier le 10 février 1854, l'existence de ce tableau chez Mme Azaïs, qui est une de ses clientes. Le 21 février 1854, G. de Chénier dit sa demande prêt. Le 10 septembre 1856, Auguste Mazières envoie à G. de Chénier, le tableau qu'il "garder tout le temps qui sera nécessaire, le délai d'un an (...) ne semble pas exagéré." Le 18 février 1880, La veuve de G. de Chénier à Mazières : "Je ne voudrais pas, quand je mourrai, qu'il puisse aller dans d'autres mains que les vôtres." Le 18 avril 1880, elle vient de faire photographier le tableau de famille avant de renvoyer l'original. Le 16 août 1881, envoie du tableau à Mazières dans sa propriété de Parazols. 

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© Les Bucoliques / J-M de Hérédia / 1907

Portrait d'André Chénier, par Jacques Augustin

Miniature, vers 1790

A gauche du visage : A mon ami André, Augustin.

Historique

Possession de M. Lherbette, ancien député. Acheté à la vent après son décès, par Mortimer-Ternaux (vers 1842). Collection de M. Bourgnon-Delaire (1877). Propriétaire actuel inconnu.

Lettres bibliothèque de Carcassonne

Le 9 janvier 1877, Antoine de Latour à Gabriel de Chénier. Mortimer venait de lui montrer une miniature qu'il venait d'acheter représentant André "en officier", "la tête poudrée", avec l'inscription : "Constantin à son ami André". Antoine de Latour dit que si le tableau de Suvée " nous a heureusement rendu l'André de Saint-Lazare, celui de Constantin serait plutôt l'André des Elégies."

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© Wikipédia / Collection particulière

André Chénier à St-Lazare, par J-B Suvée

Huile sur toile, 0,70 x 0,60

A droite, vers le bas : Peint à Saint-Lazare le 29 messidor l'an 2, par J.B Suvée. 

Historique :

Peint à la demande des frères Trudaine, amis d'enfance d'André Chénier, huit jours avant la mort du poète (25 juillet 1794). Suvée également emprisonné comme suspect à Saint-Lazare, fut sauvé par la chute de Robespierre. Le poète Roucher, guillotiné avec Chénier, lui fit faire son portrait la veille. C'est un simple dessin qu'il put envoyer à sa femme et ses enfants, accompagné des vers suivants :

Ne vous étonnez pas, objets sacrés et doux

Si quelque air de tristesse obscurcit mon visage

Quand un crayon savant dessinait cette image,

J'attendais l'échafaud et je pensais à vous.

M. de Courbeton hérite du portrait de Chénier, les frères Trudaine ayant été guillotinés le lendemain de sa mort. Il le lègue au marquis de Vérac, gouverneur de Versailles sous la Restauration. Vendu, par l'intermédiaire de Frédéric Soulié, à M. de Cailleux, directeur des Musées en 1862. Vendu à l'Hôtel Drouot le 20 janvier 1877 au marquis de Pange. Passe ensuite dans la collection du comte Louis de Pange. Aujourd'hui, dans une collection particulière à Paris.

Documents écrits :

Gabriel de Chénier essaya en vain d'acheter au marquis de Vérac. Assita à la vente chez Drouot en 1877, mais n'eut pas les moyens de l'acquérir. Félicita le marquis de Pange, descendant de François de Pange, ami d'André Chénier. Ce tableau fut reproduit par des gravures, imprimées notamment dans le Larousse.

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© Musée des Beaux-arts de Béziers

André Chénier à vingt ans (?), par François Thomire

Huile sur toile ovale, 0,40 x 0,30

Signé et daté en bas à droite : Thomire 1782. Sur le châssis, il est indiqué que Thomire serait un "auteur reçu à l'Académie de Bordeaux".

Historique :

Acheté à Paris en 1886, dans une vente publique, par M. Adalbert de Faniez. Donné par M. de Faniez au Musée de Béziers (N° 200 du catalogue).

Lettres Bibliothèque de Carcassonne :

Le 27 juin 1887, Mme G. de Chénier fait remarquer à A. Mazières qu'on ne sait ni où, ni de qui M. de Faniez a acheté le portrait, ni comment on sait que c'est André Chénier. "La coupe du visage est la même, mais le nez est plus gros et moins droit et n'a pas la finesse (du portrait de Cazes), ni de celui qui a été fait à Saint-Lazare. Elle remarque que "la mâchoire d'André, dans les portraits authentiques, avance très sensiblement et que cette conformation n'existe pas dans celui que M. de Faniez a acheté."

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© Musée Lambinet, Versailles

Portrait d'André Chénier (?), par L. Brown (?)

Pastel ovale, 0,65 x 0,52

En haut à droite : A. Chénier 1786. 

Historique

Leg de M. Vatel au Musée Lambinet de Versailles, où il se trouve toujours. M. François Boucher, délégué de l'Union française des arts du costume, estimait en 1958 que le costume représenté ne pouvait être de 1786, mais devait dates du début de la Révolution. Il pensait qu'il ne s'agissait pas d'un portrait de Chénier.

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© Musée des Beaux-arts de Carcassonne

Portrait d'André Chénier (?), par J-B Mallet

Huile sur toile, 0,21 x 0,16

Non signé. Achille Rouquet a prétendu sans en apporter la preuve, que le tableau faisait partie des portraits de famille détenus par Constantin Chénier (frère d'André) et qui ont disparu. Il remarqua qu'au dos du châssis est inscrit : "Ce portrait a été gravé", mais signala qu'il s'agissait d'une "Mention erronée" car il n'est pas connu de gravure de ce tableau.

Historique :

Acquis à Paris en 1881 dans une vente publique par M. Adalbert de Faniez, qui le fit passer à M; Cornet-Peyrusse. Celui-ci le fit acheter par le Musée de Carcassonne.

Lettre Bibliothèque de Carcassonne

Le 10 février 1891, Mme G. de Chénier à M. Mazières : "M. de Faniez (...) ne m'a, dans le temps, donné aucun renseignement qui pût me fixer sur la certitude que c'était un portrait d'André. M. Cornet et son parent (M. de Faniez), avaient sans doute des indications précises qui leur permettaient d'être affirmatifs."

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© Musée Carnavalet, Paris

Portrait présumé d'André Chénier. Anonyme XVIIIe siècle

Huile sur toile, 0,55 x 0,45

Historique :

Acquis par le Musée Carnavalet en 1883 d'Hortense de Corbeau de Saint Albin (Hortense Jubinal). Le musée dans sa description actuelle, signale qu'il a été autrefois identifié comme étant André Chénier.

Lettres bibliothèque de Carcassonne

Le 10 février 1891, Mme G. de Chénier à Mazières : "A propos des portraits d'André, il y en a des drôles au musée Carnavalet à Paris ! Je me figure que ceux qui ont donné ces mauvaise peintures et dessins, surtout le portrait peint, qui est abominable et qui ne ressemble ni de près, ni de loin à ceux connus d'André, ont voulu relever la valeur de leurs dons en baptisant ces figures du nom d'André Chénier."

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© Musée des beaux-arts de Carcassonne

André Chénier (?) dans sa prison (?), attribué à Suvée.

Huile sur toile, 0,68 x 0,62

Non signé. 

Historique

Le catalogue du Musée de Carcassonne porte qu'il a été donné par la Société des Arts et des Sciences de cette ville en 1894. Mais aucune délibération de cette société ne fait allusion à cette toile, qui n'offre aucune garantie et qui n'est accompagnée d'aucune référence.

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© Musée d'Angers

Buste d'André Chénier, par David d'Angers

Terre cuite, hauteur 0,54

Sur le socle : "Au poète André Chénier J-P. David d'Angers 1839"

Historique

 Aurait été commandé d'après Becq de Fouquières par M. Pastoret, chez qui André Chénier fut arrêté.

Lettres bibliothèque de Carcassonne

En 1844, David d'Angers donna à Gabriel de Chénier, un exemplaire en plâtre du buste. David s'était inspiré du portrait de Suvée. Il connut Latouche et Gabriel de Chénier, et possédait deux manuscrits du poète (aujourd'hui, à la bibliothèque d'Angers).

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© Drouot

Médaillon d'André Chénier, par David d'Angers

Bronze, ø 0,155

A gauche, de bas en haut : André Chénier. Sous le cou : David

Historique

Dans le catalogue du musée du Louvre en 1922. Nous venons de trouver ce médaillon dans une vente chez Drouot, le 24 juin 2011. David d'Angers avait offert une épreuve en plâtre du médaillon teinté de bronze. Elle se trouve au Musée de Carcassonne (don de Mme Chénier).

Lettres de la bibliothèque de Carcassonne

Janvier-mars 1844, correspondance entre David et Mme Chénier. Pour faire un buste en terre cuite de Marie-Joseph Chénier (frère d'André) dont un exemplaire est au Musée de Carcassonne, David a demandé à "consulter le portrait de la mère de nos deux poètes".

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© leblogdelili.fr

Buste d'André Chénier, par Antoine Etex

Marbre, hauteur 0,65

Sur le socle, à gauche : "A la mémoire d'André Chénier". A droite : "Offert à la Comédie française par Etex 1839"

Historique

A la Comédie française, foyer des troisièmes galeries

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André Chénier, inconnu

Gravure ou lithographie du XIXe siècle

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© Musée des Beaux-arts de Carcassonne

L'appel des dernières victimes de la Terreur, par Muller

 Huile sur toile, 106 x186

André Chénier se trouve au centre de la scène, assis sur une chaise et la main posée sur sa tête.

Historique

Cette toile conservée au Musée de Carcassonne est une réplique de la grande toile exposée au Salon de 1850 puis à l'Exposition Universelle. Envoyée au Musée national du château de Versailles en 1886 avant d'être au Louvre en 1879, elle est en dépôt depuis 1991 au Musée de la Révolution Française à Vizille.

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© Musée Denys Puech

La muse d'André Chénier, par Denys Puech

Marbre, grandeur naturelle

La muse assise, nue, les jambes repliées, tient dans sa main gauche, la tête du poète qu'elle baise au front et qu'elle enveloppe avec sa main droite dans ses cheveux.

Historique

Salon de 1850. Au catalogue du Musée du Luxembourg en 1898. Le plâtre est actuellement déposé au musée des Ursulines à Mâcon. Le marbre acheté par l'Etat est conservé au musée d'Orsay. 

Deux œuvres non signalées par Gabriel Sarraute 

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© Musée Carnavalet

Buste d'André Chénier, par Antoine Bourdelle

Ronde-bosse, 65,5 x 16 x 13,5

Mode d'acquisition inconnu. œuvre du XIXe siècle

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André Chénier, par Johannot

Taille-douce

Historique

Gravée en taille-douce par Baudran, 1850

Dans un prochain article, nous reviendrons sur les lettres constituant le fonds Chénier, légué à la bibliothèque de Carcassonne. 

Sources

Essai iconographique / Chanoine G. Sarraute

Poètes Audois dans la tourmente / 1994

Jeux d'ombres et de lumière sur la jeunesse d'André Chénier / G. Venzac

Catalogue de l'exposition nationale / dec 1962 - mars 1963

Recherches, notes et synthèse / Martial Andrieu

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© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017 

25/08/2017

La destruction par le feu des archives de la Cité de Carcassonne

Quelle richesse inestimable avons-nous perdue à jamais ce 20 novembre 1793 ? Il est presque impossible de le savoir. On parle très souvent de la profanation des tombeaux des rois de France dans la crypte de Saint-Denis, c'est très regrettable. N'est-ce pas toutefois moins important que la perte de documents historiques de premier plan pour l'histoire de la Cité, dans un grand feu de joie allumé par les sans-culottes ?

"Nous ne résistons pas à la satisfaction d'insérer ici cette pièce tristement curieuse et de livrer, en même, par leurs noms, au mépris et à l'indignation de tous ceux qui s'intéressent au passé, les auteurs de cette sotte exécution". (Guide à la cité de Carcassonne / Pierre Foncin / 1866)

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Aspect de la Cité sous la Révolution française

M. Champollion-Fijeac (1813-1894), dans son Annuaire de l'archiviste, publie le document d'archive relatant d'exaction des sans-culottes contre les archives de la Cité.

Ce jourd'hui 30e brumaire l'an II de la République Française, une, indivisible, quatre heures après-midi, nous, Jean-Marie Guilhem, maire ; officiers municipaux ; procureur de la Commune et notables composant le Conseil Général de la Commune de Carcassonne-Cité, accompagnés du citoyen Charles Assumac, secrétaire-greffier de la Commune ; du citoyen Maguelonne Naucadéry, juge de paix du canton de Carcassonne-Cité ; au milieu du bataillon de la Garde Nationale de la dite Cité, commandé par le citoyen Loubet, drapeau flottant, et de la compagnie des Invalides ou Vétérans de la garnison de la dite Cité, commandée par le citoyen Girot, capitaine de la dite compagnie, nous nous sommes rendus sur la place de la Liberté, ci-devant Belle-vue, où nous avons fait apporter tous les titres, privilèges, immunités, accordés à la dite commune de la Cité, par nos ci-devant Rois, ou, pour mieux dire, tyrans qui insultaient l'égalité, ainsi que deux registres de reconnaissances consenties en 1781, par les habitants ou possesseurs de bien-fonds et maisons de la récente Commune, au ci-devant roi le guillotiné ; et, étant parvenus dans cet ordre sur la dite place de la Liberté, et après avoir fait trois fois le tour des papiers et du bois destiné à faire le feu de joie, le citoyen Guilhem, maire, deux officiers municipaux et le secrétaire-greffier y ont mis le feu aux quatre coins, au milieu des cris de : Vive la République, une, indivisible ! Vive la Liberté, L'Egalité ! Périssent les Tyrans !

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La place de la Liberté en 1793

Le feu ayant duré pendant une heure, les citoyens qui s'y étaient rendus en foule, le Conseil Général de la Commune, et tous les assistants, on, pendant ce temps, avec la joie la plus vive, chanté l'hymne des Marseillais, la Carmagnole et autres couplets patriotes. Le feu étant éteint et les papiers, parchemins, registres, etc... entièrement consumés, et après avoir, sur la porte (Porte Narbonnaise, NDLR) donné l'accolade fraternelle aux commandants du bataillon de la Garde Nationale et de la compagnie des Vétérans, sommes entrés dans la salle publique de la dite maison commune, où nous avons dressé le présente procès-verbal, le jour et an susdits.

Signés : A. Baux, officier municipal ; Guilhem, maire ; Mieux, officier municipal ; Jean Girot, officier municipal ; Valens, Assumac, secrétaire-greffier. 

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Ancien hôtel de ville où fut dressé l'acte des sans-culottes

 Pour la petite histoire, le brûlement des archives n'ayant pas été complet, des titres emportés par le vent avaient été sauvés des flammes et des citoyens s'en étaient emparés. Le lendemain, 1er frimaire An II, une décision du Conseil Général de la Commune les prévenait "qu'ils seraient déclarés suspects s'ils ne les rendaient pas aussitôt." Etre déclaré suspect sous la Terreur, c'était passer en jugement devant un tribunal révolutionnaire qui vous envoyait à coup sûr au Rasoir national. Voilà donc un épisode de notre histoire qui n'enorgueillit pas nos révolutionnaires locaux. Si paraît-il à Carcassonne les têtes furent épargnées, les archives n'eurent pas ce privilège.

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24/08/2017

Les anciens hôtels de voyageurs de la Bastide St-Louis au XIXe siècle

Il s'agit-là d'une recherche qui, à notre connaissance, n'a jamais été faite pour Carcassonne. Pourtant, la quête historique des anciens hôtels, permet de par leur situation géographique, de situer les principaux axes économiques et touristiques à l'intérieur de la ville. Nous avons donc ouvert grimoires et annuaires, épluché les liste de recensement, exploré les registres de l'état-civil et enfin, procédé par déductions. Pourquoi ? Tout simplement, parce que les numéros de rues ont évolué au fil des années. 

Hôtel Saint-Pierre

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Jusqu'à la Révolution française, l'actuel immeuble abritant le magasin "Yves Rocher" (autrefois Artozoul, chasse et pêche) n'existait pas. C'était l'enclos de l'église des Carmes, dans le carron qui porte le même nom. En 1791, l'ensemble du terrain et des bâtiments propriété des Carmes est aliéné à l'état et vendu comme Bien national. Pierre Laurent Sarand en fait l'acquisition et transforme l'église en affenage. Les chevaux remplacent alors les fidèles... A l'angle de la rue de la liberté, on construit une Maison de roulage ; elle prend au début du XIXe siècle, le nom d'hôtel Saint-Pierre. Parmi les propriétaires successifs, on citera Catherine Souquet veuve Marty (1833), Isidore Clergue (1865), M. Martignole (Maître d'hôtel - 12 novembre 1869), Emile Aybram et ses descendants jusqu'à aujourd'hui. Au sommet de l'immeuble, la date de 1884 fait référence à l'année de réfection de la maison. La niche, quant à elle, logeait une statue de Saint-Pierre qui, d'après l'actuel propriétaire, menaçait de tomber sur les passants. Elle fut déposée par l'entreprise Escourrou.

Hôtel de la Dorade

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Ce bel immeuble sur trois étages possédant un balcon en fer forgé à chaque fenêtre, était occupé par l'Hôtel de la Dorade. Il faisait l'angle entre les rues Barbès et de l'Aigle d'or. Plus personne n'a connu cet hôtel, mais les anciens se souviendront du tailleur Olive et de sa boutique. Pierre Reillat, originaire de Ladern-sur-Lauquet, habitait déjà au numéro 17 de cette rue en 1869. A cette époque, cette artère avait pris le nom de Napoléon. Voyez comme l'histoire se venge ! Car on lui donna ensuite celui de Barbès, qui fut un acharné défenseur de la République, opposant à Napoléon III.

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Pierre Reillat vint à l'hôtellerie grâce à sa belle famille. Alexandre Vincent, le père de son épouse Joséphine, était aubergiste ; on retrouve le nom de Vincent, notamment comme propriétaire du Grand café Continental en 1913. Les Reillat possédèrent ensuite l'Hôtel Bonnet, rue Aimé Ramond. C'est leur fils Henri qui en eut la charge.

En 1904, avec le changement de propriétaire, l'établissement devint Hôtel d'Angleterre. Osmin Galard, traiteur, propose une salle pour les repas de noces, des chambres confortables avec électricité et WC hygiéniques. Pensez qu'à cette époque, Carcassonne ne possède pas encore de tout à l'égout ! On ne retrouve plus cet hôtel après la Grande guerre.

Hôtel Notre-Dame

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Au numéro 4 du boulevard du Jardin des plantes (actuel, Omer Sarraut), se tenait l'Hôtel Notre-Dame. Le bâtiment n'a pas changé, mis à part cette affreuse pergola mise en place en 1993 par le fast food Mac Donald's. Elle cache un peu au rez-de-chaussée à droite, une ancienne ouverture actuellement murée. C'était l'affenage de l'hôtel au XIXe siècle, par lequel entraient les chevaux. En 1824, l'hôtel accueillit Maximilien de Saxe et la princesse Amélie, sa fille, à deux heures de l'après-midi.

"Les autorités civiles et militaires les ont reçus à leur arrivée et une calèche découverte leur a été offerte par le préfet. Ils ont traversé la ville au pas, et ont adressé les paroles les plus flatteuses à MM. le préfet, le général, le baron d'Outremont (colonel de la 14e légion de gendarmerie et M. Callory, colonel du 6e chasseurs, qui faisait campagne en Catalogne". (L'ami de la religion et du roi / 1825)

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Maximilien de Saxe

En 1897, l'hôtel Notre-Dame occupe les étages. Au rez-de-chaussée se trouve le Grand café Continental de J. Latger, de J. Loubet (1901) et de J. Vincent (1913). Tout les autres bâtiments jusqu'à la rue Armagnac sont les affenages de Coste (1901), Perdigou (1904), etc.

Hôtel Cassabel

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Angle des rues Victor Hugo et Tomey, se trouvait l'Hôtel-Resturant Cassabel. En 1894, il fait état d'une cuisine bourgeoise renommée. Tous les samedis, on y sert Gras double et Bouillabaisse ; les vendredis, c'est brandade de Morue. L'établissement propose ses chambres et une salle pour les noces. L'hôtel sera vendu à M. Amalric, ex-chef de l'hôtel Saint-Jean Baptiste.

Hôtel de l'Ange

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L'Hôtel de l'Ange, 51 rue du Pont vieux, était tenu par M. Lapeyre en 1901. Il possédait également un affenage, où les clients pouvait faire manger leurs chevaux. En 1904, l'hôtel fit sa réouverture avec L. Courbatieu aux commandes. Trente chambres meublées à neuf, restaurant au premier étage, éclairage électrique, veilleur de nuit et grandes remises.

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Publicité de 1874

 Les vieux Carcassonnais ont surtout connu à cet endroit l'Hôtel Vitrac. Pour la petite histoire, c'est là que se trouvait le mess de la Légion des Volontaires Français contre le Bolchévisme sous l'Occupation. Aujourd'hui, le restaurant "Les mets tissés" occupe les lieux.

Hôtel de Paris 

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C'est le 22 juin 1884 qu'ouvre sur le boulevard de la préfecture l'Hôtel de Paris de M. Bouchou, ex-maître de l'hôtel de l'Ange. Après son décès, sa veuve cessera son activité le 1er mai 1896. M. Bonhomme (1897) en fera l'acquisition le 1er juin 1897 et lui donnera le nom d'Hôtel Central. En 1904, Le propriétaire fut M. Lagrange qui le présenta comme l'hôtel le mieux situé de la ville. Aujourd'hui, encore l'Hôtel Central trône au milieu du boulevard Jean Jaurès, à deux pas de la préfecture.

Hôtel moderne et du commerce

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Dans la rue de la République, on voit encore l'inscription sur la façade. Le Grand Hôtel Moderne et du Commerce faisait honneur à Carcassonne par les service rendus à ses clients. Dirigé par Louis Pons, il était recommandé par le Touring-Club de France et le Cyclist Touring-Club Anglais. Outre ses chambres et  salons chauffés par la vapeur, on y trouvait un garage pour bicyclettes et automobiles.

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Le hall d'entrée dans les années 1930

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© Martial Andrieu

Les vitraux qui ornaient autrefois les fenêtres, côté rue de la République.

Quand l'hôtel cessa son activité, on créa en ces lieux le RIAC (Restaurant Inter Administratif de Carcassonne) en 1975. Les vitraux furent alors déposés et exposés à l'intérieur de la salle de restaurant où ils se trouvent toujours.

Grand Hôtel Bernard 

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Entrée de l'Hôtel Bernard, rue de Verdun

Autre témoin du passé hôtelier de Carcassonne, cet établissement dirigé par J. Jagmet depuis 1893 fut l'un des plus prestigieux de la ville. Outre ses chambres équipés de la TCF, il comptait plusieurs salons dont une vaste salle de 200 couverts. Un omnibus faisait la navette à la gare et à la Cité. Il était également possible de tirer ses propres photographies dans la chambre noire et de communiquer par téléphone. En ce début de XXe siècle, l'hôtel s'était entièrement modernisé. D'aussi loin que nous avons pu remonter, nous trouvons la présence de l'Hôtel Bernard en 1864. Il ferma ses portes à la fin des années 1970 et fut transformé en 1986, en Résidence de l'Officialité.

Hôtel Saint Jean-Baptiste

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Cet hôtel avait été édifié au XVIIIe siècle et se trouvait sur l'actuel emplacement du Grand Hôtel Terminus. Il était devenu vétuste et peu adapté aux progrès du début du XXe siècle. En 1912, il fut entièrement rasé. Dans une niche faisant angle avec le boulevard Sarraut, se trouvait la statue de Saint Jean-Baptiste. Il connut de nombreux propriétaires : M. Ricard mais aussi M. Bigué, père de Mlle Bigué, secrétaire du Syndicat d’Initiatives. 

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© H. Alaux

C’est sous le signe de sa disparition que se déroulèrent les fêtes de Carnaval de cette année mémorable (1914), à un moment où rien ne laissait prévoir le drame qui devait éclater six mois plus tard. Lorsque le Carcassus de l’époque sortit de la gare, il ne reconnaît plus sa bonne ville. Il devait être un bien mauvais poète, ce Carcassus, si l’on en juge par les vers di-dessous, au moyen desquels il exprima son désappointement :

Serqui San Jean Batisto
Bési pas sous houstal
Y aben respoundut
La paouré y figut
Dins le cel y rébengut
Nostre-Ségné per mousségné
La louat per sous troupel
Asa plasso, lé remplasso
Le gran Terminus Hôtel

Hôtel Bonnet

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Le Grand hôtel Bonnet a été fondé vers 1824 dans l'un des deux immeubles qui furent choisi pour loger le comte de Peyre et sa suite, lors de la tenue des Etats du Languedoc en 1701 à Carcassonne. François Bonnet - traiteur de son état - fonde avec son épouse Marie Affigne, un hôtel de voyageurs au N°41 de la rue de la mairie, actuelle rue A. Ramond. Il transforme bien entendu l'ancien immeuble dans lequel, il offre également un service de bains. Le guide du voyageur de 1834 fait référence de l'établissement comme possédant bains, remises, écuries et bonne table. Le couple Bonnet peut compter sur l'aide d'Alphonse Bibent - Maître d'hôtel- marié à Victorine Bonnet et sur Irma Bonnet mariée à Achille Sarrail - le fils du Président du Tribunal de Commerce.

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Le 1er octobre 1892, la gérance de l'hôtel passe entre les mains de Lucien Nartus - ancien chef de cuisine des plus grandes maisons bourgeoises. L'établissement refait à neuf entre dans la modernité sous l'ère de M. Reillat qui se verra décerner par le Touring Club de France, le diplôme d'hôtelier avec médaille d'argent. C'est l'âge d'or de l'hôtel, qui après avoir accueilli des notabilités comme M. de Lagrénée - ambassadeur de France en Espagne en 1850 - verra passer le cinéaste Louis Feuillade avec sa troupe en 1908 et l'aviateur Jules Védrines en 1911. Un an après, M. Fourcade rachète l'hôtel qui possède le chauffage central, des salles de bains, une grande salle de dîner, le garage et des omnibus pour tous les trains. Malheureusement, la Grande guerre va interrompre l'activité hôtelière, puis y mettre un terme. A partir du 23 avril 1915 et jusqu'au 20 décembre 1918, le Grand hôtel Bonnet et ses 118 lits sert d'abord d'annexe N°51 puis d'Hôpital de campagne.

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Aujourd'hui, les Affaires de sociales de la ville de Carcassonne occupent les locaux de l'ancien Hôtel Bonnet, rue Aimé Ramond. Il reste encore dans la cour quelques vestiges de son prestigieux passé. 

Hôtel Maymou

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© Coll. Patrice Cartier

La trace la plus ancienne que nous ayons retrouvée de cet établissement remonte aux années 1850. L’hôtel café Maymou, situé sur l’emplacement du Café Formule 1 et de la Brasserie de Franck Putelat était le rendez-vous des élégants officiers du 17e dragons qui tenait garnison dans la caserne proche.

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L'emplacement de Hôtel-Café Maymou au portail des Jacobins

Sources

Notes, synthèses et recherches / Martial Andrieu

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22/08/2017

Quand le domaine de Fontgrande était un centre artistique au pied de la Cité

Au pied de la Cité et au milieu des vignes, une vieille bâtisse allait être remise en état par la force et la volonté d'un certain nombre de Carcassonnais, amoureux des arts. Qui pourrait se douter aujourd'hui que le domaine de Fontgrande, situé en bordure du chemin des Ourtets, avait été dès le début des années 1960 un centre artistique de premier plan ? Hélas ! Le temps passe et l'oubli vient refermer les pages de gloire de notre bonne vieille ville de Carcassonne. Au milieu de cette vaste campagne, la maison vétuste mais richement empierrée, isolée au cœur d'un vaste jardin, fut remarquée par quelques concitoyens. Ceux-ci pensèrent qu'il se pourrait créer là, une sorte de foyer où seraient regroupés les arts et les artistes. Ils ont donc imaginé un ensemble d'ateliers et de salles d'exposition, le tout assorti d'une salle de réunion rustique, familière et accueillante où librement les artistes et leurs amis pourraient se retrouver et où, le grand public serait admis. Dans l'idée des créateurs, il s'agissait de donner à la Cité de Carcassonne, un complément de bon goût avec la participation d'authentiques artistes.

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Fontgrande en 1962

Quels étaient ces créateurs et mécènes de la vie artistique Carcassonnaise ? Au premier rang, citons Madame Ginette Lauer, propriétaire d'une librairie et d'une galerie dans la rue Clémenceau. Citons ensuite MM. Galabert, Jean Deschamps (Directeur du Festival), Ramon Marti, Henri Castella (Architecte), Clément Cartier (Avocat), Georges Rousset, André Bousquet, Vialas (Verrier), Lauca (Ferronnier), Dauré (Entrepreneur des Monuments historiques), Claude Tarlier (Artiste peintre), Raboul et Mme Ganechine.

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Fontgrande aujourd'hui, propriété de Madame Pujol.

Ce foyer de l'art - unique dans la région - ouvrit ses portes le 20 juin 1962 pour une durée saisonnière de trois mois. Bien entendu, il ne s'arrêta pas de si tôt. L'inauguration débuta par le vernissage d'une exposition de Roland Biège, à laquelle succéda le peintre hollandais Daemen. Claude Tarlier, s'était aménagé dans les soupentes un atelier capable de susciter l'admiration des grands peintres, il furent avec Georges Rousset les premiers artistes de Fontgrande.

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© Danièle Buffet

Bernard Buffet

Parmi les artistes ayant exposé leurs œuvres à Fontgrande de leur vivant : Bernard Buffet (1928-1999), Jean Lurçat (1892-1966), Marc Saint Saens (1903-1973), François Fau dit Farvèze, Roger Froisser (1924-2003), Jacqueline Bez, Boris Veisbrot (Emailleur), Geneviève Duboul (Céramiste), Jean Camberoque (1917-2001), Ernest Ziller (1897-1976), etc.

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© Droits réservés

Fontgrande accueillit également des soirées musicales avec des artistes de jazz. On reconnaît de gauche à droite : Roger Alonso, Jean Osmont, ?, Loulou Boyer, René Coll, ? et le Dr Barrière.

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19/08/2017

"Simon de Montfort" et "Le sol commandé", deux œuvres du patrimoine théâtral Languedocien

"Il faut que la ville de Carcassonne concède son théâtre pour un nouveau bail, non point à quelque vague impresario parisien ou belge, à l'homme de paille de quelque obscure coterie, à quelque littérateur en chambre, solitaire et aigri, - mais à un méridional, connaissant son pays et sa race, croyant en eux, et désireux beaucoup plus de faire de belles choses que d'amasser de gros sous." Cet extrait d'un article de presse aurait sans doute pu être écrit hier ; il le fut de la main d'Armand Praviel en 1928, à l'issue de la représentation de deux pièces d'auteurs régionaux données en dehors des fêtes du bi-millanire de la Cité.

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© Martial Andrieu / Plaque de verre

Le public au Théâtre de la Cité

C'est grâce à l'intervention de Maurice Sarraut, sénateur de l'Aude, et au désintéressement de Romuald Joubé et de ses camarades de la Comédie française, que l'on put monter deux pièces méridionales.

"Le sol commandé"

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© La France libre

Jean Camp

(1891-1968)

Auteur dramatique et poète, Jean Camp était né à Salles d'Aude. Il fut professeur au lycée Louis le grand à Paris et s'engagea dans la France libre en février 1943. A ce titre, il reçut la Médaille de la Résistance et fut élevé au grande d'Officier de la légion d'honneur. On lui doit un grand nombre de pièces dont "Le sol commandé", drame paysan en vers, créé en 1927 sur la scène du théâtre de la nature de Coursan. Ce lieu de spectacle en plein air fut fondé par Louis Izard, le directeur du théâtre du Capitole de Toulouse.  Romuald Joubé deviendra le directeur artistique de cette scène estivale, appréciée de Joseph Delteil et de François-Paul Alibert.

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© Martial Andrieu / Plaque de verre

L'œuvre de Jean Camp porte la dédicace suivante : "Aux vignes de la plaine Audoise, née des efforts têtus de ma race, en filial hommage."

Lors de la représentation à Carcassonne, la musique du compositeur Catalan Josep Fontbernat y Verdaguer était interprétée par la cobla "L'art Gironi". Parmi les interprètes de la pièce, ont peut citer : Romuald Joubé (Simon), Fanny Robiane (Jeune paysan), Mme Ritter (Bernilde), Gauthier-Sylla (Jacques), André Méric (Paul), Pierre Sentès (Valet de ferme), Juliette Peine.

"Simon de Montfort"

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© Maison Saint-Prix

Jean Suberville

(1887-1953)

Né à Saint-Médard dans la Haute-Garonne, Jean Suberville fut un discipline et ami d'Edmond Rostand. Caporal au sein du 94e RI durant la Grande guerre, il fit jouer "Cyrano de Bergerac aux tranchées". Une pièce en 1 acte et en vers de sa composition. On lui doit également un grand nombre de pièces, parmi lesquelles La passion de Don Juan, La nouvelle Sapho, Perdigal, Bertrand de Comminges, etc. Grand prix de poésie de l'Académie française.

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© Martial Andrieu / Plaque de verre

Simon de Montfort est une pièce en vers en 4 actes et 1 tableau. Créée d'abord aux arènes de Saintes (Charente Maritime) en 1926, puis le 15 février 1927 au Trocadéro à Paris, elle fut jouée à Carcassonne les 28 et 29 juillet 1928. Elle sera reprise en 1937, lors de l'exposition nationale devant le pavillon du Languedoc. Au milieu de l'histoire de la conquête de Simon de Montfort, l'intrigue se noue autour de Saucie d'Aragon, proie disputée par Raymond de Toulouse et Simon de Montfort. A tel point, qu'elle devient la cause involontaire du conflit.

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© Bernon

Romuald Joubé

 "A neuf heures du soir, devant l'immense amphithéâtre grouillant de spectateurs, devant la nuit pure qui s'assombrit peu à peu, une voix s'élève, jaillissant des remparts obscurs : celle de Romuald Joubé, qui adjure l'ombre de Montfort, jadis inhumé en face, sous les voûtes romanes de la cathédrale Saint-Nazaire. Elle proclame l'apaisement des anciennes querelles, dans la fidélité et le respect du passé le plus douloureux.

Car nous aimons toujours la France

En chantant notre terre d'Oc !

Aussitôt, les trompettes sonnent, la scène s'éclaire, et nous voyons descendre de la tour du Moulin du Midi, le comte Raymond VI et la comtesse Eléonore : le drame est commencé."

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© Maison Saint-Prix

La mise-en scène réglée par Pierre Aldebert secondé par Pierre Sentès, fut des plus grandioses. On utilisa toutes le décor naturel des remparts, des tours et des portes séculaires de l'antique Cité. Parmi les 100 figurants, l'Orphéon de Castelnaudary interprétait des chants Languedociens. La distribution de la Comédie française n'en fut pas des moins prestigieuse : Romuald Joubé, Colonna Romano, Juliette Verneuil (Comtesse de Toulouse), Albert Reval (Raymond VI), Jean Forment (Simon de Montfort), André Méric (Roi d'Aragon), Gauthier-Sylla (Arnaut Amalric), etc.

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Colonna Romana par Raymond Lheureux

Le succès fut tel que l'on réclama une seconde représentation et ceux qui n'avaient pas pu obtenir de billets à la première, se rendirent à l'hôtel de la Cité où logeait Romuald Joubé. Celui-ci sortit au devant de la foule et indiqua qu'on allait lui donner satisfaction. A la fin de la représentation, il s'adressa au public de cette manière :

"La pièce que nous venons de représenter a été écrite pour la Cité de Carcassonne, c'est ce soir une véritable création... Aussi, suis-je heureux de vous dire le nom de son auteur. C'est notre compatriote Jean Subervile."

Romuald Joubé était né à Mazères dans l'Ariège... Un enfant du pays, sans doute. En 1930, François-Paul Alibert, natif de Carcassonne, prenait la direction du théâtre. Avait-on écouté la supplique du journaliste Armand Praviel ?

 

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17/08/2017

Contre le massacre de la place Carnot !

C'est sous ce titre qu'une pétition circule dans Carcassonne, afin de s'opposer à la construction d'un parking souterrain de quatre niveaux sous la place Carnot. Nous sommes le 10 juin 1972 ; l'émotion est vive depuis que le conseil municipal présidé par Antoine Gayraud a adopté le principe de cette réalisation. Le projet serait presque passé inaperçu, faute de maquette ou de plans présentés aux Carcassonnais, si ceux-ci n'avaient pas été éveillés par le bruit assourdissant d'une foreuse au centre de la place. Ce ne sont pas les résultats peu concluants du premier sondage effectué par la Soltechnic le 10 mars 1972, qui ébranlèrent la motivation de la mairie. 

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La place Carnot vers 1970

"Dès une profondeur de cinq mètres, l'on se heurte à une masse de calcaire compact et très dure. Or, le parking doit faire onze mètres de profondeur. Le creusement ne serait pas, dans ces conditions, une petite affaire. A moins d'utiliser des charges d'explosif - ce qui me semble être exclu à un tel endroit."

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 Quel projet ?

Lors d'une réunion du conseil municipal, le maire Antoine Gayraud avait évoqué, selon des "prévisions très élaborées" que Carcassonne attendrait 80 000 habitants. 

"La ville va continuer de s'étendre. Elle mesure déjà près de sept kilomètres de long ! Les boulevards dits extérieurs, ne le sont déjà plus. Ils sont devenus le cordon ombilical qui relie le centre ville aux quartiers périphériques, l'axe vital de l'agglomération. Ils se meublent déjà de leurs premières vitrines. Inévitablement, le commerce local va se trouver à l'étroit dans le centre ville, même s'il dispose encore de place. Certains commerces, pour pouvoir s'agrandir, devront s'installer sur les boulevards, même si certains refusent avec vivacité cette perspective."

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Le premier adjoint Fernand Ancely, envoyé auprès des commerçants pour une opération séduction à la Chambre de Commerce le 18 avril 1972, déploya les arguments de la ville. A partir du postulat selon lequel "il y a actuellement 2,8 voitures pour 10 habitants, dans cinq ans, il y en aura 6,8. Cette statistique prouve à quel point le problème de la circulation et du stationnement à Carcassonne doit être repensé. Il importe donc de trouver des solutions efficaces pour tous et qui ne soient pas préjudiciables au commerce local. A plusieurs reprises, la municipalité a repoussé les propositions de plusieurs sociétés commerciales désireuses de créer de grandes surfaces dans la périphérie. Nous nous sommes farouchement opposés à leurs offres."

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MM. Obadia (Union des commerçants), Ancely (1er adjoint), Auriol (Président de la CCI), Bonnafous et Danjean

Pour remédier à ce problème, la municipalité étudia trois emplacements pour y réaliser un parking souterrain : place d'armes (Général de Gaulle), Jardin des plantes (Square Chénier), boulevard Jean Jaurès. Le projet de la place d'arme étant trop coûteux, car il aurait fallu installer 400 parcmètres pour qu'il soit rentable, le choix s'est porté sur la place Carnot. C'est en fait la société privée chargée de prendre à son compte les travaux qui en jugeait ainsi. La construction du parking place Carnot n'excluait pas l'installation de 85 parcmètres tout autour. Les travaux d'un coût estimé à 600 millions d'anciens francs dureraient 10 mois, pendant lesquels le marché serait déplacé sur le parking de l'ancien lycée. L'entrée du souterrain se ferait face à l'actuelle pharmacie Bibal et la sortie, face à la boutique Benetton. Durant cette réunion, M. Ancely s'engagea à remettre en place la fontaine de Neptune et à replanter six platanes devant être abattus. Un sondage parmi les 120 commerçants présents, donna le nombre de 110 favorables au projet.

Les opposants

Les nombreux défenseurs du patrimoine historique ne l'entendaient pas de la même oreille ; il s'étaient chargé de le faire savoir. Madame Cahen-Salvador au nom de la F.D.A.S.E.M désapprouvait le projet de destruction de la place Carnot. Elle organisa avec le concours de la presse un referendum, dans lequel une majorité d'opposants au parking se fit connaître. Les déclarations de M. Ancely à la réunion avec les commerçants n'étaient pas de nature à calmer le jeu.

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" L'argumentation des personnes désireuses de sauvegarder le patrimoine archéologique des anciens ne tient pas. (...) Si nous devions tenir compte chaque fois des levées de boucliers, nous ne ferions jamais rien. Lorsque le conseil municipal aura pris une décision pour la réalisation de ce parking, aucune protestation ne le fera revenir sur sa décision !"

Le 5 juillet 1972, Pierre Costeplane - Membre de la Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude - écrit une lettre ouverte au maire, publiée dans la presse.

Certes, des sondages de notre ville ont même été consultés d'une manière officielle : je veux parler des commerçants du centre ville, qui se sont, paraît-il, prononcés dans leur majorité en faveur du projet, persuadés que la meilleure façon d'attirer les clients était de leur faire miroiter l'alléchante perspective de payer leur place au parking 50 centimes la demi-heure, sans parler des amendes pour dépassement de temps ! Il va sans dire que cette enquête, limitée aux seules personnes susceptibles de tirer un hypothétique profit de la réalisation du parking se révèle effectivement avantageux pour certains, ceux qui ont leur maison à moins d'une centaine de mètres de la place Carnot, les autres, moins favorisés par le sort, ne risquent-ils pas d'en subir les désavantagent ? En d'autres termes, est-ce que les commerçants de la périphérie, qui eux n'ont pas été consultés, n'ont pas quelques sujets de craindre le surcroît de concurrence que vont ainsi leur faire ceux du centre-ville ? Pourquoi n'a t-on pas plus consulté les jardiniers qui, les jours de marché, installent leur éventaire sur la place ? Les quelques-uns que nous avons interrogé se sont révélés plus la plupart hostiles au projet et indignés du peu de cas qu'on fait d'eux.

D'autres part, nous sommes loin d'être rassurés sur le caractère esthétique de la réalisation. ce genre de question ne fait guère partie des préoccupations majeures de MM. les promoteurs et entrepreneurs de travaux publics. Certes, on nous a fait des promesses à ce sujet : tous les arbres qu'on sera obligé d'abattre seront ensuite remplacés. C'est tout juste si on ne nous a pas garanti que nous pourrons bientôt voir les nouveaux plus beaux et plus gaillards que les anciens.

On a également cité le cas de villes où de semblables travaux ont été effectués sans trop de dégâts, mais sans donner le moindre détail sur la situation, les dimensions des places où ils ont été faits, sans nous dire si elles étaient plus ou moins dégagées que notre minuscule place aux Herbes, ni combien d'arbres ont été chaque fois abattus et combien ont été laissés en place. Nous aimerions voir des documents, photographiques ou autres, sur ces réalisations exemplaires. Il nous paraît par ailleurs scandaleux que, avant d'entreprendre des travaux d'une telle ampleur, la municipalité n'en fasse pas publier les plans dans la presse locale et qu'une maquette n'en soit pas exposée en un lieu où chacun puisse la voir à loisir..

Enfin, une dernière question que doivent se poser de nombreux habitants de notre ville : combien coûteront ces travaux et qui les financera ? La municipalité ( ce qui revient à dire, les contribuables) ? Quelques généreux philanthrope ? Ou bien, comme le bruit en court, une entreprise capitaliste qui compte s'assurer de confortables bénéfices par l'exploitation du parking ?

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La publication de cet article n'est pas innocente, car il se pourrait bien qu'un jour un tel projet revienne sur la table. Il le fut en 1995, au moment de refaire entièrement la place Carnot et d'en supprimer le stationnement. Au début des années 1970, on étudia la possibilité de construire un parking sur le Canal du midi, entre la passerelle de Varsovie et le pont de la paix. Ce projet trop coûteux ne fut pas retenu, pas davantage qu'un souterrain pour les piétons sous le boulevard Jean Jaurès...

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