12/06/2017

Le 5 avril 1988, le Centre de séjour du pont vieux est inauguré par Michèle Barzach

Le Centre de séjour du pont vieux qui permettait aux personnes âgées, ayant de modestes revenus, d'y finir leurs jours, est fermé depuis trois ans. Cet endroit avec sa vue magnifique sur la Cité était devenu paraît-il obsolète et en-dehors des normes de salubrité actuelles. Ne pouvait-on pas engager des travaux de modernisation ? On a préféré construire une structure d'accueil appelée "Rives d'odes" près de l'auberge des chênes, route de Limoux, où pour près de 2000 euros mensuels on héberge les personnes dépendantes. Notons, qu'une grève l'an passé a mis en évidence les carences en matière de personnel pouvant altérer la qualité du service... Une dizaine de postes de soignants seraient supprimés.

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© Roger Garcia / DDM

La réfection et l'humanisation de l'hospice, futur Centre de séjour du Pont-vieux sera réalisée en trois tranches successives mises en chantier en juin 1982, mars 1983 et juillet 1986. Ce programme avait été arrêté par le préfet de l'Aude, le 8 novembre 1978. Il faudra donc attendre sept ans et une subvention de 7 500 000 francs du Ministère des Affaires sociales pour financer la 3e tranche à hauteur de 40% des travaux estimés à 18.750.000 francs. Par délibération du Conseil municipal en date du 10 juillet 1986, la ville de Carcassonne se porte garant de l'emprunt de 1.680.000 contracté par le Centre hospitalier Antoine Gayraud.

La capacité totale des lits était fixée à 288 : 90 en 1982, 105 en 1983 et 90 en 1986. Toutefois, lors de la dernière tranche le nombre passa de 90 à 66. En effet, le directeur de la DDASS fit savoir qu'il convenait de faire passer les lits de long séjour en lits de Maison de retraite. La mesure fut ainsi enterrinée par le maire avec l'édification de services médico-techniques (balnéothérapie, cabinet dentaire, salle de radiologie, kinésithérapie).

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L'inauguration en 1988

Le Centre de séjour du pont vieux fut entièrement rénové en 1988 grâce à deux architectes : Mlle Cailhau et Monsieur Tran Huy Loc. On peut largement s'interroger sur l'étude menée par ce cabinet en matière d'harmonisation architecturale dans un périmètre historique avec vue sur la Cité médiévale. La ministre de la santé et de la famille du gouvernement de Jacques Chirac, a annoncé lors de sa venue l'attribution de plusieurs enveloppes supplémentaires pour financer l'opération en cours : 1 118 000 francs pour l'équipement du nouvel hospice ; 1 million pour la mise en place de 105 lits long séjour, 113 lits de section de cure médicale et 43 lits de maison de retraite à l'hospice. En complément, 1 182 000 francs afin de permettre l'ouverture des 35 lits supplémentaires de cure médicale avec la création de 12 emplois nécessaires à leur fonctionnement.

"En l'an 2000, les plus de 60 ans représenteront plus de 20 % de la population. Il y aura 1 million de personnes de plus de 85 ans. Le gouvernement de Jacques Chirac a choisi trois priorités : préserver notre système de retraite, favoriser le maintien des personnes âgées à leur domicile et dans leur environnement familier et enfin créer des structures d'accueil et de soins diversifiées et graduées. La France soit être plus fraternelle et plus solidaire. Il faut redonner toute sa place à la solidarité de la famille." (Michèle Barzach)

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Remise de la médaille de la ville par R. Chésa

Dans son discours, le maire a rendu hommage au personnel de l'hospice :

"C'est quotidiennement que le personnel accompagne de sa chaleur et de sa compétence nos personnes âgées les plus démunies. La rénovation de l'hospice répond à la nécessité d'améliorer et d'humaniser le cadre de vie de nos personnes âgées."

Madame Barzach a rencontré les infirmières et élèves infirmières de la ville, les directeurs de l'hôpital M. Rauly et de l'hôpital psychiatrique de Limoux. Elle a ensuite signé le livre d'or et reçu la médaille de la ville. Elle est également reparti à Paris avec en cadeau, une magnifique lithographie de la Cité signée par Cantier et un coffret prestige de la blanquette de Limoux.

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© UNICEF / W. Daniels

Michèle Barzach a été jusqu'en 2015 la présidente d'UNICEF France.

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10/06/2017

Hommage à Jeannot Lapasset (1946-2017)

Avec la disparition de Jean Lapasset à son domicile vendredi dernier, après une longue maladie, s'éteint le dernier d'une génération de cafetiers brandissant l'amitié et la serviabilité comme étendard. Le café des Négociants c'était le café Lapasset, tellement le nom de cette famille marqua de son empreinte le cœur des Carcassonnais de toutes les générations. Pour preuve, malgré la vente de l'établissement en 2008 et son changement d'enseigne, on désigne toujours l'endroit comme étant chez Lapasset. L'ancien siège de l'USC, de la boule tapageuse, des jeunes lièvres, du FAC, etc. Autant de rires, de tapes dans le dos, de bons gueuletons entre amis avec la caserne Laperrine et ses bisasses du 3e Rpima. Combien de troisièmes mi-temps, les jours de défaites comme les jours de victoires ? Combien de lotos et de canards gras gagnés ? Au-delà de la perte physique de Jeannot Lapasset, c'est toute la bibliothèque immatérielle de ce lieu qui vient de brûler. Cette richesse lui avait été léguée par son père René, en même temps que le café. Notre devoir était d'en sauver un peu la mémoire. C'est ce que je fis en 2010 quand il me reçut à son domicile, en m'ouvrant ses souvenirs photographiques. Cet homme avait à la fois la force d'un chêne et le cœur d'un poète ; c'est d'ailleurs ce qu'il y a de remarquable chez les rugbymen. Nous n'allons pas être tristes, car l'homme aux belles bacchantes avait pour habitude de les sublimer d'un sourire. Nous allons simplement rappeler l'histoire de cette famille et de ce qu'elle apporta à la vie de notre ville.

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© Collection Martial Andrieu

Tout commence en 1905 avec Jean Lapasset qui après avoir quitté Paris achète les trois cafés de la place d'armes (Aujourd'hui Général de Gaulle) pour n'en faire qu'un seul. Il le baptise "Grand café des négociants" en raison des nombreux courtiers en vins de passage les jours de foire, sur le boulevard Barbès.

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© Collection Martial Andrieu

Dans les années 1920, les clients et amis du café posent autour de Jean Lapasset. Le charisme du patron emporte l'adhésion des clients. Ce sont des négociants en vins qui les jours de foires, finalisent leurs affaires autour du zinc. 

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© Collection Martial Andrieu

Jean Lapasset passe ensuite la main à son fils unique René en 1930, surnommé amicalement "Luigi". Ce dernier fit les beaux jours d'une ASC qui jouait jusque dans les années 30 à XV, au poste de talonneur. 

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© Coll. Jean Lapasset

René Lapasset jouait à l'ASC

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© Coll. Jean Lapasset

René Lapasset s'était lié d'amitié avec les cirques qui s'installaient régulièrement sur la place d'armes (aujourd'hui, général de Gaulle). Ci-dessus, une photo avec Mustapha, le patron du cirque Amar. Il était également un grand ami d'Achille Zavatta et de tous les forains. 

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© Coll. Jean Lapasset

Le passage du Tour de France dans les années 1950

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Soirée de loto au Café des Négociants, au cours de laquelle René Lapasset annonçait les numéros tirés du sac. Les heureux gagnants repartaient avec canards gras, poulardes et jambons.

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Jeannot Lapasset entouré par sa mère et son père semble prêt à prendre la relève. Il a alors une dizaine d'années. C'est au début de 1970 que René passera la main à son fils unique. En fait, René ne quittera jamais vraiment les lieux dans lesquels il mourra en février 1992, à l'âge de 90 ans. 

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© Coll. Jean Lapasset

Jean Lapasset avec sa petite Vespa devant le café de son père

"Jeannot" prit la succession et modernisa le café. Il bénéficia de la clientèle fidèle, mais il sut surtout la conserver. Les lycéens ne manquaient pas les parties de flippers et de glisser une pièce dans le juke-box. Les samedis, combien de matches du Tournoi des 5 nations suivis depuis l'unique télévision du café ? 

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© Collection particulière

Jeannot Lapasset avec des amis bien connus

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© Collection particulière

Jean Lapasset avec le maire Raymond Chesa. 

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© Collection particulière

Jean Lapasset était passionné de belles voitures. On lui doit la création de la course du Col du Portel. En 2008, il vendit le café des Négociants à Norbert Serres. L'établissement allait devenir le Saint-Germain, car l'ancien propriétaire ne souhaitait pas que l'on conserve le nom d'origine. 

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J'avais photographié le café Lapasset en 2008 avant sa transformation. Aujourd'hui, ce lieu a changé d'aspect mais l'âme des Lapasset y est encore pour de nombreuses décennies. En ces moments difficiles, je voudrais témoigner de mon amitié à Marie-Aude, sa fille durement éprouvée par la perte de son père. Ainsi, bien sûr, qu'à l'ensemble de sa famille.

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09/06/2017

Le 20 août 1944, l'avion de James Millard Alston est abattu au-dessus de Pezens.

L'avion du lieutenant américain James Millard Alston, né à Linden en Alabama le 12 décembre 1918, est abattu par la Flak (DCA Allemande) au-dessus de la nationale 113 entre Pezens et Pennautier, le 20 août 1944. Son appareil appartient à une escadrille de SQ 01 spécialisés dans la chasse de nuit. Elle a pour mission de mitrailler les colonnes allemandes en provenance de Toulouse, afin d'éviter qu'elles ne rejoignent la vallée du Rhône.

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© findagrave.com

Lt James Millard Alston

(1918-1945)

Touché par un tir de la DCA ennemie, l'avion prend feu et s'écrase à Grazailles (Carcassonne) à proximité du domaine de Gougens. Pour le situer grossièrement aujourd'hui, disons près du Conseil départemental.

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© Patrick Ertel

Le lieu du crash en 1944

James Millard Alston s'est éjecté de son appareil. Il a une légère blessure dans l'avant-bras gauche causée par des éclats l'obus ; il atterrit en parachute au lieu-dit "As Plos" sur la commune de Pennautier. Grâce à Sylvain le Noach - spécialiste des unités et mouvements de troupes allemandes dans l'Aude - nous avons une traduction du rapport rédigé par le lieutenant à son retour de mission.

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Avion semblable à celui de J. Millard Alston

Voici des extraits du rapport de mission 

"Touché par le mitraillage d'une Flak. Fuite épaisse de fumée noire. Finalement le moteur est mort. Le voile de parachute ne s'est pas déployé. Redéployé le plus loin possible, j'ai pu m'extirper en lâchant le bord de fuite. [...] J'ai atterri à côté du lit d'un ruisseau séché, à 15 pieds des arbres. J'ai grimpé dans les arbustes. J'ai couru le long du ruisseau couvert d'un sous-bois dense. J'ai longé le lit du ruisseau, j'ai trouvé un trou sous une bûche et j'ai réussi à mes glisser parmi les troncs d'arbres. J'avais l'intention de rester jusqu'à la tombée de la nuit. Une heure et demie plus tard, j'entends quelqu'un venir des sous-bois. Un paysan vraiment âgé. Je lui au fait comprendre (indéchiffrable) vers des civils. Il a mimé qu'il allait revenir. Quinze minutes plus tard, il est revenu avec un chapeau blanc en flanelle ou un béret. 

Il m'a amené chez un ami. On a suivi des chemins de campagne jusqu'à une ferme. J'ai été nourri et il a insisté pour j'aille me coucher. J'ai dormi trois heures. Je me suis réveillé et un autre homme était là (probablement un maquisard). Escorté 3-5 minutes jusqu'à une autre ferme. Deux maquisards sont venus. Un d'entre-eux m'a amené à Saverdun. Je suis resté là jusqu'au 25 août. Famille Fontanelle. Ils m'ont bien soigné. Je pouvais demander tout ce que je voulais.

Deux ex-pilotes sont allés pour s'assurer que l'avion était complètement détruit. Je suis monté dans une voiture et je suis allé à Foix. Ici, j'ai contacté la mission des alliés - la ville venait juste d'être prise. Une journée avec eux. Quelqu'un de Toulouse a envoyé une voiture pour moi et je suis allé là-bas. "

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Manuscrit du rapport du Lt James Millard Alston

Grâce à la Résistance française, le lieutenant américain rejoindra l'Angleterre, l'Irlande et enfin son pays d'origine. Il reprendra du service lors de la bataille du pacifique contre les Japonais. Son appareil est à nouveau touché au sud d'Okinawa le 25 mars 1945. Cette fois, la mer n'aura pas épargné la vie de James Millard Alston. Son corps n'a jamais été retrouvé.

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© findagrave.com

Vieux cimetière de Linden (Alabama)

En 2001, des membres de sa famille sont venus des Etats-Unis, se recueillir sur le lieu du crash à Carcassonne. Avec cet article, nous souhaitons rendre hommage à tous ces combattants étrangers qui ont défendu la liberté sur le sol français. 

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© Patrick Ertel

La famille de J. Millard Alston sur les lieux du crash à Carcassonne

A Pennautier, une plaque rend hommage au lieutenant Alston et à tous ses compatriotes

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Merci à Sylvain le Noach

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06/06/2017

L'Œuvre de la Miséricorde : Un bureau de charité oublié des Carcassonnais

On pourrait résumer l'Œuvre de Miséricorde dans la religion chrétienne, aux paroles contenues dans le chapitre 25 de Saint-Matthieu :

"Donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts."  

Au fil de nos études sur ce blog, nous constatons le désintérêt des chercheurs locaux pour l'histoire religieuse de Carcassonne. Aussi, lorsque nous avons voulu enquêter, ce n'est pas dans les livres contemporains de notre époque que nous avons trouvé des informations. Alphonse Mahul dans son Cartulaire, nous apprend que l'Œuvre de la Miséricorde fut fondée vers 1680.

"Légalement instituée par Lettres patentes du 20 novembre 1739 enregistrées au parlement sous dénomination Bureau de charité, l'oeuvre jouissait d'une entière indépendance à l'ombre des Jésuites du Collège."

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Les sept oeuvres de miséricorde

A Carcassonne, il s'agissait d'une espèce de bureau de bienfaisance dirigé par des Dames de la ville. En 1739, Monseigneur de Bezons - Evêque de Carcassonne - s'occupa du bureau des dames de la Miséricorde pour leur donner des règlements, qui devaient placer ce bureau sous son autorité. Jusque-là, il jouissait d'une indépendance relative puisque ce sont les Jésuites qui assuraient la formation des dames, tout en exerçant leur influence sur elles. Cette dépossession ne fut pas une petite affaire. Les Dames qui composaient le bureau de la Miséricorde résistèrent par voie de droit. Ce n'est que par lettre de cachet du roi en date du 16 juin 1760 qu'elles durent se soumettre.

"De part le Roy. S.M. ordonne à la veuve Pinel, l'une des Dames de l'Œuvre de Miséricorde à Carcassonne, qu'aussitôt qu'elle aura connaissance du présent ordre, elle ait à remettre au bureau dudit Œuvre de la Miséricorde, généralement tous les papiers, actes et titres qu'elle en a déplacés, et ce à peine de désobéissance."

Depuis lors, les Dames de la Miséricorde qui se réunissaient au Collège, chez les Jésuites, se réunirent à l'Evêché.

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En 1842, l'œuvre devint l'Orphelinat des filles de la Miséricorde et s'établit dans la rue de la liberté. Connu également sous le nom d'Œuvre des orphelines, il est tenu avec les sœurs de la charité de Saint-Vincent-de-Paul. Le 10 février 1862, les Dames patronnesses de l'Œuvre de la Miséricorde entendent le discours de Mgr de la Bouillerie dans la chapelle de la Miséricorde de l'église Saint-Vincent. En 1896, l'orphelinat reçoit des filles légitimes de 6 à 12 ans, orphelines ou semi-orphelines indigentes de la ville et de l'arrondissement et les garde gratuitement jusqu'à 21 ans. Il peut offrir 51 places. Il existe dans Carcassonne la Maison de la Providence (à Sainte-Gracieuse) qui reçoit les filles orphelines dès 4 ans. Pour les garçons, il existe l'Hôpital général, l'orphelinat de Millegrand (Fondé à Trèbes en 1873 et dirigé par les Sœurs de la Présentation de la Vierge) et celui de Limoux (Frères des Ecoles chrétiennes).

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L'ancien bâtiment de l'Œuvre des Orphelines se trouvait contre le bastion Saint-Martial, face à l'actuel restaurant Chez Fred. Sous l'Ancien Régime, le bastion prit le nom de la Miséricorde. A l'intérieur de celui-ci, se trouvait le jardin des Sœurs de la Charité. Les bâtiments de l'orphelinat ont été rasés par la ville en 1974. Ils ont permis de dégager les vestiges de l'ancien rempart de la ville basse.

Sources

La France charitable et prévoyante / N°1 / 1896

Cartulaire / Mahul / Vol 6 (1ère partie)

L'assistance publique à Carcassonne / Thèse de doctorat / Ch. Boyer / 1919

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Depuis 50 ans, ce mobilier urbain qui n'a pas changé dans Carcassonne...

Il y a exactement 53 ans, la municipalité de Carcassonne faisait procéder à l'élargissement du Pont neuf et de l'avenue du général Leclerc, afin de supprimer un goulot d'étranglement à cet endroit. Le pont réalisé en 1844, devenu trop étroit pour la sécurité des automobilistes et la fluidité du trafic, allait connaître une véritable cure de jouvence. Le montant total de l'opération avoisinait les 1 400 000 francs.

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© Droits réservés

Les travaux en 1964 sur le Pont neuf

Ainsi que l'on peut le voir à gauche sur la photo ci-dessus, on fit passer les câbles électriques sous le nouveau tablier en béton. Pour quelle raison ? En 1961, la ville avait engagé en plusieurs tranches, la mise en éclairage public de l'avenue Leclerc depuis le square Gambetta. Les vieux Carcassonnais se souviennent encore qu'avant 1964, seul l'astre lunaire faisait office de réverbère. Des lampadaires modernes et du plus bel effet pour l'époque, allaient enfin illuminer leurs soirées d'hiver. A Carcassonne, on aime visiblement conserver les vestiges urbains des Trente glorieuses. 

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Le nouvel éclairage public vers le Pont neuf

On remplaça donc les vieux candélabres par des lampadaires de 125, 250 et 400 watts. Montant total de l'opération, près de 1 500 000 francs. Ce qui peut nous paraître extraordinaire, c'est qu'après 53 ans on n'ait pas changé ce vieux mobilier urbain. 

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Aujourd'hui, les lampadaires de 1964 sont toujours en place depuis le Pont neuf jusqu'en haut de l'avenue Leclerc. Certes, me direz-vous, mais s'ils fonctionnent à quoi bon les changer ? Il se trouve que cette avenue qui devrait être magnifique, est tout simplement notre entrée de ville depuis Narbonne. Celle par laquelle les touristes transitent, lorsqu'ils quittent l'autoroute à Trèbes pour accéder au parking Gambetta. Celle où ils admirent la Cité depuis le Pont neuf... Bref, c'est toute l'avenue qui devrait être repensée car sa perspective n'a rien d'engageante. Surtout, elle donne d'entrée une image vieillotte de la ville, classée à l'UNESCO. Ne parlons même pas des lauriers roses, en guise de végétalisation afin de séparer les deux voies en leur centre. A part masquer, un radar à 50 km/h...

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Vu sur le Pont neuf élargi en 1964

En même temps que l'on élargissait le pont, la ville créait une voie d'accès vers la Trivalle. Le café Calmet et autres artisans furent priés de partir et l'on fit l'actuelle place Gaston Jourdanne. Là encore, on devrait rendre un peu plus chatoyant cet endroit où l'anarchie du stationnement, donne un fâcheuse impression sur le touriste. Rien n'y a été entrepris depuis 53 ans.

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La place Davilla en 1973

Comme nous sommes un peu taquin, nous avons fait le même constat place Davilla. Tiens ! Les lampadaires de 1964. La place qui comprenait une espèce de rond-point en son centre, venait d'être repensée en 1973.

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Si le lampadaire au premier plan a été remplacé il y a deux ans, pour quelles raisons conserve t-on encore celui (plus haut) sur la place où se trouvent les commerces ? Un peu d'homogénéité n'aurait pas fait de mal. Combien de temps, faudra t-il encore attendre pour que ceux de l'avenue Leclerc soient enfin changés ? Si notre petit article pouvait seulement faire avancer un peu les choses...

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05/06/2017

En 1982, la ville procédait à la rénovation des halles

La rénovation des halles de Carcassonne s'étala sur une dizaine d'années, d'une manière progressive. En 1977, à la réfection de la toiture et de la couverture en cuivre s'ajoutent celle de l'espace intérieur et la mise en place de fermeture. Le coût des travaux s'éleva à 1 600 000 francs. En 1980, c'est le toit de la halle aux grains qu'il fallut refaire pour 150 000 francs.

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La façade des halles en 1982

La rénovation de la halle à la boucherie entraîna 2 500 000 francs de dépenses prises en charges par l'état à hauteur de 700 000 francs.

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L'intérieur des halles en 1982

C'est à l'architecte Durand-Roger que fut confiée la restauration extérieure et intérieur du bâtiment. Les entreprises Escourrou, Gleizes, Nacenta, Société charpente Sopib, Jeanson, SCREG... participèrent à ce chantier. 

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Plan dressé par l'architecte Durand-Roger

Inaugurées en grandes pompes par Fernand Ancely en février 1983, ces nouvelles halles devaient améliorer la dynamique commerciale du centre-ville. La construction d'un passage couvert de la rue Aimé Ramond vers la rue de Verdun participait à cette révolution architecturale, sans altérer la qualité du bâtiment classé monument historique.

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Sous la halle à la boucherie en 1977

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© Droits réservés 

Louis Bonhoure, boucher chevalin

 Courant de l'année 2006, de nouveaux travaux de mise en conformité et d'aménagements souhaités par le maire G. Larrat, donneront l'aspect actuel aux halles de Carcassonne. Reste encore à trouver une passerelle commerciale dynamique entre le marché du samedi place Carnot et la vieille dame...

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© droits réservés

Les tripiers Sautel en 1977

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