28/03/2017

L'école du Mail, un établissement méconnu de Carcassonne

Dénommée ainsi en 1809 car elle conduisait aux terrains de ce jeu de boules, le rue du Mail prit le nom de Jules Sauzède - ancien maire de Carcassonne - le 8 juin 1920. Pendant de nombreuses années, se tint l'école primaire du Mail au numéro 43 de cette rue, dans un bâtiment désaffectée de l'Institution Notre-Dame. L'annuaire de l'Aude de 1921 indique que Madame Moret en était la directrice, assistée de Mesdames Albarel, Gleizes et Ferrié. D'après l'historien Claude Marquié, cette école devait être la seule du centre ville car des élèves y venaient depuis le quartier des Capucins ; la rue était si insalubre qu'on l'appelait la rue du mal.

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La goutte de lait

L'école du Mail accueillait également "La goutte de lait" fondée en 1920 par Clément Durand, instituteur à Carcassonne, sous les hospice de la Ligue Française. Dès l'entrée, on se sentait pénétrer dans le royaume du lait et de la propreté. Tous les services étaient en place. Ils comprenaient : celui de la consultation des nourrissons, celui de la préparation etc de la distribution du lait, celui des dames patronnesses. Le premier n'était que la suite améliorée, complétée, de l'organisation d'origine dans la clarté, les aises et le confort. Le deuxième résultait d'une création.

L'œuvre achetait le lait, le pasteurisait dans ses locaux, le dosait pour chaque bébé conformément aux prescriptions du Dr Gaujon et le répartissait dans des flacons en nombre égal à celui des têtes journalières. Un petit panier recevait l'ensemble des flacons d'un seul nourrisson : la jeune maman emportait le matin la nourriture du jour de son bébé, assurée de l'excellente qualité du lait, de son adaptation aux besoins de l'enfant et confiante dans ses bons effets. Ce lourd et méticuleux travail fut confié à une sœur de la Miséricorde qui, avec une auxiliaire, s'acquittait de cette tâche. Le service des dames patronnesses était multiple et la répartition leur en revenait. Il y en avait attachées aux enquêtes discrètes et à la distribution des secours aux nécessiteux., d'autres enfin travaillant à l'Ouvroir pour des layettes et des tricotés. Aux côtés de mesdames Laperrine et Cazals, de Mlles Bès et Pons, combien d'autres ?

Le bureau et le conseil d'administration assuraient la coordination des services et la gestion de l'Œuvre, sous l'autorité du président. Ses successeurs furent M. Suberville, les docteurs Sempé et Cassan, Louis Bourrié et les trésoriers Dufour, Rivière et Bourges.

 Au niveau national "La goutte de lait" fut créée par le docteur Léon Dufour en 1894 à Fécamp, afin de lutter contre la mortalité infantile. En 1912, on comptait 200 Gouttes de lait françaises.

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L'intérieur de l'école du Mail fut rasé en 1974 mais l'on conserva la façade. Sur la clé de voûte de l'entrée on peut encore apercevoir le millésime de l'année 1690. C'est l'école des Serres, rue des Etudes, qui aurait remplacé l'ancienne école du Mail.

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En 1986, les sociétés d'économie mixte SIDEMRA - propriétaire de l'ancienne école du mail - et SEMICA avec à leur tête M. Rouvier entreprennent la destruction d'un pâté de maisons mitoyens de l'école. Sauf le numéro 41 que Jacques Dango n'a pas voulu vendre. L'îlot de l'environnement ainsi bâti comptera plusieurs logements du T2 au T4, une cour intérieure avec un parking et un espace vert.

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L'actuel Îlot de l'environnement

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26/03/2017

"Jeanne d'Arc au bûcher" au Festival de la Cité de Carcassonne

Cette oeuvre dramatique du compositeur Arthur Honneger sur un texte magnifique de Paul Claudel venait d'être créée à Bâle (Suisse) le 12 mai 1938, lorsqu'une tournée dans 40 villes la fit représenter à Carcassonne le 19 juillet 1941. On entendit l'ensemble Chantier orchestral sous la baguette d'Hubert d'Auriol avec Jacqueline Morane (1915-1972) dans le rôle de Jeanne d'Arc.

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Festival de Carcassonne 1982

"Jeanne d'Arc est sur le bûcher, elle voit sa vie défiler. Onze tableaux pour retracer son histoire, onze pages du livre de sa vie évoquées feuille à feuille avec frère Dominique, alors que le feu se prépare. De l'infâme jugement d'un tribunal dirigé, par des animaux à son enfance insouciante, c’est la France blessée et l’épopée de la Pucelle qui sont évoquées à rebours, au milieu des cris de haine d’une foule hostile, à jamais impénétrable pour l'innocente Jeanne." (Opéra de Lyon)

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Jeanne d’Arc au bûcher a les apparences d’un oratorio avec chœur et orchestre mais les personnages qui font l'histoire sont des rôles parlés : les derniers instants de la sainte se prêtent ainsi aisément à l'action dramatique, mais aussi mystique puisque Jeanne, déjà en dialogue avec le Divin, ne comprend plus la haine des hommes…

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Jean Deschamps et Marie-Christine Barrault en 1982

Le 29 juillet 1982, le directeur du Festival de Carcassonne - Jean Alary - programme une représentation de l'oeuvre d'Honneger et de Claudel. L'orchestre et les choeurs sont dirigés par le chef du Théâtre du Capitole de Toulouse, Michel Plasson. Le succès sera au rendez-vous et un article dans le Figaro mettra en exergue la réussite de cette production, montée de toute pièce pour Carcassonne.

Distribution

Chorale Elisabeth Brasseur de Paris, Ensemble Vocal d’Oratorio de Bordeaux, Choeurs de l’Opéra de Lyon, Chorale d’enfants “Les petits chauriens”. Avec Marie-Christine Barrault (Jeanne), Jean Deschamps (Saint-Dominique), Rémy Corazza (Porcus), Michèle Command (Marguerite), Chantal Bastide (La Vierge), Gisèle Guidicelli (Catherine), Roger Trentin (Le hérault), Jean-Jacques Cubaynes (Le deuxième hérault).
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Maquette des décors de 1982 à Carcassonne

La scénographie et les décors sont réalisés spécialement pour le Grand théâtre de la Cité par Georges Wakhevitch (1907-1984). Né à Odessa (Ukraine), Wakhevitch est Illustrateur, peintre, costumier et décorateur pour le cinéma, le théâtre et le ballet. Il est également le père du compositeur Igor Wakhévitch, connu notamment pour ses collaborations avec la chorégraphe Carolyn Carlson à l'Opéra de Paris entre 1973 et 1978, sous la direction de Rolf Liebermann.

Pour le cinéma, on peut citer : « L’homme à l’Hispano », « Baroud », « Prison sans barreaux », « Les visiteurs du soir », « L’éternel retour » ; pour le théâtre ou l’opéra : « Le jeune homme et la mort », « Adventure story » à Londres, « Jeanne la folle », « Donogoo », « Roméo et Juliette », « Le Consul », de Menotti à la Scala de Milan, un des tableaux des « Indes Galantes » à l’Opéra de Paris, « Le libertin », « Thérèse Raquin », à Edimbourg, etc.

Video ci-dessous de Jeanne d'Arc au bûcher

https://www.youtube.com/watch?v=W4T3jO1WMmM

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25/03/2017

La création d'une déviation dans le quartier de la Barbacane

Au fil des années, le trafic automobile était devenu exsangue à l'intérieur de la rue Barbacane à tel point que les véhicules n'arrivaient plus à se croiser. Traverser cette artère comprise entre la route de Saint-Hilaire et le jardin Pierre Sire relevait de la gageure. Au cours de l'année 1984, la ville de Carcassonne décide avec l'aide financière du Conseil général de l'Aude qu'il sera réalisé une voie de contournement de la rue Barbacane. Une nouvelle route passant à proximité du Moulin du Roi puis du béal sera créée afin de fluidifier la circulation. A l'issue des travaux d'une durée d'un an et demi, les voitures emprunteront la rue Barbacane en sens unique à partir de la route de St-Hilaire. Les autres feront le chemin inverse par la nouvelle artère ainsi réalisée, depuis la ville vers la route de St-Hilaire.

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Le 25 avril 1985, le conseil municipal fait l'acquisition de plusieurs parcelles de terrains comprises entre la rue Dujardin-Beaumetz et l'actuel giratoire, à l'entrée de la rue Barbacane. A Charles Crouzet on prend deux parcelles de 254 m2 et de 309 m2 payées 100 francs / m2. A Georges Crouzet, 2816 m2 achetés 20 francs /m2, comprenant une maison et un bâtiment agricole acquises pour 171 860 francs. A Philippe Crouzet, 1372 m2 avec reconstruction à l'identique des bâtiments. A Monsieur Pradel, 1284 m2.

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© Bulletin municipal / Mars 1985

Les travaux sont prévus en deux tranches. La première débutera en 1985 par le Pont vieux, la rue Barbacane, la petite côte de la Cité et enfin la déviation. Une partie du jardin Pierre Sire sera amputée afin d'élargir la chaussée. La seconde en 1986 concernera l'aménagement de la rue Barbacane entre la Petite côte de la Cité et le chemin des Ourtets. Le coût total des travaux est de 4 753 000 francs.

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La nouvelle déviation par la rue Dujardin-Beaumetz

L'inauguration en présence de Raymond Chésa - Maire de Carcassonne - et de Robert Capdeville - Président du Conseil général de l'Aude - a lieu durant l'automne 1986.

"Je suis heureux d'inaugurer avec vous aujourd'hui cette petite rocade intérieure. Heureux aussi, du débat qu'a suscité cette initiative parmi la population. Il a prouvé qu'à Carcassonne toutes les opinions peuvent s'exprimer et que la démocratie participative, chez nous est une attitude réfléchie et une pratique quotidienne. On parle souvent d'un quartier historique comme d'un coeur. Mais que vaut un coeur dont les artères se bouchent, le menant, lentement mais sûrement à l'asphyxie ? Avec la mise en service du doublement de la Barbacane, je suis certain que vont se succéder aux traditionnels embouteillages une grande facilité de circulation et, aux difficiles conditions de stationnement de naguère, des possibilités jamais atteintes en places de parking. Jusqu'alors, on ne faisait que passer dans le quartier , s'y arrêter relevant du défi. Aujourd'hui, on pourra s'y attarder."

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Au cours de l'année 1987, c'est toute la rue Barbacane qui subit un lifting de la voirie. Ce quartier si vivant avec ses commerces n'est aujourd'hui que l'ombre de ce qu'il fut autrefois. Espérons que l'Opération Grand Site donnera un coup de fouet à ce passage ignoré des touristes vers la Cité.

Sources

Carcassonne, ta ville / Mars 1985

La dépêche du midi

Conseil municipal / 25 avril 1985

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24/03/2017

On retrouvé les vestiges de la chapelle de l'Hôtel Dieu dans un champ

Depuis deux jours nous évoquons le souvenir de la destruction de l'Hôtel Dieu et de sa chapelle sur le boulevard Camille Pelletan. Aujourd'hui, il ne reste plus que le dôme car tout le reste est passé au pilon. Enfin, c'est ce que l'on croyait jusqu'à ce que l'on nous indique que les pierres de taille provenant de la chapelle, avaient été entreposées dans un champ sur la commune de Berriac. Enfouies sous la terre pendant 40 ans, il semblerait que le propriétaire du terrain ait décidé de les rassembler. Pour quel usage ? Nous l'ignorons, mais cela démontre une nouvelle fois s'il le fallait, le soin et l'intérêt que les municipalités successives ont porté au patrimoine de Carcassonne. Comment ce bien communal a t-il pu se retrouver dans un terrain privé ?

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Plusieurs tonnes de pierres taillées 

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Que diront nos archéologues et nos historiens ?

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23/03/2017

La construction du Palais des congrès de Carcassonne (Salle du dôme)

Après la démolition de l'Hôtel Dieu et de la chapelle attenante en 1977, l'espace ainsi dégagé servit pendant de long mois de parking anarchique. La ville venait de raser trois siècles d'histoire sans réel projet sinon celui d'une hypothétique nouvelle mairie - vite abandonné - et d'un parking avec espaces verts. Tellement ils ont aimé le patrimoine de Carcassonne, qu'une partie des vestiges de l'Hôtel Dieu a été passé au pilon pour construire la nouvelle rocade ; l'autre partie, se trouve actuellement dans un champ à Berriac à proximité du chemin de Canteloup. Vous y retournerez les pierres de taille de l'ancienne chapelle du Dôme, dont nous avons publié des photographies hier. D'après des témoins, il semblerait même que le propriétaire chercherait à en tirer profit...

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Maquette du Palais des congrès 

Le bulletin municipal "Vivre à Carcassonne" de 1981 présente le projet de construction d'un Palais des congrès, sur le terrain de l'ancien Hôtel Dieu dont on avait conservé le dôme.

La création de la Salle du Dôme sur le terrain laissé libre par la démolition de l'ancien hôpital, complète le projet initialement inscrit au Programme municipal de 1977 et deviendra effective dès 1983. Cette réalisation souhaite répondre à un besoin croissant et au désir de créer un pôle attractif réel et puissant, proche du coeur de la ville. Pour se faire, l'ensemble doit permettre un grand rayonnement d'activités et s'adapter à une série de programmes diversifiés, la capacité de la grande salle étant de 3000 places assises.

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La ville demande à l'architecte Castella de faire plusieurs propositions afin que les habitants puissent donner leur avis. Ce sont au total sept variantes qui seront présentées au public. Ce Palais des congrès qui n'est autre qu'une salle polyvalente doit pouvoir accueillir du sport, des meetings électoraux et syndicaux, des expositions, des spectacles et des réceptions.

Cette Salle du Dôme adossée aux murs aveugles des bâtiments existants du Bureau d'Aide Sociale, est conçue pour s'intégrer au tissu urbain de ce quartier et pour transformer cette vaste esplanade en un lieu de rencontre privilégié. Le point fort de la composition sera donné par le Dôme de l'ancienne chapelle, fortement typé architecturalement, qui deviendra l'accès de ce ensemble.

De part et d'autre de cette entrée se trouveront les pavillons de l'Aude et du Tourisme ; à deux pas du Centre-Ville et face à la Cité médiévale, ils seront idéalement placés pour présenter les richesses touristiques et les produits régionaux.

Les volumes volontairement bas des constructions s'intégreront aux bâtiments voisins en mettant en valeur les parties anciennes existantes ainsi que la ceinture verte qui caractérise le périmètre du Centre-Ville...

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Les sept variantes présentaient une salle de 3000 m2 avec une jauge pour les spectacles allant de 1600 à 2000 places. Nous sommes loin des 3000 places assises annoncées. Ce que les projets avaient en commun :

Utilisation du Dôme comme entrée, servant de distribution

Galeries de verre

Places de parking : 60, soit le nombre de places occupées en moyenne

3 petites salles de 150 m2 chacune et des bureaux. 

2 pavillons "Tourisme" et "Produits régionaux"

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La construction de la Salle du Dôme

Vous remarquerez que le projet d'intégrer le vestige de l'Hôtel Dieu dans le chantier pour en faire l'entrée principale de la Salle du Dôme, n'était pas sot. Or, aujourd'hui la salle est totalement dissociée de ce Dôme, dont beaucoup se demandent encore ce qu'il fait là. Seuls, les vieux Carcassonnais et les historiens locaux en connaissent l'origine. Sous ce dôme, on peut observer une représentation des apôtres du Christ datant du XVIIIe siècle - elle est livrée à la fiente des pigeons. Les pavillons "Tourisme" et "Produits régionaux" ont disparu. En fait, ils n'ont jamais été construits.

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En mars 1983, lors des élections municipales, la Salle du Dôme n'est pas achevée. La liste "Carcassonne avenir" menée par le candidat d'union de la droite Raymond Chésa, s'en prend à la réalisation de la municipalité sortante. Quand Raymond Chésa prend la mairie, il critique - de ses propres mots - l'héritage que lui ont laissé les socialistes. Selon le maire, la Salle du Dôme n'est pas un Palais des Congrès, mais une salle polyvalente qu'il faudra rentabiliser. Le coût de l'opération étant trop élevé, le conseil municipal revoit à la baisse les prétentions du projet.

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L'intérieur de la salle en construction

Pendant les premières années, on y verra surtout les spectacles sur glace d'Holiday on ice. La salle sera également occupée par les matchs de handball du HBCC qui jouait à cette époque en Nationale 2. Du côté des expositions : salon du mariage, salon de l'habitat, etc.. Impossible toutefois d'y faire des congrès, ni des foires expositions comme cela était prévu à l'origine. 

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La marotte des politiques sur le Palais de Congrès dure depuis 40 ans. En 1986, c'est à cause de l'escroquerie Orta sur la construction d'un Palais des congrès à l'île, que la ville s'est endettée de 20 milliard de francs pendant 20 ans. La taxe foncière a plombé sérieusement les finances des ménages pour rembourser cette somme astronomique, sans compter les intérêts. Aujourd'hui, le maire de Carcassonne transforme la Salle du Dôme en Palais des Congrès, après l'arrêt du projet du cinéma Odéum pour cause de désamiantage - présenté en 2009 aux Carcassonnais. Sans vouloir jouer les rabats-joie, faire et défaire c'est toujours travailer... mais avec l'argent du contribuable.

"En attendant d'en savoir un peu plus sur son coût – le projet est estimé à environ 2 M€ – le futur Dôme serait avant tout une salle modulable. Un outil capable d'accueillir plus de 900 personnes en configuration restaurant, de 70 à 130 box en mode salon, plus de 700 personnes réunies en congrès et enfin une salle de spectacles pouvant accueillir 1 800 personnes assises. Pour parvenir à boucler ce budget, la ville entend donc faire participer l'Agglo, le département, la Région et l'État. Mais désormais quid de l'Odéum ? «Je persiste à penser que nous aurions dû en faire un centre des congrès dès 2009», a rappelé Gérard Larrat. Les circonstances en ont décidé autrement. Mais quelques années et 700 000 € euros plus tard, l'ancien cinéma, désamianté à grands frais, reste une coquille vide. Alors, pour le faire revivre, le maire de Carcassonne évoque deux pistes : en faire un bâtiment dédié aux associations ou bien un centre d'accueil universitaire."

(La dépêche / 11 décembre 2015)

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22/03/2017

La destruction de l'Hôtel Dieu (XVIIIe siècle) et de sa chapelle en 1977

La municipalité Antoine Gayraud qui avait inauguré le nouvel hôpital général en bordure de la route de Saint-Hilaire, se demandait ce qu'elle pourrait faire du vieil Hôtel Dieu. Le bâtiment construit au XVIIIe siècle sur le boulevard Camille Pelletan avait fini par devenir insalubre et la chapelle attenante n'accueillait plus guère de fidèles.

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Sans aucune consultation des associations du patrimoine, la ville décida que tout serait rasé et que l'espace ainsi dégagé servirait de parking. Il fut un temps envisagé d'y édifier un nouvel hôtel de ville, mais le conseil municipal fit l'acquisition de l'Hôtel de Rolland dans la rue Aimé Ramond. On enterra le projet et pendant deux ou trois ans, l'espace vacant fut transformé en parking anarchique. Qu'allait-il advenir de cet endroit ? C'est à cette époque que la ville sortit du chapeau la construction d'une salle polyvalente qui prit le nom de "Salle du Dôme".

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L'entrée de l'Hôtel Dieu

Il ne reste plus aujourd'hui que la porte monumentale dans la rue Georges Brassens. Les armes sur le fronton avaient été burinée pendant la Révolution Française.

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Les travaux de démolition conduit par l'entreprise Depaule débutèrent à Pâques 1977. Dans un premier temps, seul l'Hôtel Dieu fut rasé. 

"Le vieil hôpital n'est plus. Il s'est éteint sous les coups d'une pelle mécanique, après de longues années d'activités. Mais personne ne regrettera ces vieux bâtiments qui ne pouvaient plus remplir les services qu'on était en droit d'exiger d'eux. Peu à peu les murs s'abattent, des milliers de tonnes de matériaux sont évacués et table rase est faite. (...) Mais les démolisseurs ont encore du pain sur la planche. Un mois sera nécessaire pour venir à bout des vieux murs dont l'épaisseur est de quatre-vingt centimètres. Des rampes d'accès sont aménagées pour permettre à la pelle mécanique de les atteindre dans une débauche de bruit et de poussière.(...) Bientôt, à cet emplacement, un parking agrémenté d'espaces verts, fera oublier aux riverains qui bénéficieront d'une vue agréable, les autres murs gris qui bouchaient l'horizon." (L'indépendant)

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L'abbé Jean Cazaux intervint afin de tenter de sauver de la destruction du Dôme de l'Hôtel Dieu. In-extremis, il parvint à ses fins. Aujourd'hui, personne ne conteste la conservation de ce vestige qui sans son action aurait été détruit. Des balustres en marbre de Caunes-Minervois provenant du Dôme ont été sauvés ; ils se trouvent dans le choeur de la cathédrale Saint-Michel.

"Seul demeurera de cet ensemble le magnifique dôme qui, rappelons-le, est un monument classé. Sa conservation rend d'ailleurs le travail des démolisseurs tout autour très délicat. De nombreuses précautions sont nécessaires pour faire disparaître les murs qui l'entourent et laissant apparaître les voûtes qui le soutiennent. Des contre-forts en forme d'escalier renforceront ces voûtes."

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Ce ne sont pas les incantations de l'Indépendant qui purent sauver la chapelle. La mairie décida quelque temps après, de l'abattre sans autre forme de procès. Sur la photo ci-dessus, on aperçoit à l'extrême gauche les anciens bâtiments de la "Carcassonnaise gymnastique". Il ont été rasés à la fin des années 80 ; c'est aujourd'hui un immeuble d'habitations qui accueille au rez-de-chaussée les activités du Club de l'âge d'or du Dôme.

"Avouons qu'il serait dommage que ce bâtiment disparaisse alors qu'il pourrait devenir une belle salle de spectacle. Gageons que l'ajournement de cette décision est de bon augure."

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Vue côté rue Georges Brassens

"C'est avec plaisir que les riverains du "feu" hôpital, dont il ne reste maintenant que les cendres, ont revu ces jours-ci la pelle mécanique. En effet, depuis quelques mois, ils se demandaient si les travaux d'aménagement du parking n'étaient pas enfouis sous les décombres. En fait, ces travaux avaient pris du retard du fait de problèmes dans la consolidation du dôme aujourd'hui en mesure d'être terminée.

Espérons que l'aménagement des terrassements du parking vont maintenant reprendre de plus belle, avec, parallèlement, la création d'espaces verts. Les automobilistes s'impatientent d'autant que la crise du stationnement à Carcassonne s'accentue de jour en jour. Il n'est même plus facile de trouver une place sur les boulevards les jours d'affluence." (La dépêche du midi)

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© Google maps

L'Hôtel Dieu du XVIIIe siècle et la chapelle attenante ont été rasés pour rien. Il ne reste aujourd'hui qu'un misérable parking. Quant à la salle du dôme édifiée en 1983, elle n'a jamais répondu aux exigences de son temps : expositions, gymnase, salle de spectacle...

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