27/05/2018

Villa de la Gestapo de Carcassonne : de nouvelles révélations inédites...

Ce matin, tambours et trompettes résonneront devant ce qu'il reste depuis trois ans de l'ancienne villa de la Gestapo, à l'occasion du 75e anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance. Hier, les porte-drapeaux de la mémoire et fers de lance des postures gardèrent le silence, alors qu'ils avaient toute légitimité pour exiger que l'on ne détruise pas ce bâtiment. Où étaient-ils ? Aujourd'hui, ils seront bien là devant les objectifs de la presse locale et à côté des représentants de l'état. 

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La villa de la Gestapo avant 2015

Lors du procès des responsables du massacre de Baudrigues en 1953 devant le Tribunal militaire de Bordeaux, plusieurs enquêtes furent entreprises par la Direction Générale de la Sureté Nationale. Parmi ces dossiers, nous avons retrouvé les investigations menées afin de savoir s'il y avait une salle de tortures dans l'ancienne villa de la Gestapo. L'inspecteur de police judiciaire André Pech réalisa plusieurs plans des bâtiments, qui lui permirent de définir avec exactitude l'emplacement de chaque pièce et les changements apportés par les services de police Allemande.

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En bas, l'entrée dans le parc par la route de Toulouse. La maison du concierge servait de prison provisoire, avant les interrogatoires. Toutes les fenêtres avaient été renforcées par des barres de fer cadenassées.

Cette belle demeure avait été construite à la fin du XIXe siècle par le père de Gilberte Ormières, épouse Follet. Cet homme possédait une usine de chiffons au début de l'allée d'Iéna, côté pont d'Artigues. En 1943, la famille Follet sera contrainte à laisser sa villa aux services du SD (Gestapo). Jusqu'au 19 août 1944, les agents de la police secrète Allemande y tiendront leurs bureaux et procèderont à des interrogatoires musclés, principalement contre les maquisards.

Agents du SD

Eckfellner Hermann (Chef du SD), Schiffner Oskar (Sous-chef), Bach René (Interprète), Schonbeck Franz (Inspecteur auxiliaire), Geisswinckler Max (Portier), Schluter Karl (Inspecteur), Möller Hans (Chauffeur), Schmidt Rudolf (Inspecteur), Mücke (Inspecteur), Wenzel (Inspecteur), Zeller Aloïs (Inspecteur), Hoffmann Herbert (Inspecteur), Janeke Johan (Inspecteur). Pol Eva (Dactylo), Bachauser Crista (Interprète), Langes Kläre (Dactylo).

Personnels travaillant à la Gestapo

Sallen Joseph (Jardinier), Terre Anita (Aide cuisinière).

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Le rez-de-chaussée

Le jardinier Joseph Sallen indique la pièce A comme étant le bureau de l'économe. Il ajoute : "Je n'ai jamais remarqué de salle, dans cet immeuble, aménagée en chambre de torture. A diverses reprises, pendant que j'étais dans le jardin, j'ai entendu des cris poussés par des malheureux qui étaient interrogés, après arrestation, par la Gestapo. Je ne me suis jamais rendu compte comment ceux-ci étaient torturés, mais ils n'avaient certainement pas besoin d'avoir de pièce spécialement aménagée à cet effet, pour brutaliser les nombreuses personnes qui ont été victimes des agissements de ce service. Le 19 août 1944, vers midi, j'ai été un des premiers à entrer dans la villa sise 67, route de Toulouse, en compagnie d'un nommé Sarroca qui m'avait demandé d'aller lui ouvrir la porte, pour chercher des documents de la plus haute importance. C'est sous la menace qu'il m'a obligé à l'accompagner. Il n'a pris qu'une moto que les Allemands de la Gestapo avaient abandonnée dans la cour intérieure d'entrée."

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La pièce C servait de réfectoire (Salle à manger)

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Le 1er étage

Dans la pièce n°1 se trouvait le bureau d'Eckfellner (Unterscharführer-SS) ; c'est là que de nombreux patriotes furent frappés à coups de matraque, de nerfs de bœufs. Les mains attachées derrière le dos, on soulevait les bras pour les écarteler. Eckfellner dormait dans la pièce n°3. Au n°2 se trouvait le bureau d'une dactylo et dans le n°4, le bureau de Schiffner (Scharführer-SS) avec sa secrétaire. C'était également une pièce d'interrogatoire dans laquelle opérait également René Bach. La salle de bains n°1 bis faisait office de cabinet noir, car toutes les issues étaient bouchées avec du papier noir. Dans les WC n°7, le lavabo et le bidet avaient été enlevés. C'est sûrement dans la Salle de bains n°6 que se faisait la torture de la baignoire, immersion par impression de noyade. C'est là que fut interrogée Madeleine Billot le 11 juillet 1944, après son arrestation sur le Pont vieux.

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Le couloir d'entrée dans lequel passèrent tant de victimes

Madame Ormières épouse Follet, raconte : "Le 19 août 1944, jour de leur départ de Carcassonne, j'ai été une des premières à pénétrer dans l'immeuble et à constater les dégâts qui y avaient été commis par les membres de cette Gestapo. Quelques heures avant moi, une personnes accompagnée par le nommé Sallen, ancien jardinier de la Gestapo, avait visité l'immeuble."

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"Dans toutes les cheminées des pièces du rez-de-chaussée et du 1er étage, d'énormes tas de papiers brûlés s'y trouvaient. Cela avait eu pour effet de faire éclater les canons des cheminées et de briser les marbres et les glaces situées au-dessus. La cheminée du chauffage central était également emplie de papiers consumés (...) Dans la cave, je n'ai rien remarqué de particulier. Dans le jardin anglais, situé derrière l'immeuble, il a été découvert d'assez importantes quantités d'explosifs : cheddite ou dynamite, qui y avaient été enterrés. Au deuxième étage, il y avait six chambres aménagées en dortoir pour le personnel de la Gestapo."

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© L'indépendant

L'ensemble des documents qui m'ont permis de réaliser cet article ne se trouvent pas aux archives de l'Aude. Je ne souhaite pas communiquer l'endroit où je les ai trouvés, car il serait trop facile pour certains d'aller s'y servir. Il m'a fallu des mois pour en faire la découverte. Je serai bientôt en mesure de révéler qui a ourdi la machination visant à faire arrêter Jean Bringer, chef départemental F.F.I. Ce que je puis à l'heure actuelle vous affirmer, c'est que cela a été fait par des Résistants. Comme avait dit Bach : "On nous l'a servi sur un plateau..."

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26/05/2018

La préfecture de l'Aude donne elle aussi sa liste des 23 sélectionnés...

Après Didier Deschamps la semaine dernière, on apprend hier dans la presse locale que la Préfecture de l'Aude a elle aussi dressé une liste de 23 sélectionnés. Rassurez-vous, il ne s'agit pas là d'un stage préliminaire avant une grande compétition. Tout simplement d'attribuer vingt-trois portraits d'illustres Audois, à la galerie précédent l'entrée vers le bureau du préfet. L'affaire fut tellement sérieuse et secrète qu'il nous est impossible de dire le noms des personnes ayant finalisé la sélection. La chose est maintenant entendue, les plus grands illustres du département siègent à la préfecture. Enfin, d'après ceux qui les ont choisis...

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Dame Carcas

Ermessande de Carcassonne

Ramon de Miraval

Jean-François de la Rocque de Roberval

Françoise de Cézelly

Nicolas Pavillon

Pierre Louis Reich de Pennautier

Marie-Claire de Catellan

Jacques Gamelin

Fabre d'Eglantine

Dominique Ramel-Nogaret

André Chénier

Armand Barbès

Achille Mir

Charles Cros

Marcellin Albert

Ernest Ferroul

Marie Petiet

Paul Sabatier

Albert Sarraut

Joe Bousquet

Charles Trenet

Raymond Courrière

 On va nous dire qu'il était très difficile de dresser une liste avec si peu de noms. Certes... Mais pourquoi s'est-on arrêté à vingt-trois ? Peut-être est-ce le nombre de cantons de l'Aude. Non, ils sont trente-cinq !   D'après le préfet : "Nous l'avons voulu équilibré sur le plan des territoires, des époques. Nous avons souhaité aussi qu'il y ait des femmes."  Malgré cela, il n'y a pas de représentante féminine pour le XXe siècle et on est loin de la parité.

Le parterre d'invités était essentiellement du paysage politique départemental ; il ont dû être comblés. C'est bien là que le bât blesse... Il n'y a que d'anciens militants socialistes dans cette liste politique : Armand Barbès, Albert Sarraut, Ernest Ferroul, Achille Mir, Marcellin Albert et Raymond Courrière. Où est donc l'équilibre que l'on nous vend ? Fallait-il absolument mettre les deux fers de lance de la contestation du midi viticole de 1907, quand un seul aurait suffit à dégager une autre place ? Albert Sarraut, député Radical-Socialiste de l'Aude, ayant voté en 1940 les pleins pouvoirs au maréchal Pétain avait-il sa place, quand aucun Résistant comme Jean Bringer ne figure dans cette liste ? Et Raymond Courrière... On aurait plus apprécié d'y voir le socialiste Francis Vals, député-maire de Narbone et Président du Comité départemental de Libération. Un vrai Résistant, qui plus est, issu d'une famille modeste ! Ou encore, Vitalis Cros, préfet et ancien maire de Villeneuve-Minervois, d'obédience gaulliste. Et pourquoi pas Raymond Chésa, premier député européen de l'Aude ? Pourquoi pas le communiste Félix Roquefort, député de l'Aude et Résistant ?

Pour le côté historique, on aura choisi une héroïne qui n'a jamais existé : Dame Carcas. En revanche, toujours pas de place dans notre histoire pour le jeune Raymond-Roger Trencavel qui lutta contre Simon de Montfort, à l'intérieur de la Cité. Doit-on évoquer l'absence des compositeurs de musique, comme le Narbonnais Joseph Cassanéa de Mondonville ou le Carcassonnais, Paul Lacombe ? Ce dernier, membre de l'Institut de France et co-fondateur de la Société Nationale de Musique en 1871 avec Bizet et Massenet. Quant au milieu sportif... Il brille par son absence.

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25/05/2018

Louis et Angèle Nicol, un couple de résistants Carcassonnais oubliés

Louis Nicol, né le 10 août 1901, fut à Carcassonne de ceux qui refusèrent dès 1940 de prêter allégeance au maréchal Pétain. Ce petit noyau d'opposants, réunis lors de la venue de Jacques Rénouvin au Grand café glacier en 1941, se plaça d'emblée derrière la bannière du mouvement "Combat". Rénouvin leur conseilla de trouver une clinique comme lieu de camouflage et de repli pour les maquisards ; le meilleur endroit pour passer inaperçu. Dès 1943, sollicité par Picolo, Sablé et Nicol, le docteur Emile Delteil accepte de mettre son établissement à disposition de la Résistance. 

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Louis Nicol

Cet ingénieur des ponts et chaussées, intègre dans la Résistance audoise le N.A.P (Noyautage des Administrations Publiques). C'est-à-dire qu'il fait partie d'un service de renseignement à l'intérieur de son administration. A Carcassonne, ils sont au nombre de trois : Sablé (P.T.T), Aimé Ramond (Police) et Nicol placés sous l'autorité du chef départemental Jean Bringer. Monsieur Robert Anguille a fort bien connu Louis Nicol et grâce à son concours, nous sommes en mesure de retranscrire ses souvenirs...

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La maison des époux Nicol, 24 rue G. Brassens (anc. rue de l'hospice)

"J’ai fait sa connaissance en septembre1939 lorsqu’il est allé habiter à Lagrasse pour assurer l’intérim de l’Agent Voyer du service vicinal rappelé sous les drapeaux. Louis Nicol avait été réformé à la suite d’une maladie contractée dans sa jeunesse. J’avais alors quinze ans. Mon père, chef-cantonnier, travaillait sous ses ordres.
L’homme était d’un abord facile. Son épouse, Angèle, ancienne employée des postes, l’avait suivi dans cette nouvelle affectation. Des relations d’amitié s’établirent très vite entre nous ; les parents de Louis Nicol possédaient une petite propriété au hameau de Labastide-Couloumat, sur la commune de Belpech, voisine de la commune de Lafage où était née ma grand’mére maternelle Henriette Tissandier, dite « Marie ». Ce voisinage contribua fortement à nous rapprocher. Louis connaissait le patois occitan de cette région.
Après la capitulation de juin 40, il quitta Lagrasse pour Carcassonne où je le retrouvai en janvier 44 lorsque je vins occuper dans les ponts et chaussées un emploi de dessinateur qu’il m’avait signalé. Je logeai pendant quelque temps chez lui, au 1er étage du 24 rue de l’Hospice (actuellement rue Georges Brassens), au-dessus du garage Cadrès.. C’est là, qu’un soir il reçut la visite d’un homme qui resta pour moi sur le moment un inconnu mais dont j’appris après la libération qu’il s’agissait de Jean Bringer, chef départemental de la Résistance. Ce soir-là jean-Bringer venait prendre possession d’extraits de carte sur lesquels étaient portés les points singuliers tels que les ponts, les tunnels, les passages à gué, les accidents de terrain, etc… Louis Nicol, son visiteur et moi, après avoir échangé quelques banalités levâmes nos verres à la libération de la France.
Je fus aussi témoin de l’action résistante de Louis Nicol à qui il arrivait de quitter le soir son domicile pour réceptionner du matériel parachuté. Ces jours – là je mangeais chez lui et je restais près de son épouse en attendant son retour. Je me souviens d’une nuit où il ramena une toile de parachute. Mais c’était aussi des résistants, parachutés ou non, qui venaient au 24 rue de l’Hospice pour y passer seulement une nuit car ils changeaient souvent de domicile. Après la libération, J’eus l’occasion d’en rencontrer un alors qu’il lui rendait visite ; cet homme avait été parachuté plusieurs fois. Il raconta qu’une nuit son parachute ne s’ouvrit pas, mais il était équipé d’un second parachute ventral qu’il parvint à ouvrir ce qui lui permit d’atterrir sans trop de mal : la poche de son parachute dorsal avait été soigneusement cousue ! Infiltration de la résistance par un agent ennemi ? Règlement de comptes ? cet homme n’en dit rien.
Outre les parachutages, Nicol se rendait parfois, en fin de journée, dans quelque forêt voisine pour faire des essais d’explosifs dans le but d’abattre des arbres afin de couper la route à l’armée allemande, dans l’éventualité d’un débarquement des troupes alliées sur le littoral méditerranéen.

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Angèle Nicol, née en 1902 et décédée en 1987, faisait partie d’un réseau de résistance constitué d’agents des P.T.T. Cela, je ne l’appris que plus tard ; ce dont j’ai été le témoin c’est son écoute des messages personnels diffusés par Radio Londres – « Les français parlent aux français ».
La mission de Jeanne- Marie, la fille du couple, âgée de 12 ans en 1944, était de porter des messages à domicile ou de les remettre discrètement, sans un mot, sans un regard, à quelqu’un qui l’attendait posté sur son passage lorsqu’elle se rendait au lycée de jeunes filles ; j’en fus le témoin involontaire un jour où il faisait beau et où je trainais sur le boulevard Camille Pelletan avant d’aller à mon travail. Jeanne-Marie, qui devint professeur agrégé d’Espagnol est toujours en vie et réside à Carcassonne.
Les faits rapportés ci-avant se sont déroulés entre janvier et avril 1944. Aux environs du 15 avril je dus passer comme tous les jeunes hommes de ma classe une visite médicale à la suite de quoi je fus déclaré « apte au travail », ce qui signifiait que j’allais partir pour le S.T.O. Louis Nicol me conseilla vivement de démissionner de mon poste de dessinateur et de retourner à Ribaute, chez mes parents; dans le cas où je recevrais l’ordre de partir pour l’Allemagne, il me dirait comment rejoindre le Maquis. Je suivis ses conseils et ne fus pas inquiété ; les choses commençaient à mal tourner pour l’occupant.

Lorsque Louis et puis Angèle décédèrent l’Union des combattants fit paraitre des articles relatant l’action résistante de ces deux personnages et qui m’en apprirent beaucoup car l’un et l’autre se montraient fort discrets et très modestes sur ce sujet. C’est ainsi que j’appris qu’il était entré dans la résistance en mai 1942 avec Charles Lespinasse.
Après la libération de Carcassonne, Louis Nicol m’invita à l’accompagner à la clairière de Beaudrigues où, un mois plus tôt avaient péri de la manière qu’on sait, une vingtaine de personnes dont Jean-Bringer. Dans une petite cabane en maçonnerie ouverte à tous les vents on pouvait voir, rassemblés dans quelques caisses des débris humains, dont un pied de femme dans sa chaussure. Aux branches des arbres s’étaient accrochés des lambeaux de vêtements et, terrible spectacle, de longs viscères séchés par la chaleur de l’été et qu’un vent léger balançait doucement.
Louis et Angèle reposent dans le petit cimetière du hameau de Labastide-Couloumat, près de Belpech."

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Jean Bringer dit "Myriel"

Les époux Nicol logeaient également Noël Blanc alias "Charpentier", chef du SOAP (Service des parachutages) pour l'Aude. Louis Nicol avait présenté ce jeune homme à Jean Bringer en mai 1944. Le soir où charpentier a disparu, il devait aller à une réunion chez Delteil. D'après les époux Nicol, il était très inquiet et avait peur de s'y rendre. Il sera assassiné dans la clinique du Bastion, le 6 septembre 1944. Emile Delteil affirma ne pas être dans son établissement ce soir là, mais à Espéraza. Un alibi que nous savons désormais inexact et qui fait peser de lourds soupçons sur le chirurgien. Personne n'a osé parler à cette époque, d'abord parce que cela risquait de mettre en question la probité de l'ensemble de la Résistance. Ensuite, parce que le tout le monde craignait le groupe très puissant de Delteil.

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21/05/2018

Le café de la Comédie dévoile ses autographes des grands artistes français

Conservé précieusement dans un tiroir, le café de la Comédie garde comme une relique, un cahier qui ferait pâlir de jalousie tous les chasseurs d'autographes. Depuis plus de 45 ans, le bistrot d'en-face fut la cantine et le siège non-officiel du Théâtre municipal Jean Alary. C'est d'ailleurs grâce à ce dernier - le regretté directeur de cette salle de spectacle - que Gérard Baux accueillit dans son établissement les vedettes de passage à Carcassonne. Nous n'en citerons que quelques-unes, parmi lesquelles Jacques Brel, Georges Moustaki, Jean-Paul Belmondo, Georgette Lemaire, etc. Ajoutons à ceux-là les comédiens du théâtre de boulevard, dont les tournées s'arrêtaient dans notre ville : Michel Leeb, Sim, Micheline Dax, Bernard Lavalette, Robert Lamoureux... Lorsqu'on interroge l'ancien patron et maintenant son fils Stéphane, un livre d'anecdotes s'ouvre à nos oreilles. Retenons par exemple que Gilbert Bécaud se prépara une omelette dans la cuisine du café, un soir de tour de chant. Cette proximité avec les artistes, Gérard Baux la devait à Jeannot Alary qui en avait fait au-delà de la relation professionnelle, des amis.

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Le café de la Comédie, dans les années 1980

Baux, le bien nommé, fut le premier commerçant de Carcassonne à installer en terrasse, des chaises semblables à celles que l'on trouve au Sénéquier, le célèbre café du port de Saint-Tropez. Là encore, une relation particulière avec Gilles Scagliola, qui possédait l'Hôtel des Lices de ce village Varois. 

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Le mime Marcel Marceau en 1972

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Marcel Marceau en 1974

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Annie Fratellini et Pierre Etaix

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Le célèbre duo de clown en 1970

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Les frères Jacques, le 6 février 1975

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La truite de Schubert, par les frères Jacques

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Sim, alias Simon Berryer

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Roland Magdane

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© Wikipédia

Roland Magdane en 2013

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Le réalisateur Yves Boisset

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© Wikipédia

Yves Boisset en 2010, au festival de Cannes

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11/05/2018

Croche-pattes et coups fourrés pour la construction d'un multiplex cinéma à Carcassonne

Avant que le multiplex cinématographique "Cap cinéma" ne voit le jour à Carcassonne, il a fallu attendre la fin de plusieurs années de batailles procédurières. Chacun sait dans cette ville que tout accouchement urbanistique se fait dans la douleur et au mieux, sous péridurale. Pour que le nouveau né ait une chance d'arriver à terme, ses géniteurs doivent être issus de la même famille politique que l'administration municipale en place. Sans pour autant être un gage de réussite, puisqu'il arrive qu'un amant éconduit revendique en justice le bénéfice de la paternité. 

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© La dépêche

L'Odéum en 1998, avenue A. Marty

Le 21 décembre 1998, lors d'un séance du conseil municipal présidée par Raymond Chésa, il est voté la vente de terrains de 2 hectares à Salvaza face à UCCOAR pour la construction d'un multiplex. Au cours de l'année, le directeur de la société CGR - M. Roger-Marc Lecocq - s'était déplacé trois fois à Carcassonne. Ce projet prévoyait de bâtir une structure de 6000 m2 dont un hall de 1000 m2, avec 9 salles de 1500 à 1800 sièges. Du côté de Madame Bianquis - la directrice des 2 cinémas du centre-ville (Odéum et Colisée) - et du gérant M. Adira, cette annonce allait faire l'effet d'une bombe : "C'est encore une occasion de vider le centre ville, c'est la mort de tous les commerçants et des restaurants qui se trouvent aux abords du cinéma. En implantant ce genre de structure à Salvaza, on enlève tout moyen d'expression au centre ville. Avec les deux cinémas nous avons 9 salles, plus 9 salles qu'ils veulent créer, cela fait 18 salles, c'est beaucoup trop pour une population de 50.000 habitants. En moyenne, par semaine, Le Colisée et l'Odéum accueillent, réunis, 4.000 à 5.000 personnes."

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© La dépêche 

Le Colisée, bd Omer Sarraut

Au mois de février 1999, la riposte s'organise chez les opposants. Christiane Bianquis (Directrice des cinémas du centre-ville), Christian Bernier (Amis du Cinoch") et Tamara Rivel (Conseillère régionale) prennent rendez-vous à la Direction Régionale des Affaires Culturelles à Montpellier. Cette dernière doit se prononcer favorablement ou défavorablement. Les opposants font valoir qu'il en va de la survie du centre-ville. Toutefois, seule la commission départementale d'équipement cinématographique devra statuer à la majorité des votants sur le sort du multiplex. Sept représentants ont sa destiné entre leurs mains : Le maire de Carcassonne, le conseil général du canton, le maire de Castelnaudary, le président de la CCI et celui de la Chambre des métiers, le Centre National de la Cinématographie et le syndicat des consommateurs.

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© Office du tourisme de carcassonne

La verrière de la grande salle du Colisée

L'issue de la consultation entérine le rejet du projet. MM. Sardo (F.O Consommateurs), Maugard (Maire Ps de Castelnaudary) et Tarlier (Conseil général Ps du canton sud) ont voté contre. Ce dernier en fait son cheval de bataille avant les élections municipales de l'an prochain, dans lesquelles il sera candidat. Il se range derrière l'idée que le multiplex va tuer les cinémas du centre-ville et plus largement, l'attractivité commerciale de celui-ci. Il demande que le multiplex se fasse à l'Odéum et au Colisée. Raymond Chésa prend acte du vote, mais n'entend pas lâcher le morceau. Dans le plus grand secret, il consulte des investisseurs privés pour tenter de relancer le multiplex. Pour ne pas avoir à subir un nouveau refus, il est envisagé de ne créer que 1000 places, ce qui permettrait de se passer de la commission.

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© Aude tourisme 

Le multiplex au Pont rouge

Alors que l'ensemble des villes du sud-ouest possèdent déjà un multiplex, Carcassonne devra attendre le 17 décembre 2007 pour que le sien sorte enfin de terre. Soit, neuf ans après le lancement du premier projet. Certains diront : Vive le progrès ! D'autres, constateront avec amertume que la fermeture de l'Odeum et bientôt du Colisée, ont eu pour effet d'assassiner les restaurants et cafés proches desquels ils se trouvaient. Alors, certes d'autres activités génératrices d'emplois se sont créées à la périphérie du nouveau cinéma, mais qu'il est triste ce samedi soir dans le centre de Carcassonne.

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© Les écrans

Le multiplex de Limoges, place Denis Dussoub

D'autres villes comme Limoges, par exemple, ont su aménager un multiplex dans l'ancien cinéma du centre-ville. Les cafés et restaurants s'en portent très bien et le samedi soir, le centre-ville n'est pas désert. Et un centre-ville vivant, c'est moins glauque et avec beaucoup moins d'insécurité. 

Sources

Notes, recherches et synthèse / Martial Andrieu

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16:56 Publié dans Cinéma | Tags : multiplex | Lien permanent | Commentaires (1)

06/05/2018

La destruction de l'ancienne École normale de Carcassonne

Il est inutile de préciser que les municipalités qui se sont succédé tout au long du XXe siècle, ont été les plus destructrices pour ce qui concerne le patrimoine historique de notre ville. En ce domaine, la palme d'or toutes catégories revient à Monsieur Antoine Gayraud et à l'ensemble de son conseil municipal. Ces gens-là n'avaient aucun respect pour l'héritage que les anciens nous avaient transmis ; il fallait à tout prix raser les vieilleries et construire à la place des cubes de béton : Hôtel Dieu, Lycée de garçons, Chapelles, etc. C'est dans ce mouvement que l'on fit disparaître l'École normale de la rue Littré. 

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Oh ! Certes, à l'époque la façade du bâtiment n'était pas bien reluisante. Il suffisait d'un ravalement pour lui rendre son lustre d'antan, mais on préféra faire travailler le BTP. Encore de nos jours, les vautours de   la truelle sortis de chez lego, rêvent encore de pouvoir bâtir dans la Bastide leurs fameux cubes en béton. On prend trop souvent ici les mesures de la verticalité avec l'horizontalité du portefeuille. Bref !... Donc, au début de l'année 1975, l'entreprise Depaule envoya ses pelles mécaniques mettre à bas l'École normale. La construction de cette dernière s'était réalisée au XVIIIe siècle, en réemploi avec les vieilles pierres des remparts de la porte de Toulouse. Que croyez-vous qu'ils en firent ? Ils les concassèrent et les utilisèrent ensuite pour la réalisation des routes. 

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La vieille porte d'entrée fut l'unique objet à être conservé, grâce à l'architecte des Bâtiments de France. Le millésime indiquant la date de 1709 partit avec les gravats. Vous pouvez encore apercevoir les montants de cette porte dans un recoin de l'immeuble cubique qui remplaça l'École normale.

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Il faut vraiment le savoir car rien n'indique l'histoire de cette porte...

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Le chef d'œuvre que nous a laissé à la place cet architecte dont la postérité n'a pas, fort heureusement, retenu le nom est sans doute du plus bel effet. Un parking souterrain a été réalisé, mais où sont passées les fouilles archéologiques ? Pourtant sur son emprise, il y avait l'ancien couvent des Augustins. 

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