03/02/2017

Dans l'Aude, les royalistes tentent de mettre le nez dehors...

Une messe en la mémoire du roi Louis XVI, exécuté le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution, a été dite pour la première fois à Carcassonne cette année, en la Basilique St-Nazaire et St-Celse. Mgr de la Soujeole avait accepté de répondre favorablement à la requête d'un monarchiste de coeur, partisan de Monseigneur le Duc d'Anjou, l'un des prétendants au trône de France. Or, Louis le vingtième se voit disputer sa couronne par le prince Jean d'Orléans, descendant de Louis-Philippe d'Orléans dit "Philippe Egalité" qui vota la mort de son cousin. Le vote qui décida du sort du roi souverain ne s'étant joué qu'à une voix de majorité, ceci fit dire à Robespierre : " Il était le seul membre de l’Assemblée qui pût se récuser." Le régicide - membre de la loge du Grand-Orient depuis 1771 - finira lui-même sur l'échafaud onze mois plus tard. 

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Armes du Royaume de France

Dans le département de l'Aude, il n'est pas très bien vu d'afficher ses idées monarchistes. N'oublions pas que cette terre Républicaine vit l'arrivée de milliers de réfugiés espagnols fuyant le régime franquiste. Or, il n'est pas sûr que le futur Louis XX, dont la mère était la petite-fille du général Franco, soit le bienvenu dans l'Aude. Ceci explique en partie, les raisons pour lesquelles on n'a pas célébré le 800e anniversaire de Saint-Louis à Carcassonne, mais à Aigues-mortes en présence du Duc d'Anjou. C'est pourtant Louis IX qui a fit construire la Bastide qui porte son nom à Carcassonne. Comble d'ironie, l'évêque de Carcassonne présida cette cérémonie dans la cité héraultaise en 2014. Alphonse de Bourbon fut reçu à Carcassonne lors des célébrations du millénaire capétien le 24 octobre 1987 par la municipalité.

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© Patrice Cartier

Alphonse de Bourbon, Nicole Bertrou, Jacques Albarel

N'allez surtout pas imaginer que dans le département de l'Aude, il n'y a toujours eu que des Républicains de couleur vermeille. Au contraire, il existe depuis toujours une frange de la population qui ne se montre plus depuis la Seconde guerre mondiale, mais fortement anti-républicaine et profondément attachée aux valeurs traditionnelles de l'Ancien Régime. En 1816, le Comité royaliste de Carcassonne fit la chasse aux  partisans de Napoléon 1er. Ladislas Levavasseur - chirurgien major de Napoléon et grand père du compositeur Paul Lacombe - ne dut son salut à Castelnaudary qu'à la présence d'esprit du chauffeur de la voiture, qui lui permit d'échapper aux monarchistes venus l'étriper. Ce même Comité "parvint à l'aide d'un agent provocateur à organiser à Carcassonne une conspiration des prisons, qui fit tomber sous la hâche prévôtale, celles d'un jeune médecin, d'un ex-militaire et d'un cultivateur." (Histoire de la Révolution Française depuis 1814 jusqu'à 1830 / J.A Dulaure / 1846)

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Joseph Pierre Castel

(1849-1906)

Cet avocat qui fut Président de la Société d'agriculture de l'Aude, présida également le Comité Royaliste de l'Aude. Il habitait 71, Grand rue (rue de Verdun) et était propriétaire du domaine de Paret-Longue à Pennautier.

"Issu d'une famille bourgeoise ayant vécu de l'industrie textile, de la banque et surtout de la terre, il s'engagea politiquement dès la fin de l'Empire aux côtés de son père Eugène, animateur du Cercle du salon et conseiller général (Maire de Verzeille, NDLR). Il fut de tous les combats contre la République, essayant de nombreux échecs, mais troublant souvent la lutte entre opportunistes et radicaux. Il milita pour la reconstitution du vignoble tout en s'efforçant de sauvegarder, dans l'ouest Audois, l'influence de la droite sur le monde agricole. Aussi fut-il candidat boulangiste à Carcassonne en 1889 : il obtint 30 % des voix." (Dictionnaire Les Audois / p. 97)

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Charles Maurras

(1868-1952)

Le théoricien du nationalisme intégral a commencé sa carrière comme félibrige provençal. En 1939, ce journaliste fondateur de l'Action Française, antiparlementaire prônant un antisémitisme d'état se rendit dans l'Aude au château de Pennautier où il fut reçu par le comte. Il y prononça un discours. Ceci est attesté par des archives, récemment léguées au département par la famille sous la côte 124J197, mais uniquement consultable sur dérogation :  http://histoire-de-pennautier.fr/fond_de_lorgeril_338.htm

Charles Maurras soutint le régime de Vichy ; c'est pour cette raison qu'il fut condamné à la réclusion criminelle à perpétuité et à l'Indignité nationale. Il fut également déchu de son fauteuil d'Académicien. L'ensemble des thèses du nationalisme intégral défendues par Maurras, seront reprises dans les textes servant de propagande aux nouvelles recrues de la Milice Française en 1943. A savoir : le rejet des valeurs de la Révolution Française, la soumission au chef, il n'y a pas de principe d'égalité dans la nature c'est donc un notion pour les faibles, etc...

De très nombreux propriétaires de châteaux pinardiers des Corbières s'engagèrent contre les maquis communistes, les juifs et les gaullistes. Il y eut également ailleurs en France des aristocrates engagés, eux, dans la France libre aux côtés du général de Gaulle. Citons : Henri Astier de la Viguerie, Astier de Villatte, Hubert Amyot d'Inville, Roland Alibert de Falconnet, Gaston Duché de Bricourt, etc... Plus près de chez nous : Raoul de Volontat, instituteur à Quillan et Résistant mort en déportation.

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02/02/2017

A t-on tout écrit sur Pauline Fourès, la maîtresse de Napoléon Bonaparte ?

Après avoir recensé bien des ouvrages parus sur Pauline Fourès, nous pouvons dire que l'épisode  concernant son séjour dans notre ville n'est souvent que pure romance. Pire encore ! Les articles de journaux locaux nous racontent parfois l'existence de cette aventurière qui fut maîtresse de l'Empereur, comme étant Carcassonnaise. Ce n'est quand même pas tout à fait exact. Nous avons donc pris le parti, non pas de synthétiser ce que le lecteur pourra lire dans n'importe quelle biographie, mais de rechercher de nouveaux éléments. En faisant l'étude généalogique et sociologique de sa belle famille, nous avons pu comprendre comment cette jeune femme a pu construire son avenir et sa légende.

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Pauline Fourès

 Marguerite Pauline Bellile naît le 15 mars 1778 à Pamiers dans l'Ariège. Elle est la fille d'Henri Jacques Bellile, horloger de son état, et de Marguerite Bérandou. On en sait trop comment cette jeune et jolie jeune femme vint à Carcassonne.

"Elle était sans fortune et ne jouissait pas, à dit depuis M. Fourès, de cette réputation de modestie, qui dans les petites villes surtout y supplée quelques fois (Les femmes galantes / 1837)"

A Carcassonne, elle résidait dans la paroisse St-Vincent - le quartier de son futur époux - et travaillait comme apprentie modiste. C'est d'ailleurs à son travail qu'elle rencontra Jean-Noël Fourès qui n'était autre que le neveu de sa patronne, selon Frédéric Masson (Napoléon et les femmes / 1894). Il semblerait toutefois que l'historien de Napoléon se soit égaré sur la filiation. Elisabeth Pascal Fourès née en 1765 était en fait la soeur aînée de J-N Fourès. Son grand-père Robert Fourès ayant été tailleur d'habit dans le quartier, il se peut qu'elle ait repris l'affaire de celui-ci. 

Pauline Bellile, surnommée "Bellilote" par les Carcassonnais, apprenait donc son métier chez Elisabeth Fourès. Là, elle rencontra Jean-Noël Fourès né le 8 octobre 1769 à Carcassonne, fils de Philippe Fourès (Marchand détaillant) et de Catherine Biroben. Le jeune lieutenant du 22e chasseurs à Cheval s'était retiré dans sa famille, après une vilaine blessure contractée pendant la campagne d'Espagne. Malgré le désaccord de ses parents, Jean-Noël Fourès épouse Pauline Bellile le 8 pluviôse An VI (27 janvier 1798). Le couple en pleine lune de miel ne restera pas longtemps à Carcassonne, car Fourès est appelé à s'embarquer pour l'Egypte. Masson raconte, que Pauline s'était costumée en habit de chasseur à cheval et avait réussit à se faufiler sur le navire avec son mari. Sur place, la beauté de Pauline se fit remarquer auprès des officiers. Le 17 décembre 1799, Fourès reçoit l'ordre de s'embarquer, seul cette fois, pour l'italie et de porter des dépêches au Directoire à Paris.

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Napoléon Bonaparte

"Dès le jour du départ de Fourès, Bonaparte a invité la petite femme à dîner avec plusieurs autres dames françaises. Il l'a à côté de lui et lui fait galamment les honneurs. Mais tout d'un coup, simulant une maladresse, il renverse une carafe d'eau glacée et l'entraîne dans son appartement sous prétexte de réparer le désordre de sa toilette. Seulement l'absence du général et de Mme Fourès se prolongea trop longtemps pour que les convives, demeurés à table, pussent conserver des doutes sur la réalité de l'accident. Le doute fut moins permis encore lorsqu'on vit meubler en hâte une maison voisine du palais d'Elfibey, habitation du général ; Mme Fourès y était à peine installée que survint Fourès.

Fourès que Marmont avait vainement tenté de retenir à Alexandrie, arriva furieux au Caire et fit expier assez rudement à son épouse les libertés qu'elle avait prises. Pour se soustraire à ses emportements, Mme Fourès demanda le divorce, qui fut prononcé en présence d'un commissaire des guerres de l'armée. Après son divorce, Mme Fourès qui reprit le nom de Bellile, mais qui dans l'armée comme jadis à Carcassonne n'était connue que sous le joli nom de Bellilote, s'afficha en favorite."

Là, s'arrête la relation qui unissait "Bellilote" à Carcassonne...  Elle se console dans les bras de Kléber après le retour de Napoléon en France. Elle reviendra néanmoins en France en 1799 et rejoint Paris mais sans pouvoir approcher le Premier consul. Elle se remariera avec Pierre Henri de Ranchoux, nommé vice-consul puis consul en 1810 en Suède. Après une rencontre avec l'empereur, elle divorce à nouveau et se remarie avec Jean Baptiste Bellard, capitaine de la Garde. Après un séjour au Brésil où le couple fait fortune, elle revient à Paris en 1837, où elle vit confortablement. Musicienne, elle peint et collectionne les tableaux, et mène une existence paisible jusqu'à la fin de sa vie. Elle mourra à Paris en 1869.

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Tombe au Père-Lachaise (26° division)

Voici donc ainsi résumée l'histoire d'une petite apprentie modiste sans le sou qui, par un heureux mariage, se construira un destin assez exceptionnel. Nous le voyons, Pauline ne fut Carcassonnaise que très peu de temps. Elle usa de ses charmes à plusieurs reprises pour s'élever dans la société. Si elle n'avait pas épousé Jean-Noël Fourès dont elle garda le nom pour la postérité, que serait-elle devenue ? Aussi, avons-nous voulu chercher à savoir quelle était la famille Fourès à Carcassonne.

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En 1780, la famille Fourès habite le carron de Turle (ancien carron de David) dans la paroisse St-Vincent. En rouge et jaune ci-dessus, ce qui correspond aujourd'hui à l'agence bancaire du Crédit Lyonnais, rue de Verdun. Philippe Fourès, riche marchand détaillant de draps, y réside encore lors du recensement de 1799 avec son épouse, ses cinq enfants (dont Jean-Noël, fraîchement divorcé), son frère (Curé de St-Couat) et son beau-fils Jean Abrial. Philippe Fourès né en 1732, y mourra le 9 juillet 1802.

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La maison de la famille Fourès

Un des frères de Philippe Fourès, oncle et parrain du mari de Bellilote, s'appelait également Philippe (1737-1812). Négociant en draps, il avait exercé la profession de notaire entre 1767 et 1780. Sa maison donnait sur l'actuelle place Carnot (couleur bleue ci-dessus). Il a finit sa vie complètement ruiné par les assignats - monnaie fiduciaire de la Révolution française. Nos recherches généalogiques prouvent sa filiation avec Auguste Fourès (1848-1891), poète occitan natif de Castelnaudary.

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Quincaillerie Cuin

Jean François Noel Fourès - un autre oncle du mari de Bellilote - est le grand père de Marie Sidony Fourès. Elle épousa Jean André Cuin, fils de Paul Cuin, fondateur en 1795 de la quincaillerie bien connue des Carcassonnais. Au-delà de l'intérêt historique de nos découvertes, il nous permet d'écrire que les familles de grands commerçants Carcassonnais se sont toutes mariées entre elles. On pourrait citer en exemple : Cuin, Lamourelle, Lasserre, Sarraute, Fourès. 

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01/02/2017

Le séjour du compositeur César Franck à Azille chez Gallimard

C'est dans la commune d'Azille située au coeur du Minervois, que vint s'installer au XIXe siècle la famille Gallimard. On peut dire sans crainte que Paul Gallimard (1850-1929) - père du fondateur des éditions littéraires du même nom - était né avec un cuillère en or dans la bouche. Son père, Sébastien, avait épousé Henriette Chabrier dont la famille avait amassé une somme considérable sous le règne de Napoléon III. A tel point qu'elle possédait plusieurs théâtres et des hôtels particuliers dans la capitale.

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Paul Gallimard par Toulouse-Lautrec

Paul, en dandy bourgeois, fréquente la belle société de l'époque, tant dans le domaine des affaires que dans celui des arts. Ami de Renoir et de Manet, il possède plus de cent tableaux. Il suit également les cours d'architecture à l'école des Beaux-arts et mène une vie d'aventurier. Est-ce lui qui fit construire la demeure d'Azille communément appelée "Château Gallimard" ? Nous ne pouvons répondre pour l'instant à cette question. 

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Maison Gallimard à Azille

C'est dans cette belle demeure que séjourna durant l'été 1875, le compositeur et organiste français César Franck (1822-1890). Ami de la famille, Franck était sans doute venu à l'invitation des Gallimard y puiser un peu d'inspiration.

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César Franck

Outre le fait qu'il joua sur le Grand harmonium de l'église St-Julien, il composa à Azille une de ces oeuvres : Les Eolides. Ce poème symphonique sera joué le 13 mai 1877 à Paris aux Concerts Colonne.

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© BNF

Manuscrit de la partition composée à Azille

Signé et daté, le document porte la mention suivante de l'auteur : 

Azille // le 28 7bre 1875 // César Franck

En écoute sur le lien ci-dessous

https://www.youtube.com/watch?v=6FO4--_BuNg

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Gaston Gallimard

Durant la Seconde guerre mondiale, Gaston Gallimard - fondateur de la maison d'édition - et son épouse se réfugièrent à Azille. Louis Aragon et Elsa Triolet les suivirent et s'installèrent à Carcassonne pendant trois mois. Avec Joë Bousquet et d'autres écrivains réfugiés, la capitale audoise devint ainsi le plus important salon littéraire de l'occupation. La maison des Gallimard à Azille a été vendue il y a une vingtaine d'années.

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Nous n'avons rien contre les fêtes de la Truffe ou la Féria d'Azille, mais force est de constater que cet épisode historique n'occupe que la moitié d'une ligne sur le site de l'Office du tourisme intercommunal du Haut-Minervois. Il y aurait tant à faire sur le plan culturel pour mettre en avant ce riche passé. Il n'a fallu pourtant à ce blog qu'une demi-journée pour effectuer l'ensemble de ces recherches.

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31/01/2017

Ces célébrités sont passées par le lycée de Carcassonne

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Gustave Téry (1870-1928) est né à Lamballe (Cotes d'Armor). Après des études à l'Ecole Normale Supérieure avec une agrégation de philosophie, il enseigne pendant sept ans. C'est durant ces années qu'il est professeur de 6e au Lycée de Carcassonne pour 300 francs mensuels. Il fait entre autre la connaissance de Paul Lacombe pour lequel il écrira le texte de plusieurs de ses mélodies. En 1904, Téry fonde L'Oeuvre, un journal pamphlétaire dénonçant le favoritisme, l'arrivisme et les scandales. Téry est l'auteur de Aristide le cynique (Aristide Briand). En 1915, il imprime à son journal une tendance pacifiste et milite pour la Société des Nations. En 1924, il soutient le Cartel des Gauches et meurt quatre ans plus tard.

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Henri Bergson (1859-1941), philosophe célèbre. Il a été nommé le 21 septembre 1883 comme professeur au Lycée de Carcassonne, mais refusa ce poste. Il préféra celui de Clermont-Ferrand.

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Alfred Dodds (1842-1922), Général français, commandant les troupes françaises au Sénégal à partir de 1890. Il mène la conquête du Dahomey de 1892 à 1894. Il fait ses études au Lycée de Carcassonne puis entre à Saint-Cyr, le 10 novembre 1862.

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Pierre François Charles Foncin (1841-1916), Géographe Français né à Limoges. Agrégé d'histoire, il enseigne au Lycée de Carcassonne en 1863. Il est l'auteur de Guide à la cité de Carcassonne (Imprimerie Pomiès / 1866)

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Alfred Jules Emile Fouillée (1838-1912), philosophe français. Après son agrégation, il enseigne notamment au Lycée de Carcassonne en 1864. Maître de conférence à l'Ecole Normale Supérieure en 1872, il est ensuite Docteur en philosophie. Parmi ses écrits: La liberté et le déterminisme ou encore La démocratie politique et sociale en France.

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Noël Auguste Delpech (1846-1935), professeur puis Sénateur de L'Ariège. Il enseigne au Lycée de Carcassonne vers 1878. Il est élu sous l'étiquette du Parti Républicain-Radical. Anticlérical et profondément républicain. Il est Co-fondateur de la Ligue des droits de l'homme et Président du Conseil de l'ordre du Grand-Orient de France. Noël Delpech, né le 22 décembre 1846 à Bonnac (Ariège),
décédé à Toulouse le lundi 11 mars 1935 à Toulouse, également vice-président du Conseil Général de l'Ariège, Conseiller Général du Canton de Quérigut.Président National du Parti Républicain Parti Radical et Radical Socialiste. Egalement Ecrivain et Journaliste à La Dépêche de Toulouse sous le pseudonyme de Nivodo. Ses deux fils sont Morts pour la France pendant la guerre 14-18. Il est inhumé à Foix.

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Eugène Terraillon, philosophe né en 1873. Il fut professeur de philosophie au lycée de Carcassonne. Parmi ses ouvrages: L'honneur, sentiment et principe moral; La morale de Geulincx dans ses rapports avec la philosophie de Descartes (1912).

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Raymond Gourg, Dr ès-lettres et professeur au Lycée de Carcassonne.

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Seules des recherches parallèles m'ont permis de vous présenter cet article.

En 1887, le petit et grand Lycée de Carcassonne comptait 757 élèves

79 pour l'enseignement classique primaire

494 pour l'enseignement classique

184 pour l'enseignement classique spécial

Parmi les autres enseignants moins célèbres, ma recherche m'a indiqué :

M. Filippi, en 1888

Campagnac Joseph, en 1881-1883 (1, rue Bellevue à Carcassonne)

Lebègues Jacques (51, Bd Barbès)

Duvafi Placide, Inspecteur d'Académie en 1883-1885

Peytraud Lucien, licencié ès-lettres et agrégé d'histoire en 1887

Henri Girard, en 1903

M. Robert, Abbé et Aumonier du Lycée en 1870

Sources:

G. Roustan, Les parlementaires français 1900-1914, 1914

Gustave Téry, Cahiers de la quinzaine, Sorbonne, 1902

Henri Bergson, Exposition du centenaire, 1959

F. Desplantes, le Général Dodds, Rouen, Mégard, 1894

G. Vapereau, Dictionnaire des contemporains, 1893

La grande encyclopédie, inventaire raisonné, Lamirault, 4e tome, 1887

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27/01/2017

La chapelle de Sainte-Croix, à jamais disparue

 Hélas, trois fois hélas, il ne reste rien de la Chapelle de Sainte-Croix car selon des témoins, son état de délabrement menaçait la sécurité des visiteurs et on entreprit de la détruire en 1966. C'était une époque où l'on ne se préoccupait pas de la restauration du patrimoine ; il faut reconnaître avec justesse que sur ce point les temps des choses ont évolué. En compensation, dans les années 60-70 quelques hommes avec peu de moyens ont mené un travail formidable d'inventaire pour tenter de sauver ce qui pouvait l'être. Ce fut le cas d'Antoine Labarre (1910-1995), artisan de la sauvegarde du petit patrimoine carcassonnais, dont on ne parle plus maintenant mais à qui nous devons beaucoup. Parmi ses sauvetages, il faut compter la pose de la statue "La France blessée" dans le cimetière St-Michel après 40 années d'oubli dans un entrepôt municipal.

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Sur cette photographie prise d'avion en 1928 (collection Martial Andrieu), j'ai réussi à retrouver la chapelle de Sainte-Croix au bout du chemin du même nom. Bâtie vers le XIVe-XVe siècle, l'édifice se trouvait selon l'abbé Sabarthès (Dictionnaire topographique de l'Aude/ pp.376) sur l'ancienne route de Carcassonne à Lagrasse et à l'intersection de deux chemins, l'un allant à Palajanel, l'autre à Cazaban.

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A l'aide d'un puissant scanner j'ai agrandi cette partie de la photo, bien plus petite qu'un timbre poste. On obtient une image, certes de médiocre qualité, mais qui prouve qu'en 1928 la chapelle était encore debout.

patrimoine

© SESA

Plan en coupe de la chapelle Sainte-Croix détruite en 1966

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Aquarelle de Mme P. Andrieu peinte en 1925

patrimoine

La chapelle en 1966

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Le chevet

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 Antoine Labarre et Albert Blanc décidèrent avec l'aide de la municipalité en 1972, de matérialiser l'emplacement de l'ancien édifice religieux par une croix.

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La croix est ainsi scellée sur une ancienne borne d'octroi qui matérialisait l'entrée de Carcassonne. Elle se trouvait près de l'actuel stade Mazet, sur la route de Limoux.

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Une plaque en marbre blanc rappelle l'emplacement de la chapelle. Sur l'ancienne borne d'octroi, on été gravés les initiales d'Antoine Labarre et d'Albert Blanc avec la date de 1972.

Si vous souhaitez vous rendre sur place, longez le mur du cimetière de la Cité à partir de la porte Narbonnaise. Prenez ensuite le première chemin à gauche, il se nomme Sainte-Croix. Un kilomètre après, vous arriverez à l'ancienne chapelle de Sainte-Croix.

Documentation

Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude

Mise à jour Janvier 2017

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26/01/2017

Coco Alvarado : l'argentin de Carcassonne qui a du soleil au bout des doigts.

Quand on possède le talent et la grâce artistique, on se dit parfois qu'il vaut mieux aller se perdre dans la pampa plutôt que de rester à Carcassonne. Au moins là-bas, les rancheros dansent le tango et chantent Carlos Gardel. Ici, ils préfèrent plutôt faire tourner les serviettes en s'égosillant sur la chanson des sardines.

Qu'est donc venu faire l'homme aux doigts de soleil dans notre ville ? Montrer qu'ailleurs la musique populaire est un art de vivre que l'on pratique avec distinction.

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© Christophe Barreau

Hector Alvarado voit le jour à Buenos Aires en 1949. A neuf ans, sa grand-mère l'envoie chez un professeur de piano où il restera sept années à faire ses gammes. Il conjugue alors sa passion pour la musique avec celle pour le football en supportant le club de Boca junior.

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"Le King" à Buenos Aires. Rodriguez Pena 1062

En somme, comme tout argentin qui se respecte il a pour idoles Gardel, Fangio, Maradona et le tango. Lorsqu'il s'affranchit enfin de la technique du piano, il rejoint la formation "Los Martinicos" comme contrebassiste. Il joue au King ; un club aux 70 hôtesses située dans la capitale argentine.

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 A 23 ans, Coco - surnom donné par sa mère - s'envole pour le Japon. Avec la formation orchestrale "The latinos stones", il fera le tour du monde : Hong Kong, Macao, Séoul, l'Europe... En 1978, il débarque à Carcassonne avec "Los chicos" et presque comme toujours, il y restera pour l'amour d'une femme : Babeth.

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Avec le guitariste et chanteur américain Georges Benson

Pendant plusieurs années, Coco Alvarado jouera de toute sa classe partout où il y a un piano dans Carcassonne. Il enseignera et prodiguera des conseils à de jeunes pianistes, toujours avec cette amabilité et cette simplicité naturelle. A l'époque où Jean-Michel Signoles et M. Hamburger étaient les directeurs, il fut engagé comme pianiste dans l'hôtel de la Cité ; un établissement prestigieux qui travaillait comme un palace. La nouvelle direction s'est séparée de son pianiste il y a deux ans. Pour avoir entendu el Maestro Alvarado jouer, je peux vous dire que cet homme a bien du soleil dans les doigts.

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