17/02/2017

Le carnaval de Carcassonne de 1979 à 1983

La Dépêche du midi interrogeait en 1978 les élus au sujet du retour du carnaval à Carcassonne, après plus d'une dizaine d'années d'absence.

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Le carnaval de Carcassonne sur les boulevards

Le 28 février, le maire adjoint Fernand Ancely répondait aux journalistes en ses termes :

"Refaire carnaval est souhaitable. Cette année pas question. Le temps est passé et puis, il faut du temps pour le préparer. Il y a des jeunes en ville qui s'y intéressent. Ils ont saisi le secrétariat du maire qui a donné un accord de principe. Nous sommes favorables à cette relance. Le groupe socialiste doit d'ailleurs entendre ces jeunes dans quelques jours. Il reste avant tout à faire une étude financière du projet. A l'époque, Carnaval coûtait environ 15 millions à la ville. Il y avait une quarantaine de chars, une douzaine de musiques, des majorettes. Il faut étudier la dépense."

 

1979

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Aidé dans sa tâche par le Conseil Communal de la Culture réuni le 26 janvier 1979, le Carnaval d'une nouvelle ère était lancé à Carcassonne. Le 10 février 1979, sa majesté Carcassus faisait son apparition à la gare SNCF ; accompagné par la foule en délire, on lui fit faire le tour de ville. Pendant la durée des festivités, il y eut la création d'une radio-carnaval qui anima les rues du centre-ville avec la bandas Thibault de Limoux. Le 28 février, on jugea et on brûla sa majesté Carcassus sur la place du pilori (place Eggenfelden). Tout se finit ensuite par une grande "mongetada" sous les halles.

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Parallèlement à ces festivités, on entendit une conférence le 23 février sur le "carnaval de Romans" par Leroy Ladurie. Avec la projection d'un film sur les "Mascarades du nouvel an en Moldavie". Un concours photo avec expositions des plus belles à la mairie. Toute une série d'expositions en lien avec le carnaval.

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© Patrice Cartier

 

1980

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Carcassus, roi des eaux

"Le Carcassus 79, candidat malheureux au Parlement européen, avait sombré dans les eaux troubles de la haute politique ! De braves Carcassonnais s'étaient justement émus de la tournure des choses et, cette année, le Comité leur donne raison. Nous renouons avec les Rois du jazz, de la photo et du scooter, cette année Carcassus sera notre Neptune, notre roi des eaux à nous ! Vive Carcassus !

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Bien sûr, les bacilles de la polémique s'insinuent partout, qui sait si demain quelque sans-gêne ne va pas nous chercher la petite bête ? Mais non, nous tenons bien la barre, ni p'eau l'épique, ni pot-litique, Carcassus roi des eaux sera un principe débonnaire et rigolard qui chatouillera la tripe. 

Ouvrez les vannes, buvez du vin, du lait, de l'eau, jusqu'à ce que le ventre vous tire ! Carcassus s'avance sans masque, mais il fallait bien mettre les points sur les O !"

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Le samedi 2 février 1980, sa majesté Carcassus, Roi des eaux fit son arrivée au Dôme à 17h. Le cortège passa ensuite rue de l'hospice (G. Brassens), boulevards Camille Pelletan, Jean Jaurès et Omer Sarrault ; rue du marché, rue Victor Hugo et place Carnot. Les festivités durèrent jusqu'au 1er mars avec "monjetada" et jugement de Carcassus. 

1981 

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Carcassus, roi du chômage

"Au cours de ces quatre dernières années, le comité de Carnaval a montré sa vitalité et ses capacités d'organisation. ce ne sont pourtant pas les critiques qui lui ont manqué. La première de ces critiques - la plus grave à mes yeux car la plus fausse - fut une critique de type culturel : "Le Carnaval, ce n'est pas de la culture". Cet alibi de la culture classique, ce besoin d'une façade culturelle, cette hostilité de quelques uns, prouveraient s'il en était besoin, que le carnaval gène, heureusement, un certain nombre de personnes. Il en est toujours ainsi quand on affirme sa volonté de court-circuiter les canaux habituels de la consommation culturelle.

Cette critique de type culturel en sous entend une autre : "Si le Carnaval n'est pas de la culture, pourquoi financer une activité de cette nature ? " D'où une subvention tronquée, trop réduite aux yeux des animateurs du comité, qui prive effectivement le Carnaval d'un à-côté culturel classique plus important : expositions en plus grand nombre, théâtre, conférences. En fait, les réactions passionnées et contrastées suscitées par le Carnaval de Carcassonne font régulièrement leur apparition dans notre cité et ne concernent pas que le seul Carnaval. (Simon Peyras / adjoint à la culture)

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En février 1981 - à seulement trois mois de l'élection présidentielle - le thème choisi par le Comité du Carnaval fit grincer des dents. Le chômage constituait un angle d'attaque contre le président Valéry Giscard d'Estaing et politisait le Carnaval aux yeux des électeurs de droite.

Reconnaissons que l'utilisation de la dérision comme moyen d'expression culturel n'est pas du goût de tout le monde (Simon Peyras / adjoint à la culture).

 

1982

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Dessin de Denis Bonnes

Carcasse, reine de la consommation, fut certainement dans l'histoire du Carnaval de Carcassonne l'unique représentante féminine. "Femme d'idées et d'entreprise, consciente du manque de grandes surfaces dans notre ville, elle crée un super Diplodocus générateur d'emplois, détonateur de la relance économique."

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Du 23 janvier au 13 février 1982, le Carnaval fut animé par plusieurs fanfares : Clin d'oeil, la Bobota, les Thibaults et l'harmonie de Villepinte. Outre la traditionnelle monjetada, le jugement et la crémation, il y eut au programme un concert de carillon à l'église St-Vincent, un buffoli à minuit et la sortie des fécos à la Rotonde, café des familles et au Bristol. Sans oublier, bien sûr, les films du Ciné-club au théâtre municipal.

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On se moque du nouveau supermarché Mammouth implanté en 1981 à Carcassonne. 

"Mammouth écrase les prix"

 

1983

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Affiche du Carnaval 1983

Carcassus, roi des sportifs, fut à la fête du samedi 5 février au samedi 26 février 1983. 

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Les fécos sur la place Carnot

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A un mois de l'élection municipale de mars 1983, le candidat Raymond Chésa tracte aux côtés des carnavaliers. Preuve que l'on peut faire de la politique tout en ne se prenant pas au sérieux. C'est là, la morale de cette histoire, sans doute. Dommage que cette vision ne soit partagée par tous...

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René Gimenez alias "Jim" et son piano à bretelles

On parle souvent de Gualdo à la Trivalle... Qui n'a pas connu René Gimenez alias "Jim" pour les carcassonnais ? Toujours souriant avec son accordéon, c'était l'ami de tous les noceurs. Il faut dire qu'il en connaissait un rayon sur le répertoire de bal musette...

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De la java au tango, il jouait presque toujours d'oreille et en lui sifflotant la mélodie le "Juke box" de Jim se mettait en route... Les fêtes de quartier ne connaissaient que Jim. Hélas son accordéon s'est tu à jamais en 2005, au grand désespoir de tous ses nombreux amis. La fin d'une époque où des gens simples et populaires amenaient de la gaieté en ville.

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15/02/2017

Quand l'évêque de Carcassonne fut expulsé de l'évêché par l'armée

Il est des épisodes historiques totalement ignorés ou plus exactement rarement relatés dans les livres de notre département. Aussi, lorsque nous avons la chance de tomber sur un témoignage dactylographié et inédit, émanant d'une personnalité comme celle de la soeur de Joë Bousquet, il ne faut surtout pas passer à côté. Henriette Bousquet épouse Patau, relate avec un vrai talent littéraire l'expulsion de Mgr de Beauséjour, évêque de l'Aude. Il s'agit là d'un évènement dont elle fut l'un des témoins oculaires.

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Mgr de Beauséjour

Au début de ce siècle (1906, NDLR), de profonds remous politiques aigrissaient les rapports entre l'église et l'état. Après bien des tentatives infructueuses, le concordat fut dénoncé ; les écoles religieuses, les communautés de soeurs, obligées de subvenir à leurs besoins, fermèrent leurs portes ou furent chassées de leurs couvents. Certaines trouvèrent un asile en Espagne. Il y eut une grande émotion dans le public. Des scènes douloureuses éclatèrent dans la rue, et les catholiques pratiquants aidèrent le clergé spolié à résister. Ils s'enfermèrent dans l'enceinte de la maison qu'on leur enlevait (l'évêché, NDLR) et résistèrent à toutes les sommations. La troupe fut mobilisée et on décida d'employer la force. Le premier représentant du clergé expulsé fut l'évêque Monseigneur de Beauséjour.

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© AAVC

Hôtel Murat (CCI de l'Aude), ancien évêché de 1826 à 1906

Une foule immense, prévenue du drame qui se préparait se massait sur l'avenue qui desservait l'évêché. Au milieu d'un silence de mort, un juge frappa trois fois à la porte avec des menaces. Le portail s'ouvrit tout grand et Monseigneur parut, applaudi par les fidèles, qui criaient "Vive Monseigneur". Très droit, regardant avec une immense dignité le magistrat gêné qui lui faisait face, grandi, vraiment en cette minute, consacré "prince de l'église", il sortit, suivi de ses prêtres et la foule l'accompagna en chantant sans regarder l'armée : de jeunes soldats pleuraient. Je pleurais, moi aussi ; j'étais petite, mais tante Lucie avait voulu me prendre. Elle me donnait la main, son autre bras brandissait belliqueusement  un grand parapluie qui aurait pu faire une arme redoutable (elle ne s'en servit pas).

Monseigneur avait loué un grand appartement près de la cathédrale, au 67 rue Voltaire. Un jardin séparait le nouvel évêché de la partie de l'immeuble occupée par des membres de notre famille.

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D'après l'abbé Cazaux - ancien curé de St-Vincent - que j'ai contacté, sa cousine Henriette s'est trompée de rue. Mgr de Beauséjour habita chez les Bousquet, au 67 rue Aimé Ramond. C'était l'ancien Hôtel de Saix de Polignan (à gauche sur la photo ci-dessus). Il devint l'évêché de Carcassonne pour un temps. Mgr de Beauséjour a ensuite acquis une maison dans la rue Jean-Jacques Rousseau, où il habita et fit ses bureaux.

Une grande intimité s'établit très vite entre les arrivants et la famille Cazaux. Monseigneur venait les voir souvent. D'une vive intelligence, d'une admirable dignité il se plaça moralement au-dessus des spoliateurs et commença à réorganiser son diocèse. Bientôt la maison fut appelée "Le petit évêché" à la grande fierté de notre tante qui passait une grande partie de sa vie à surcharger d'ornements et de cierges, la chapelle St-Roch, confiée à se soins.

Puis, les communautés furent chassées de chez elle. Les religieuses, qui n'avaient pu partir en Espagne, revinrent dans leurs familles. Le couvent des Capucins fut fermé le dernier après un siège de trois jours ; ils sortirent de chez eux, avec leurs amis de la ville, en voitures découvertes pour gagner la gare d'où ils partirent en exil. La ville entière était dehors. Son passage était salué de vivats, un cantique, avec un bruit de tonnerre déferlait à mesure au passage des capucins qui nous bénissaient.

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St-Joseph de Cluny (aujourd'hui, collège André Chénier)

La préfecture et la mairie étaient fermées ; on ne rencontra pas d'hommes politiques... Le tribunal était au passage, vide de juges, qui avaient dû obéir aux ordres, ou renoncer à leurs places. A ce moment, le couvent de Cluny fut fermé également ; mon frère (Joë Bousquet, NDLR) dut rentrer au Petit lycée et j'eus une institutrice Mlle Evelyne, qui me fit travailler, en attendant pour mon entrée dans une institution religieuse.

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14/02/2017

Auguste Pierre Pont (1880-1964), chanoine de la Basilique St-Nazaire et St-Celse de Carcassonne

Si par décision municipale en date du 16 février 1970, l'ancienne place St-Nazaire prit le nom d'Auguste Pierre Pont c'est parce que le dévouement de cet homme d'église fut exemplaire. Au moment où une certaine formalité politique tente d'installer dans les esprits qu'être catholique c'est faire passer les pauvres pour des profiteurs, les étrangers pour des criminels et qu'être bien français c'est être chrétien, on pourrait alors exhumer des mémoires l'oeuvre de ce curé. Car lui ne regarda jamais d'où venait la brebis, si elle était aisée, ni de quelle couleur était sa robe. L'oeuvre du bon pasteur est de rassembler le troupeau, n'est-ce pas ?

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© J-L Bergnes

Le chanoine Auguste Pierre Pont

Né à Chalabre le 1er janvier 1880, Auguste Pierre Pont fit ses études à St-Louis de Limoux. Admis au Grand séminaire de Carcassonne, il fut ordonné prêtre le 29 juin 1904. Vicaire d'Alzonne le 1er août de la même année, de Lézignan le 16 octobre 1906, de St-Vincent à Carcassonne le 1er août 1908. Curé de Montlaur le 15 juillet 1925 ; c'est en 1934 qu'il prend la charge de la basilique St-Nazaire de la Cité. Il la gardera jusqu'à sa mort. Auguste Pierre Pont fut de ses hommes d'église qui, pendant la triste période de l'occupation, eurent une attitude remarquable. On peut citer avec les abbés Gau et Courtesole. Alors que le sommet de la hiérarchie catholique s'était plus ou moins compromis avec Vichy, ces curés firent actes de résistance. A St-Nazaire, l'abbé Pont cacha dans la crypte des personnes pourchassées. On peut citer un aviateur américain : le colonel Sully H. de Fontaine.

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Quand vint l'heure du jugement dernier pour ceux qui avaient opté pour le mauvais camp, l'abbé Pont qui était aumônier de la prison confessa les prisonniers avant leur exécution. Ce n'était après tout que des brebis égarées qu'il fallait ramener sur le chemin de la rédemption. 

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© J-L Bergnes

Les obsèques d'Auguste Pierre Pont par Mgr Puech

« Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite: “ Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” (Evangile selon St-Mathieu)

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13/02/2017

Faik Konica (1875-1942), l'ami de Guillaume Apollinaire à Carcassonne

C'est en effectuant des recherches sur le poète Guillaume Apollinaire, que nous avons découvert que l'un de ses amis européens a séjourné à Carcassonne. Faik Konica, né en 1875 à Konitza en Albanie est l'une des plus grandes figures de la culture de ce pays. En 1890, il n'a que quinze lorsqu'il est envoyé pour étudier en France où il passera sept années. A Dijon, il est diplômé en philologie romane. A Paris, il étudie pendant deux ans le français médiéval, le latin et le grec au Collège de France. C'est aux Etats-Unis dans la célèbre université d'Harvard qu'il achèvera ses études, avant de s'établir à Londres où il fait la connaissance d'Apollinaire en 1902. Au cours de l'été 1926, Ahmet Zogu (futur roi autoproclamé d'Albanie) le nomme comme ambassadeur aux Etats-Unis ; poste qu'il occupera jusqu'à l'invasion italienne de son pays en avril 1939. Faik Konica mourra à Washington le 15 décembre 1942 et sera inhumé au cimetière de Forest Hills à Boston. Ses restes seront transféré à Tirana (Albanie) à la fin de l'ère communiste.

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Faik Konica

En 1892, Faik Konica ne pouvant supporter le climat froid de Lisieux s'établit à Carcassonne. Sa Cité médiévale l'attire, tout comme le climat méditerranéen plus adapté à sa constitution fragile. Dans "Amis européens de Guillaume Apollinaire" publié aux presses nouvelles de la Sorbonne (4e colloque / Sep 1988), nous avons une description précise de son passage dans notre ville.

"En dehors des heures passées à la Bibliothèque municipale, le spectacle des témoins de la civilisation médiévale stimule son ambition de connaître en profondeur le Moyen Age, période de la mémoire de son peuple. Avec ses vingt siècles d'histoire, Carcassonne témoigne de valeurs qu'il peut s'assimiler au plus vite. Au lycée, ce premier de classe admire en particulier son professeur de lettres, dont il saura garder le souvenir. En 1893, il obtient le prix d'honneur de rhétorique et, chaque année, son nom figure au palmarès. Il arrivé même qu'il reçoive des mains du vainqueur du Dahomey, le général Dodds, ancien élève de l'établissement."

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Le général Dodds

Faik Konica fait partie de ses brillants élèves qui passèrent par le lycée impérial de Carcassonne, situé dans la Grand rue (rue de Verdun, aujourd'hui). Quant à Guillaume Apollinaire, il se peut fort bien qu'il ait connu Carcassonne à travers les récits de son ami Albanais. A moins qu'il n'y soit passé durant les fêtes de noël en allant rejoindre Madeleine Pagès à Oran ? Publié dans "le guetteur mélancolique", Apollinaire écrivit un poème intitulé "Cité de Carcassonne" en 1915.

Ville presque morte, ô Cité
Qui languis au soleil d’été,

Toi dont le nom putride étonne,
Tu symbolises la très Bonne,

La très Douce, sans vanité,
Qui n’a jamais compris personne,

La toujours Belle qui se tait,
L’Adorable que je couronne,

La toute Ombreuse dolemment
Comme une ville ombreuse et coite,
La toute Brune jamais droite,
Toujours penchée exquisement.

J’ai vu ses lèvres d’anémone
Mais point son Cœur, à la très Bonne.
Je n’ai jamais vu Carcassonne.

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Guillaume Apollinaire

(1880-1918)

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20:52 Publié dans Écoles | Tags : faik konica | Lien permanent | Commentaires (0)

12/02/2017

Ce qui est caché dans la Cité n'a pas de secret pour nous !...

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Dans la cour du château comtal (Premier plan sur cette photo) sous une dalle de béton, il y a une salle que l'on tient hors de la vue des publics. Et pourtant...

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Sous la dalle en béton, les vestiges de la Cité à l'époque romaine

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Au dessus de cet habitat se dressait au XIIe siècle une chapelle dédiée à la vierge. Peut-être aurait-on pu ne pas fermer totalement à la vue, ces vestiges. Par exemple, en plaçant au dessus de la mosaïque et à hauteur de la chape en béton, un verre d'une belle épaisseur. On aurait pu admirer tout ceci par transparence, mais je ne suis pas architecte et j'ignore les contraintes techniques Les Monuments nationaux qui administrent la Cité de Carcassonne ont montré cette mosaïque dans un reportage télévisé du journal de 20h de France 2. L'espace de 20 secondes seulement... le temps de nous faire saliver et puis, la porte s'est refermée à clé.

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Au dessous se trouvent des vestiges d'une rare beauté de l'époque où la cité était habitée par les Gallo-Romains. Les restes d'une villa de la fin du 1er siècle de notre ère avec ses murs en grès et une splendide mosaïque, sont dans un parfait état de conservation.  

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Parties de la mosaïque

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Nous nous sommes procurés des photographies et nous en faisons profiter.

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Une note interne du 27 février 2006 signée de Madame Patrica Corbett - administratrice du château - indique que "Le diagnostic réalisé par SOCOTEC sur la solidité de la dalle de la cour d'honneur couvrant la mosaïque soulève des problèmes d'ordre structurel importants qui mettent en cause la solidité générale de cette partie de l'édifice. En conséquence, l'accès au public et au personnel à la salle de la mosaïque ainsi que l'organisation de toute manifestation ou rassemblement de groupe de visites sur la dalle de la cour d'honneur est INTERDITE. Qu'en est-il aujourd'hui ?

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