24/01/2018

Antoine Armagnac (1912-1944), héros de la Libération de l'Aude

Non ! La rue Armagnac à Carcassonne n'est pas dédiée à une célèbre eau-de-vie. C'est l'artère qui fut donnée à un martyr de la Résistance audoise, devenu héros tragique de la Libération. Son nom lui fut donné dans les premiers jours du mois de septembre 1944, sur proposition du Comité Local de Libération, en remplacement de l'ancienne rue du Port. C'est précisément pour ne pas oublier qui fut Antoine Armagnac et pour en aviser les nouveaux habitants de Carcassonne, que nous écrivons cette chronique. Souvenons-nous que l'an passé, une journaliste de la rédaction de La dépêche avait relaté un fait divers, dans la rue de Nice (sic). Cette pigiste ne s'était sans doute pas rendue sur les lieux, près de la place Carnot, où elle aurait constaté qu'il s'agissait de la rue Denisse, marchand parfumeur au XVIIIe siècle. A ne pas confondre avec son homonyme de cinéma : Brice de Nice. 

armagnac.jpg

Antoine Louis Marius Armagnac, fils de Louis Gustave et de Louis Constance Monié, naît le 6 avril 1912 à Quillan. Durant la Seconde guerre mondiale, ces parents habitent à Conques-sur-Orbiel où le père exerce la profession de boulanger. Après son service militaire dans la marine, le matelot Armagnac travaille à la mine d'or de Salsigne. Il en a même le titre de chef d'équipe. Le 17 août 1935, Antoine convole en juste noces avec Jeanine Roquefort, âgée seulement de 17 ans. C'est la sœur de Félix Roquefort, qui sera ensuite résistant, député et maire de Conques-sur-Orbiel. Quelques mois avant l'invasion de la zone sud par les troupes Allemandes, Antoine Armagnac se fait repérer par les partisans de Vichy. Albert Picolo, premier résistant du département de l'Aude avec Lucien Roubaud, anime et dirige à Carcassonne le journal du mouvement "Combat". C'est à ce moment qu'Armagnac les rejoint avec Michel Bruguier, Marcel Valette et Joseph Dufour.

3598.jpg

 Sa participation à la commémoration de la bataille de Valmy le 20 septembre 1942, à la statue de Barbès à Carcassonne, lui vaudra la répression de l'administration de Vichy. Non seulement pour y avoir défilé, mais pour également des activités de propagande contre le régime de l'Etat-Français. Albert Picolo et quelques autres sont arrêtés. Sur ordre du préfet Marc Freund-Valade, ils sont incarcérés à la Maison d'arrêt entre le 30 septembre et le 5 octobre 1942. Parmi eux, citons Michel Bruguier (étudiant), Marcel Valette (Cheminot), Joseph Dufour (Cuisinier), Michel Gambau (Plombier), Biart Jean Marie (Représentant), etc. Ils écopent d'une peine de trois à quatre mois d'emprisonnement et de 3000 francs d'amende pour menées antinationales. Dans les faits, leur libération n'interviendra que le 25 juin 1943 par décision d'un maintien d'écrou administratif. Antoine Armagnac sera jugé le 13 mai 1943 par le Tribunal civil de Carcassonne et condamné à deux mois de prison et 1000 francs d'amende. Libéré le 11 août 1943, il reprend ses activités. Traqué par la Milice, il prend le maquis avant que celle-ci ne se présente à son domicile pour l'appréhender. Au mois d'avril 1944, Jean Bringer (Myriel) le charge de constituer un noyau de résistance du côté de Pradelles-Cabardès. Ainsi naît le "Maquis Armagnac", au sein duquel son chef prend le grade de lieutenant FFI. 

grave.jpg

© aude.gouv.fr

Le maquis obligé de replier sur Trassanel est attaqué par des Allemands supérieurs en nombre et en matériel. Bien entendu, sur dénonciation... Le 8 août, le chef Armagnac tombe les armes à la main en essayant de protéger la fuite de ses camardes. La quasi totalité du maquis est décimée ; les Allemands achèveront les blessés aux couteau et à la baïonnette. Ils ne sont pas à un crime de guerre près... Le lendemain, Antoine Armagnac succombe à ses blessures. Il sera inhumé dans son village de Conques-sur-Orbiel.

Capture d’écran 2018-01-24 à 19.32.45.png

Le 17 août 1945, Antoine Armagnac est cité à l'Ordre de la division à titre posthume par le général de brigade Zeller, Commadant de la 16e région militaire. On lui attribue la Croix de guerre avec étoile d'argent.

"Un des premiers résistants de l'Aude, d'un courage exemplaire. A constitué les premières équipes de sabotage, puis celles du Cabardès, dont il a pris le commandement en mai 1944. Est glorieusement tombé à la tête de ses hommes, après une lutte héroïque contre un ennemi supérieur en nombre et en armement à Trassanel (Aude) le 8 août 1944."

Lieutenant FFI Arnal - c'est son pseudonyme - est élevé au grade de capitaine le 1er octobre 1955 dans l'armée d'active. L'année suivante, le 8 juin 1956, sa veuve obtient de statut d'Interné-Résistant pour son mari. Enfin, Antoine Armagnac est fait Chevalier de la légion d'honneur à titre posthume le 30 décembre 1959. Son épouse, Jeanine Armagnac, mourra le 9 décembre 2014 à l'âge de 96 ans. 

Sources 

Notes, recherches et synthèse / Martial Andrieu

Service historique de la défense 

Midi-Libre / Septembre 1944

__________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2018

23/01/2018

L'atelier et la boutique d'horlogerie Labarre-Zwicker à Carcassonne

Quel beau métier, que celui de l'horlogerie ! Montres bracelet ou en pendentifs, horloges, carillons, etc. Il s'agit là d'un véritable art pour lequel plusieurs années d'études à Besançon - capitale française de l'horlogerie - sont nécessaires. Pendant près d'un siècle, l'atelier d'horlogerie fondé par Éloi Labarre mit les pendules à l'heure de très nombreux Carcassonnais.

Labarre.jpg

Avant la Grande guerre, Éloi Labarre possédait deux boutiques à Carcassonne. La première avec son petit atelier se trouvait en haut des marches des halles à la volaille, rue Chartrand. Sur la photographie ci-dessus, à l'intérieur on aperçoit la charcuterie de Jean Perdigou puis le cafés Fieu.

Capture d’écran 2018-01-23 à 08.58.07.png

Au même endroit en 2018

Labare.jpg

Le second magasin se trouvait dans la rue de la mairie ; débaptisée en septembre 1944, elle prit le nom d'Aimé Ramond.

Capture d’écran 2018-01-23 à 09.04.32.png

La boutique en 2018, au numéro 20 de la rue A. Ramond

Zwicker Jean-Jacques 2.jpg

Le beau-fils du fondateur M. Jean-Jacques Zwicker, reprit l'atelier et le magasin.

Zwicker Jean-Jacques.jpg

Le magasin dans les années 1970

zwicker 1.jpg

Lorsque Jean-Jacques Zwicker fit valoir ses droits à la retraite, il passa le flambeau à son fils Alain.

Zwicker 2.jpg

Celui-ci poursuivit l'œuvre de trois générations de Labarre dans l'horlogerie. Au début des années 2000, il laissa le magasin de la rue A. Ramond et alla s'installer dans la rue de Verdun. On se demande comment ce colosse pouvait réparer des pièces aussi petites, avec un telle dextérité. M. Zwicker n'aimait pas son métier ; il lui vouait une vraie passion. Hélas ! Il n'aura pas profité bien longtemps de sa retraite... Le maître des horloges fut rappelé bien trop tôt par le sonneur de Saint-Pierre. Que cet article lui soit dédié, car aujourd'hui depuis ce temps, tous les coucous de Carcassonne sont enroués.

_________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2018

22/01/2018

Cécile Rives (1880-1956), aquarelliste et professeur de dessin Carcassonnaise

Le 13 septembre 1880 naît à Carcassonne sur l'avenue du Pont neuf, Cécile Marthe Rives. Elle n'a que six ans lorsque ses parents s'installent dans une belle maison bourgeoise du quartier du Palais, au numéro 43 de la rue d'Alsace. C'est là que son père Antony Rives, qui deviendra par la suite son professeur, organise son atelier de peinture au milieu d'un véritable cabinet de curiosités. On y trouve des moulages de plâtre, des statues et un grand nombre de dessins.

Cécile Rives.jpg

Cécile Rives à l'âge de 25 ans

Contrairement à son père et à sa sœur Marie-Antoinette, Cécile Rives devient aquarelliste. A ce titre, elle fréquente les Salons artistiques de la capitale et entre grâce à son père dans la "Société des Artistes Français". Avant la Grande guerre, elle effectuera de nombreux voyages en train à Paris. Le conflit mondial lui prendra son frère Eugène, tué dès les premiers mois dans l'enfer des tranchées. Toute la famille est affligée par cette disparition ; Cécile s'installe en 1915 à Saissac et croque le château médiéval qui deviendra l'une de ses principales sources d'inspiration.

img015.jpg

Cécile Rives dans son atelier en 1897. Dans celui-ci, observons le moulage du bas-relief du tombeau de l'évêque Guillaume Radulphe. Il devrait se trouver encore dans la maison du 43 rue d'Alsace, appartenant désormais à Maître Bénédetti.

img016.jpg

Le château de Saissac

En 1920, Cécile Rives partage son emploi du temps entre les cours privés qu'elle dispense à son domicile, ceux à l'école Jeanne d'Arc et la préparation des expositions à Paris. Outre les représentations des châteaux de Saissac et Lastours, le lac de Saint-Ferréol, le peintre réalise des natures mortes. 

img017.jpg

A l'occasion des fêtes jubilaires, Cécile Rives se rend à Rome en 1933. Une véritable aubaine pour l'artiste qui ramènera dans ses cartons, les souvenirs des sites antiques. Plus près de chez nous, la Cité médiévale tient un place toute particulière dans son cœur. 

img018.jpg

La tour carrée de l'évêque en 1931

A l'âge de 72 ans, l'artiste poursuit son travail sur le chevalet et prodigue encore ses conseils à ses élèves au sein de l'école Jeanne d'Arc. Elle donne aussi des cours privés. Récemment, Jacques Miquel, qui fut le directeur du théâtre municipal et de l'école de musique, nous indiqua qu'il fut des élèves de Cécile Rives. Il se souvient de cette personne fort aimable et d'une grande qualité artistique.

img019.jpg

Dans son atelier à l'âge de 72 ans

Cécile Rives mourra le 3 janvier 1956 et repose au cimetière Saint-Vincent. De ses œuvres, il reste bien entendu ses nombreuses toiles dispersées dans des collections privées. Carcassonne se désintéresse de ces artistes, considérés sûrement à tort comme mineurs. Pourquoi ? Un peu de snobisme, sans soute, et surtout un manque de curiosité évident. Pourtant, Cécile Rives est répertoriée dans le dictionnaire des peintres, le "Bénézit". En 2009, grâce à Marthe Plessis-Garric et à Georges Gibert, un ouvrage réalisé à compte d'auteur rend hommage à la famille Rives et à ses œuvres. C'est avec cet ouvrage que nous relayons cet hommage, en espérant vous faire connaître cette artiste oubliée.

img020.jpg

Cet ouvrage est disponible à la librairie Breithaupt, rue Courtejaire.

__________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2018

20/01/2018

Le Festival international du cinéma amateur de Carcassonne

C'est en 1955 que les pionniers Carcassonnais du 7e art créèrent de toutes pièces le Festival international du cinéma, groupant films amateurs, films d'exploration et d'ethnographie, de voyages et de tourisme. Des cinéastes venus du monde entier (Japon, Amérique, Canada, Espagne, etc.) participèrent à cet événement. De nombreuses personnalités européennes du film 8, 9 et 16 mm présentaient leurs œuvres sur l'écran de l'actuel théâtre municipal. Lors de la clôture de ces journées, un repas était servi dans la salle du très chic Hôtel de la Cité où les festivaliers en robe noire et smoking se donnaient rendez-vous.

savy.jpg

Georges Savy et Paul Charles, au centre

L'idée de ce Festival revient aux dirigeants du Ciné-Club dont le professeur Paul Charles, à monsieur André Faye le président du Photo-Caméra-Club, ainsi qu'à d'autres Carcassonnais épris de 7e art. Un comité fut forma sous le haut-patronage de Monsieur le ministre de l'Education Nationale, de la Fédération française des clubs de cinéma, sous la présidence de Monsieur le secrétaire d'état à la présidence du Conseil, du préfet de l'Aude, du maire Jules Fil et du président du Conseil général. A ces notabilités, il convient d'ajouter de nombreuses personnalités locales et régionales des Arts et des Lettres. La cheville ouvrière  de ce qui, au départ représentait une véritable gageure, était composée de MM. André Bastien, Paul Charles, André Faye, Ernest Barthe, André Limousis, Jean Alary, André Bousquet, André Prat, Georges Rousset, Clément Cartier, Robert Mousseigne, René Chésa, Georges Savy, l'abbé Pierre Alcouffe, Charles Castres, etc.

Capture d’écran 2018-01-20 à 12.27.52.png

Menu de l"édition 1957 à Hôtel de la Cité

Le jury émanant des arts et des lettres était représenté par Gaston Bonheur, Michel Maurette, Max Savy, Ramon Marty, Joseph Monestier (Conseiller à la Cour d'appel de Toulouse), Font Marcet (Barcelone), Leonida Giafforio (Milan), Jean Camberoque et Raymond Bordes (Critique cinématographique).

savy 2.jpg

Ramon Marti et Paul Charles, à droite

Jean Grémillon, le réalisateur de "Remorques" et de "Gueule d'amour" donnera une conférence sur Robert O'Flaherty, le maître du documentaire. C'est tout cet environnement qui fit de Carcassonne pendant de nombreuses années, un véritable bouillon de culture. En regardant dans le rétroviseur, ne doit-on pas dire aujourd'hui que Carcassonne vit une régression en ce domaine ? 

Merci à M. Julian Charles pour ses photos

_________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2018

14:03 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (8)

19/01/2018

La naissance du premier réseau de transports urbains de Carcassonne

Au mois de décembre 1979, la municipalité de Carcassonne envisage la création d'un réseau de transports urbains afin de faciliter les déplacements des habitants de la commune. Un groupe de travail se réunit le 14 décembre pour une première approche. Quel nombre de lignes et de bus ? Quel mode de gestion ? Au mois de janvier 1980, les organismes et associations de commerçants, de personnes âgées sont consultés pour affiner les besoins des Carcassonnais et les moyens à mettre en œuvre. C'est au mois de septembre 1980 que la ville de Carcassonne inaugure son premier réseau d'autobus. L'objectif est d'atteindre les 800 000 voyageurs la première année et le million la seconde. En effet, en 1981 se sont 1 097 000 usagers qui prendront ce moyen de transport.

Bus.jpg

Les bus PU 70 livrés par Renault Véhicules Industries

Du personnel compétent est alors recruté aussi bien pour assurer la conduite des bus, que pour vendre les tickets à la halte centrale. Cette dernière se trouve au square Gambetta, devant le musée. Un système de feu prioritaire automatique permet aux autobus de sortir du boulevard.

halte.jpg

La halte centrale

Petit à petit, le réseau se met en place avec en octobre 1980, la création d'une ligne spéciale les dimanches et jours fériés, effectuant le tour de ville et desservant notamment l'hôpital. Avant la fin de l'année, les lignes 1 à 6 sont modifiées pour une meilleure desserte des établissements scolaires. Une carte spéciale pour les anciens combattants de 14-18 et veuves de guerre est créée. Pendant ce temps, les services municipaux terminent les aires d'arrêts aux abri-bus. 

Capture d’écran 2018-01-19 à 16.53.24.png

En janvier 1981, on inaugure les nouveaux bus PU 70 ; les premiers en service en France. Les billets collectifs sont mis à disposition des scolaires, jeunes, groupes, associations et personnes du 3e âge. Au mois de mars, les lignes s'agrandissent avec de nouveaux arrêts : Leclerc, Ecole normale, RN 113, Viguier et Maquens. Le service du C.A.R.T régit lui-même la publicité sur ses véhicules, réservés en priorité aux commerçants de la ville. Au mois de mai, le futur garage des autobus sera construit derrière la caserne des pompiers ; les premières fondations débuteront au mois de juillet. C'est d'ailleurs en ce début d'année que sont mises en place des lignes pour se rendre au Festival de la Cité. Des négociations avec des transporteurs privés sont engagées pour satisfaire les hameaux de Villalbe et de Grèzes-Herminus, jusque-là délaissés.

Capture d’écran 2018-01-19 à 17.18.19.png

A la rentrée de septembre 1981, les scolaires et les jeunes de moins de 18 ans bénéficieront d'une semaine gratuite du 24 au 30 septembre. La première tranche du système "Onde verte" permet grâce à un système électronique par ondes de déclencher le passe au vert pour les autobus. 

Capture d’écran 2018-01-19 à 17.33.45.png

Avec les correspondances gratuites et la carte d'abonnement à 80 francs (12 €), on peut circuler malin dans Carcassonne en 1981.

26906978_10214460811621754_3816910587356378999_n.jpg

Le réseau en 1982

En 1985, 1 423 000 passagers auront emprunté les bus de la ville. Toutefois, l'embellie marque un peu le pas. Cinq autobus tournent à plein régime mais deux sont sous-exploités. La municipalité envisage de desservir les quartiers de Grazailles et de La Prade. 

carte.jpg

La carte des transports en 1985

Depuis, l'ancien C.A.R.T est passé dans le giron de la Communauté d'Agglomération du Carcassonnais. Carcassonne Agglo a ensuite confié en 2015 l’exploitation des transports urbains et interurbains à la Régie des Transports Carcassonne Agglo (RTCA), Etablissement Public Industriel et Commercial. Les grands perdants sont les Carcassonnais excentrés dans les hameaux tels que Villalbe. Pensez-donc ! Pour faire seulement 4 kilomètres, le bus met 1/4 d'heure pour rejoindre le centre-ville. Les personnes âgées qui bénéficiaient de la gratuité ont perdu cet avantage, excepté pour les personnes non imposables. A Villalbe ont paie les mêmes impôts à l'agglomération que les Carcassonnais, mais sans en retirer les avantages, dit-on. 

Sources

Bulletins municipaux

____________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2018

18:01 | Tags : cart | Lien permanent | Commentaires (2)

17/01/2018

Le tournage de Robin des bois avec Kevin Costner à la Cité de Carcassonne en 1990

Les Anglais possèdent de nombreux et beaux châteaux médiévaux, mais aucun ne s'impose comme celui de Carcassonne. C'est sans doute ce qui a poussé le réalisateur américain Kevin Reynolds à choisir notre Cité avec ses deux kilomètres de remparts, pour le tournage de Robin hood, prince of thieves. Ainsi, figure t-elle à l'écran dès la vingtième minute, comme étant le château de Notthigham, propriété du terrible shérif du même nom. Les Carcassonnais ne sont évidemment pas dupes de cette supercherie. Qu'en est-il du reste du monde ?

Capture d’écran 2018-01-17 à 09.48.43.png

Le château de Nottingham ? Mais, non...

Ce film dispose d'un budget de 40 millions de dollars, dont 8,5 millions pour le seul Kevin Costner. Lorsque l'équipe de tournage composée d'une centaine de personnes débarque à Carcassonne, plusieurs scènes ont déjà été filmées depuis trois mois en Angleterre. Aux studios Shepperton, Nothumberland et au parc national de Yorkshire Dale. En ce début de mois de décembre 1990, il fait un froid de canard à Carcassonne. Le vent engouffré dans les ruelles de la vieille ville, glace le sang du plus résistant des britanniques.

Robin des bois..jpg

© Richard Picheric

Kevin Costner est bien là près de la porte Narbonnaise, tout auréolé du succès de son dernier long métrage : Danse avec les loups. 

Porte narbonnaise.jpg

Autour du Pont-levis, on a installé un vieux marché : miches de pains, légumes, volailles. Beaucoup de paille et et de terre pour cacher le bitume. Au quatre coins du plateau, des hommes munis de talkie-walkies, veillent au déroulement des opérations. Plusieurs répétitions sont nécessaires...

img497.jpg

© Richard Picheric

Enfin, après plusieurs heures de retard, en début d'après-midi, la première scène peut être tournée. "Rolling camera", lance un assistant ! Action, lui répond un autre.

img501.jpg

La scène ne durera que quelques minutes à l'écran. Sous les oripeaux d'un mendiant, Robin de bois pénètre  dans le château de Nottingham pour sauver Marianne. Les paysans les bousculent, les gardes armés le prennent à partie et lui refusent l'entrée. Il finit tout de même à franchir le barrage.

img508.jpg

Les figurants Carcassonnais sont crasseux, mais prennent le temps de se restaurer entre deux prises.

img507.jpg

Kevin Costner ? Non ! Sa doublure pour la cascade, lorsqu'il se lancera dans le vide depuis la tour du Tréseau. 

Petit.jpg

© Richard Picheric

"Petit Jean" alias Nick Brimble

Au cours des trois jours de tournage, Kevin Costner logea à l'hôtel de la Vicomté. Aujourd'hui, Hôtel Mercure dans la rue Camille Saint-Saëns. L'établissement était tenu à cette époque par Eddie Aguilar. 

aguilar.jpg

© Droits réservés

Alain Andrieu, Kevin Costner et Eddie Aguilar

freeman.jpg

© Droits réservés

Eddie Aguilar et l'acteur Morgan Freeman

Guidé par Richard Picheric, Kevin Costner entreprit de faire la tournée des grands ducs. On le vit dans les tribunes de Domec, où il assista à un match de l'ASC XIII. Il continua son périple au restaurant Dame Carcas, place de la basilique Saint-Nazaire. Enfin, il dansa le flamenco au Rabbit Show.

Le story Board

26734505_10214442189996225_6848029212320109725_n.jpg

La scène du marché, porte Narbornaise

Capture d’écran 2018-01-17 à 11.49.46.png

Dans le film...

26733778_10214442189636216_4193863510091976089_n.jpg

Dans la barbacane du château comtal

Capture d’écran 2018-01-17 à 11.52.42.png

Dans le film...

26991692_10214442189356209_1150295645974197463_n.jpg

Cette scène ne figure pas à l'écran... A t-elle été coupée ?

Capture d’écran 2018-01-17 à 12.12.07.png

"Robin des bois, prince des voleurs" aura été vu par près de 5 millions de spectateurs en France. Certainement, beaucoup plus aux Etats-Unis et dans le monde. Une belle promotion pour la Cité de Carcassonne qui ne deviendra patrimoine mondial UNESCO que sept ans plus tard.

Sources

Notes et synthèse / Martial Andrieu

Remerciements à Richard Picheric et Eddy Aguilar

————————————————

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2018