24/01/2017

Les funérailles de Jean Bringer - chef FFI - le 31 août 1944

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Jean Bringer

(1916-1944)

Chef départemental FFI, il est exécuté par les nazis sur le dépôt de munitions de Baudrigues (à Roullens) le 19 août 1944 avec plusieurs de ses camarades de combat.

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A travers des photographies totalement inédites, nous allons tenter le retracer le parcours de cette triste journée du 31 août 1944 pendant laquelle les Carcassonnais, rendirent un dernier hommage à ce héros de la résistance audoise. Nous avons matérialisé en rouge le cheminement du cortège à travers le centre-ville.

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Le cercueil contenant les restes de Jean Bringer (il ne sera identifié par sa veuve que grâce à son chevalière) est exposé dans une chapelle ardente sur la place Carnot. Elle est veillée par ses frères d'armes.

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Les différentes troupes résistantes (Corps franc de Montagne noire, FFI, FTP, Maquis de Picaussel...) défilent et rendent les honneurs à la dépouille de Jean Bringer sur la place Carnot. La levée du corps est faite par l'évêque de l'Aude, Mgr Jean-Joseph Pays.

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Le cortège funèbre au départ de la place Carnot devant le café "Chez Félix". Tenant les cordons du poêle, on reconnaît à droite Charles Fourès. Résistant aux côtés de Jean Bringer, il a fait sa carrière de journaliste au Midi-Libre. Sa veuve, madame Cécile Farges, vit encore à près de 95 ans ; elle a été faite dernièrement Chevalier de la légion d'honneur pour ses actes de résistance à côté de son époux.

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A l'arrière du corbillard se tient dignement madame Bringer dans un crêpe noir, qui devra désormais élever seule, son unique enfant Jean-Marie âgé seulement d'un an. A sa droite, on reconnaît Gilbert de Chambrun (1909-2009), chef des FFI pour le Languedoc-Roussillon et Commandant du 81e régiment d'infanterie de l'armée du général de Lattre de Tassigny. Il sera député de la Lozère jusqu'en 1956. Juste derrière lui, Georges Morguleff qui fera partie de l'état-major du 81e RI. A la gauche de madame Bringer, se tient Lucien Roubaud, délégué à l'Assemblée Consultative provisoire siégeant à Paris entre novembre 1944 et août 1945. A côté lui, le préfet Augé. Juste derrière ce dernier, on aperçoit Louis Amiel (1897-1971) nommé au Comité départemental de libération et maire provisoire de Carcassonne d'août à septembre 1944 (lire Carcassonne, d'hier à aujourd'hui/ Bonnet/ pp.390). A sa gauche, Francis Vals (1910-1974) est le président du Comité départemental de libération de l'Aude. Maire socialiste de Narbonne en 1959, il sera battu par Hubert Mouly en 1971. Il restera député jusqu'à sa mort et est inhumé à Leucate. Derrière lui se trouve Guy David, adjoint de Bringer; à côté avec le béret, c'est André Coumes dit "Capitaine Cabot".

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Ce jour-là dans le cortège, il y avait le Dr Marcel Cannac (au second plan) dont le cabinet se trouvait sur le boulevard Marcou. Ce médecin est mort dans d'étranges circonstances dans la clinique Delteil...

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Pour l'occasion, une foule immense suit le cortège ou prend place en bordure de celui-ci. Toutes les administrations et commerces resteront fermés toute la journée.

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Les anciens combattants de la Grande guerre

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Les enfants de choeur précèdent la Société musicale Sainte-Cécile qui, tout au long du parcours, joue la Marche Funèbre de Frédéric Chopin. Ici, le cortège passe à l'angle des rues de la préfecture et Barbès devant le Bar de la poste. Le magasin de vêtements à l'extrème droite, est aujourd'hui la boucherie Péténuzzo.

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Le corbillard emprunte le boulevard Camille Pelletan devant l'ancien Café du musée (aujourd'hui, la Trésorerie générale) et la maison du compositeur Paul Lacombe.

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Après un passage par la rue Voltaire rythmé par le bourdon de la cathédrale Saint-Michel, le cercueil est déposé à l'intérieur du lieu saint. L'homélie de Mgr Pays fut des plus poignantes suivie de l'absoute. Monsieur Tournier, titulaire du grand orgue, malgré sa cécité versait des larmes qui paraissaient inconsolables. De mémoire de Carcassonnais, on n'avait jamais vu pareille foule aussi émue. Une fois la cérémonie terminée, le cortège funèbre se mit en marche en direction du cimetière Saint-Michel.

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Devant le cercueil disposé à l'entrée du cimetière, les combattants de l'ombre entonnent La Marseillaise. On reconnaît à premier plan à droite, Lucien Maury alias Franck, chef du maquis de Picaussel.

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Le cercueil est porté en sa dernière demeure par Louis Raynaud, Louis Bahi et Lucien Maury.

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Mgr l'évêque de l'Aude et les frères du couvent des Capucins bénissent une dernière fois la dépouille de Jean Bringer avant la mise au tombeau.

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Le cercueil est placé provisoirement dans le caveau familial de Louis Amiel, résistant et maire provisoire de Carcassonne. Six mois plus tard, les restes de Jean Bringer seront transférés au cimetière de Pierrelatte dans la Drôme.

Remerciements:

A J. Blanco, sans lequel je n'aurais pas obtenu ses photographies uniques et inédites

A ma tante, Isabelle Alay, pour ses souvenirs

Sources:

La résistance audoise/ Lucien Maury/ Tome 2/ 1980

Carcassonne d'hier à aujourd'hui/ JL Bonnet

La seconde guerre mondiale dans l'Aude/ Julien Allaux

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23/01/2017

Le régime de la Terreur à Carcassonne pendant la Révolution française

De nouvelles mesures, plus sévères que toutes celles qui avaient été prises jusqu'à ce jour, allaient être votées, le 20 avril 1793, par le conseil du département en séance permanente, dans deux réunions à laquelle assistèrent, avec les administrateurs, le conseil municipal ; les commissaires des guerres, tous les agents militaires et le représentant du peuple Mailhe, en mission dans le département.

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© alex-bernardini.fr

Portrait d'un conventionnel

Dans la séance du matin on commença par nommer six commissaires, un pour chaque district, avec mission de requérir, dans les limites de leur arrondissement, "l'exécution des précédents arrêtés et de faire arrêter, en conséquence, touts les prêtres, frères laïcs et convers qui "n'avaient pas prêté le serment de l'égalité avant l'époque du 19 mars, ainsi que les personnes suspectes, et de faire mettre les scellés sur leurs papiers."

Le procureur général syndic ayant alors proposé "d'enfermer les fanatiques dans une maison nationale pour y rester jusqu'à ce que la tranquillité publique fût rétablie et même pour être livrés aux tribunaux s'il était prouvé qu'ils fussent coupables", le représentant du peuple et les administrateurs approuvèrent cette mesure, et, à l'instant, on décida que les portes de la salle des séances seraient fermées, " pour qu'aucun des citoyens ne pût sortir et aller prévenir les personnes suspectes et que des officiers municipaux" se retiraient " à l'instant dans la maison commune pour s'occuper de cette opération".

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J-B Mailhe (1750-1834), procureur syndic et député de la Haute-Garonne.

Dans la séance du soir, le procureur général syndic, ayant pris de nouveau la parole, observa "que la ville de Montréal, plus que tout autre du département était un véritable foyer d'aristocratie ; "qu'elle était le repaire des prêtres insermentés ; que le peuple égaré y manifestait les opinions les plus contre-révolutionnaires ; que la municipalité et la moyenne partie des citoyens les partageaient ; qu'il était indispensable que les mêmes mesures qui avaient été prises, le matin pour la ville de Carcassonne fussent adoptées à l'instant, pour cette ville ; qu'elles étaient l'unique moyen pour faire revenir le peuple de ses erreurs et lui inoculer cet esprit qu'il ne connaissait pas encore".

Le représentant du peuple et les autres membres de l'assemblée applaudirent à la proposition du procureur syndic. Mailhe s'offrit lui-même pour aller à Montréal ; il fut "arrêté à l'instant que le procureur général syndic ferait réquisition à trente dragons du 15e et à la municipalité de Carcassonne, pour qu'elle eût à faire trouver à 11 heures du soir, soixante gardes nationaux armés et équipés sur la place d'armes, pour accompagner le représentant à Montréal".

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L'ancienne place d'armes à Carcassonne

Le chiffre des personnes arrêtées à Carcassonne, comme suspectes, ce jour-là et le lendemain, fut de quatre-vingt-huit dont cinquante-quatre hommes et trente-quatre femmes. 

Paul-Joseph Daspect (Ingénieur) natif de Varilhes, Pierre Cesses (cordonnier), Raymond Bourlat, Bertrand Bourlat, Lazare Boyer, Vergnes (Marchand droguiste), Dominique Lozun (Commis), Jean Antoine Sacreste, Joseph Crocy, Gabriel Bourgues (tailleur), Jean Gout (Marchand chapelier), Joseph Belaussa, Jean-Antoine Lanes (Muletier), Pierre Azaïs (Tailleur), Mathieu Artigues (Charron), Stanislas Victor Granjean, Jean Peille (Pareur), Jean Chapert (Serrurier), François Antoine Fondi-Niort, Antoine Viguier, Pierre Dougados, Jacques Alric (Laboureur), Bernard Bajol (Boulanger), Joseph Desaifres Champredon (lieutenant de gendarmerie), Martial Doumes (Huissier), Pierre Lalleman (Maréchal), Marc Moulis (Métayer à Rousilhes), Jacques Durand (Plâtrier), Antoine Paquier (Boulanger à Alet), Joseph Barthélémy Lassalle (Maître de pension), Pierre Garrigues (St-Polycarpe, résidant à Carcassonne), Germain Cambon (Domestique), Jean-Baptiste Bardou (Brassier), Gabriel Pradier (Batteur de laine), Pierre Brezet (Pâtissier), Guillaume Cavaillé (Cordier), François Mondol (résidant à la métairie de la Criminelle), Pierre Ourliac (Marchand tailleur), Paul Cuin (Marchand de fer), Jean-Pierre Lacombe (Doreur), Louis Brail (Négociant), Jean-Baptiste Brail (Fabriquant), Jean-François Poncet, Jean-Baptiste Poncet, Pierre Paul Gaillard (Chirurgien), Jean-Pierre Sourbieu, Jean-Baptiste Sicard, Jean-François Ricardou, Jean David (Homme de loi), Jean Cavaillé (Négociant), Jean Portal, Stanislas Digeon (Homme de loi d'Alet), Théodore Marragon, Pierre Blanc (Tourneur).

Marguerite Albert veuve Cambon, Anne Amigues (habitant la Cité), Jeanne Sabatier épouse de François Samary (vitrier), Catherine et Rose Samary (ses filles), Philippe Calvet veuve de Jean Blanc, Marie Sabatier, Marie et Madeleine Blanc (soeurs), Veuve Dutard, Marie Dutard, Françoise Dutard épouse de Marson (Habitant à Azilhe), Geneviève Vié (Régente), Marguerite Gamelin veuve Courtejaire, Marguerite Escudié (Servante chez François Pinel), Julie Saunier, Claire Ilhe, Marthe Rieudemont, Cécile Roucairos, Madeleine Salvetat, Anne Albarel épouse Sarrand, Marie Roussel, Marie Viguier (Habitant Castres), Lasaignes veuve Castanier, Marie Aribaud veuve Lanes, Veuve Antoine Gamel, Anne Darzens, Marie Mialhe veuve Grilhet, Claire Portes, Marguerite Marre, Jeanne Marre, Marianne Brunel, Elisabeth Brunel, Claire Gélis épouse Durand.

A Maquens :

Jean Lalleman (Brassier), Pierre Cabanier (Brassier), Joseph Cabanier (Brassier), Jean Galinier (Brassier), Jean Tournier (Brassier), Marianne Fox, Marie Falgous épouse Fox, Elisabeth Cazes, Catherine Garrigues, Elisabeth Caraguel, Françoise Belmas, Toinette Reverdy épouse Belloc.

A Grèzes :

François Ricard, Pierre Rabicou, Paul Fages (Brassier), Jean Fages (Bossu, boiteux et contrefait), Pierre Clergues, Antoine Clergues, Jean Fabre (Maréchal), Paul Gautier, Jérôme Roques, Guillaume Gaillard (Brassier), Jeanne Rabicou, Jeanne Gaillard, Marie Roques.

A Villalbe :

Jean Roques

A Lavalette :

Rose Falgous, Anne Ormières, Jeanne Fraisse, Marguerite Fraisse, Anne Falandry, Anne Vidal

A Montirat :

Jeanne Puel épouse Gentet

A Montréal :

Elisabeth Rancoule, Elisabeth Calmel et Guilhemette Filhol.

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Ancien couvent des Ursulines, actuel Lycée St-Stanislas dans la rue A. Ramond

Toutes ces personnes furent incarcérées au couvent des Ursulines, d'où les religieuses et ursulines avaient été expulsées, par arrêté du directoire du district du 22 juin 1792, et qui, depuis, avait servi au logement d'un bataillon de volontaires nantais. Le 22 avril, le conseil général de la commune, dans une délibération provoquée par le conventionnel Mailhe et prise en sa présence, chargea le Comité de sûreté générale, "de vérifier la cause et les motifs d'arrestation de chacun des détenus pour en faire le rapport aux administrations réunies du département, du district et de la municipalité qui décideraient "qui sont les détenus qui doivent mis en liberté et ceux qui doivent continuer d'être détenus, et ceux qui sont dans le cas d'être dénoncés aux tribunaux".

Ce Comité institué en vertu d'un arrêté de l'administration du département, en séance permanente du 17 avril 1793, se composait de huit membres : Courtiel et Fauroux (conseil du département), Morin et Tailhades (Conseil du district), Heirisson et Alary (Conseil de la commune), Louis Polère et François Noël Gout (Société républicaine). Il est dit dans le rapport présenté par le Comité aux administrations réunies que la plupart des détenus ne croyaient avoir été arrêtés que pour leurs opinions religieuses, les uns parce qu'ils n'assistaient pas à la messe des curés conventionnels, d'autres parce qu'ils n'avaient pas point contracté mariage devant eux ; plusieurs femmes de Lavalette et de Montréal -, parce qu'elles se rassemblaient chez des particuliers pour y chanter les Vêpres.

Sources

Chanoine J-P Andrieu / 1914

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21/01/2017

Le noël Carcassonnais : un chant liturgique en occitan

Grâce à Georges Bruyère, archiviste de l'Evêché, j'avais appris que Paul Lacombe s'était servi d'un motif d'un vieil air carcassonnais pour écrire sa Rhapsodie sur des airs du pays d'Oc. Des recherches plus poussées m'ont appris que cette oeuvre fut jouée pour la première fois en 1906 au Congrès de musique régionale de Montpellier, placé sous la présidence de Frédéric Mistral. Le motif en question est une Elévation sur

Le noël carcassonnais

que Jean Escaffre (ancien organiste de St-Vincent) avait fait connaître à son professeur parisien Alexandre Guilmant. Ce dernier après l'avoir harmonisé l'avait inclus dans son Deuxième livre de noëls op.60. Voilà pour l'anecdote. Restait à retrouver le texte occitan puisque cette partition se chantait autrefois. Il y a dans Carcassonne des gens qu'il faut savoir solliciter et qui d'autre que Jean-Louis Bergnes, titulaire de l'orgue de la Basilique Saint-Nazaire pouvait me renseigner ?

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Le texte de ce noël en occitan que j'ai retranscrit ci-dessous, avait été manuscrit il y a fort longtemps par une soeur du Monastère de Prouilhe dans l'Aude pour M. Bergnes. Elle l'a écrit tel qu'il était chanté et de mémoire. J'ai eu du mal parfois à lire certains mots, d'où sûrement quelques erreurs de compréhension. 

Noël carcassonnais

1.

Qu’ès aco qu’aousici ?

Tout m’espabourdissi

Coumpaïre Miquel

Me semblo que d’arejos

Cantoun de louanjos

Amoun sul mourrel

Al lun d’un esclaïre

Que lusits en laïre

Moun diou qu’aco si bel !

2.

Béléou per talastre

Aquel noubel astre

Que bésen lusi

Marco le Mesdio

Que la proufessio

Announço béni

Rebeilhats bous, Pastrès !

Benets à me n’os autres

Benets bi lè aousi

3.

Es sus la cabano

Qu’aquel astre plano

Boli bous parla

La neit es sereno

Diots un ourgena

Disoun gloria,

In excelsis Deo !

Bei pas dins l’Ideo

Cantoun i Gloria

4.

Oui, Brabes Pastres

Esprès boi bous aoutres

Sioun benguts dal cel,

L’Eternel nous mando ;

Benets bous demando,

Quitats le troupel

Benets dins l’estable

Le saoubur aïmable

Sul fé d’un rastel.

5.

Merci, boun anjeto

Joust bostro houleto

Coun desisex, nous,

Nous rendex urouses

E maï glouriouses

D'un bounhur pla doux.

Nous farex l'intrado

per qu'à l'accouchado

Renden las hounours

 

6.

Y faren ouffrando

Pouden pas maï grando

D'un petit troussel

D'un paouc de laïtaché

Per qu'aquel maïnatché

Bengue bei le bel

De bouno facusseto

E d'uno flasqueto

De boun lainot biel 

7.

Seou d'un paouc de lano

Raï dins la cabano

Y tricoutari

uno couberturo

Per faïre caouduro

A soun petit leit

Car, fa fret bietase

Sous le biou esliasé

Jalaio la neit 

8.

Jeou a la bierjeto

Dorti n'o raoubeto

De moun effantou,

Per qué m'el counserbe

E mé le preserbe

De touto malou

Car, a la cresenço

Qu'a touto puissenço

Soun cor ès tan bou, 

9.

Le Dious admirable

Sul fé de l'estable

Ben per nous salba.

Se l'enfer menaço

El proumet sa graço

Anen l'adoura,

Soun amour nous presso

Faguen la proumesso

De toujours l'aïmar

10.

Le besets, maïnatches

Coum el siogneu sa fetches

L'aouffesses pas pus

De sa paouro cretcho

A toutis nous pretcho

Bou la fas bertuts

Josep e sa maïre

Le badoun pecaïre

Escouten Jesus.

 

Traduction

1
Qu’est-ce que j’entends ?
Tout me stupéfie,
Compère Michel !
Il me semble que des anges
Chantent des louanges
Là-haut sur la colline
A la lumière d’un éclair
Qui brille dans les airs.
Mon dieu que tout ceci est beau !


2
Il se peut que, par hasard,
Ce nouvel astre
Que nous voyons luire
Indique le Messie
Dont la prophétie
Annonça la venue.
Réveillez-vous, Bergers !
Venez avec nous,
Venez l’entendre.


3.
Et sur la cabane
Que cet astre domine
Je veux vous parler.
La nuit est sereine,
On croirait que des orgues
disent Gloria
Au plus haut des cieux !
Je manque de tête :
Ils chantent le Gloria !


4.
Oui, Bons Bergers,
Exprès pour vous
Je suis venu du ciel.
L’Eternel vous le demande,
Quittez le troupeau,
Vous verrez dans l’étable,
L’aimable Sauveur
Sur un berceau de paille.


5.
Merci, bon angelot,
Sous votre houlette,
Conduisez-nous.
Vous nous rendrez heureux
Et même glorieux
D’un bien doux bonheur.
Vous nous permettrez l’entrée
Pour qu’à l’accouchée
Nous rendions les honneurs.
6.
Nous lui feront l’offrande,
Nous ne pouvons plus importante,
D’un petit trousseau,
D’un peu de laitage
Pour que cet enfant
Devienne bientôt le plus beau,
D’une bonne brassière,
Et d’un flacon
De bon xxx vieux.


7.
Si j’ai un peu de laine,
Simplement dans la cabane
Je lui tricoterai
Une couverture
Pour réchauffer
Son petit lit,
Car il fait froid, bigre !
Sous le bœuf et l’âne
Il gèlerait, la nuit !


8.
Moi, à la Vierge,
Je porte une petite robe
De mon enfançon
Pour qu’elle me le conserve
Et me le préserve
De tous les malheurs,
Car je crois
En sa toute puissance.
Son cœur est si bon !


9.
Le Dieu admirable
Sur le berceau de l’étable
Vient pour nous sauver.
Si l’enfer menace,
lui nous promet sa grâce,
Et nous allons l’adorer.
Son amour nous garde,
Faisons la promesse
De toujours l’aimer !


10
Vous le voyez, enfants,
Comme xxx
xxx
Depuis sa pauvre crèche
A tous il nous prêche
Vouloir faire des vertus
Joseph et sa mère
L’admirent ; pêcheurs

Vous pouvez l'écouter ci-dessous

https://www.youtube.com/watch?v=E3mYUMZJzck

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19/01/2017

Lo cant dè San Gimer (Chanson de la Barbacane)

Bien davantage que les vieilles pierres, il y a dans nos provinces des traditions orales ou musicales qui se sont perdues au fil des générations. Il y a bien des situations que le français ne saurait imager comme l'occitan. Il était dans tout le pays carcassonnais un cantique fort connu, que l'on chantait dans la paroisse de Saint-Gimer au pied de la Barbacane: Lo cant dè San Gimer. C'est en travaillant sur Paul Lacombe et plus précisément sur sa Rapsodie sur des airs du pays d'Oc, que j'ai découvert l'existence de cet air. J'ai trouvé ainsi que le compositeur carcassonnais, avait inclus dans cette oeuvre écrite pour le congrès de musique régionale en 1907, le refrain de ce cantique à St-Gimer. Restait à retrouver la musique et le texte... Qui d'autre que l'éminent organiste de St-Nazaire, Jean-Louis Bergnes, aurait pu m'aider ?

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La partition du refrain

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Vous trouverez ci-dessous un lien pour écouter la Rapsodie de Paul Lacombe que j'ai reconstituée à partir d'instruments virtuels - Serge André a fait le reste. A partir de la 45e seconde, vous entendrez le thème du cantique de St-Gimer. Bien entendu, cette oeuvre sonnerait beaucoup mieux avec un vrai un orchestre... mais dans ce pays, on n'aime pas la musique régionale.

https://www.youtube.com/watch?v=uC0Emxz9x_o

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18/01/2017

Une très belle fresque réalisée dans l'église du Sacré-coeur de Carcassonne

Depuis le mois de septembre 2016, Thibault Remaury - curé desservant l'église du Sacré-coeur de Carcassonne - peut s'enorgueillir de la réalisation d'une belle fresque à l'intérieur de ce lieu de culte construit en 1955. 

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A partir d’une maquette du Père Angelico Surchamp, faite pour une fresque en 1955 dans l’église du Sacré-Cœur de La Chapelle Saint Luc, fresque disparue depuis, les Passeurs de fresques ont réalisé une fresque de 7m sur 2.5m pour l’église du Sacré-Cœur de Carcassonne.

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© Les passeurs de fresque

Cette réalisation est l'oeuvre de l'association "Les passeurs de fresque" située dans le département de l'Aube. Les artistes avaient déjà par le passé dessiné de petites fresques sous le porche de l'église. 

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© Les passeurs de fresque

Pendant leur travail in situ, ils ont reçu très gentiment les personnes intéressées, tout en expliquant le principe de la fresque. Le résultat est à la hauteur et permet d'ajouter une nouvelle oeuvre d'art au patrimoine religieux de Carcassonne.

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© Les passeurs de fresque

La fresque et l'autel en marbre de Caunes-Minervois

Merci à Maryse Audouy

http://lespasseursdefresques.fr

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17/01/2017

Le Midi-Libre a été créé à Limoux dans la clandestinité pendant l'été 1944

Le débarquement en Normandie venait d'avoir lieu quelques jours auparavant. En ce début d'été 1944, cinq personnes entrent dans le café Négrail à Limoux et s'assoient autour d'une table pour consommer. Des gens ordinaires en somme, cherchant à étancher leur soif en période estivale. C'est tout à fait ce qu'ils voudraient laisser paraître... Après un premier rendez-vous raté suite à l'arrivée intempestive de soldats Allemands dans le café, le groupe s'est reformé au même endroit quelques heures plus tard. Qui sont-ils ? Quels sont leurs desseins ?

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© Google maps

L'ancien café Négrail sur la promenade du Tivoli

Il y a autour de cette table cinq résistants : Jean Graille, Madeleine Rochette, Georges Morguleff, Francis Vals et Jacques Bellon. On ne parle pas des opérations militaires, mais de la mise en place d'une nouvelle presse indépendante représentant le Mouvement de Libération Nationale.

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© Martial Andrieu

Jean Graille sera par la suite préfet. Pendant le second mandat de Raymond Chésa à la mairie de Carcassonne, il deviendra son premier adjoint.

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Georges Morguleff, grand ami de Lucien Roubaud

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Francis Vals, chef régional du Mouvement de Libération Nationale. Il sera maire de Narbonne jusqu'en 1971 et député socialiste de l'Aude.

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© brasserie-tivoli.fr

"J'avais, en d'autres circonstance, notamment avec Lucien Roubaud et Francis Vals, déjà abordé les problèmes de presse racontait à l'époque Jean Graille. Nous avons commencé à parler de la nécessité de faire un journal non communiste qui défende les idées propres au MLN. Jacques Bellon, le seul que je ne connaissais pas, animait le débat. Il parlait d'abondance, avec beaucoup d'assurance et un accent indéfinissable. Savision du futur journal était déjà très claire et ambitieuse. A limoux, nous avons mis au point pour la première fois de façon pratique la création d'un quotidien à Montpellier. "Au coeur de la clandestinité, les grandes lignes du journal, qui ne s'appelle pas encore Midi-Libre, son tracées."

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L'éclair, journal conservateur du midi fondé en 1881, avait son siège 12, rue d'Alger à Montpellier. Durant l'occupation, il s'était largement compromis par ses positions collaborationnistes. Le 21 août 1944, l'éclair sort son dernier tirage mais malgré cela, Albert Marsal qui le tient, refuse toute prise en main du journal non mandatée par le Mouvement de Libération Nationale.

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© Martial Andrieu

Locaux de l'Eclair à Montpellier

Le 23 août, Madeleine Rochette, Jacques Bellon et Lucien Roubaud au nom du MLN prennent possession des locaux. Le Midi-Libre est né ; Lucien Roubaud vient d'en trouver le nom. A Carcassonne, en demi-heure, Jean Graille réquisitionne l'agence locale du journal. Le Midi-Libre s'installe donc place de la poste (actuelle place du maréchal de Lettre de Tassigny). Guy Cando est nommé chef d'agence.

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© Google maps

L'ancienne agence du Midi-Libre à Carcassonne

Dans cette rédaction, il n'y eut dans un premier temps que des journalistes issus de la Résistance. Nommons par exemple, Charles Fourès qui fut le bras droit de Jean Bringer.

"A l'échelon régional, Midi-Libre se fait largement l'écho des arrestations, des procès, des exécutions légales ou illégales des collaborateurs locaux. En mars 1945, il dénombre 300 traîtres passé par les armes, dont trois préfets sur six, 5404 arrestations, 808 internements et 385 révocations prononcées dans l'administration. Midi Libre et le MLN adoptent une attitude ferme : "il faut frapper à la tête et ne pas ménager les vrais responsables". Parallèlement, le titre condamne toutes représailles et exécutions sommaires. Et constate douloureusement, l'incapacité des la Résistance à recomposer le champ politique du pays. Des conflits éclatent, les anciens clivages réapparaissent. Midi Libre va en souffrir."

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Maurice Bujon

(1910-2008)

Né à Narbonne, ce journaliste sera arrêté par la Gestapo en février 1944 pour ses activités de chef départemental du Mouvenemt Unifié de Résistance. A 34 ans, il deviendra en septembre 1944 le tout premier rédacteur en chef du Midi-Libre, nommé par Jacques Bellon.

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Le 25 juin 2015, le groupe La dépêche prend le contrôle de ce journal de la Résistance. Pour ne froisser les consciences de personne, nous n'évoquerons pas le passé de "La dépêche du midi" sous le gouvernement de Vichy.

Sources

70 ans du Midi-Libre (1944-2014)

Recherches personnelles

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