23/04/2017

Sa majesté Léka 1er, roi des Albanais, en visite à la Cité

Nous le savons, l'hôtel de la Cité de Carcassonne a reçu un grand nombre de têtes couronnées. Parmi elles, nous pouvons citer la reine d'Angleterre (Queen Mum), Georges VI, la princesse Grâce Kelly, etc. Au temps de sa splendeur, l'établissement eut l'honneur d'accueillir le roi des Albanais, Léka 1er.

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Philippe Decaud et SAR Léka 1er

Le successeur sur le trône d'Albanie de Zog 1er vivait en exil depuis l'avènement de la république en 1945. Il vint à Carcassonne à plusieurs reprises en avril 1970, 1973 et la dernière fois en 1975. "Je ne passe point dans la région sans descendre à l'hôtel de la Cité".

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Mariage du roi Léka 1er et de la reine Suzanne

Après son mariage avec l'Australienne Susan Cullen-Ward en 1975, le couple s'installe en Espagne où il est reçu par le roi Juan Carlos. Là, il continue à recevoir les Albanais en exil en attendant une chute prochaine du communisme. Léka 1er est décédé le 30 novembre 2011 sans jamais avoir régné.

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12/02/2017

Ce qui est caché dans la Cité n'a pas de secret pour nous !...

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Dans la cour du château comtal (Premier plan sur cette photo) sous une dalle de béton, il y a une salle que l'on tient hors de la vue des publics. Et pourtant...

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Sous la dalle en béton, les vestiges de la Cité à l'époque romaine

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Au dessus de cet habitat se dressait au XIIe siècle une chapelle dédiée à la vierge. Peut-être aurait-on pu ne pas fermer totalement à la vue, ces vestiges. Par exemple, en plaçant au dessus de la mosaïque et à hauteur de la chape en béton, un verre d'une belle épaisseur. On aurait pu admirer tout ceci par transparence, mais je ne suis pas architecte et j'ignore les contraintes techniques Les Monuments nationaux qui administrent la Cité de Carcassonne ont montré cette mosaïque dans un reportage télévisé du journal de 20h de France 2. L'espace de 20 secondes seulement... le temps de nous faire saliver et puis, la porte s'est refermée à clé.

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Au dessous se trouvent des vestiges d'une rare beauté de l'époque où la cité était habitée par les Gallo-Romains. Les restes d'une villa de la fin du 1er siècle de notre ère avec ses murs en grès et une splendide mosaïque, sont dans un parfait état de conservation.  

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Parties de la mosaïque

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Nous nous sommes procurés des photographies et nous en faisons profiter.

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Une note interne du 27 février 2006 signée de Madame Patrica Corbett - administratrice du château - indique que "Le diagnostic réalisé par SOCOTEC sur la solidité de la dalle de la cour d'honneur couvrant la mosaïque soulève des problèmes d'ordre structurel importants qui mettent en cause la solidité générale de cette partie de l'édifice. En conséquence, l'accès au public et au personnel à la salle de la mosaïque ainsi que l'organisation de toute manifestation ou rassemblement de groupe de visites sur la dalle de la cour d'honneur est INTERDITE. Qu'en est-il aujourd'hui ?

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30/11/2016

Le nivellement des savoirs conduit au nivellement des esprits

Après l'édition 1978 du Festival de la Cité de Carcassonne, la municipalité ne renouvela pas le contrat qui la liait avec avec Jacques Echantillon, alors directeur de cet évènement culturel estival et des Tréteaux du Midi.

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Affiche du Festival 1978

Il fut fondé le 30 octobre 1978, un Conseil communal de la culture chargé des mettre sur pied les programmations en relations avec l'ensemble des acteurs de la culture locale. La mission de cette association avait pour buts de :

Favoriser la pratique culturelle des citoyens dans une activité artistique ou scientifique; offrir aux associations des lieux de travail et d'expression; associer les associations à la programmation de certaines opérations culturelles d'envergure; aider les associations techniquement, et parfois financièrement, pour la réalisation de manifestations; agent de développement culturel et force pour obtenir de l'Etat et des collectivités leur contribution à ce développement.

L'idée de confier l'élaboration des projets culturels de Carcassonne à une structure de type associatif regroupant l'ensemble des promoteurs artistiques locaux, germait depuis 1976. Cette année là, la municipalité évoquait la création d'un service d'intervention culturel et de coordination. Le 30 novembre 1977, le conseil municipal entérine sa création. Le 30 mars 1978, une assemblée générale constitutive est chargée de rédiger les statuts du Conseil communal de la culture. Quinze jours après, le conseil d'administration est élu et le 9 juin 1978, M. Léon Collot désigné comme Président.

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Gilles Durupt

En septembre 1978, le Conseil communal de la culture recrute Gilles Durupt comme directeur ; le 12 octobre, il entre en fonction et un programme d'activités sera mis en place le mois suivant.

Conseil d'administration

MM. Léon Collot, Julien Arletaz, Gérard Clavet, Jean Planson, Daniel Iché, Jean Guilaine, Jacques Miquel, Jean-Pierre Sarret, Jean Valdeyron, Simon Peyras, Jean Auzias, Joseph Dovetto, René Martimort, André Deville, Eric Mandicourt.

Mesdames Aimée Delpy, Ketty Dolbert-Dubois, Suzanne Carbou, Régine Callat.

Direction culturelle

MM. Gilles Durupt, Charles Bourely, Jean-Robert Grozay, Jean Alary, René Descadeillas.

Associations membres du C.C.C

Auberge de jeunesse, FLEP de Grèzes-Herminis, FJEP du Viguier, Francs et Franches camarades, MJC, Association des amitiés franco-chinoises, Centre d'études médiévales du Midi, Foyer Léo Lagrange, Groupe Audois d'Etudes Préhistoriques, Société d'Etudes Folkloriques, Amicale laïque, Les amis de la FAOL, Les amis des rives des Corbières, Les amis de la Sardane, Cercle occitan, Culture et bibliothèque pour tous, FEP de Montlegun, Groupe philatélique, Laouseto del Carcassès, Mouvement contre le racisme, Bouffons du Midi, Chorale à Coeur joie, Comité des fêtes de Bienfaisance, Groupe Regard, Harmonie municipale, Music-Fool, Recherches et Essais Chorégraphiques, Rencontre des Arts Audois, Le Réveil Carcassonnais, Théâtre et Culture, Ciné-Club, Comité de jumelage, Los Auzelets, Syndicat d'initiative, Tourisme et travail, Foyer des élèves du CEG André Chénier, Foyer Socio-éducatif de Grazailles, Foyer socio-éducatif de La Conte, Foyer socio-édicatif du Viguier, CFDT, CFTC, CGC, CGT, CSCV, FO et Viuire a l'Escolà.

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Festival de la Cité 1979

L'année suivante - du 2 février au 3 mars - le Conseil communal de la culture mit en oeuvre le carnaval et son roi Carcassus. On put assister également à UBU Roi d'Alfred Jarry dans une mise en scène de Peter Brook, "Ils" mis en scène par Andrei Wajda, "La maison d'Anna".

Les tarifs

Les tarifs du Festival 1979 allaient de 15 francs à 50 francs. Si l'on prend comme base de calcul le smic qui était de 2066 francs bruts mensuels, un ouvrier voulant se payer une place au premier rang à 50 frs devait débourser 2,42% de son salaire.

Effectuons pour le Festival 2016, le même calcul... Une place au premier rang coûte 70 euros environ. Le smic mensuel brut en 2016 est de 1466 euros. Un ouvrier devra débourser 4,77 % de son salaire.

Bien entendu, les différences restent les mêmes quand il s'agit d'une place au dernier rang.

Les partenaires

En 1979, le Conseil communal de la Culture était dirigé par l'ensemble des acteurs locaux et artistiques. Aujourd'hui, le Festival de Carcassonne est soutenu par NRJ, W9, Rock and Folk, M6 Music, SACEM. Ce n'est pas une critique, c'est juste un constat - Carcassonne vit avec son temps. Nous sommes passés d'une programmation locale jugée ringarde ou trop orientée politiquement, à une programmation pilotée par les majors internationales de l'industrie du disque...

Le Conseil Communal de la Culture a été dissous le 9 juillet 1986

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29/09/2016

L'inauguration du petit train touristique de la Cité de Carcassonne

Le Petit train touristique de la Cité de Carcassonne n'aurait peut-être jamais vu le jour sans l'initiative de deux hommes. Le premier c'est Jacques Pueyo - conseiller municipal - qui mit en relation le maire Raymond  Chésa avec Louis-Paul Barbaste. L'aventure commerciale de cet enfant du quartier de la Barbacane commence en 1980 avec la construction chez Bernard Blatter, forgeron à Saissac, du Petit train de Saissac. Homologué par les mines en 1981, il sillonna la Montagne-noire et fit découvrir aux touristes le lac du Lampy et la Prise d'Alzeau, sur le parcours du Canal du midi. M. Barbaste est le précurseur dans l'Aude de ce nouveau mode de transport à vocation touristique.

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L'idée de l'installation de ce petit train dans la Cité médiévale ne fut guère appréciée par les Monuments historiques, contrairement à la municipalité. Cela n'empêcha pas son inauguration le mardi 17 juillet 1984 ; cela fait maintenant 32 ans que cela dure.

"Notre souci est d'animer, soulignait hier R. Chésa lors du voyage inaugural."

Avec un micro, M. Barbaste assortit sa visite de commentaires techniques et historiques avec un passage remarqué par les quartiers de la Barbacane (St-Gimer) et de la Trivalle. Le tarif en 1984 était de 15 francs le tour, soit 2 €. Une personne handicapée s'exprimant dans le journal La dépêche qualifia ce train d'utilité publique :

"Sans ce petit train, jamais je n'aurais vu la Cité si belle... et put faire une visite si complète."

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Aujourd'hui, le Petit train de la Cité propose toujours ses visites commentées à l'extérieur du monument. Bien entendu, la locomotive a changé d'aspect et les remorques ont amélioré leur confort. Il serait vraiment regrettable si un jour, l'Opération Grand Site venait à remettre en cause la présence du Petit train aux abords de la Porte Narbonnaise. Le manège de chevaux de bois, puis les artistes de rue ont été priés de d'aller voir ailleurs. Espérons que le Petit train ne sera pas le suivant sur la liste... Car visiblement, le souci actuel n'est plus d'animer.

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Informations

http://www.petit-train-cite-carcassonne.com/train/

Source

La dépêche du midi / 18 juin 1984

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21/09/2016

L'histoire de l'Auberge de Jeunesse de la Cité

En parcourant sur internet les différents sites faisant la promotion de l'Auberge de Jeunesse de Carcassonne, nous nous sommes rendus compte qu'aucun d'entre eux n'en évoquait l'histoire. C'est sûrement parce qu'ils l'ignorent ou qu'ils n'ont pas fait l'effort de se renseigner. Ce blog va donc une nouvelle fois leur rafraîchir la mémoire en espérant que désormais, ils intègreront dans leur communication le passé de cet endroit. 

Les fondateurs historiques

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Robert Shirrmann

En 1895, naît en Allemagne le mouvement des Wandervögel - les oiseaux migrateurs - qui sillonnent la campagne, demandent refuge aux paysans, désirent retrouver le contact avec la terre, l'eau, les forêts. En 1907, un maître d'école allemand, Richard Shirrmann, installe des couchettes dans sa classe pour recevoir des jeunes pendant les congés d'été. Marqué par la Grande guerre, l'instituteur milite en faveur de la paix et oeuvre pour la création d'Auberges de Jeunesse dans d'autres pays.

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Marc Sangnier

(1873-1950)

En France, les Auberges de Jeunesse vont être introduites en 1925 par un militant de grand prestige : Marc Sangnier, journaliste, homme politique Démocrate-Chrétien, fondateur du "Sillon" (Mouvement social chrétien) puis de la Jeune République (Mouvement d'action catholique qui adhéra au Front Populaire contre l'avis du Vatican). La première auberge - l'Epi d'or - il la fonde chez lui à Bierville (Essonne). Deux ans après, il crée la première fédération des Auberges de Jeunesse (LFAJ).

En 1933, les mouvements syndicaux créent le Centre Laïque des Auberges de la Jeunesse (C.L.A.J) dont le président est Paul Grunenbaum-Ballin (1871-1969), vice-président du Conseil d'état. Ce mouvement ne s'entendra pas avec la LFAJ en raison de ses divergences sur la question laïque. Toutefois, les membres sont accueillis indifféremment dans les deux organisations.

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Le mouvement va connaître son plus grand essor en 1936, grâce à Léo Lagrange, Ministre de la Jeunesse et des Sports du Front Populaire.

Le fondateur Carcassonnais

Carcassonne ne restera pas étrangère à l'évolution. En 1935, un professeur de Lycée de la ville, Monsieur Caminade imitant Robert Shirrmann, mit deux pièces de son appartement à la disposition des "ajistes' de passage. C'est ainsi que l'on nomme les usagers des Auberges de Jeunesse. Il faudra attendre 1945 pour que se voit créer l'Auberge de Jeunesse de Carcassonne, à son emplacement actuel dans la Cité médiévale.

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Grâce à Michel Jordy - photographe et directeur de l'Hôtel de la Cité - propriétaire des bâtiments et ancien adjoint au maire du Dr Tomey, qui avait consenti un bail de 30 ans pour un loyer d'un franc mensuel, un groupe de jeunes "ajistes" s'est mit au travail. Sans l'aide des pouvoirs publics, le groupe local a aménagé l'Auberge qui a pu accueillir dans des conditions modestes jusqu'à 80 jeunes à la fois. Les soutiens financiers sont venus plus tard, avec M. Bapt - Directeur départemental de la Jeunesse et des sports; afin d'améliorer les conditions d'hébergement.

A l'expiration du bail en 1975, les successeurs de M. Jordy ont souhaité récupérer leur bien. La municipalité a donc fait l'acquisition du bâtiment et l'a rénové entièrement. La capacité est passée à 200 lits. En 1981, l'auberge de Jeunesse avait reçu 693 personnes. Elle passa à 977 l'année suivante. Les Auberges n'étant pas que des hôtels à bas prix, il fut créé un poste d'animateur permanent occupé par Yvon Gilabert. Le conseil d'administration en 1982 était constitué par : Guy Baron (Président), Joseph Dovetto (Vice-président), Bill Stansfield (Secrétaire) et Edouard Belmas (Trésorier).

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© La dépêche

En 2014, l'Auberge de Jeunesse de Carcassonne idéalement placée au coeur de la Cité médiévale classée à l'UNESCO avait accueilli près de 10 000 personnes. Elle continue à rassembler et à rapprocher dans la fraternité, les hommes et les femmes au-delà de leurs religions et de leurs origines. 

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02/09/2016

Les voitures à la Cité de Carcassonne de 1905 à 1978

Depuis cet été il n'y a plus - en principe - aucun véhicule en stationnement aux pieds des remparts de la Cité médiévale. Voilà une mesure municipale conquise de haute lutte par Jean-François de Mialhe - conseiller municipal en charge de la Cité - que les amoureux et défenseurs du site ne peuvent que saluer. Ce blog qui n'a pas pour habitude de caresser dans le sens du poil, a toute légitimité pour applaudir cette décision. Pour les nostalgiques, il restera les photos et les souvenirs... C'est précisément pour eux que j'ai cherché dans ma boîte à chaussures les meilleurs clichés, d'un temps où les voitures étaient encore admises devant l'entrée de la Porte Narbonnaise.

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La coupe des Pyrénées en 1905 : Départ d'une course automobile faisant étape à Carcassonne. A cette époque, le bruit et les échappements des Torpédos ne gênaient pas les riverains. Au contraire, tout le monde se passionnait pour ces petits bolides dont la vitesse de pointe ne dépassait pas 50 km/h

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Vers 1930, quelques tractions de riches touristes... 

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Oh ! le bel autobus... Un peu tape cul, mais quand même un bon moyen de transport pour visiter la Cité.

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Pendant les années 1950, il semblerait que les mauvaises habitudes commencent à prendre de l'ampleur. On ne résiste pas tout de même devant la beauté de ces véhicules. Ce sont les débuts où les Carcassonnais pouvaient emprunter pour se payer une voiture... Notamment, la 4 cv Renault.

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A ce propos, les concessionnaires n'hésitaient pas à choisir la Cité comme vitrine publicitaire.

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1962... La dolce Vita à la Carcassonnaise. 

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En 1978, c'est l'anarchie...

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