11/10/2017

La fontaine, près de la Porte Narbonnaise à la Cité, est sexagénaire

Nous nous y sommes tous arrêtés au moins une fois pour se rafraîchir et peut-être aussi, pour soulager un besoin pressant dans les Water-Closed situés en dessous d'elle. La jolie fontaine en pierre taillée qui orne le Pradal à la Cité a fêté ses soixante-six ans. Oui ! J'insiste sur le mot "pradal" qui désigne un petit pré en langue occitane. Laissons le Prado à Marseille... 

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© Google maps

La fontaine du Pradal

Elle fut inaugurée le 23 juin 1951 par la municipalité Itard-Longueville en présence de MM. Noubel (Conseiller général), Reynès (Adjoint au maire), Seigne (Chef des travaux de mairie) et Pierre Embry (Conservateur des Monuments historiques). Ce dernier représentait également le Comité de "La plus belle France".

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© Collection Martial Andrieu

Avant cette date s'élevait à cet endroit un lavoir, ainsi que nous pouvons le voir sur cette carte postale de 1930. Jugé obsolète et surtout considéré comme une verrue, la municipalité Itard-Longueville entreprit sa destruction. On bâtit donc en lieu et place cette fontaine et ces WC souterrains, avec le concours de l'entreprise Péra. La maison Castro s'occupa des installations sanitaires en posant une mosaïque jaune et des toilettes en porcelaine blanche, offrant toutes les commodités modernes. Un éclairage au néon, œuvre des services techniques municipaux, vint parfaire cette réalisation fort utile.

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© Collection Barberis

Les habitants de la Cité ne tardèrent pas à se satisfaire de l'installation de cette fontaine. En 1971, après quelques travaux, elle fut remise en eau. Monsieur Barberis et ses petits-enfants furent les premiers à s'en réjouir.

Source

La dépêche / 24 juin 1951

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05/10/2017

Le musée lapidaire de la Cité et son histoire (suite)

Nous l'avons vu dans nos précédents articles, les vestiges archéologiques exposés au musée lapidaire dans le château comtal sont le fruit d'un long parcours du combattant. Enrichie par les érudits de la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne, cette collection se trouva d'abord dans une salle du musée des beaux-arts vers 1880, avant que Marcou ne la récupère pour y installer des écoliers. Les vestiges entassés dans la cave durent attendre l'année 1927 pour que la municipalité et le conservateur du musée, M. Pierre Embry, ne décident de créer un musée lapidaire dans la Cité. Nous avons visité ce lieu et nous vous avons exposé notre point de vue sur son état actuel. Si tout le monde s'accorde à ne retenir que la date fondatrice de 1927, le musée lapidaire s'est amélioré et enrichi au milieu du XXe siècle.

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© Chroniques de Carcassonne

Au mois d'octobre 1956, le musée lapidaire fut l'objet d'une rénovation complète grâce aux crédits alloués par le ministère des beaux-arts. Les travaux portèrent sur huit salles, dont trois d'entre-elles furent ouvertes dès 1957. Tout ceci permit d'installer les collections et les pièces que le public put voir pour la première fois depuis 1929. Parmi les trois salles ouvertes au public en 1957 : l'une gallo-romaine et les deux autres consacrées à la sculpture romane et gothique. Dans la grande salle du musée, une magnifique baie offrit aux visiteurs une vue incomparable sur Carcassonne et la ville basse. Sauvés par Raymond Esparseil lors de la destruction de la maison Grassialo sur l'actuelle place de Lettre de Tassigny (Poste centrale), Pierre Embry fit installer ces fenêtres dans le musée en 1957.

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© ec-photos.fr

Dans la salle ronde du donjon, le public admira cette vasque bénédictine provenant de l'abbaye de Lagrasse. Il s'agit de la fontaine d'ablution la plus belle au monde. Elle fut transportée à Carcassonne après la Révolution et vendue plus tard par son propriétaire à la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne pour la somme de 1200 francs de l'époque. La Société la destina au musée des beaux-arts, mais pour les raisons que nous avons évoquées, elle se trouve à la Cité. C'est dire si ce musée lapidaire appartient d'abord aux Carcassonnais et non pas, à l'état qui n'en est que l'affectataire. 

Je fais remarquer à Monsieur G, guide-conférencier de haute instruction, que le l'érudit "auto-proclamé" a utilisé cette fois des photographies provenant d'autres sites internet. Qu'il peut par conséquent dénoncer également leur utilisation auprès Centre des Monuments Nationaux. S'il a du temps, il peut aussi le faire pour les milliers de photographies de la Cité publiées sur la toile. Heureusement que le cerveau ne rétrécit avec la petitesse de l'esprit, on aurait de sacrées déformations morphologiques chez certains.

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02/10/2017

Le triste sort du Musée lapidaire de la Cité de Carcassonne classée UNESCO

Cela faisait six ans que je n'avais pas mis les pieds dans le Château comtal de la Cité de Carcassonne. Au cours de la visite que j'ai effectuée sans la présence d'un guide, ni d'un audioguide, j'ai voulu constater l'évolution de l'accueil des publics et des objets archéologiques conservés à l'intérieur de l'enceinte. L'aménagement des caisses et de l'accueil du public dans la barbacane du château est plutôt une réussite ; elle contraste nettement avec ce que l'on avait connu en 2011. La cour du château et la mise en sécurité des accès sont encore à mettre au crédit du Centre des Monuments Nationaux. On relève ici l'effort des travaux effectués depuis six années. J'ai également rencontré des guides conférenciers fort sympathiques et parfaitement impliqués dans leur tâche. Après tous ces aspects positifs, passons à ce que je considère comme inacceptable pour un site classé au Patrimoine de mondial UNESCO.

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Depuis 1927, le château comtal possède un musée archéologique. Fondé par Pierre Embry, conservateur du musée de Carcassonne, il accueille les dépôts des vestiges trouvés au cours du XIXe siècle. Comme nous l'avons vu dans un article précédent, un premier musée lapidaire avait été créé dans la rue de Verdun par la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne. C'est donc l'ensemble de ses dépôts qui sont exposés au château comtal. Le chanoine Barthe avait rédigé un inventaire en 1905. Après le décès de Pierre Embry, le chanoine Sarraute reprit la gestion du musée jusqu'en 1971. Sa démission entraîna l'exécution d'un nouvel inventaire réalisé par Anne Debant, épouse de Robert Debant, lui-même archiviste départemental. Madame Debant, diplômée de l'école des Chartes, avait été conservatrice des archives de Toulouse de 1964 à 1967. 

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© AAVC

Pierre Embry

(1886-1959)

En 1971, outre les dépôts provenant de la Cité (Eglise St-Sernin, Basilique Saint-Nazaire), le château comtal possédait des pierres de Salsigne, de Fontfroide, de Lagrasse, des statues gothiques, de sarcophages, des dalles funéraires. Tous ces objets n'étaient pas exposés mais déposés en réserve. Ce musée se doublait d'une bibliothèque dans laquelle avaient été réunis des ouvrages particulièrement intéressants. Nombre d'entre-eux provenaient de la collection de Pierre Embry. L'ancien conservateur conservait également de remarquables photographies de la Cité et de la ville basse - quelque 250 documents de grand intérêt. Gravures, photographies et documents furent classés par Mme Debant et conservés au château comtal. Où cette collection est-elle passée depuis ?

Le musée lapidaire ne figure pas sur l'affiche, ni dans le guide remis aux visiteurs lorsqu'ils prennent leurs billets. Il faut donc savoir qu'il existe un dépôt archéologique à l'intérieur du château. La première impression en pénétrant dans les lieux c'est la quasi pénombre ; pas un vestige n'est correctement éclairé, mais à part Dame Carcas - nous y reviendrons. Ci-dessus des croix discoïdales sans aucune information de date, ni de provenance. Il s'agit pourtant de croix trouvées dans le Lauragais et dans l'ancien cimetière Saint-Michel. Le Dr Jean Blanc nous en donne un descriptif et plusieurs dessins dans son travail réalisé sur les croix du département en 1977.

6 croix avec attributs de métiers, 1 croix avec arbre de vie, 3 croix simples, 2 croix avec blasons effacés, 1 croix trilobée avec agneau et blason du XVIe (Classée). Je mets au défit le visiteur de pouvoir les identifier. Et pour cause...

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Les cartels indiquant la date, l'origine et l'inventaire sont souvent manquants. Ailleurs, ils sont carrément inexistants. Ainsi nous retrouvons-nous à visiter un musée sans références sur les objets présentés. Avouez que la chose est pour le moins extraordinaire dans un site UNESCO.

 

Qu'est donc ceci ? Mystère... A moins d'aller chercher dans l'inventaire de 1905, publié par la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne il y 112 ans. Heureusement, le Congrès archéologique de 1973 va nous renseigner

"Cippe funéraire, 1er siècle : moulage de l'original conservé au musée de Mayence. Epitaphe de C. Julius Niger, soldat né à Carcassonne et incorporé dans la IIe légion où il servir dix-sept ans. Elle évoque le séjour de cette légion dans la Germanie supérieure dont Mayence est la capitale, avant sa venue en Bretagne."

Là, encore ?... 

"Borne milliaire, pierre, époque gallo-romaine (Vers 270). Texte : C.PIO / TETRICO / C / NOBIL / C / IVVENT /PRINCIP / COS XICI. Provenance Barbaira (Aude)." (Congrès archéologique. 1973)"

 

On voit que ce sont des amphores. Pour le reste ?...

"Deux amphores pour le vin, quatre meules à huile. Epoque gallo-romaine. Provenance locale." (Congrès archéologique. 1973)

 

Ce sarcophage possède encore son cartel : "Sarcophage paléo-chrétien. Scènes bibliques et évangélistes entourant le médaillon des deux défunts. Sur les côtés, Daniel dans la fosse aux lions et Adam et Eve. Provenance : Tournissan (Aude)."

 

Une énigme pour le visiteur ! Que dit le Congrès archéologique de 1973 ?

"Inscription votive, pierre, Ier siècle : P. CORNELIUS PHILEROS LABASONI V.S.L.M. Traduction : Publius Cornelius Phileros à Larasonus a tenu sa promesse avec plaisir ayant été exaucé. Provenance : Moux."

 

Seule éclaircie dans ce sinistre musée mal tenu, la salle des chevaliers a bénéficié d'une restauration. Ces fresques médiévales connues dès les années 1920, furent mises au jour en 1957 par Pierre Embry.

 

Cette vierge à l'enfant provenant de la basilique Saint-Nazaire (XVIe siècle) est placée dans un coin sombre.

 

Sans indication. Il s'agit pourtant d'une des plus belles pièces du musée. 

"Vierge à l'enfant dite vierge au sourire, statue, marbre, XIVe siècle. La tête de l'enfant et la couronne de la Vierge ont été refaites au XIXe siècle. Provenance : Couvent des sœurs de la Charité de Carcassonne. (Congrès archéologique. 1973)

 

Les fenêtres de la maison Grassialo qui se trouvaient place de la poste en centre-ville, furent sauvées par Raymond Esparseil et exposées dans ce musée. Aujourd'hui, personne ne devrait pouvoir s'asseoir ou grimper dessus, mais comme il n'y a pas de surveillant, les enfants font ce qu'ils veulent. La lumière fait aussi défaut.

 

Cette statue sans tête semble avoir été posée là, sans que l'on sache vraiment pourquoi. Elle non plus, ne possède pas d'informations. Pourtant, elle fut trouvée par Antoine Labarre dans lors des travaux de construction du Grand Théâtre de la Cité en 1971 (source : l'Indépendant 1971)

 

En revanche, bénéficiant d'une exposition privilégiée, la statue de Dame Carcas restaurée grâce au 30 000 € récoltés par une campagne de crowdfunding en 2014, trône en bonne place. En fait de restauration, il s'agit d'un assemblage de ce qu'il restait de ce morceau de pierre informe. On aurait mieux fait de mettre cette somme à la réhabilitation de l'ensemble du musée. 

 

Ces albatres sont également bien exposés dans une vitrine

 

Dans la salle des conférences est exposée dans l'obscurité, la cité miniature de Louis Lacombe (1856-1933). Artisan maçon Carcassonnais résidant rue Trivalle, il consacra pendant plus de 40 ans tous ses loisirs à la réalisation minutieuse de cette maquette en noyer, à l'échelle 1/100e. Ce chef-d'œuvre est classé Monument historique depuis le 4 avril 1961.

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Malheureusement, là comme ailleurs personne pour surveiller et aucune caméra. On peut donc sans problème se saisir d'une partie de ce chef d'œuvre classé, qui croule sous la poussière. Oui ! La poussière qui n'a pas été faite depuis des lustres.

 

Tout se termine par la boutique qui, elle, est indiquée sur les affiches et les guides à l'attention des visiteurs. Ici, tout est bien ordonné, éclairé et sans poussière. Sur les présentoirs, la place réservée à l'histoire de la Cité n'occupe que 20% de la surface.  Il n'y a rien sur la ville basse, ses hôtels particuliers, son patrimoine culturel. Tout ceci est géré depuis Paris par la direction du Centre des Monuments Nationaux. Quant à la place des livres des historiens locaux, on n'en parlera même pas.

 

Clefs de voûte du Couvent des Cordeliers

Ce musée qui possède des objets archéologiques de belle facture est tout simplement indigne d'un site labellisé UNESCO. Mal éclairé, mal entretenu, sans surveillance et avec des informations défaillantes. Je ne comprends pas comment des sommités locales et nationales telles que Jean Guilaine, Michel Passelac, Arnaud de Labriffe, ne s'émeuvent pas de voir ces collections dans un tel état d'exposition. Elles auraient toute légitimité à se faire entendre, contrairement à l'auteur de cet article que l'on va encore accuser de diffuser une mauvaise image de Carcassonne.

Il y avait des photographies sur cet article. Elle servaient à vous informer, car ce blog n'a pas d'usage commercial. Je les ai enlevées malgré tout, car j'ai été menacé sur les réseaux sociaux et dénoncé par un guide conférencier de la Cité - auquel j'ai pourtant rendu service -, à la direction des Monuments nationaux pour leur utilisation.

Veritas Odium Parit.

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11/09/2017

Une partie des trésors du temple de Jérusalem serait enfouie dans la Cité de Carcassonne.

Il y a une quinzaine de jours nous écrivions un article en formulant une hypothèse qui parut farfelue à certains d'entre vous : les trésors du temple de Salomon seraient-ils à Carcassonne ? Les détracteurs de ce blog - ils existent - crurent trouver du grain à moudre pour faire avancer l'idée selon laquelle, "Musique et patrimoine de Carcassonne" ne serait que l'œuvre d'un bricoleur. Or, à l'inverse de ceux qui savent ou croient savoir, nous cherchons ; car nous, nous ne savons pas. Aussi, au prix de nos efforts pour contredire ses fieffés dignitaires de la porte ouverte, sommes-nous tombé sur un travail publié en 1867 dans "Le moniteur de l'archéologie" par J. Jaffus. Le voici recopié dans son intégralité...

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© Booking.com

 Les immenses richesses du temple de Jérusalem devaient exister la convoitise des conquérants de l'Asie. Saccagé et incendié par les Chaldéens, 625 ans avant J-C, ses trésors furent transportés à Babylone. Cyrus rendit aux Juifs captifs la liberté et 5400 vasques d'or que Nabuchodonosor avait mis dans le temple de Bélus. Ces dépouilles du monument de Salomon servirent d'ornement au second temple bâti par Zorobabel. L'an 170, elles devinrent la proie d'Antiochus Epiphane. Le temple, pillé de nouveau par Crassus, restauré et embelli par Hérode, reprit son ancienne splendeur, et lorsque Titus y pénétra, il fut étonné à la vue de tant de magnificence. Flavius Josèphe nous a légué le dramatique récit de cette Guerre Judaïque à laquelle il prit une part active, d'abord comme ennemi des Romains, et ensuite comme partisan dévoué de ceux qu'il avait combattus. cette guerre se termina le 8 septembre 70, par la destruction de Jérusalem et l'incendie de temple.

Titus fit de vains efforts pour conserver ce superbe édifice, mais il en sauva du moins les trésors.  Le butin fut si grand, dit Josèphe, que la valeur de l'or diminua de moitié dans toute la Syrie. Cependant, une partie de ces richesses avait été cachée. Un sacrificateur à qui Titus avait promis la vie et la liberté, à condition de lui remettre quelques restes des trésors du temple, livra au général vainqueur deux chandeliers, la table des pains de proposition, des coupes et quelques vases d'or massif, comme aussi des voiles, des vêtements sacerdotaux, des pierres précieuses. On prit en même temps Phinées, garde du trésor, et il découvrit un lieu secret où se trouvait une grande quantité d'habits et de ceintures des prêtres, de la pourpre et de l'écarlate pour les voiles du temple, et plusieurs autres objets de grand prix. 

D'après la Chronique d'Alexandrie, Titus envoya à la ville d'Antioche deux chérubins de taille colossale et quatre taureaux d'airain. Le reste du butin fut porté à Rome. Josèphe a décrit le magnifique triomphe de Titus :

"Parmi la grande quantité de dépouilles qui ornèrent son triomphe, les plus remarquables, dit-il, étaient celles qui avaient été prises dans le temple de Jérusalem, la table d'or qui par son poids égalait plusieurs talents et le chandelier également d'or, fait avec tant d'art pour l'usage auquel il était destiné. De son pied s'élevait une espèce de colonne d'où sortaient, comme de la tige d'un arbre, six branches, au bout de chacune desquelles était une lampe. Elles étaient au nombre de sept, indiquant le nombre septnaire en honneur des Juifs. Après cela était portée la Loi des Juifs, qui fermait la dernière partie des dépouilles."

On voit encore sur un bas-relief de l'arc de Titus à Rome, huit soldats, couronnés de lauriers, portant la table d'or et les trompettes placées sur un ferculum. Un autre bas-relief représente un groupe transportant de la même manière le grand chandelier. la table des pains de proposition avait deux coudées de long, une coudée de large et une coudée et demi de haut. Elle était soutenue par quatre pieds. Tout autour, régnait une bordure d'or sculptée à jour. Sur cette table étaient rangés, en deux piles, douze gâteaux azymes qu'on recouvrait d'encens et qu'on renouvelait tous les sept jours, comme un hommage des douze tribus à la puissance divine. Le grand chandelier était formé d'un pied, d'une tige et de six branches. Chacune de ses branches se composait d'une série de petits plateaux, en forme d'amandes, qui supportaient une pomme et par-dessus une fleur. Le tout était d'or massif et pesait un talent (67 livres).

Moïse avait placé devant le tabernacle une seule table er un seul chandelier. Salomon fit faire sur ce modèle, dix tables et dix chandeliers d'or. D'après les Rabbins, la table et le chandelier primitifs furent déposés dans le trésor du temple. Tout cela fut brisé par Antiochus Epiphane ; Judas Machabée mit dans le temple une nouvelle table et un nouveau chandelier, les mêmes sans doute qui furent portés à Rome après la destruction de Jérusalem. Quant à la Loi des Juifs qui, selon Josèphe, dut figurer au triomphe de Titus, on a supposé que c'étaient les deux tables de pierre sur lesquelles Moïse ou plutôt Dieu lui-même avait gravé le Décalogue. Cette opinion n'est pas fondée. L'arche d'alliance, placée dans le Saint des saints, renfermait les tables de la loi ; mais depuis longtemps l'arche avait disparu. Lorsque les Chaldéens attaquèrent la Judée, Jérémie prit l'arche, la porta jusqu'au mont Nébo, et la cacha dans une caverne dont il ferma soigneusement l'entrée. Les Juifs croient généralement et Dom Calmet a démontré qu'elle n'a jamais été retrouvée. Depuis le retour de la captivité, il n'est plus question de l'arche dans la Bible. Josèphe dit expressément qu'à la prise de Jérusalem, il n'y avait rien dans le sanctuaire. Ni l'arche, ni les deux tables ne sont représentées sur l'arc de Titus. On porta sans doute à son triomphe un exemplaire du Pentateuque, appelé par les Juifs : Thorah (la loi).

Vespasien ayant bâti le temple de la Paix, il y mit le chandelier d'or, la table des pains de proposition et les autres richesses du temple de Jérusalem. Quant à la Loi des Juifs et aux autres voiles du sanctuaire, qui étaient de pourpre, il les fit garder avec soin dans son palais.

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Alaric Ier

L'an 191, un violent incendie détruisit le temple de la Paix. Les objets sacrés qu'il renfermait durent être sauvés des flammes, puisque, deux siècles après, les Goths les trouvèrent dans le palais des Césars. Le 24 août 410, Alaric entra dans Rome qu'il livra au pillage pendant six jours. Procope assure que les Goths s'emparèrent du trésor impérial et des dépouilles du temple de Salomon. A la mort d'Alaric, Ataulf, son beau-frère, quitta l'Italie et vint s'établir dans le midi de la Gaule. Quelques auteurs modernes ont cru qu'il occupa Carcassonne. Les chroniques d'Idace et de Prosper d'Aquitaine constatent la prise de Carbone par ce chef et font supposer celle de Toulouse, mais ne disent rien de Carcassonne. Cette place déjà très importante sous les Romains, leur fut enlevée par Théodoric 1er qui l'entoura de nouvelles fortifications en 440.

Alaric II régnait paisiblement à Toulouse lorsque Clovis envahit l'Aquitaine. Le roi wisigoth se hâta de mettre en sûreté une partie de ses richesses dans la citadelle de Carcassonne.  Il fut vaincu et tué de la propre main de Clovis, à Vouillé en 507. Toulouse capitula ; le reste du trésor des Wisigoths devint la proie du vainqueur ; puis, Clovis alla mettre le siège  devant Carcassonne, dans l'espoir de s'emparer des richesses qui y étaient renfermées. Tel est le récit de Procope ; mais, d'après Grégoire de Tours, le trésor d'Alaric II tomba tout entier au profit des Francs. Comment concilier ces assertions contradictoires ? 

Il suffit d'admettre, et cette opinion n'a rien d'invraisemblable, l'existence simultanée de deux trésors, l'un à Carcassonne, l'autre à Toulouse. Le premier, c'est-à-dire,l'ancien trésor d'Alaric et d'Ataulf, était le fruit du pillage de l'empire et de Rome ; le second pouvait provenir des dons de l'amitié ou des tribus de l'obéissance, et surtout du butin conquis en Espagne sur les Alains, les Suèves et les Vandales. On se ferait difficilement une idée de l'énorme quantité de dépouilles massées par les rois Wisigoths pendant deux siècles de guerre et de dévastations. Les cent bassins remplis de pièces d'or et de diamants que Placidie, épouse d'Ataulf, reçut le lendemain du jour de ses noces, n'étaient qu'une très petite partie de leurs richesses. On trouva dans leur palais de Narbonne, lorsque les Francs le pillèrent dans le Vie siècle, 60 calices, 15 patènes, 20 boites ou coffres pour conserver les saintes écritures, tous d'or massif, incrustés de pierreries et beaucoup d'autres objets précieux.

Le butin convoités par Clovis était bien autrement considérable. Aussi le roi des Francs pressait-il vivement le siège de Carcassonne. Voici comment ce fait est raconté par Procope, auteur contemporain :

"Les Germains (les Francs) victorieux dans cette bataille (Vouillé), font un grand carnage de leurs ennemis, tuent Alaric, deviennent ainsi maîtres de la plus grande partie de la Gaule, et investissent étroitement la ville de Carcassonne, ayant entendu dire qu'elle renfermait les richesses impériales que le vieil Alaric avait emportées, lorsqu'il eut pris la ville de Rome. Parmi ces richesses, se trouvait, dit-on, une bonne partie du précieux mobilier de Salomon, lequel était orné de superbes pierreries ; ce qui était une chose très belle à voir. Les Romains avaient autrefois apporté ce mobilier de Jérusalem."

Cependant Théodoric, roi d'Italie, avait le gouvernement des Wisigoths durant la minorité d'Amalric, fils de sa propre fille et d'Alaric II. Le comte Hibbas, son lieutenant, passa les Alpes avec une armée et battit les Francs dans les environs d'Arles. Il marchait sur Carcassonne, quand Clovis se hâta de lever le siège et de reprendre sa route vers le nord. Théodoric, sous prétexte de veiller à la conservation des biens de son pupille, fit transporter à Ravenne les trésors des Wisigoths. D'après un traité conclu entre Amalaric et le successeur du roi d'Italie, les Wisigoths rentrèrent en possession de tout le pays qui s'étend du Rhône à Carcassonne, et obtinrent la restitution des trésors pris dans cette ville. Si l'on doute de cette restitution, il faut du moins admettre que Théodoric n'a pas tout enlevé, et que les Wisigoths durent cacher ce qu'ils avaient de plus précieux. Lorsqu'ils quittèrent définitivement le midi de la Gaule, ils emportèrent en Espagne une partie de ces richesses. On y remarquait le fameux missorium, plat d'une grandeur extraordinaire, d'or massif, du poids de 300 livres, destiné à l'usage de la sainte Table, et d'une valeur inestimable par la main d'ouvre et les diamants dont il était orné. La tradition le faisait regarder comme un présent du patrice Ætius, offert au roi Thgorismond après la défaite d'Attila.

Quand les Arabes conquirent l'Espagne et pillèrent ce trésor, ils trouvèrent une curiosité encore plus admirable ; c'était une table fort grande, formée d'une seule émeraude, entourée de trois rangs de perles, soutenue par 60 pieds d'or massif, incrustée de diamants et estimée à la valeur de 500 pièces d'or. Cette table magnifique, ce merveilleux missorium provenait du trésor de Carcassonne. 

Quant aux ornements du temple de Salomon, s'ils avaient été envoyés à Ravenne et si l'Italie les eût gardés, on en verrait dans les Lettres de Cassiodore, premier ministre de Théodoric, dans l'Histoire Gothique de Jornandès, qui fut évêque de Ravenne  vers 552. Théodoric était un grand roi. Quoique arien, il protégeait les catholiques ; il veillait à la conservation des monuments romains, des statues. Loin  de briser les vases sacrés de Jérusalem, il les aurait gardés avec une religieuse vénération. Ravenne, Milan, Naples, Rome se disputaient l'honneur de les posséder. Le silence des auteurs contemporains, joint à l'absence de ces augustes dépouilles, prouve qu'elles n'ont pas été envoyées à Ravenne ou qu'elles n'y sont pas restées longtemps. 

Mais peut-être que les Sarrasins, les Wisigoths les ont-ils emportées en Espagne. Si cela était, on en trouverait quelque vestige dans l'histoire, quelques souvenir dans la mémoire des peuples. La catholique Espagne montrerait avec orgueil ces reliques saintes. Les chroniques arabes font mention de sept énormes colonnes d'argent que Moussa enleva, en 713, de l'église Sainte-Marie (Actuellement, Notre-Dame de l'abbaye à la Trivalle - note du blog). Gibbon parle de sept statues équestres ; Fauriel, de sept figures colossales d'argent massif. Quoi qu'il en soit, on ne connaît pas d'autre spoliation commise à Carcassonne par les Sarrasins, pendant leur courte domination. 

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Notre-Dame de l'abbaye, rue Trivalle

Nous avons dit que les Arabes, lorsqu'ils pillèrent le trésor des Wisigoths, à Tolède, y trouvèrent le missorium et une table admirable, mais qui ne ressemblait en rien à celle que Salomon mit dans le Temple. Il est évident que les auteurs qui nous ont conservé ces curieux détails, auraient parlé aussi du grand chandelier et de la table de Jérusalem, si l'un ou l'autre avaient fait partie de ce trésor. Sans vouloir expliquer pourquoi les Wisigoths ne les ont pas emportés, constatons que ces objets précieux ont été enlevés de Rome par Alaric 1er, renfermés par ses successeurs dans la Cité de Carcassonne, et que rien ne prouve qu'ils en soient sortis, au moins depuis leur restitution en 526.

Je terminerai ces considérations par l'examen d'un passage de Procope, qui se rattache à la question qui nous occupe. En 455, Rome fut prise et saccagée par les Vandales. Genséric, leur roi, revint à Cathage chargé d'un immense butin. Vingt ans après, Bélisaire porta la guerre en Afrique, battit Gélimer, cinquième successeur de Genséric, et s'empare de son camp où il trouva une masse énorme de dépouilles. Procope avait suivi Bélisaire, comme secrétaire, dans cette expédition ; il assista à son triomphe.

"On y voyait, dit-il, des meubles riches, admirables, enlevés autrefois dans palais de Rome par Genséric. Parmi eux, étaient beaucoup de choses précieuses, qui avaient appartenu aux Juifs et qui furent apportées, avec plusieurs autres, à Rome, par Vespasien, après qu'il eut pris la ville de Jérusalem. Un Juif, voyant passer ce triomphe et reconnaissant ces richesses judaïques, ne put s'empêcher de dire à un homme qui était près de lui et assez connu de l'empereur, qu'il ne fallait pas mettre ces joyaux dans le palais de Constantinople ; qu'il ne devaient pas demeurer dans un  autre lieu que lui pour lequel le roi Salomon les avait destinés ; qu'à leur occasion Genséric avait ruiné l'empire romain, et que, pour la même cause, l'armée romaine avait détruit celui des Vandales. L'empereur ayant appris ce que le Juif avait dit, eut peur et commanda aussitôt qu'on portât ces richesses à Jérusalem, dans les églises des chrétiens."

Ce récit de Procope n'infirme en rien ce qu'il a écrit lui-me^me au sujet du trésor des Wisigoths. Il est possible, et Procope semble d'affirmer, qu'une partie des vases sacrés, arrachés à Jérusalem par Titus, ait échappé à l'avidité des soldats d'Alaric. cependant Zonare, qui nous a laissé une description très longue, très détaillée du triomphe de Bélisaire, ne dit rien de ces prétendus joyaux du temple de Salomon. Peut-être Procope a t-il voulu rehausser la gloire de son maître, en exagérant l'importance de ces dépouilles. Personne ne soupçonnait leur origine ; il faut qu'un Juif les reconnaisse, on ne sait comment. Justinien devait être peu convaincu de leur authenticité, puisqu'il ne les a pas gardées. 

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L'Arc de Titus à Rome

La menace du Juif était ridicule ; ces vénérables reliques auraient été à leur place sous les voûtes de Saint-Sophie aussi bien que dans une église de la Palestine. Au reste, quand même quelques vases d'or auraient été restitués à Jérusalem, il resterait encore à chercher ce que sont devenus les deux principaux ornements du temple, ceux que Josèphe a mentionnés et que les Romains ont représentés sur l'arc de Titus : le chandelier à sept branches et la table des pains de proposition. Déposés dans le temple de la Paix et ensuite dans le palais des Césars, il durent dès l'abord attirer les regards et les mains avares des Goths. Apportés par eux dans la Gaule méridionale, la forteresse de Carcassonne les reçut et les a probablement gardés dans la double enceinte de ses murailles (Gaza Gothorum).

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Chandelier à sept branches sur l'Arc de Titus

D'après une tradition populaire, ils furent jetés dans le Grand puits par les Wisigoths effrayés, lors de l'invasion d'Attila. C'est une fable absurde, qui ne supporte pas la discussion. Cependant, au commencement de ce siècle (XIXe siècle, NDLR), une société d'actionnaires se forma à Carcassonne pour dessécher le Grand puits dans l'espoir d'y trouver des trésors : on y trouva seulement quelques pointes de flèches et quelques médailles. Une autre légende raconte qu'Alaric fit bâtir sept tours, notamment la tour du Trésau, où il renferma ses richesses. Mais cette magnifique tour est une construction de Philippe le Hardi. Sur quel point de la Cité, les Wisigoths ont-ils donc caché leur trésor ?

Carcassonne, fortifiée par les Romains avec toute la puissance de leur art, était réputée, dès le Ve siècle, comme elle l'a été depuis, durant tout le moyen âge, une citadelle d'une force merveilleuse. Bien qu'elle ne fût pas leur capitale, les rois Goths devaient y avoir un palais. Si l'on pouvait déterminer la place de ce palais, le problème serait résolu.

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Tour du Major

Le château actuel a été fondé dans le XIe siècle ; les tours rondes du côté de la Cité semblent contemporaines de Roger 1er. Deux de ces tours méritent notre attention. On voit dans une meurtrière rectangulaire de la tour du Major, deux pierres ayant appartenu à un monument ancien ; leurs bords sont taillés d'ornements bizarres dans le style romain de la décadence. On remarque, dans la tour des casernes, au linteau de la porte qui conduit à la courtine suivante, une pierre à moitié sculptée, ornée d'un filet et de plusieurs baguettes ; elle provient évidemment d'un monument antérieur. Au linteau de la fenêtre romane qui donne sur la cour, est une pierre du même genre dont une arête est taillée en biseau. En joignant ces exemples à celui de la tour dru Major, on arrive à la certitude qu'avant la construction du château du XIe siècle, il existait sur son emplacement actuel, ou tout au moins non de là, un édifice important.

Ni les Francs, ni les comtes héréditaires n'ont laissé de trace de leur passage à Carcassonne. S'il existait de leur temps une résidence seigneuriale, il est probable, dit M. Foncin, qu'elle occupait l'emplacement du château. Il ne reste aucune construction des Arabes, si ce n'est la tour Pinte, que Viollet-le-duc croit pourtant de l'époque romane. Ainsi, l'édifice qui a précédé le château comtal ne peu avoir été bâti que par les Wisigoths, à moins qu'on ne le suppose d'origine romaine : hypothèse moins vraisemblable qui, d'ailleurs, ne changerait rien à ma conclusion. Romain ou Wisigoth, ce monument était, selon toute apparence, l'ancienne résidence des successeurs d'Alaric, le palais fortifié où ils avaient déposé leur trésor ; et si une partie de ce trésor a été réellement cachée quelque part, c'est dans ce palais qu'elle dut être enfouie à une date incertaine, peut-être à l'approche d'Attila ou de Clovis.

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La Tour Pinte

J'appelle l'attention du lecteur sur le passage suivant du Dictionnaire historique de Moréri, édition de 1759, article Carcassonne :

"Quelques auteurs croient que les Goths fortifièrent Carcassonne, qu'ils bâtirent le château et qu'ils y mirent en dépôt les dépouilles de Rome... On voit dans la Cité un château assez fort où l'on conserve des actes très anciens sur de la toile, dont il en a plusieurs qu'on croit y avoir été apportés par les Wisigoths après la prise de Rome."

Le même fait est mentionné par M. Gros-Mayrevieille dans Les monuments de Carcassonne :

"Voici ce qu'on lit dans une Mémoire déposé dans les archives du génie militaire de Perpignan : Les Goths apportèrent dans la Cité de Carcassonne, avec les trésors de Rome des actes très anciens et d'un écriture  particulière  sur des écorces d'arbre et sur de la toile, qu'on conserve avec soin dans les archives."

Ces actes n'étaient-ils pas des fragments, en caractères samaritains, de cet exemple de la Loi des Juifs que Vespasien fit déposer dans son palais ? Quoi qu'il en soit, ce curieux document a été détruit. Le 30 brumaire de l'an II, les Archives de la Cité furent brûlées par les autorités révolutionnaires, sur la place de la Liberté.

Le dictionnaire universel de la France dit également :

"La ville passa ensuite sous la domination des Goths qui bâtirent le château, dans lequel ils renfermèrent tous les trésors et les riches butins qu'Alaric avait faits à Rome." 

Nous devons noter encore que Zacharie le Rhéteur, vivant vers 457, dans les Fragments sur l'origine et les édifices de Rome, compte entre autre objets : 

25 statues d'airain offrant la figure d'Abraham, de Sara, et des rois de la famille de David, que Vespasien avait apportées à Rome, après la ruine de Jérusalem avec les portes et les autres monuments de cette ville."

Conclusion

Ainsi pour conclusion c'est à la place où était le palais des rois Goths à Carcassonne que résident peut-être encore les dépouilles du temple de Jérusalem. Qui sait si, dans ce temps de tant de découvertes archéologiques, on ne retrouvera pas aussi ce précieux trésors, et non seulement les dépouilles du nouveau temple, mais encore les dépouilles de l'ancien, que Jérémie cacha dans une des cavernes du mont Nébo.

Source

F. Jaffus / Le moniteur de l'archéologie / 1867-1868/ 2e série, II, 333-335

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29/08/2017

Le trésor du Temple de Salomon serait-il enfoui dans la Cité ?

Quoique relativement récente sur l'échelle de l'humanité, l'histoire du trésor du Temple de Salomon nous montre à quel point les peuples ont intensément coexisté tout autour de la Méditerranée. Lorsque les légions romaines eurent pillé le Temple le plus riche et le plus prestigieux de l'Orient, ils rapportèrent leur butin à Rome, au Capitole. Dans leur invasion de l'Empire romain, les Goths pillèrent Rome et, à leur tour, s'approprièrent entre autres trésors, celui de Salomon. On l'estime à près de vingt millions de pièces d'or, sans parler des nombreux objets, tel le chandelier d'or du temple de Salomon. 

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Le château comtal

 L'empereur Flavius Honorius pour se débarrasser des Goths leur fit don de toutes les terres conquises sur les Vandales. Après avoir chassé ces derniers, le roi Alaric s'installa dans l'ancienne fortification romaine de Carsac, dont il éleva les murailles flanquées de tours et y déposa ses trésors. Ils devaient faire des envieux... Toutes ces fortifications n'empêchèrent pas Clovis et ses Francs de venir l'assiéger, pendant six mois. Devant le danger, le trésor fut caché. Clovis repartit se battre en Provence et laissa les Goths à leurs luttes intérieures.

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© John Reve

Que devint le trésor ? Les avis des historiens sont partagés. Selon les uns, il fut transporté à Ravenne par le général Hiba, venu d'Italie au secours de ses frères de race ou en Espagne, par les partisans d'Amalric, héritier légitime du trône mais victime d'un coup d'état. Selon d'autres, il serait resté soigneusement caché à l'intérieur de la Cité, dont l'invincibilité était alors proverbiale. Mais, cinquante ans après, une effroyable peste et la guerre civile ruinèrent le royaume. Comme cela arrivait fréquemment pour les trésors trop bien cachés, les quelques dépositaires du secret durent disparaître subitement sans le révéler.

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Vers 1840, la municipalité de Carcassonne décida d'entreprendre des recherches. Dans la Cité, les gens, par tradition, affirmaient que le trésor était au fond du Grand puits, réputé insondable. A l'époque, les spéléologues n'existaient pas. Tout ce qui était caverne, gouffre ou profondeur, était entouré de frayeur superstitieuse. Il est donc normal que les Carcassonnais du Moyen âge au XIXe siècle, aient vu le trésor dans ce puits. Avec un matériel d'époque, des volontaires descendirent dans le puits, profitant d'une intense sécheresse qui le faisait à sec. Ils n'y trouvèrent que de vieilles armes et quelques pièces de monnaie, vestiges des anciennes coutumes des offrandes aux sources et aux puits. Reste à savoir quel autre lieu dans la Cité peut encore renfermer le trésor du Temple de Salomon... La légende ou le mystère restent entiers.

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25/08/2017

La destruction par le feu des archives de la Cité de Carcassonne

Quelle richesse inestimable avons-nous perdue à jamais ce 20 novembre 1793 ? Il est presque impossible de le savoir. On parle très souvent de la profanation des tombeaux des rois de France dans la crypte de Saint-Denis, c'est très regrettable. N'est-ce pas toutefois moins important que la perte de documents historiques de premier plan pour l'histoire de la Cité, dans un grand feu de joie allumé par les sans-culottes ?

"Nous ne résistons pas à la satisfaction d'insérer ici cette pièce tristement curieuse et de livrer, en même, par leurs noms, au mépris et à l'indignation de tous ceux qui s'intéressent au passé, les auteurs de cette sotte exécution". (Guide à la cité de Carcassonne / Pierre Foncin / 1866)

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Aspect de la Cité sous la Révolution française

M. Champollion-Fijeac (1813-1894), dans son Annuaire de l'archiviste, publie le document d'archive relatant d'exaction des sans-culottes contre les archives de la Cité.

Ce jourd'hui 30e brumaire l'an II de la République Française, une, indivisible, quatre heures après-midi, nous, Jean-Marie Guilhem, maire ; officiers municipaux ; procureur de la Commune et notables composant le Conseil Général de la Commune de Carcassonne-Cité, accompagnés du citoyen Charles Assumac, secrétaire-greffier de la Commune ; du citoyen Maguelonne Naucadéry, juge de paix du canton de Carcassonne-Cité ; au milieu du bataillon de la Garde Nationale de la dite Cité, commandé par le citoyen Loubet, drapeau flottant, et de la compagnie des Invalides ou Vétérans de la garnison de la dite Cité, commandée par le citoyen Girot, capitaine de la dite compagnie, nous nous sommes rendus sur la place de la Liberté, ci-devant Belle-vue, où nous avons fait apporter tous les titres, privilèges, immunités, accordés à la dite commune de la Cité, par nos ci-devant Rois, ou, pour mieux dire, tyrans qui insultaient l'égalité, ainsi que deux registres de reconnaissances consenties en 1781, par les habitants ou possesseurs de bien-fonds et maisons de la récente Commune, au ci-devant roi le guillotiné ; et, étant parvenus dans cet ordre sur la dite place de la Liberté, et après avoir fait trois fois le tour des papiers et du bois destiné à faire le feu de joie, le citoyen Guilhem, maire, deux officiers municipaux et le secrétaire-greffier y ont mis le feu aux quatre coins, au milieu des cris de : Vive la République, une, indivisible ! Vive la Liberté, L'Egalité ! Périssent les Tyrans !

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La place de la Liberté en 1793

Le feu ayant duré pendant une heure, les citoyens qui s'y étaient rendus en foule, le Conseil Général de la Commune, et tous les assistants, on, pendant ce temps, avec la joie la plus vive, chanté l'hymne des Marseillais, la Carmagnole et autres couplets patriotes. Le feu étant éteint et les papiers, parchemins, registres, etc... entièrement consumés, et après avoir, sur la porte (Porte Narbonnaise, NDLR) donné l'accolade fraternelle aux commandants du bataillon de la Garde Nationale et de la compagnie des Vétérans, sommes entrés dans la salle publique de la dite maison commune, où nous avons dressé le présente procès-verbal, le jour et an susdits.

Signés : A. Baux, officier municipal ; Guilhem, maire ; Mieux, officier municipal ; Jean Girot, officier municipal ; Valens, Assumac, secrétaire-greffier. 

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Ancien hôtel de ville où fut dressé l'acte des sans-culottes

 Pour la petite histoire, le brûlement des archives n'ayant pas été complet, des titres emportés par le vent avaient été sauvés des flammes et des citoyens s'en étaient emparés. Le lendemain, 1er frimaire An II, une décision du Conseil Général de la Commune les prévenait "qu'ils seraient déclarés suspects s'ils ne les rendaient pas aussitôt." Etre déclaré suspect sous la Terreur, c'était passer en jugement devant un tribunal révolutionnaire qui vous envoyait à coup sûr au Rasoir national. Voilà donc un épisode de notre histoire qui n'enorgueillit pas nos révolutionnaires locaux. Si paraît-il à Carcassonne les têtes furent épargnées, les archives n'eurent pas ce privilège.

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