19/05/2017

La fête de Saint-Saturnin à la Trivalle en 1948

Après la Libération, les Carcassonnais purent enfin se remettre à organiser des fêtes de quartier. Les bals qui avaient été interdits par le régime de Vichy durant l'Occupation, reprirent force et vigueur. Des couples se formèrent et donnèrent à la France de beaux bébés qui aujourd'hui sont d'heureux papys. C'est ce que l'on a appelé la génération du baby-boom. Du côté du quartier de la Trivalle, avec peu de moyens et beaucoup d'imagination, la population en majorité émigrée s'affaira à dresser les flonflons de la fête.

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A gauche Maria Lechuga et Françoise Romero dansent ensemble. On voit également Joaquine Vidal.

Nombreux furent les garçons et les filles qui participèrent à partir de 1945 à la conception de décors pour la fête de Saint-Saturnin. Le premier eut la forme d'un cube, le second celui d'une roue de loterie. Afin de subvenir aux frais, le tour de table avec l'orchestre récoltait quelques sous bien utiles. 

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La fête se tenait sur la placette située entre le café Calmet et l'Aude, contre le Pont vieux. Tout ceci a disparu avec la création de la place Gaston Jourdanne à la fin des années 1960. La construction des estrades prenait plusieurs mois. Par chance, de nombreux trivalliens travaillaient dans le bâtiment et la main d'œuvre était constituée de maçons, plâtriers, électriciens... En 1948, on édifia la plus grande jamais réalisée pour les fêtes de Saint-Saturnin, sur l'idée de Jules Baillarin.

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1. Beau-frère de Jojo Minuzzo 2. Amador ou Joseph Cano 3. Nacenta Henri 4. Cano Antoine ou Gomez Santiago 5. Gualdo 6. Ferrasse François (entreprise Seguier) 7. Lanau Jospeh dit Julot les gros bras 8. Baillarin Jules 9. Mendes André dit Cloclo 10. Pradenas Henri 11. Lezcano Raymond 12. Chesa Raymond 13. Minuzzo Jojo 14. Ramon Antoine (des Capucins) 16. Lechuga Jean 17. Gonzalez Michel (Tailleur) 18. Domingo Emile dit Cerillo 19. Castarlenas dit Castar 20. Fort Gaby 21. Fort Emile 22. Sigé Joseph 23. Delample Louis 24. Guilhem Roger ou Riba Jean 25. Manchon 26. Cuevas Emile 27. Garcia Jean 28. Diz Joseph 29. Garcia Jean 30. Manolito (Manin fils) 31. Almerge Roger

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L'orchestre de René Cadrès en 1948

Saury (Batterie), Adrien Martin (Accordéon), Frère de Mme Rouzaud (Trombone), René Cadrès (Saxophone alto), Touilla (Saxophone ténor) et Sabaté (Saxophone ténor).

Source

La Trivalle de ses origines à nos jours / J-F Vivès

Photos

Coll. Martial Andrieu

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11/04/2016

Le concert improvisé de Stéphane Eicher au Bar à vins en 1993

Nous sommes au mois de juin 1993... L'été s'annonce et Nagui a amené toute son équipe de Taratata pour fêter la musique dans la Cité de Carcassonne. Une pléiade d'artistes a pris possession des lieux aux quatre coins de la vieille forteresse.

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© mytaratata.com

Stéphan Eicher

Dans le jardin du Bar à vins du regretté Philippe Calvet, un concert totalement improvisé se met en place - on appelle cela "un boeuf" dans le jargon musical - avec Stéphan Eicher et des instrumentistes locaux.

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© Avec l'aimable autorisation de Guillaume Montagné

 Le musicien Carcassonnais Philippe Abizanda faisait partie des instrumentistes qui accompagnèrent Stéphan Eicher ce soir là. Il m'a relaté les souvenirs de ce moment si particulier... 

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S. Eicher au Bar à vins

Les musiciens étaient Davy de Perpignan au clavier, Chris Davis au chant de Perpignan, Stéphane Tutin à la batterie - mon ami de Jobino et de toujours. Il y avait aussi ce soir là " Mouche " à la guitare qui a un nom Arménien ........disons qu' il était longtemps guitariste dans l'orchestre de René Coll.

 Stéphane Eicher voyant que nous allions faire une soirée le lendemain m'avait demandé, en aparté, si j'acceptais qu'il puisse faire quelques titres avec nous et si cela ne nous dérangeait pas....évidemment tout le plaisir était pour nous ! Nous avons donc préparé quelques grilles dans l'arrière cuisine en 20 minutes et le tour était joué ! Nous avons fait notre effet le lendemain ! Je dois dire , au passage, que son producteur de l'époque, Hermann Esse, n'était pas trop chaud pour cette prestation craignant que les régionaux de l'étape ne lui sabotent un album " Carcassonne " qui lui avait couté très cher à l'Hotel de la cité - chambre 33.... (Pas très cool le businessman........ pas plus de commentaires là dessus. Le fait est que nous avions joué 5 ou 6 titres avec lui, que les voisins et voisines étaient récalcitrants au tapage et qu'ils ont été charmés ou hypnotisés par l'effet Stéphan Eicher ou le show biz - je n'en sais rien mais ils étaient venus danser sur notre musique ce qui nous avait bien fait rire sachant qu'ils nous envoyaient plutot la police avant.... Comme quoi la télé rend souvent les gens versatiles.....disons le comme ça.....Bref la soirée a été formidable, magique !

Merci Monsieur Eicher, merci Philippe Calvet !

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29/02/2016

Le tour de l'âne dans le quartier de la Barbacane

Grâce à Paola Barberis et aux petits trésors qu'elle a retrouvés dans de vieilles boîtes à sucre, nous sommes en mesure de vous présenter plusieurs photographies inédites du

Tour de l'âne

à Saint-Gimer. Une époque où le dernier marié de l'année chevauchait ce gentil mais têtu équidé, dans toutes les rues du quartier de la Barbacane. Voilà qui devrait remémorer de nombreux souvenirs aux plus anciens d'entre-vous.

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Tour de l'âne 1968

Pendant 36 ans, le café Azéma (discothèque la Bulle) tenu par les familles Azéma et Gardel fut le quartier général des fêtes de St-Gimer. Pauline Azéma en vit passer des Tours de l'âne - la tradition typiquement Carcassonnaise, aujourd'hui disparue :

"Ah ! ça c'était quelque chose. Après que le dernier marié de l'année y fut monté dessus, je me souviens qu'ils arrivaient tous au café pendant la fête du quartier, âne compris, pour se faire payer à boire. Après plusieurs tournées, les hommes donnaient leur bière à l'âne qui repartait du café à moitié saoul. C'était une tradition."

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Le comité des fêtes 1971

Sin Roger (Président), Denis Rancher (Vice-président), Claude Salvetat (Secrétaire), Michel Rufas (Secrétaire adjoint), Jean-Luc Belloc (trésorier), Jean-Luc Clamenc dit Banane (trésorier adjoint)

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La barbacane en 1971

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Crédit photos

Paola Bourrel

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09/01/2016

L'orchestre Roger de Royal

L'orchestre Roger de Royal est fondé durant les évènements de mai 1968 par le saxophoniste Roger Alonso. Il répète son répertoire de Blues, Rythm n'blues ou de Rock dans un hangar situé à l'Estagnol. La formation est alors constituée par: Roger Alonso (Saxo), Jean-Pierre Carayol (Batterie), Hervé Julien (Trombone), Brice Bedos (Orgue), Robert Rodriguez (Guitare) et Michel Gaillard (Basse). L'orchestre est alors un des plus en vue de la région qu'il sillonne de long en large, lors de fêtes populaires.

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Michel Gaillard (Basse), Robert Rodriguez (Guitare), Jean Brice Bedos (Orgue), Hervé Julien (Trombone), Jean-Pierre Cayrol (Saxophone et accordéon), Jean-Pierre Carayol (Batterie) et Roger Alonso (Saxophone).

Le 31 décembre 1970, Roger Alonso décide de passer la main à M. Cayrol qui va poursuivre l'aventure et agrandir le nombre de musiciens.

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En 1973, l'orchestre est composé par: Stéfanetti (Saxo), Robert Rodriguez (Guitare), Radjhi (Trompette), Gérard Gabin (Batterie), Rousset (Clavier), Bernard Belaval (Basse), Cayrol (Saxo), Simonet (Chant). Pour l'anecdote, l'équipe s'était fait voler le bus qui contenait l'ensemble du matériel d'orchestre. Il fut retrouvé complètement repeint vers Béziers et, le matériel au fond de l'étang de Thau.

Dans les années qui vont suivre, finaliste de la coupe des "Orchestre en vogue" organisée conjointement par Sud Radio et la société phonographique des disques Vogue, DEROYAL se produit fréquemment dans les galas "Interdanse" l'émission de Jo Dona pour France Inter.

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 Paul Ramoneda, Gérard Gabin, Lulu Simonet, Steffanetti, Cayrol, Bernard Belaval, Radjhi et Margarit

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 Margarit, Lulu Simonet, Cayrol, Jocelyn, Petrissan, Bernard Belaval, Gérard Gabin et Paul Ramoneda.

Photos

"Cauchy"

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13/07/2015

La fabuleuse histoire de la guinguette du Païchérou

Le mot Païchérou vient de l'occitan "paissiera" (prononcez païssiéro") - en français païchère- qui désigne un ouvrage en pierre sèche destiné à la régulation des crues et à l'irrigation des terres agricoles. Il n'est donc pas étonnant de retrouver la célèbre guinguette portant ce nom, au bord de l'Aude et près de la chaussée construite en 1873.

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Le barrage et la route vers 1880

Auguste Brémond

En 1885, Auguste Brémond, limonadier natif d'Aix-en-Provence, fonde un café-restaurant : Au beau séjour du Païchérou.

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Parmi les habitués de l'établissement, dont la spécialité est la friture de goujons (Lo grognou) pêchée à deux pas de là, on compte le cuisinier Prosper Montagné, le félibre Achille Mir et le poète Achille Rouquet. Tous ces fins gourmets sont servis par Madame Brémond : "Uno fenno de forto coustitutiou" (une femme corpulante). C'est de cet endroit que nos amis verrons les feux de bengale du premier embrasement de la Cité en 1898 ; évènement que l'on doit à l'idée d'Achille Rouquet.

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La chaussée du Païchéou est connue pour être un lieu de baignades près duquel on plongeait dans les enfers. C'est l'endroit le plus dangereux du barrage où de nombreux Carcassonnais perdront la vie en s'y noyant.

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Le Païchérou sera célèbre grâce au passage du bac qui faisait la liaison entre les deux rives, au moyen d'un cable d'acier tendu quand l'Aude ne faisait pas trop de remous. Cette tradition se poursuivra avec Florent Quintilla jusqu'en 1971.

La famille Quintilla

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Dans les années 1920, Florent Quintilla reprend l'affaire Brémond et transforme le lieu en guinguette où l'on vient danser. Combien de couples se sont formés et mariés à cet endroit ?

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Les époux Sicre devant l'entrée du Païchérou en 1946. Ils viennent sans doute de danser quelques paso-doble ou tango accompagné par l'orchestre Jeannoely, dans lequel on trouvait les frères Marson.

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Un bal juste après la Libération

Après Florent, c'est Roger Quintilla qui dans les années 1950 fit danser une nouvelle génération de carcassonnais. Les 3000 chaises ne suffisant pas, on installait des caisses de bouteilles pour faire asseoir les gens. De la Trivalle, des Capucins ou de la Barbacane on venait à vélo. C'était l'époque où la télé n'enfermait pas les gens chez eux, passivement en regardant Drucker. Les orchestres Marson, Cadrès ou Rambaud faisaient résonner "Adios muchachos campaneros", "Arrivederci Roma" ou "Perles de cristal". On dansait à deux et parfois, on repartait sous le bras avec la future femme ou homme de sa vie... Aujourd'hui, il y a "Meetic" où sur internet  un catalogue expose les prétendants à la vie à deux! Autre moeurs, autre époque... Dans la décennie suivante, certains se souviendront des soirées du Bac ; le vrai, pas celui qui passait la rive de l'Aude.

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Roger Quintilla (au centre). On reconnaît un des serveur avec sa moustache, surnommé Pep ou Brassens. Il s'appelait Pierre Olivier.

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Les serveurs en noeud papillon

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Le païchérou c'était aussi la piscine naturelle et son plongeoir. Parmi les plus aguerris, on nommera M. Gastou qui fut à l'origine du Club nautique Carcassonnais.

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© La Midi-Libre

Aujourd'hui, la troisième génération des Quintilla avec Hélène en chef d'orchestre continue à faire vivre la guinguette. A plusieurs reprises, le journal de TF1 a consacré des reportages sur ce lieu hors du temps ; c'est le "Chez Gégène" de Carcassonne. Pardon... je voulais dire "Chez Hélène". Ah ! J'oubliais... Un dernier mot pour les nouveaux Carcassonnais. On dit ici le Païch'

Le Païcherou

2, quai du païcherou

11000 Carcassonne

04 68 25 12 05

Photos

Collection Martial Andrieu

Hélène Quintilla

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03/04/2015

L'orchestre Pierre Lebrun

L'orchestre de bal

Pierre Lebrun

a été fondé par Pierre Thiénot au printemps 1976 avec cinq musiciens. A son répertoire, quelques morceaux retro d'une vingtaine d'années avec du rock des 50's. Cette formation s'est arrêtée en 1983, suite à un deuil dans la famille du chef.

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Les musiciens en 1976 

Jean-Louis Albertus, Guy Lacroux, Hugues Verschoote, Roland Denjean et Pierre Thiénot.

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Dix années après, le groupe se reforme avec un répertoire Musette. On reconnaît: Jean-Paul Embry, Olivier le Millour, Thierry le Millour, Alain Roméro, Guy Lacroux et Pierre Thiénot. Que sont-il devenus? Guy Lacroux a monté sa propre formation de bal musette et vous le retrouvez tous les étés à la guinguette du Païcherou. Olivier le Millour, après un passage chez California, a enregistré un disque avec Soldat Louis. Son frère, Thierry, a été le chef de l'orchestre Lithium.

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