10/11/2017

Cherche et tu trouveras, les vestiges de l'ancien Palais épiscopal de la Cité

Il suffit de monter à la Cité et d'emprunter des chemins peu fréquentés ou ignorés par les touristes. Dans les murs des hôtels ou des vieilles maisons d'habitation, l'on aperçoit des pierres sculptées en réemploi : meneaux, tiercerons ou encore formerets. Ils ont appartenu à des piliers ou à des voûtes d'édifices  aujourd'hui disparus. Prenons alors en exemple l'ancien Palais épiscopal, construit entre 1160 et 1200, qui s'élevait jadis sur un triangle délimité par un triangle la Porte d'Aude, la tour de Cahuzac et la Basilique Saint-Nazaire. Vendu comme Bien national à la Révolution en 1791, sa vétusté eut raison peu à peu de ses pierres qui furent dispersées. Si le bâtiment a été complètement rayé de la carte, il n'en est pas de même de ses vestiges que l'on retrouve ça et là dans la Cité.

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© Martial Andrieu

Hôtel de la Cité

Au XIXe siècle, lors de la restauration de la Cité, il fut fait un emploi considérable de toutes les pierres abandonnées dans les ruines. C'est ainsi par exemple, que l'on trouve vingt-cinq pierres sculptées des arcades du palais épiscopal dans le mur de soutenement du jardin de l'Hôtel de la Cité. Ce dernier longe parallèlement la courtine ouest qui va de la tour de l'évêque à la tour de Cahuzac.

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© Martial Andrieu

On ne peut observer cela qu'en parcourant le rempart pendant la visite du château comtal, jusqu'au Grand théâtre Jean Deschamps.

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© Martial Andrieu

Voici donc le mur de soutènement du jardin de l'hôtel de la Cité, construit au début du XXe siècle.

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© Martial Andrieu

Si l'on s'en rapproche, on aperçoit les fondations de l'ancien Palais épiscopal. Il ne suivait pas exactement le mur actuel du jardin. C'est peut-être là les seuls vestiges encore en place de ce bâtiment rasé après la Révolution française.

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© Gustave Le Gray / 1851

La porte d'Aude

Quand Boeswilwald prit la suite de Viollet-le-duc, il autorisa à ce que l'emploi des anciens meneaux du palais épiscopal. Ainsi les retrouve t-on avec trois fragments d'encorbellement gothique dans la galerie qui surplombe la Porte d'Aude. Les autres vestiges sont enfouis dans les maçonneries. 

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"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"

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08/11/2017

Pourquoi le gymnase et l'école des Serres portent-ils ce nom ?

En 1972, la municipalité Gayraud entreprend la construction de plusieurs établissements scolaires et sportifs. Considérant qu'il faut offrir à la jeunesse des infrastructures modernes dans lesquelles pourront s'exprimer les clubs tels que le HBCC (Handball) ou le SOC (Basket) mais aussi les élèves des écoles, il est recherché dans le centre-ville un terrain capable d'offrir ce potentiel. Il existe à cette époque, l'ancien jardin du Grand Séminaire transformé en Serres municipales à partir de 1924 dans la rue des Études. La ville va donc faire procéder à la destruction de plus de moitié d'un ancien carron de la Bastide, afin d'édifier à la place le futur gymnase. Celui-ci prendra naturellement le nom des Serres, comme l'école primaire qui lui sera ensuite adossée quelques mois après.

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© CAUE

Le gymnase des Serres

Un ouvrage important construit sur ordre du duc de Montmorency se trouvait là autrefois. C'était le ravelin de la Mercy, sa construction au temps des guerres de la Ligue s'était effectuée en démolissant tout un carron de maisons. Les restes de ce ravelin sont dans le parc de la maison Satgé.

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© IGN

Vue aérienne des Serres en 1954

Sans fouilles préalables, la municipalité va raser les Serres municipales sous lesquelles on aurait sans doute retrouvé bien des vestiges archéologiques. Les travaux débutèrent le 10 mai 1972 avec l'entreprise Bonnery qui fut obligée de creuser en profondeur, afin de mettre de niveau à cet endroit les rues des Études et du 4 septembre. Où passèrent les remblais ou passèrent les vestiges ? Mystère...

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© Midi Libre / Carlos Recio

Financé en intégralité par la mairie, la construction du gymnase coûta la bagatelle d'un million sept cent vingt cinq mille francs. Son architecture fut confiée aux urbanistes Carcassonnais Pierre et Christine Tarbouriech, dans un style faisant la part belle au béton armé.

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Plan des architectes Tarbouriech

La particularité de ce bâtiment est de posséder un sous-sol comprenant une salle de gymnastique, des douches, quatre vestiaires, une salle de réunion, une infirmerie. L'entrée du gymnase de 800 m2 se fait par la rue des Études. L'inauguration aura lieu le 17 février 1973. Quant à l'école primaire des Serres qui jouxte le gymnase, elle fera son ouverture pour Pâques de la même année.

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© CAUE

Si vous vous mettez en quête de savoir ce qu'il reste des anciennes Serres municipales, longez la rue des Études et descendez par la rue de République.

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Il reste ce mur de clôture de l'ancien jardin du Grand séminaire. Quant aux nouvelles serres, elles furent édifiées le long du Canal du midi dans le quartier de l'Estagnol. 

Sources

Journaux locaux / Mai 1972

Bulletin municipal / Février 1973

Léon Riba / Historique des propriétés de la ville / 1949

Géoportail IGN

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07/11/2017

La reconstruction du Quai Riquet après le massacre et l'incendie du 20 août 1944

Après le passage des hordes teutoniques composée en majorité de soldats caucasiens enrôlés dans la Wehrmacht, il ne reste plus rien des immeubles logeant le Quai Riquet. Le bilan humain fait état d'une vingtaine de victimes civiles assassinées et de nombreux bâtiments incendiés par jets de grenade. La cause de cette déferlante de haine animée par une armée ennemie aux abois et sur le recul reste floue. Les troupes d'occupation remontant vers la vallée du Rhône ne cessent d'être harcelées et décimées par l'aviation alliée. Ce 20 août 1944, un appareil américain est abattu au-dessus de Grazailles, finit sa chute dans le domaine de Gougens ; son pilote s'éjecte avec son parachute. Il tombera au milieu d'un champ du côté de Pennautier. Les convois Allemands, échaudés par des routes nationales peu sûres, s'aventurent désormais par les départementales. Ce 20 août 1944, jour de la libération de Carcassonne, les troupes nazies passent sous le pont de chemin de fer de la route minervoise, lorsque paraît-il un coup de feu retentit provenant du Quai Riquet. Le convoi s'arrête, les boches tirent sur tout ce qui bouge et franchissent la passerelle du Canal du midi. Ils recherchent l'auteur de l'escarmouche. Sans aucune distinction de sexe, ils abattront ceux qui auront le malheur de se trouver là au mauvais moment. A la suite de la fusillade, l'ensemble des bâtiments logeant le Quai Riquet sera incendié.

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© ADA 11

Les maison Hyvert et Embry après l'incendie

La famille Hyvert s'était retirée à la campagne au-dessus de Grazailles avant le massacre. Au Quai Riquet, elle possédait l'usine de fertilisants Docor-Grazailles (4, rue Buffon) et sa maison d'habitation (11, quai Riquet).

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Les deux bâtiments furent visés par des grenades incendiaires et entièrement détruits avec tout ce qui s'y trouvait à l'intérieur. Seul le grand bâtiment de logements, rue Buffon fut sévèrement endommagé mais pas détruit, Roger Hyvert n'ayant pas les fonds nécessaires pour le réparer l'a vendu a un mécano originaire de Trèbes, il y a installé un atelier de réparation de freins de camions.

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Les bâtiments Docor-Grazailles, 4 rue Buffon

Rue Buffon, il s'agissait à l'origine d'un hangar avec chais pour le commerce du vin.
Sur la façade coté Quai Riquet, il était peint "VINS DU MINERVOIS A LA COMMISSION". Pierre Hyvert avait fait construire vers 1893 cette usine, contre un immeuble d'habitations modestes contenant 21 appartements. Un ami de la famille avait racheté les immeubles aux enchères après la faillite de Pierre Hyvert, consécutive à la crue de l'Orbiel inondant les mines de la Caunette. Georges Hyvert rachetera les immeubles de son père, alors l'ami leur en avait laissé la jouissance contre un très modeste loyer.

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Plan du Quai Riquet avant l'incendie

Le 22 août 1944, un état des lieux est dressé par M. Rimailho, ingénieur des T.P.E. En entrant au rez-de-chaussée, se trouvaient le laboratoire et le bureau. Au milieu de ce cloac, M. Hyvert tente de reconnaître ce qu'il possédait. Des vitrines exposaient une collection de minéraux, roches-types et fossiles-types. Une armoire vitrée contenait des produits chimiques. Parmi les appareils du laboratoire, on devine encore un microscope, un ébullioscope Maligan, un alambic de Salbron, un Alcidi-gypsomètre Belot, un chalumeau de Berzielium, un polarimètre à tourmalines, un pantographe en laiton, un compas "maître de danse" et des balances d'essai. Au coin de la pièce, gisent les restes d'un four de coupelles en briques réfractaires, composé d'un four de fusion pour l'attaque des minerais par voie sèche, et d'un four de coupellation à moufle.

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Dans le garage, il ne reste que les ferrures de scellement d'un meuble ayant contenu le classement des échantillons de la mine de la Boussole. Pareil pour ce buffet, dans lequel étaient conservées les collections de revues scientifiques (Echo des mines, bulletin de l'Industrie minérale, Revue pétrolière, Revue chimique analytique, Mining magazine). Vers le milieu du magasin, un important matériel provenant d'un atelier de fabrication de cannetilles en perles qu'il avait dû stocker là pour libérer un local en avril 1944, lors des évacuations de la Cité.

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La famille Hyvert devant chez elle au Quai Riquet

A la Libération, les Hyvert ont perdu leur outil de travail et leur logement. On réquisitionne un appartement au numéro 4 de la place Carnot chez Mlle Mary, où ils habiteront jusqu'au 31 août 1952. Le 22 décembre 1944, le Service des sinistrés de la mairie, dirigé par M. Caverivière, leur livre une chambre complète avec literie. Ils sont ensuite invités à se présenter à ce bureau afin pour y percevoir un béret, un complet, des pardessus, des robes ainsi que des bons en vêtements. La propriétaire souhaitant récupérer son bien en juin 1945, reçoit une lettre de Maître Tiffou, huissier de justice, lui indiquant qu'il était impossible de satisfaire sa demande. Pour subvenir aux besoins de la famille, Roger Hyvert deviendra inspecteur du permis de conduire et s'occupera du recensement des monuments historiques.

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 Le 16 mars 1946, le Parti Communiste Français tente de récupérer à sa cause les mécontents du quartier de l'Olivette et de Grazailles. Des tracts sont distribués auprès des sinistrés au nom de la cellule Danielle Casanova. Dénonçant les atermoiements et les promesses non tenues du ministre Dautry, les communistes de Carcassonne appellent les sinistrés à se ranger derrière les camarades Thorez et Billoux, Ministre de la reconstruction. 

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Vue aérienne du Quai Riquet en 1947

Après l'incendie la mairie refuse les reconstructions sur place et préférerait un jardin public. Les petits propriétaires seront indemnisés et iront construire ailleurs. Après une longue période et l'abandon du projet de jardin, l'ensemble des terrains est partagé entre la veuve Embry et Hyvert (Roger et sa mère). Les moellons issus de la destruction restent longtemps sur place et sont la propriété de l'état. Or, le tas diminue sensiblement de jour en jour... Ce n'est qu'au mois de mai 1951 que la reconstruction de l'immeuble Hyvert est portée en priorité, par le Ministère de la reconstruction et de l'urbanisme. A partir de cette autorisation, le propriétaire dispose d'un délai de trois mois pour rebâtir le 1er novembre 1951.

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Plan dressé par l'architecte Bourely, le 25 novembre 1950

Roger Hyvert reconstruit rue Buffon une maison avec 4 petits appartements et 5 garages. Au bord du canal il fera bâtir une maison avec deux appartements : un pour Roger et un pour sa mère (décédée avant la fin de la construction). Ceci se fit avec l'argent de la vente des terrains qu'il possédait et les indemnités. Ces dernières étant insuffisantes...

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Les travaux en cours d'achèvement le 31 octobre 1952

 La famille Hyvert pourra prendre possession de ses locaux à la fin de l'année 1952. Roger aurait voulu tout reprendre et poursuivre le travail de son père après l'incendie, mais s'il a pu reconstituer un petit laboratoire avec les indemnités, en revanche il renonça à acheter un four capable de fondre le minerai. Trop cher et pas pris en compte dans les indemnités car celui qui avait été détruit était impossible à évaluer.

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Roger Hyvert dans son nouveau jardin en 1952

Comme pour le massacre et l'incendie d'Oradour-sur-Glane, on s'aperçoit des grandes difficultés que rencontrèrent les sinistrés après la guerre. En Haute-Vienne, ils durent habiter dans des pré-fabriqués pendant plusieurs années avant la reconstruction du nouveau village. Quant aux dommages de guerre et à la punition des coupables... 

Sources 

ADA 11

Archives de Pascal Hyvert

Presse locale

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15/10/2017

Les anciennes guérites des édifices publics de Carcassonne

Si vous passez par la rue Jean Bringer, devant la préfecture, vous remarquerez à droite du portail donnant accès à la cour d’honneur, une guérite en pierre de taille incorporée à la maçonnerie de même appareil. Avant 1941, date à partir de laquelle se tint un gardien de la paix à cet endroit, personne ne gardait l’entrée de la préfecture. Antérieurement, le ministre de l’Intérieur ne possédait pas de fonctionnaires de police en uniforme. Cette fonction était de la prérogative des municipalités qui avaient à recruter leurs agents rémunérés par la commune. De cet fait, la surveillance requise était confiée aux soins de l’armée qui devait assurer le service de garde à la Préfecture, au Palais de justice, à la Banque de France, à l’Évêché situé à l’Hôtel Murat (actuelle Chambre de Commerce) et au cercle des officiers. Ce dernier avait son siège à l’hôtel Saint-Jean Baptiste, démoli en 1911 et remplacé par le Grand Hôtel Terminus.

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De ces guérites, seuls deux subsistent : celle dont nous venons de parler et celle de l’ancien évêché, rue Aimé Ramond. Celle-ci est située à gauche du portail d’entrée de la Chambre de Commerce. Elle est aussi en pierre de taille ouvragée et murée pour éviter qu’elle ne serve d’abri pour une mauvais action.

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Dans un journal local, une anecdote nous est rapportée à propos de cette guérite… Un habitant de Carcassonne s’étant attardé pour rentrer chez lui, allait passer devant la guérite, c’était là son chemin pour rentrer en ville. La Ville basse était encore ceinte de remparts et notre homme, peut-être ayant fait la fête, déambulait trainant ses pas sur les pavés inégaux de la chaussée de la rue de la mairie, après avoir passé la porte des Cordeliers. Il arrivait à hauteur du factionnaire, lorsqu’il s’entendit interpeller par un : « Halte là ! qui vive » impératif. Il répondit aussitôt : Rouvenac ! Ce devait être son nom. La sentinelle répondit par : « Passez au large ! ». Notre homme, un paysan habitué au langage occitan, se fit comprendre en répondant : « Je rasée la muraille », voulant ainsi rassurer le militaire qu’il n’avait rien contre lui.

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© Collection Martial Andrieu

La Banque de France en 1906

La troisième guérite, celle de la Banque de France, a été démolie en 1964, au cours de réparations effectuées à cet établissement. Moins ouvragée que les précédentes, elle était en pierre et comportait une petite ouverture dans le fond pour communiquer avec l’intérieur de l’immeuble. Elle était située à huit mètres à droite de l’entrée de la banque.

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La garde du Palais de Justice était faite par une escouade de six à sept hommes, lequel étaient logés dans le bâtiment de Thémis. Ils occupaient les locaux à gauche des escaliers du palais ; on y voyait encore en 1964, les rateliers d’armes, les bas-flancs où s’allongeaient aux heures de repos les hommes du corps de garde et sur les murs de nombreux graffitis tels que « C’est du peu, c’est 15 au jus. »
Au centre des officiers, l’entrée était située côté boulevard Omer Sarraut de l’hôtel Saint-Jean Baptiste ; c’était une simple guérite de bois adossée au mur de l’hôtel, lequel fit place en 1914 à l’hôtel Terminus. La guerre de 1914 ayant éclatée, le Cercle des officiers ne fut pas réinstallé en ce lieu.

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Avec l’état d’urgence en vigueur depuis 2015, nous voyons que nos édifices publics sont à nouveau l’objet d’une surveillance active. Ce ne sont plus les Sergent de ville qui veille, mais les soldats de l’armée d’active. De là à réinstaller des guérites ?…

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10/10/2017

Une cantatrice Belge donatrice de sa collection à la Bibliothèque municipale de Carcassonne

Au mois de juillet 1954, une cérémonie à la Bibliothèque municipale de Carcassonne rassemblait les autorités municipales autour de Paul Delmas. Ce brillant médecin né à Rieux-Minervois le 14 avril 1880, fit ses études au lycée, puis à la faculté de médecine de Montpellier. Interne des hôpitaux en 1904, docteur en médecine en 1907 (titre de la thèse : L'avarie des remplaçantes, prix Fontaine de la meilleure thèse, en raison de la qualité de l'analyse de la situation médicale, sociale et juridique des nourrices, contaminées, faute de prévention, par des enfants malades), agrégé de médecine en 1910, professeur titulaire en 1923 et professeur de clinique obstétricale en 1926. Durant la Grande guerre, le Dr Delmas sert son pays avec le grade de colonel et reçoit la légion d'honneur en 1932. Il exercera de nombreuses responsabilités au sein d'académies, de sociétés ou d'organismes de médecine, en particulier dans le domaine de l'obstétrique : membre correspondant étranger de la Société médico-chirurgicale de Bologne (Italie)en 1925; membre honoraire étranger de la Société belge de gynécologie et d’obstétrique 1928. membre correspondant de l’Académie royale de Médecine de Barcelone 1931.Il est docteur « honoris causa » de la Faculté de Médecine du Caire (Egypte) 1928. A Carcassonne, il sera président de la Société des Arts et des Sciences en 1921. Est-ce à ce titre qu'il légua la bibliothèque de son épouse à la ville de Carcassonne ?

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© CTHS. La France savante

Paul Delmas

(1880-1962)

Il s'agit là d'une centaine de volumes reliés, afférents aux grandes époques de la littérature et de la science, légués par l'épouse de Paul Delmas à la Bibliothèque municipale. René Descadeillas, conservateur de la bibliothèque, réalisa un catalogue précis de cette donation. A cet effet, une salle Gabrielle Wybauw-Delmas fut inaugurée à son nom avec le portrait de la généreuse donatrice.

"On a bien voulu dire en rendant hommage à la seule et véritable donatrice, que le fonds qu'on inaugure aujourd'hui, et qui a reçu son nom, apporte de nouveaux moyens de travail aux étudiants, aux chercheurs, aux érudits. Ainsi, son but est pleinement rempli. Il n'a jamais voulu autre chose que développer le goût et la culture. Il sera trop heureux si ces livres, choisis et rassemblés patiemment, fortifient le désir d'apprendre et éveillent des vocations (Paul Delmas)".

Qu'est-elle devenue après le désherbage survenu dans les conditions que nous connaissons en 2010 ? En contrepartie, la municipalité de l'époque s'engagea à faire fleurir chaque année la tombe de Gabrielle Wybauw-Delmas à La Livinière (Hérault).

Qui était Gabrielle Wybauw ?

 Née à Brabant (Belgique) le 23 avril 1883, sœur du professeur Wybauw, de la Faculté de médecine de Bruxelles, Gabrielle Wybauw se fit entendre comme soprano dramatique dans les théâtres royaux d'Anvers et de Bruxelles. Elle rencontra le succès dans les opéras de Wagner comme la Walkyrie. Nous avons retrouvé son passage au Théâtre des Champs-Elysées en 1922 et 1924. Cette année-là, elle participa au Festival César Franck. Pendant la Grande guerre, sa présence au front des armées comme ambulancière de la Croix-Rouge Belge, lui valut la Croix de l'Ordre de Léopold et la Médaille de la reine Elisabeth. Le dévouement de Gabrielle Wybauw à la cause des alliés fit d'elle la coéquipière d'Edith Cavell, qui fut fusillée par l'ennemi. Au mois de février 1938, la cantatrice devint Chevalier de la légion d'honneur. Elle mourra le 9 décembre 1950 à La Livinière où elle est inhumée en compagnie de son époux, Paul Delmas.

Outre sa donation à la Bibliothèque municipale de Carcassonne, Gabrielle Wybauw en fit d'autres au Musée des Augustins de Toulouse et au Conservatoire de musique de Bruxelles. Nous n'avons pas trouvé de portrait de l'illustre artiste, mais le musée ou la bibliothèque en possède un. Reste à savoir où il se trouve et ce qu'est devenue la donation Wybauw.

Sources

Nous remercions la mairie de La Livinière pour son aide

La dépêche / Juillet 1954

CTHS. La France savante

Programme Théâtre des Champs Elysées

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04/10/2017

En 1971, la ville reconstruisait un nouveau square Gambetta...

Après la destruction du magnifique square Gambetta en juillet 1944 sur ordre des Allemands, ce jardin avait été réaménagé avec les moyens du bord. Une pelouse, quelques buissons, les monuments rescapés non envoyés à la fonte par l'occupant et un parterre de fleurs. Au moins d'octobre 1970, la municipalité Gayraud lançait le chantier d'un nouveau square, dessiné par l'architecte Henri Castella. L'entreprise Bonnery s'était vue confier la réalisation du projet. Il s'agit d'un plan d'eau de 15000 m2 composé de quatre bassins et une fontaine, selon une géométrie moderne, avec une île au centre du bassin principal. Jeux pour enfants, stand de confiserie et toilettes.

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© Droits réservés

Au mois de juin 1971, les premiers travaux débutèrent avec le creusement des bassins. On ne parle pas des vestiges du couvent qui s'y trouvent dessous. Sans fouilles préventives - comme on savait le faire à cette époque - ces restes durent être fortement dégradés par les coups de pioche. Les travaux prirent du retard durant le printemps 1972 en raison du manque de livraison du matériel et de conditions climatiques déplorables. Au mois d'avril, M. Viéro et les jardiniers de la ville effectuèrent les premières plantations de gazon, d'arbustes et de fleurs.

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© Droits réservés 

Après dix mois de travaux, le square put ouvrir ses portes en juin 1972. La fontaine avec ses 67 combinaisons d'éclairage en couleur alimentées par des projecteurs sous-marins et le jet d'eau furent mis en service trois jours après. L'alimentation des plans d'eau se fit en circuit fermé, grâce à quatre moto-pompes indépendantes. On dut cette réalisation à l'entreprise Arnaud et au travail de MM. Pourcheron et Amiel.

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© Droits réservés

L'entrée par le monument de la Résistance fut dallé sur une très grande surface et on laissa pousser du gazon dans les jointures. A l'initiative de M. Viéro, les fusains furent taillés pour aménager un magnifique parterre de fleurs. Le square s'agrémenta ensuite de cyprès, de géranium et de 3 bouleaux.Square gambetta 1978 2.jpg

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On fit venir du Calvados, deux couples de cygnes qui firent la joie des enfants. Le dimanche, les parents allaient au square leur jeter du pain. Ces palmipèdes n'étaient pas toujours aimables... Déjà avant son inauguration, le maire Antoine Gayraud s'émut du vandalisme contre ce nouveau square.

Source

Journaux locaux / 1970 à 1972

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