17/09/2015

La maison du compositeur P. Lacombe sera t-elle "Maison des illustres" ?

Jusque à présent seule l'ancienne demeure du poète Joë Bousquet - 53 rue de Verdun - possède le label "Maison des illustres" délivré par le ministre de la culture Frédéric Mitterrand sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Depuis 2010, ce sont plus de 110 maisons ayant abrité des personnages du monde politique ou culturel qui ont obtenu ce label. J'ai donc écrit à MM. le préfet et le député Jean-Claude Pérez afin de leur suggérer l'inscription de la maison du compositeur Paul Lacombe. J'ai conscience qu'à la vue de ce qu'est devenue cette demeure - autrefois prestigieuse - ayant accueilli  par le passé Jules Massenet, Charles Koechlin, Déodat de Severac, Marguerite Long... la cause devrait vite être entendue. En effet,  si le caractère mémorable ne peut être remis en cause, sa destination actuelle en revanche n'a plus rien de culturel. Or, c'est l'une des prérogatives du cahier des charges.

Maisons-des-Illustres-nouveau-label-du-ministere-de-la-Culture-et-de-la-Communication_large.png

 

C'est dire l'importance de ce patrimoine culturel Carcassonnais dont on n'a su trop souvent que faire, tout simplement par ignorance ou pire, par désintérêt. Lorsqu'on a la chance de voyager en France, on s'aperçoit qu'ailleurs on s'attache à entretenir l'héritage et à le faire connaître. Citons par exemple les maisons Pierre Corneille (Rouen), Darius Milhaud (Aix-en-provence), Jean Giraudoux (Bellac), J-J Rousseau (Chambéry)... Parfois, ces villes n'ont qu'un personnage célèbre à faire-valoir, d'autres n'en ont aucun. Carcassonne en possède plusieurs, mais sans vouloir attiser la polémique je vous invite à regarder ce qu'on en a fait 

Paul Lacombe / Compositeur/ 2, rue A. Ramond

(Membre de l'Institut de France)

André Cayatte / Cinéaste/ rue Denisse

(Ours d'or à Berlin)

Paul Sabatier/ Chimiste/ rue Chartran

(Prix Nobel)

Ferdinand Alquié/ Philosophe/ Rue de Verdun

(Membre de l'Institut de France)

_______________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2015

03/07/2015

La musique de Paul Lacombe sera diffusée sur France Musique.

Comme déjà annoncé sur le blog, le

Festival de Radio-France Montpellier Languedoc-Roussillon

donnera en concert le 15 juillet prochain à 18 heures (Salle Pasteur - Corum de Montpellier), la sonate op.100 pour violoncelle et piano de Paul Lacombe. Cette prestation musicale sera enregistrée et diffusée sur les ondes de France musique le 29 juillet 2015 dans l'émission  "Le concert du midi" (entre 12 h et 14 h), présentée par Françoise Degeorges. D'une pierre deux coups ; c'est la première fois depuis un siècle que la musique de Lacombe fait son retour dans un concert national et dans une radio-diffusion.

Capture d’écran 2015-07-03 à 11.22.13.png

____________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2015

11:27 Publié dans Paul Lacombe | Tags : lacombe | Lien permanent | Commentaires (1)

02/06/2015

Les difficultés pour monter un projet culturel à Carcassonne

Il y a maintenant près de six ans, je me lançais une aventure un peu folle. Celle de faire découvrir l'histoire et la richesse musicale d'un compositeur de musique Carcassonnais, qui jusque-là n'étaient connues que d'une poignée de mélomanes. Au premier rang ceux-là, citons Georges Bruyère qui n'a jamais ménagé sa peine pour tenter avec les moyens de son époque, de faire connaître Paul Lacombe. Déjà en 1984, il avait organisé un concert de qualité dans la cour du Musée des Beaux-arts, qui faute de soutiens de la part de la municipalité d'alors, avait fait pschitt. Dans les compte-rendus de la presse locale, du temps où elle faisait encore des articles sur la musique classique, on peut lire que le public Carcassonnais avait accueilli cette aubade avec la fraîcheur élitiste d'un snobisme à l'esprit de brochure. Rassurez-vous ! Le type même de poncifs sur le caractère mineur d'une musique qui n'atteindrait pas les hautes sphères de l'art Mozartien, a traversé les décennies à Carcassonne dans la mentalité des acteurs culturels.

Rendez-vous

Dans les premiers mois de l'année 2010,  Monsieur Alain Tarlier, tout récemment élu à la tête de la Communauté d'Agglomération et comme adjoint à la culture, me recevait dans son bureau. Je remercie par  ailleurs Marie-Aude Lapasset qui m'a obtenu ce rendez-vous. Je lui exposais mon projet culturel autour de Paul Lacombe avec détermination ; cela suscita une écoute attentive et intéressée de la part de mon interlocuteur, tant il nourrissait d'ambition pour une autre culture à Carcassonne. Notamment pour  un Festival de Carcassonne qu'il jugeait trop commercial. Paul Lacombe tombait à point nommé dans le type de projet qu'il souhaitait mettre en place durant les rendez-vous culturels estivaux. Peu de temps après, je rencontrais Monsieur Mercadal ainsi que le directeur du conservatoire. Un catalogue des oeuvres et des partitions se trouvant à la bibliothèque leur était donné.  Je sortais de là avec un immense espoir. J'avais été écouté, serais-je entendu ?

Mon projet en 2010

Présentation 

Paul Lacombe est le plus remarquable des compositeurs carcassonnais de l’histoire de notre ville et il me semble injuste qu’aujourd’hui son nom ne reste associé qu’à une école ou une rue. 

Fils d’un industriel du drap il naît le 5 juillet 1837 et présente dès son plus jeune âge de réelles dispositions pour la musique. Il va profiter de l’arrivée d’un ancien élève du Conservatoire de Paris du nom de François Teysseyre. Ce dernier, aidé par la municipalité crée la première école de musique et de chant avec les buts suivants : « une classe de chant destinée aux ouvriers, aux enfants indigents, à tous ceux qui, avec des dispositions naturelles pour la musique, n’ont ni le temps ni les moyens d’en apprendre même les éléments. » Lacombe, grâce à ce professeur, va apprendre tous les éléments nécessaires pour devenir un compositeur chevronné. Il devient ami avec Georges Bizet qui lui prodigue des conseils compositionnels et entre après la guerre de 1870 dans la Société nationale de musique créée par Camille Saint-Saëns. Ses compositions sont alors jouées à la Salle Pleyel, aux concerts Pasdeloup, au Conservatoire national de musique mais aussi en Allemagne et aux Etats-Unis. Refusant de s’établir à Paris et préférant demeurer à Carcassonne  malgré le succès qui lui tend les bras, il reçoit comme Joe Bousquet cinquante ans plus tard ses amis chez lui en face du square Gambetta : Massenet, d’Indy, Fauré, Chabrier… Sa musique est couronnée à plusieurs reprises et Lacombe est élu comme correspondant de l’Institut et à la Société des Beaux arts. En 1902, il est Chevalier de la légion d’honneur et décède en 1927 à Carcassonne à 90 ans.

 

Pourquoi un tel projet ? 

 

A l’instar des villes comme Pamiers, St-Etienne, St-Félix Lauragais, St-Jean de Luz qui honorent chaque année avec un festival de musique leurs célèbres compositeurs : Gabriel Fauré, Jules Massenet, Déodat de Séverac, Maurice Ravel… Il s’agit de réhabiliter la musique et la mémoire d’un carcassonnais célèbre et injustement oublié par sa ville. 

 

Un constat accablant 

 

Un nombre conséquent de partitions de Lacombe misérablement archivées se détériorent chaque jour dans les réserves de la bibliothèque municipale de Carcassonne. Ce sont des œuvres gravées (Sonates, mélodies, symphonie…) léguées par Frédéric Lauth, ancien limonadier carcassonnais et président du comité Paul Lacombe de 1929. Mais aussi et c’est plus grave, des manuscrits de l’auteur qui sommeillent dans l’indifférence et dont la perte serait inestimable. A ce sujet, il y a également le manuscrit de l’unique opéra du compositeur carcassonnais Pierre Germain, « Simon de Montfort ». Cet ouvrage a été au début du siècle, donné dans le théâtre de la cité par l’orchestre du Capitole de Toulouse. La partition a souffert de la poussière et il conviendrait d’arranger la reliure.

Ces partitions font partie du patrimoine culturel de la ville et nous ne pouvons admettre de les voir ainsi remisées et si peu entretenues.

 

Au niveau artistique, Lacombe n’est plus au programme des orchestres nationaux.  L’Harmonie municipale dont il a été un des fers de lance, ne joue plus ses œuvres depuis longtemps alors qu’il existe dans ses archives, des partitions du maître transcrites pour orchestre d’harmonie par leur ancien chef, Michel Mir. L’école de musique de la CAC ne s’est jamais posée la question de faire travailler à ses élèves des œuvres de Paul Lacombe et leur orchestre n’en présente pas à ses programmes. En ont-ils connaissance ? Si nous voulons réhabiliter la musique de Lacombe, c’est inévitablement par Carcassonne et l’Aude que doit commencer notre entreprise. Il nous appartiendra ensuite de la faire redécouvrir aux musicologues, universitaires, critiques et chefs d’orchestres nationaux. Cette démarche ne pourra aboutir sans une concentration de bonnes volontés accompagnées par la mairie et le Conseil général.

Il est à noter que le dernier concert suivi d’une conférence consacrée à Paul Lacombe remonte à 1984. Il s’agissait d’un répertoire pour piano et violon. Quant au dernier concert pour orchestre, il date des années 1960 grâce à Jean Alary alors directeur du théâtre.

 

Sauvegarder et éduquer 

Veiller à une meilleure conservation des partitions gravées et manuscrites déposées à la bibliothèque municipale.

Faire en sorte que le directeur de l’école de musique propose l’étude de certaines œuvres à ses élèves. Il trouvera suffisamment de ressources dans le fond de partitions de la bibliothèque municipale pour de nombreux instruments : violon, piano, chant, orchestre, basson… Cela pourrait faire partie d’un projet pédagogique et l’orchestre de l’école pourrait travailler par exemple : la 2e symphonie en ré majeur, la marche dernière ou la Rapsodie sur des airs du pays d’oc. Cette dernière, véritable ode à notre Languedoc, a été interprétée par la Garde Républicaine en 1928 pour les fêtes du Bimillénaire de la cité en présence du Président Gaston Doumergue.

Il y a très peu de partitions encore en vente dans le commerce mais on peut louer le matériel d’orchestre chez les éditeurs et je possède un fond personnel de 50 œuvres différentes.

 

 

Faire découvrir sur le court terme 

 

Je propose un concert, une exposition et une conférence pour le printemps ou l’été 2010 que vous trouverez dans un dossier de presse en annexe. Cette manifestation pourrait également permettre l’ouverture au public de la maison natale du compositeur située en face du square Gambetta. C’est là qu’il reçut les plus grands musiciens français de son époque : Massenet, Chabrier, Fauré, Bizet… 

Ce concert devrait peut-être aussi être repris par le Conseil Général pour une tournée dans les villes et villages du département. 

 

Pérenniser sur le long terme 

 

Pourquoi n’envisagerions-nous pas un festival de musique classique qui prendrait le nom de Paul Lacombe ? Au printemps peut-être, là où la concurrence des festivals ne fait pas encore rage, autour d’une programmation de différents compositeurs en y incluant bien sûr des œuvres de Lacombe. Cela se fait parfaitement à St-Félix Laugarais pour De Séverac ou à Pamiers pour Gabriel Fauré.

Autour d’éminents concertistes, nous pourrions faire participer les élèves de l’école de musique de la CAC et mettre en valeur de nouveau talents issus de notre ville. Un concours avec une remise du prix « Paul Lacombe » pourrait aussi récompenser le meilleur d’entre eux. On peut aussi envisager une coproduction avec le festival Radio France de Montpellier et ainsi avoir leur orchestre à Carcassonne.

Enfin, la mairie ne pourrait-elle pas se porter acquéreur de la maison de Paul Lacombe pour en faire une annexe de l’école de musique ou une annexe de la future Médiathèque ?

 

Un premier succès

 

En juillet 2010, la ville de Carcassonne décide de programmer une conférence et un concert en l'honneur de Paul Lacombe au Musée des Beaux-arts, dans le cadre du Festival. J'interprète devant 300 personnes, des mélodies accompagnées au piano par Gilles Leconte de l'opéra de Limoges. La journée est une vraie réussite et suscite l'enthousiasme du public. Cela faisait cinquante ans que l'on n'avait plus joué Lacombe au festival. Malheureusement, aucun article ne paraissait dans la presse ; les journalistes étant trop occupés par les vedettes de variétés. Ce n'est que deux semaines après, que le compte-rendu que je rédigeais de ce concert était publié dans le journal, grâce à Joël Ruiz. 

 

Une bataille 

 

En septembre 2011, j'apprenais avec satisfaction que les Amis du musée Petiet de Limoux, allaient sortir un Cd de pièces pour piano de Paul Lacombe interprétées par Mlle Tranchant. Connaissant un peu cette pianiste locale, je lui téléphonais en lui indiquant que lors de mon dernier rendez-vous avec Monsieur Mercadal, j'avais proposé à ce dernier que nous puissions faire ensemble un concert au Festival 2011. Elle étant pianiste et moi chanteur, la complémentarité ferait une bonne communication pour la musique de Lacombe.  De plus, il permettrait à son disque de se faire connaître. À ma grande surprise, la pianiste m'indiqua qu'elle avait récemment envoyé une demande de rendez-vous à ce monsieur parce qu'elle voulait jouer seule. La proposition de partager le concert en deux parties, dont une serait consacrée au piano solo, ne la fit pas revenir sur ses positions. Je compris dès lors que nous ne poursuivions pas les mêmes objectifs. 

 

Quand son Cd sortit fin 2011, je fus un des premiers à l'acquérir. Si j'ai été agréablement surpris par la qualité d'interprétation de Mlle Tranchant, j'ai pris la mouche lorsque je me suis aperçu que le texte du livret avait été, mot pour mot, copié sur la notice Wikipédia que j'avais réalisée sur le compositeur. Le refus de Mlle Tranchant d'oeuvrer dans le même sens que moi, m'a décidé à faire protéger l'ensemble de mon travail pour en revendiquer la paternité. Depuis deux ans, je rassemblais à grand frais partitions et documents dans le but d'écrire une biographie de Lacombe. Je considérais, peut-être à tort et la passion m'emportant, que l'on voulait récupérer ce que j'avais mis sur pied. Finalement, les élus donnèrent satisfaction à Mlle Tranchant qui obtint son concert solo au festival avec des oeuvres de Lacombe, quand j'en fis de même avec des amis de l'orchestre symphonique du Limousin, quelques jours après au même endroit. Quand on met les oeufs dans le même panier, l'omelette n'en est que plus grande et belle... Tout le monde n'a pas les même idées, c'est dommage.

 

Dès lors, Mlle Tranchant va continuer dans son coin à donner des concerts à Limoux (Musée du piano), Pennautier (Na Loba), à la fête de l'oignon à Citou... Elle va faire jouer du Lacombe à sa classe de piano à l'École de musique. Toutes ses entreprises contribueront à faire connaître le compositeur, mais elles porteront un discrédit sur la capacité de deux musiciens à s'entendre alors qu'à priori ils devaient poursuivre les mêmes buts. À partir de là, le projet que je portais commença à décliner dans la tête de MM. Tarlier et Mercadal. Je dois même avouer qu'ils se sont rangés du côté de la pianiste, peut-être pour avoir la paix... 

 

Nous aurions pu et dû faire jouer du Lacombe aux Cabardièses de Pennautier, où le gratin des pianistes internationaux se produit chaque année. Mais, peut-être n'ont-ils pas voulu de cette pianiste reconnue dans le Carcassonnais...

 

Un site internet

 

Au printemps 2011, j'ai conçu un site internet à mes frais et sans aucune subvention. Depuis 4 ans, je paie le nom de domaine et les frais d'hébergement. 

 

www.paullacombe.com

 

La maison natale 

1119286641.jpg

© Chroniques de Carcassonne

 

Je me suis battu depuis 2009 pour faire connaître la maison de Paul Lacombe, située en face du Square Gambetta. J'ai proposé au Président de la Communauté d'agglomération que la collectivité l'achète pour en faire un Centre culturel dédié à la musique. Finalement, M. Tarlier voulut l'acquérir pour les réserves de la Bibliothèque municipale au cours du déménagement de celle-ci. Le prix fit reculer l'élu qui préféra Montquiers pour remiser les documents de la future médiathèque. J'écrivis également au Ministère de la culture dans le but de faire la faire comme Maison des illustres. La réponse ne fut pas négative, mais quel pouvoir avais-je sur elle n'étant pas propriétaire, ni élu ? C'est avec un grand pincement de coeur que j'appris qu'elle allait être transformée en bureaux. J'ai aussitôt saisi l'ABF et le propriétaire afin qu'il conserve des éléments indissociables de son passé artistique. Ce fut fait. Aujourd'hui, cette maison fort bien rénovée a perdu toute son identité. 

 

Une biographie

1888755355.png 

Avril 2013, je sortais une biographie du compositeur, à compte d'auteur et toujours sans subventions. Cela représente deux ans de recherches et de rédaction afin de synthétiser la vie de cet homme décédé à l'âge de 90 ans. Combien de déplacements aux archives nationales à Paris, à la médiathèque Malher ? Combien de contacts avec la Bibliothèque nationale d'Autriche, avec des collectionneurs de manuscrits ?   Tout cela pour que deux membres de la Société des Arts et Sciences contestent publiquement sur un blog, le caractère inédit de cet ouvrage et de ses sources ! Cela n'a pas empêché ce livre d'être lu et reconnu à sa juste valeur, par plusieurs musiciens et musicologues. J'étais une seconde fois attaqué par la jalousie et l'égoïsme ; par ricochet, le projet Paul Lacombe prenait un autre coup.

 

Un concert symphonique

 

Pendant un an, j'ai travaillé avec un jeune chef d'orchestre qui venait d'enregistrer un Cd d'une oeuvre symphonique de Rabaud. Nicolas Couton s'intéressa énormément à la musique de Lacombe. Il reconstitua les parties d'orchestre de sa seconde symphonie en ré. À la demande de l'ADDMD 11 (Conseil général) et après plusieurs réunions, nous avions paraît-il l'aval des élus pour monter un programme symphonique au Festival 2014. Nicolas Couton et son agent artistique se mirent alors en quête d'un orchestre et de budgétiser l'ensemble de la prestation. L'orchestre de Sofia devait venir au festival pour interpréter plusieurs oeuvres du répertoire français, dont deux de Lacombe. Nous étions confiant, car le directeur de l'ADDMD nous donnait des gages de la part des élus. Finalement, j'ai appris  par le directeur du festival début 2014 que jamais il n'avait été mis au courant de pareille entreprise. Par conséquent, il n'y aurait pas cette production à l'été suivant. Tout notre travail de plusieurs mois s'effondrait et on nous avait roulé dans la farine.

 

 

Radio-France

1465555046.png

À l'automne dernier, je recevais un coup de téléphone de la programmation du Festival de Radio-France.  L'organisateur ayant entendu sur Youtube la Sonate pour violoncelle que j'avais postée après son interprétation au Festival de Carcassonne, me demanda si je pouvais fournir la partition. Ce que je fis. Aussi, le 15 juillet prochain, elle sera jouée dans ce Festival de grande renommée par deux éminents interprètes. Pensez donc ! La première fois depuis cent ans... Dernièrement, j'ai offert mon livre à Alain Duault que j'ai rencontré à l'opéra de Limoges. Il ne manquera certainement pas d'en parler sur Radio Classique. Seul le journal l'Indépendant de Carcassonne a publié un entrefilet pour annoncer cet évènement. Son concurrent n'a pas donné de suite à ma demande. Quant aux collectivités locales et à la Fabrique des Arts, elles font toujours la sourde oreille... 

 

______________________________

 

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2015

01/06/2015

Demandez le programme des Estivales de la Malepère !

Il est une association modeste par sa puissance budgétaire, mais immense par sa détermination. Chaque année depuis 1989, ses bénévoles proposent une programmation de conférences de haute volée, articulée autour de la culture, des sciences et de l'histoire. Cet évènement culturel unique autour de Carcassonne a besoin de votre présence et du soutien financier des collectivités locales. Notamment, la région Languedoc-Roussillon qui semble préférer subventionner les fêtes gastronomiques, plutôt que la culture en milieu rural.

Capture d’écran 2015-06-01 à 08.37.24.png

 

Conférences

LUNDI 1er JUIN 

 

« Le Pain a 10 000 ans ! »

Roland FEUILLAS, Paysan, Meunier et Boulanger de Cucugnan,

Professeur Henri JOYEUX, Professeur des Universités, Praticien Hospitalier de Cancérologie et de Chirurgie Digestive à l'Université Montpellier 1.

Le Pain a 10 000 ans ! Quelle est son histoire ? État de l'art, où en sommes nous ? Quelles sont les perspectives ?

Qu'en est-il exactement de toutes les problématiques de santé liées à ce fameux "gluten" ?

Le Pain nourriture ? Le Pain plaisir & gastronomique ? Quel doit être notre "Pain quotidien" ?

Faut-il revenir au temps du "Pain de ménage" et faire son Pain soi même ?

Le Pain 100% Nature. Une traçabilité totale de la semence à l'assiette, de la fourche à la fourchette.

Prologue en forme de conte occitan par Joan-Jaume DELPOTZ/DELPOUX.

 

MARDI 2 JUIN 

B-Allaire-1b-3.jpg 

« Jean-François de La Rocque, Seigneur d'Arzens en Languedoc et colonisateur du Canada »

Bernard ALLAIRE, Historien Ph. D., chargé de recherche, CMMC, université de Nice.

Célèbre militaire, Jean-François de La Rocque, sieur d'Arzens, de Poix en Rethélois et de Roberval fut choisi par François Ier pour diriger de 1541 à 1543 la première colonie française au Canada. Malgré cet exploit l'homme fut relégué par les historiens dans l'ombre du navigateur malouin Jacques Cartier qui l'avait précédé en Amérique et n'entra jamais au panthéon des explorateurs du XVIe siècle.  Cet homme qui a traversé l'Atlantique avec navires, colons, artisans et prisonniers pour bâtir une Nouvelle-France nous concerne particulièrement car il est natif de la région de Carcassonne et fut jusqu'à son décès, le seigneur d'Arzens.

 

MERCREDI 3 JUIN 

 

« L'intérêt culturel et artistique de l'art gravé du Néolithique Saharien »

Anne-Michelle et Axel VAN ALBADA, Biologistes, Spécialistes en Art Rupestre.

Des milliers de gravures furent réalisées sur les grès durs des falaises du Fezzan Libyen, il y a de 5000 à 10000 ans. Certaines sont peut-être plus anciennes. Cet ensemble constitue un des plus grands centres mondiaux d'art rupestre. Ces œuvres, dont beaucoup ont été découvertes récemment, souvent de grande qualité artistique, nous informent sur une civilisation qui expérimenta la domestication des grands bovidés mais développa aussi une mythologie originale dans les millénaires qui précédèrent la première grande crise aride de la zone saharienne, avant l'éclosion de la civilisation de l'Égypte dynastique. Le pays est actuellement un désert inhabitable faute de points d'eau permanents, mais des hommes s'y déchirent pour s'accaparer les hydrocarbures qui se trouvent 1000 m en dessous des gravures depuis bien plus longtemps.

 

JEUDI 4 JUIN 

 

« Pouvoir et Environnement »

Frédéric OGÉ, Chargé de Recherche, HDR, au Laboratoire de Géographie PRODIG CNRS.

L'environnement peut être appréhendé comme un champ de recherche ou d'action ou de vie polysémique, à valeur positive (qui est contre la défense de l'environnement ?), défini par chacun en fonction de ses intérêts. Mais il peut être aussi analysé comme un champ de pouvoir, un moyen d'élargir son pouvoir (ou celui du groupe auquel on appartient) sur les autres acteurs du fonctionnement de la société humaine, que ce soit au niveau national ou international. On peut donc tenter d'étudier ce jeu entre de multiples acteurs pour comprendre ce qu'est l'environnement et comment il devient objet ou vecteur de pouvoir.

 

VENDREDI 5 JUIN 

genevi_ve_gavignaud_fontaine_philippe_lacombrade.jpg

« Le patrimoine des vignerons languedociens à l'épreuve de la globalisation économique »

Geneviève GAVIGNAUD-FONTAINE, Historienne, Auteur, Professeur des Universités à Montpellier.

Les vignerons languedociens, et parmi eux ceux de la Malepère, sont d’autant plus concernés par la globalisation économique qu’ils vivent, depuis une quinzaine d’années, les effets déstabilisateurs d’un marché vinicole acquis à la concurrence spéculative. Le débat sur la nouvelle donne commerciale rebondit à chaque publication de parts de marché. Il entretient une ligne de fracture perceptible entre professionnels du vin, mais aussi dans le vignoble; elle s’affiche aux yeux de tous dans le paysage où, entre terroirs et villages, galopent ici la friche, là le béton, toujours dans le sillage des arrachages qui n’en finissent pas d’aligner les hectares, même aux dépens des vins de qualité. Pendant ce temps, les plantations s’intensifient ailleurs dans le monde; tandis que le monde entier convoite le patrimoine vigneron français, qu’en sera-t-il de celui des Méridionaux dits aujourd’hui Sudistes ?

Prologue en forme de conte occitan par Joan-Jaume DELPOTZ/DELPOUX.

 

SAMEDI 6 JUIN (17h) 

 

« Balad'O », par la Compagnie Barolo Solo. Balade artistique entre Caux-et- Sauzens et Villeséquelande, le long du Canal du Midi.

Animation tous publics originale, artistique et culturelle portée par les associations AVEC et EUREK'ART et soutenue par l'Agglomération de Carcassonne, la DRAC L.R., la Région L.R., le Conseil Départemental de l'Aude.

Balade au fil de l'eau, dans l'eau, avec l'eau, sur le Canal du Midi, Balad'O est une randonnée spectacle où les spectateurs sont emmenés tels des passagers clandestins, à traverser les frontières... Les musiciens et circassiens suivront ce voyage onirique sur des routes parallèles où ils se transformeront tout au long de cet exil pour devenir mi-hommes mi-animaux aquatiques quand le public aura atteint ce nouveau monde, traversant cette frontière sur un filet de pêche tendu entre deux rives... Spectacle gratuit sur réservation. Informations au 04 68 78 49 69.

 

DIMANCHE 7 JUIN 

4087441735.jpg

Salon du Livre et de la Littérature Régionale

de 10h à 18h, Foyer Municipal d'Arzens, entrée gratuite.

Remise du prix « Feuilles de Malepère » 2015

Vernissage de l'exposition Peintures et Collages de Neville PAINE

Signature de la Charte des Manifestations Littéraires, Languedoc-Roussillon Livre et Lecture

Restitution du projet « Auteurs au Lycée » par les élèves du Lycée Paul Sabatier

 

LUNDI 8 JUIN

2507502903.jpg

« Paul Lacombe, un compositeur Carcassonnais »

Martial ANDRIEU, Artiste lyrique, écrivain, historien.

Paul Lacombe est un compositeur, né en 1837 à Carcassonne. Il fut élève de Georges Bizet avant de devenir l’un des membres fondateurs de la Société Nationale de Musique en 1871.

Ses œuvres symphoniques figurèrent à l’affiche, à côté de celles de ses amis les plus illustres. Parmi eux,  Massenet, Chabrier ou encore Fauré. Elles furent primées aux concours de la Société des Compositeurs et distinguées par la critique, mais l’entêtement de Lacombe à ne pas vouloir quitter son pays natal, les plongera peu à peu dans l’oubli. Ultime reconnaissance de son grand talent, son élection à l’Académie des Beaux-Arts en 1901 avant qu'il s’éteigne en 1927. Il nous laisse un impressionnant catalogue de 150 œuvres, que nous envisageons de faire connaître à tous les mélomanes.

 

MARDI 9 JUIN 

080423 Kerstin s.jpg

« Architecture du génome et expression génique : quel lien entre structure et modifications chimiques des chromosomes et les étapes précoces du développement des cancers ? »

Kerstin BYSTRICKY, Professeur de Biologie Moléculaire, Université Paul Sabatier Toulouse III et Laboratoire de Biologie Moléculaire Eucaryote, LBME-CNRS.

Comprendre la complexité du monde vivant est essentiel pour mieux appréhender ses dysfonctionnements, notamment ceux observés en pathologie humaine. Ces dernières années ont été marquées par l’apparition de thérapies basées sur la connaissance des mécanismes moléculaires impliqués dans la régulation de l’expression des gènes. Au-delà de la connaissance de la séquence du génome humain, les modifications de l’ADN et de la structure des chromosomes par des phénomènes extérieurs, dits « épigénétiques » jouent un rôle majeur. Ces liens seront illustrés à travers quelques exemples de régulation des gènes par les hormones dans les cellules cancéreuses mammaires.

 

MERCREDI 10 JUIN  

Philo.jpg

« Le cannibalisme, une affaire de culture »

Éric LOWEN, Directeur de l'Université Populaire de Philosophie de Toulouse

Dans notre culture, nous réservons le cannibalisme aux “sauvages” et aux malades, mais au regard de l’histoire culturelle de l’humanité, cette conviction ne résiste pas. Le cannibalisme a longtemps accompagné les cultures humaines à des degrés divers : cérémoniel, funéraire, magique, sacrificiel... Dans nos arbres généalogiques, nous descendons tous de cannibales.

En prologue de la conférence, « MANTODEA » pièce de danse contemporaine. Création et interprétation de Sophie BLET.

« Mantodea » est un solo de danse contemporaine sur les différentes phases de vie de la mante religieuse.

‐La gestation, l’univers de l’oothèque : enveloppe protectrice qui modifie les sons extérieurs pour l’interne. Référence au liquide amniotique, au flottement mais aussi aux réactions spasmodiques des réflexes ou du sommeil. Un temps de suspensions avant l’éclosion. 

‐L’éclosion : la naissance de l’insecte, le bruissement des ailes, les craquements des différents organes qui se développent. La structure corporelle qui se déploie, le métabolisme instinctif se met en place.

‐La nourriture, la survie : l’attente de la faim, l’approche et l’attaque des proies. La vélocité de l’instant. La survie de l’animal face à son environnement.

‐La mue, les petites morts : le dédoublement de soi, comment l’être s’extrait de lui ‐même. Le corps qu’elle laisse derrière elle, sa texture. L’évolution qui accompagne ce leitmotiv.

 

JEUDI 11 JUIN (18h - 19h15) 

 

« Habiter la Terre : L’environnement et le climat en Languedoc-Roussillon »

Table ronde avec Gaël DERIVE, expert sur le dérèglement climatique et auteur, Sylvie CROSSMAN des éditions Indigène, Céline MESQUIDA, présidente de la FNE Languedoc-Roussillon, Olivia GROLLEAU, de l’association Lo Barrut (sous réserve)Sylvie VAUCLAIRFrédéric OGÉFrançois BLUCHE, conférenciers des Estivales 2015.

Événement organisé par Languedoc-Roussillon Livre et Lecture et soutenu par la Région Languedoc-Roussillon dans le cadre de la manifestation régionale Total Festum.

Gaël Derive, 40 ans, docteur ès sciences, est aujourd'hui l'un des experts les plus actifs et les plus engagés sur les questions de dérèglement climatique. Après avoir travaillé dans les laboratoires de recherche (CNRS, IRD, INRA), il s'implique dans l'un des premiers Plans Climat français des collectivités. Il est l'auteur de deux films remarqués pour leur vision à la fois pragmatique et humaniste du sujet : L'Odyssée du climat (2009) et Une planète & une civilisation (2012). Son nouveau livre est un témoignage, un cri, un appel humain : Nous aurions dû rester des singes (2015, 45 pages, éditions Indigène). Lien web :  www.gaelderive.fr.

« La planète se moque de posséder une banquise et de grands espaces vierges totalement englacés. La planète se moque d'être recouverte d'un océan plus haut de un ou dix mètres. Mais pour l'espèce humaine, la terre représente tout, une ressource, une protection. » Gaël Derive a osé sortir des rapports scientifiques pour aller éprouver les effets déjà bien réels du dérèglement climatique auprès de Satu, éleveur en Ethiopie ; Nipa, rizicultrice au Bangladesh ; Donildo, chasseur en Amazonie ; Jeannie, l'Inuite de l'Arctique ; Tsering, cultivatrice au Népal et Karakaua, pêcheur aux îles Kiribati. De ces rencontres, le scientifique revient bouleversé, avec cette certitude : si l'on veut éviter à l'humanité de demain la précarité alimentaire, l'absence d'eau potable, l'errance climatique et l'extension des violences, il faut se saisir de cette crise comme d'une chance pour construire des modèles économiques et sociaux qui nous permettront de "prospérer sans croissance". Faute de quoi, peut-être eût-il mieux valu rester des singes...

 

JEUDI 11 JUIN (20h30) 

IMG_1939 Sylvie Vauclair.jpg 

« Habiter la Terre en astrophysicienne »

Sylvie VAUCLAIR, Astrophysicienne, Professeur Émérite à l'UPS Toulouse, Chercheur à l'IRAP-OMP.

Les découvertes astrophysiques contemporaines riment avec la prise de conscience planétaire. Nous vivons une époque étonnante où des sondes spatiales nous renvoient de très loin des images de la Terre, comme un petit point bleu perdu dans l’immensité. Sa finitude, sa fragilité, les limites de ses ressources et en même temps les richesses de la vie qu’elle abrite sautent aux yeux. Son existence et celle de l’humanité peut à présent se situer au sein d’un immense Univers que nous apprenons à connaître petit-à-petit. Ces découvertes contemporaines donnent le vertige et procurent en même temps une certaine exaltation où la science peut se conjuguer avec l’art.

 

VENDREDI 12 JUIN

3195843243.jpg

« Le réchauffement climatique et ses conséquences sur les rivages du Languedoc-Roussillon, en particulier de l'Aude »

François M. BLUCHE, Médecin biologiste, Ancien Stagiaire du Laboratoire Arago de Banyuls-sur-Mer, Spécialiste Santé-Environnement.

Le conférencier nous résume d'abord les variations climatiques depuis l'origine de notre planète avec des périodes glaciaires et tropicales, et en énumère les causes. Il nous donne ensuite une vision du climat dans les cinquante prochaines années avec des conséquences dramatiques pour le Monde et notre région en particulier. Pour conclure, en complément des mesures mondiales (limitation des gaz à effet de serre), François Bluche propose une solution actuellement peu utilisée et qui lui semble la meilleure : la géothermie.

 

Exposition permanente

 

Après plusieurs expositions de ses œuvres à Carcassonne, dont la plus récente, en mars, à la galerie « la Compagnie des Voyageurs », l'artiste anglais Neville PAINE a accepté d'accrocher ses dernières toiles aux cimaises des Estivales de la Malepère pendant la durée de la manifestation. Les Estivales lui en sont infiniment reconnaissantes et sont honorées de la participation d'un artiste d'un si grand talent et d'une sensibilité remarquable. Son amitié est rare et précieuse. Anglais de naissance, Audois d'adoption depuis 25 ans, il a choisi d'habiter notre région pour y retrouver la lumière du Sud qu'il avait découverte en Espagne. Ses toutes dernières réalisations sont des collages peints, réalisés à partir de superposition de multitude de fragments en découpes aigües, qui apportent un relief saisissant à ses compositions. Régulièrement exposé dans les plus grandes galeries internationales, il mérite, de la part des amateurs d'art, d'être découvert et reconnu comme un des acteurs essentiels de l'expression picturale artistique moderne.

 

Contes occitans

 

Dans l'Aude, on ne présente plus en Francès Jean-Jacques DELPOUX. Irréductible occitan, que ce soit dans le cadre des animations de Fasètz la Lenga, des Ivernalas de Cabardès ou de la Marche du Sel, il est toujours présent pour apporter sa verve et sa ferveur aux amis qui le suivent ou le découvrent, au coin d'une cheminée, d'une pierre de bois, à la croisée d'un camin. Pour leur faire partager l'humour et surtout l'émotion d'une histoire, d'une anecdote, ancienne ou juste de la veille, de nostre païs, de nos racines, de nos quartiers, de nos villages, de notre temps d'aujourd'hui qui n'est pas si différent de celui d'avant, selon la façon dont on le regarde... Totjorn dins nostra lenga mairala ! Mais que tous pourront comprendre et apprécier, même ceux dont l'oreille n'est pas occitane...

 

Danse et concert

 

SAMEDI 13 JUIN 

 

 Gala de danses sévillanes et flamenco par le groupe « Pasión Flamenca »

Foyer municipal d'Arzens à 20h30 (Gratuit)


 

DIMANCHE 14 JUIN

 

La chorale de la Malepère

invite le Chœur de l'Emporda, d'Avinyonet de Puigventós, dirigé par Quim Mandado.

16 h, Concert à l'Église d'Arzens, entrée gratuite. 

______________________________

 

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine / 2015

 

05/05/2015

C'est officiel ! Paul Lacombe au programme du Festival de Radio-France 2015

Après beaucoup d'efforts depuis cinq ans pour faire reconnaître et réhabiliter la musique injustement oubliée du compositeur Carcassonnais Paul Lacombe - souvent contre vents et marées - je suis heureux et fier de vous annoncer la programmation de l'une de ses oeuvres au Festival de Radio-France en juillet prochain. J'avais connaissance de cette information depuis quelques mois, puisque j'avais été contacté par l'organisation afin de fournir la partition de l'oeuvre.

festival-radio-france-mtp-2015.jpg

Le choix de la Sonate pour violoncelle et piano Op.100 n'est pas fortuit. J'avais fait interpréter cette pièce en 2012 par des amis instrumentistes de l'Orchestre régional du Limousin, dans le cadre du Festival de Carcassonne. A ce titre, je remercie l'équipe municipale de Monsieur Jean-Claude Pérez qui avait programmé ce concert. La captation vidéo postée par mes soins sur Youtube a fini de convaincre la programmatrice, d'inscrire cette pièce au Festival Radio-France 2015. J'associe également le travail et les contacts noués par Aude à la culture.

Capture d’écran 2015-05-04 à 12.16.11.png

Paul Lacombe

retrouve ainsi toute sa place aux côtés des compositeurs Languedociens :

Déodat de Séverac, Émile Paladilhe, Jane Vieu et Bruno Mantovani.

J'ai récemment rencontré Monsieur Alain Duault (Radio-Classique) à qui j'ai offert la biographie que j'ai écrite sur Paul Lacombe. Il ne manque plus désormais que l'enregistrement d'un Cd afin de donner à entendre au public toute la délicatesse d'une musique bêtement snobée à Carcassonne par les décideurs culturels, les directeurs de conservatoire, les professeurs et les musiciens. Il est vrai qu'il vaut mieux enfoncer des portes ouvertes ou sauter sur sa chaise comme un cabri en criant : Mozart, Mozart, Mozart... Quel manque de curiosité ! Je n'espère plus rien de Carcassonne, mais que y a-t-il vraiment encore à espérer d'une ville où la culture est enfermée dans des dogmes, des luttes politiques partisanes, des jalousies ?

Rendez-vous

Corum de Montpellier

(Salle Pasteur)

15 Juillet 2015

à 18h

(Entrée libre)

---

Une pensée amicale pour M. Georges Bruyère

____________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2015

18/12/2014

Le quatuor op.101 de Paul Lacombe ressuscité après 110 ans de silence !

Comme nous vous l'annoncions la semaine passée, une oeuvre du répertoire de musique de chambre de Paul Lacombe sera jouée à Grosse pointe (États Unis d'Amérique) en février prochain. Il s'agit du quatuor op.101 pour piano, violon, alto et violoncelle composé en 1903 et dont j'avais numérisé la partition lors d'un séjour à Paris, à la Bibliothèque Nationale de France. Tout simplement parce qu'il n'existe plus ce matériel à la vente dans les librairies musicales. Bien m'en a pris, car aujourd'hui j'ai pu l'adresser à ces musiciens outre-atlantique, comme je l'ai fait récemment pour les organisateurs du Festival de Radio-France qui joueront cet été la Sonate pour violoncelle.

122.JPG

Extrait de ma biographie

Paul Lacombe, le testament musical d'un grand symphoniste français

 

Achevé en mars 1903, le Quatuor op.101 pour violon, alto, violoncelle et piano porte la dédicace suivante : « A mon ami Vincent d’Indy ». Une attention, gage d’une amitié fidèle, que l’auteur de Fervaal remercia en ces termes : « La dédicace de votre nouveau quatuor m’est infiniment agréable, venant d’un confrère dont j’aime et apprécie le talent de symphoniste (pas si fréquent actuellement) depuis déjà longtemps. » Il ne s’engagea pas à le lire de suite, arguant un manque de temps dû à ses activités à la Schola cantorum. Il promit toutefois d’aller l’entendre à la Société nationale le 9 avril 1904.

Lacombe qui cherchait des instrumentistes pour jouer son quatuor à ce concert, fit appel à Louis Diémer. Celui-ci n’étant pas libre, il proposa quelques uns de ses élèves dont Victor Staub qui devait assurer la partie piano en compagnie d’Henri Saïller (violon), de Marcel Mignard (alto) et de Cornélis Liégeois (violoncelle). Dans le courrier musical, Jules Combarieu notait :

 

« Le quatuor de M. Paul Lacombe, qui ouvrait la soirée, fait honneur à la fois à la Société et à l’auteur, resté fidèle à la musique de chambre ;  son esprit très net et très ouvert n’a pas été atteint par cette manie de modernisme à outrance et à ce goût de l’étrangeté que nous avons parfois à déplorer chez les meilleurs ; mais il est bien de son temps, et sait, quand il le veut, écrire autre chose que d’aimables idylles. » Et malgré quelques réserves : « Ce que je regretterais peut-être c’est que les idées se pressent et font masse compacte, sans qu’on aperçoive suffisamment la structure de l’ensemble, qui, à première audition, m’a paru être conçu dans la forme du prélude ou de la rhapsodie, plutôt que dans la forme traditionnelle. », il conclu à « une œuvre de sérieux intérêt. »

 

 

Il est intéressant de savoir comment il fut reçu de l’autre côté du Rhin, après que Lacombe l’eût envoyé au critique Eugen Segnitz :

 

 

J’ai parcouru avec grand intérêt votre nouveau quatuor op.101. C’est une composition très inspirée, une envolée du premier mouvement jusqu’au final. Le mouvement lent est porté par une belle mélodie extraordinairement touchante. Le scherzo est très plaisant grâce à une harmonie bien choisie et originale. Le thème principal du dernier mouvement peut penser à une traduction à la française d’un Robert Schumann grâce à sa concision et sa précision rythmique. Avant tout cela dès la première lecture de l’œuvre on reconnaît la finesse, la clarté et le souffle inspirateur à travers une belle disposition des thèmes attribués aux différents instruments. Tout cela renforce grandement l’effet musical.»

 

 

La partition sembla faire l’unanimité. Il ne semblait alors y avoir aucune raison pour qu’elle fût rejetée dans le midi de la France, où Lacombe jouissait de nombreux admirateurs. Après une audition à Toulouse le 23 avril 1909 et à Carcassonne deux jours plus tôt en présence du compositeur, elle rassembla tous les suffrages:

 

« Le premier Allegro débute par une très belle phrase en ut mineur, d’un pur romantisme, qui se poursuit dans de larges développements traités d'après les traditionnelles formes classiques, c'est vrai, mais avec des harmonies d'un modernisme chatoyant. Par ci, par là, nous trouvons une petite pointe de chromatisme ; hommage discret (peut-être voulu) rendu à la mémoire du père Franck. La phrase initiale, après avoir passé dans les doigts des quatre instrumentistes, se termine dans une majestueuse péroraison. Le second numéro s'ouvre par des harmonies suspensives, laissant ignorer, dès le début, la tonalité future ; mais voici que le violoncelle expose une superbe phrase en la bémol, d'une bien belle envolée. Et c'est sur cette mélopée que le compositeur développe logiquement, qu'est bâti tout cet Andante, de façon si ingénieuse et qui est d'un caractère si prenant. L'allegretto est un peut intermède en forme de menuet  tout pimpant ; une sorte de caquetage de joyeuses commères, fort amusant à entendre. Quant au finale, écrit dans la tonalité d'ut majeur, il est construit sur un deux temps d'une grandeallure; c'est pompeux, majestueux et bien rythmé; il y a dans cette ultime partie un travail contrepointique des plus intéressants : la forme canoniquey bat son plein, de même que tous les artifices de la syntaxe musicale ; une manière pour Paul Lacombe de faire savoir aux admirateurs de sontalent, que, lui aussi, était fort en thème et qu'il est en musique, bachelier de rhétorique et de philosophie, voire même docteur."

 

Écoute du Quatuor op.101

http://www.youtube.com/watch?v=7KdTauJVDUI

 

_________________________________

 

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

09:51 Publié dans Paul Lacombe | Tags : paul lacombe | Lien permanent | Commentaires (1)