22/06/2018

Francis Vals (1910-1974), un vrai socialiste au service de l'intérêt des modestes

C'est dans ce pays de littoral audois baigné par le soleil et très souvent balayé par le vent marin, que naît Francis Vals ce 9 novembre 1910 à Leucate. La terre qu'en d'autres régions de France on a coutume de qualifier de nourricière, ici n'est tout juste bonne qu'à faire pousser la vigne, entre le chiendent et le chardon. Les gens vivent de peu de choses ; femmes et enfants "rasclan la terra". Quand le chef de famille casse sa pipe avant l'heure, un sort terrible s'abat sur l'ensemble du foyer laissant totalement démunies ces pauvres mères, aux mains déjà meurtries. Quand elles les ouvrent c'est pour embrasser avec cœur, pas pour présenter avec ostentation l'argent que d'autres conservent entre leurs doigts. Ces gros propriétaires viticoles ou négociants attablés les jours de foire devant le café du commerce, sur les quais de la Robine. Que seraient-ils ces messieurs, sans les pauvres familles qu'ils exploitent et auxquelles ils font parfois de très charitables attentions ? Compromis à trahir la patrie sous l'Occupation en faisant des affaires avec le Reich, pendant que les enfants de leurs ouvriers versaient le sang de la vigne dans les maquis ! Francis Vals l'enfant pauvre, orphelin de père, instituteur, résistant et député de la Nation. 

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Francis Vals

Malgré la perte de son père à l'âge de 12 ans, le jeune Vals poursuit ses études grâce au courage de sa mère. Après son Certificat d'études primaires, le cours complémentaire Cité à Narbonne, il entre à l'Ecole normale de Carcassonne et devient instituteur en 1929. Il obtient son premier poste dans une commune d'une centaine d'âmes, située au fin fond du département : Saint-Louis et Parahou. Après quoi, il sera envoyé successivement au Somail, Castanviels, Sigean et Leucate.

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F. Vals (à droite) à côté de Ponsaille, au R.C Narbonne

Francis Vals sera l'une des gloires sportives de Narbonne, deux fois finaliste du championnat de France 1933 et 1934 avec le Racing Club Narbonnais. En 1936, il marque l'un des deux essais de la finale contre Montferrand. Remarquable athlète, il jouait au poste de 3/4 aile et son punch dans les 22 mètres adverses, était aussi célèbre que le béret qu'il portait pendant la rencontre. 

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Francis Vals milite au sein de la S.F.I.O depuis 1927 et ses idées son progressistes. Lorsque le maréchal Pétain arrive au pouvoir en 1940, le gouvernement de Vichy fait la chasse à tous ceux qui s'opposent à sa politique. L'instituteur Vals est déplacé d'office, comme beaucoup d'autres enseignants dont Georges Guille dont nous reparlerons. Il se retrouve à Villeneuve-lès-Montréal dans le Lauragais, ce qui lui permet tout de même de mener une activité résistante, comme chef du Mouvement de Libération Nationale. Pour l'anecdote, Jean Bringer se rendait avant son arrestation à une réunion où l'attendait Francis Vals dans un café proche de la gare de Carcassonne. Dans les derniers mois précédent la Libération, Vals logeait dans la capitale audoise, 19 rue de Verdun. C'est là que s'organisa ensuite le Comité Départemental de Libération dont il sera le président dès septembre 1944. 

Antoine Courrière en 1974

Un coup de tonnerre dans un ciel serein, un immense vide, tout un passé qui disparaît. Francis est mort. Dans un pareil drame ce n'est pas la froide mécanique des dissertations qui l'emporte, c'est le langage du cœur, de l'amitié et de l'affection. Qu'était Francis ? Trop compliqué pour le dire dans un moment d'intense désarroi. C'est l'être le plus aimable, le plus accueillant, le lutteur de tous les instants, l'homme de parti, le combattant de la Résistance, le conseiller aimé et estimé de tout ce que le Narbonnais viticole qu'il a tant défendu avec acharnement, connaissait bien. C'était le fonceur, le lutteur qui ne desserrait pas sa prise. c'était l'homme de l'essai victorieux de la grande finale du Racing. C'était celui qui dans la Résistance bravait l'adversaire et le combattait sans merci.

Je garderai le souvenir de cette journée du 18 août 1944 commencée avec Lucien Milhau "Chez Louis", au "Café du Commerce", poursuivie au restaurant la "Grillade" à Carcassonne. Pourquoi "La grillade" ? Parce que bien des membres de la Gestapo y mangeaient et qu'il voulait les narguer. Entourés de vert-de-gris, placés sous les tableaux d'Hitler et de Gœring, fusillés du regard par des hommes inquiets qui se demandaient qui nous étions. Vals était calme et placide. Il était heureux. L'après-midi il allait donner son congé au préfet de Pétain. Le soir c'était Baudrigues et le lendemain Carcassonne. 

Il était pour moi fidèle dans ses affections. Je le lui rendais bien. C'est un être irremplaçable qui disparaît. C'est une perte immense pour moi-même et pour le parti. c'est sa veuve et sa fille un vide irréparable. c'est pour nous tous la consternation et le deuil.

Abbé Albert Gau

J'ai rarement approché un homme d'une loyauté et d'une intégrité aussi parfaites. Il n'était pas baptisé, je suis prêtre, mais rien ne nous a séparés depuis la Résistance, tellement il défendait avec conviction son idéal au service de toutes les victimes de l'injustice sans distinction de partis. Sa façon parfois rude de défendre la vérité et le droit cachait une immense bonté et une grande compréhension des autres. Je l'ai particulièrement admiré sur ce point. Je ne connais guère de personnes qui aient pardonné avec autant de générosité ceux-là même qui avaient trahi son amitié. L'avènement d'un socialisme adapté au tempérament français espérance : il le voyait venir lentement à travers des crises et des combats difficiles. Il était taillé pour ces combats parce qu'il portait en lui toutes les espérances des masses populaires.

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© Assemblée nationale

 En plaçant Georges Guille au sein du Comité de Libération, Vals prépare la prise du pouvoir politique des socialistes dans l'Aude au détriment des Radicaux, compromis avec Vichy. Là où la S.F.I.O ne détenait que trois cantons en 1936, elle en empoche presque la totalité aux élections de 1945. C'est l'œuvre de Guille avec sa propagande, ses réunions et ses jeunes militants. Vals devient Conseil général de Sigean, élu avec 44,3% des voix au premier tour et prend la présidence de l'assemblée départementale entre 1949 et 1951. Il cède ensuite sa place à Guille lorsqu'il devient député de l'Aude après avoir fait campagne avec lui sur les thématiques de l'anti-communisme : "La République est en danger", "Le Communisme stalinien fait la guerre à la démocratie". Parmi les prises de positions à l'Assemblée nationale, il y a en 1955 le refus de l'instauration de l'état d'urgence pour régler le problème algérien. Il ratifie le traité de Rome en juillet 1957 fondant la future C.E.E. Le 13 mai 1958, il soutient le gouvernement Pfimlin et refuse avec 46 autres socialistes d'investir de Gaulle et de lui accorder les pleins pouvoirs. La même année, l'instituteur de Leucate entre au parlement européen et préside le groupe socialiste au sein de la commission agriculture, développement et coopération.

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Francis Vals restera maire de Narbonne de 1959 à 1971. Il est battu par une liste "apolitique" conduite par Hubert Mouly, de 354 voix seulement.

"Dans la salle de la mairie, Francis Vals, la maire socialiste sortant, eut néanmoins le courage et l'infinie fierté de monter avec classse sur une table pour annoncer lui-même sa défaite. Sitôt redescendu de son triste pavois, écoeuré, il enjoignit son chauffeur Arino de le reconduire à la maison. Hélas, celui-ci, en bon fonctionnaire, était déjà depuis quelques minutes le chauffeur d'Hubert Mouly ! Francis Vals rentra donc à pied...Les hommes politiques sont si humains quand ils tombent. (Extrait de "Si je vous disais tout" / J-L Soulié)

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Le 27 juin 1974, Francis Vals succombe à une crise cardiaque dans sa chambre d'hôtel au Luxembourg. Il était en séance plénière de l'Assemblée des neuf. Sa dépouille mortelle sera rapatriée par un DC 3 à l'aéroport de Perpignan avant d'être inhumée dans son village de Leucate. A Narbonne, un gymnase porte son nom en mémoire de son passé sportif. A Port-la-Nouvelle, le Centre hospitalier. Enfin, à Leucate, une avenue se souvient de l'enfant de la commune. Grâce au fonds d'archives qu'il a légué aux Archives départementales de l'Aude, nous pouvons étudier les dossiers de la Libération de l'Aude.

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12/06/2018

Le docteur Albert Tomey, maire de Carcassonne

Albert Tomey naît à Carcassonne le 22 juin 1882 dans un bel immeuble de type Hausmanien, construit par Marius Esparseil en 1880. Après des études à la Faculté de médecine de Toulouse où il a comme collègue et ami le futur Dr Ducuing, le jeune médecin s'installe dans sa ville natale en 1913. Il établit son cabinet chez lui, place Davilla.

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Albert Tomey

(1882-1959)

 Après la Grande guerre, Albert Tomey se lance en politique sous l'étiquette Radical-Socialiste à l'assaut de la mairie de Carcassonne. Le 10 décembre 1919, il est élu premier magistrat de la ville et effectuera le plus long mandat à ce poste jusqu'à sa révocation en 1941 par le Maréchal Pétain. Le 14 octobre 1928, le Dr Tomey entre au Conseil départemental comme Conseiller du Canton ouest.

Choqué par le taux de mortalité infantile engendré par la déplorable hygiène qui régnait à Carcassonne, le nouveau marie s'attela tout d'abord à doter la ville d'une système de tout à l'égout. Les écoles publiques étaient négligées, mal entretenues. L'une d'elles, celle du Square Gambetta, était dans un tel état que les rats d'égout venaient se promener dans les salles, même pendant les cours. Dans ce milieu, le souci de la salubrité publique, passait au second plan. Quelques maisons avaient des fosses ; c'était presque du luxe malgré les désagréments de la vidange. La majorité n'avaient pas de WC ! Dès la tombée de la nuit, la rue devenait un dépotoir à l'atmosphère irrespirable. Les vespasiennes mal entretenues étaient autant de foyers d'infection. Un service de répurgation se faisait au minimum. Les boites à ordures n'existaient pas et en permanence, on voyait de petits tas d'ordures devant les maisons, le long des trottoirs en pleine rue. L'eau d'alimentation n'avait rien de potable : des maladies étaient dans la ville à l'état endémique. 

Le conseil municipal prit du temps à faire installer le tout-à-l'égout, car le coût des travaux ne permit pas de le commencer rapidement. Le financement de l'état participa à l'œuvre d'hygiène et les Carcassonnais purent se soulager chez eux dès 1926. On dit à juste titre que le Dr Tomey transforma totalement Carcassonne au cours de ses mandats. Voyez plutôt...

Hygiène publique

Auto-javelisation des eaux par le procédé Bunau-Varilla (1925), Equipement d'un réseau de tout-à-l'égout (1926), Raccordement des immeubles au réseau général de distribution d'eau (1928), Installation du régime des poubelles. Enlèvement des ordures ménagères par des véhicules à traction électrique (1929), Construction de la station de pompage de l'île (1930), Modernisation des abattoirs et construction du deuxième réservoir de Grazailles (1931), Création de chalets de nécessité (1939)

Jeunesse

Création de l'école André Chénier (1921), Construction de l'école Jean Jaurès en remplacement de l'école du musée et de l'école du square (1924), Construction du lycée de jeunes filles - aujourd'hui collège Varsovie (1928), Agrandissement de l'école du Bastion, Création du Parc municipal des sports de la Pépinière - aujourd'hui stade Domec  (1934).

Urbanisation

Classement de la ville en station de tourisme. Création d'une Chambre d'industrie touristique (1922), Passage cimentés sur les boulevards (1926), Electrification des écarts et cimentant des rues (1930), Restauration du Théâtre municipal et création de la caserne des pompiers (1933), Restauration de l'hôtel de ville (1934), Bourse du travail (1937), Substitution de l'éclairage public électrique à l'éclairage au gaz de ville (1938). 

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Le conseil municipal d'Albert Tomey

L'œuvre de Tomey aurait sans doute perduré, si son conseil municipal n'avait pas été révoqué par le maréchal Pétain le 9 février 1941. On ne remettra pas en cause les valeurs d'humanité, ni les idées républicaines d'Albert Tomey. Toutefois, il faut s'interroger sur les raisons pour lesquelles les historiens locaux n'ont jamais évoqué l'activité de l'ancien maire durant le règne de Vichy. Les archives sont pourtant bien là et sans vouloir faire la morale, il faut que la vérité historique soit révélée dans son ensemble. Après la Libération, la Commission d'Epuration de Contrôle et de Sélection de l'Aude se penchera sur le cas du Dr Tomey. L'Union Locale des Syndicats Ouvriers de Carcassonne - C.G.T par la voix de M. Bonnemaison souhaitera envoyer Albert Tomey devant la Chambre civique. En effet, si le docteur avait été révoqué de son poste de maire, Vichy l'avait nommé à la tête du Conseil départemental de l'Aude. A ce titre, il avait été présent à la soirée inaugurale de la Milice de l'Aude le 28 février 1943 au Théâtre municipal. Les communistes qui venaient de payer un lourd tribu pour la Libération du pays, n'entendaient pas faire de cadeaux aux Radicaux dont beaucoup avaient choisi de voter les pleins pouvoirs à Pétain en 1940. On avança des preuves... Par exemple, les coupures des journaux de cette fameuse soirée de 1943 repris par "La République sociale" le 14 décembre 1944 :

"La constitution de la Milice eut lieu, pour notre département, le 28 février 1943 au Théâtre municipal de Carcassonne. Cette réunion était présidée par M. Freud-Valade, préfet de l'Aude, entouré du Dr Tomey, Conseiller national ; Caillard, délégué régional de la Légion des Combattants, etc."

Dans sa conclusion, le Commissaire spécial de Carcassonne déclara dans un courrier adressé au Commissaire du gouvernement le 27 février 1945 que "les fonctions qu'il a exercé (Dr Tomey) sous Vichy et sa présence à la soirée inaugurale de la Milice, ne peuvent être considérées, à mon avis, comme tombant sous le coup de l'ordonnance du 26 novembre 1944." L'argumentaire du commissaire minore les responsabilités de l'ancien maire en arguant que celui-ci n'a jamais fait de propagande et que ses fonctions n'avaient pas de pouvoir politique. Si le Dr Tomey garda son poste de Président du Conseil départemental nommé par Vichy jusqu'à la Libération, sa carrière politique s'arrêta avec le retour de la République.

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L'immeuble Tomey, place Davilla

 Le 19 novembre 1959 s'éteignait à Carcassonne Albert Tomey à l'âge de 77 ans. Ses obsèques avaient lieu le lendemain et le cortège funèbre empruntait les boulevards de Varsovie et Omer Sarraut avant d'arriver à l'église Saint-Vincent. Les cordons du poêle étaient tenus par le maire Jules Fil et trois de ses prédécesseurs   : Philippe Soum, Parce Itard-Longueville et même Jules Jourdanne qui fut nommé par Vichy. Suivant la dépouille mortelle d'Albert Tomey, on remarquait les docteurs Buscail, Babou, Héran, Albert, Millet et Peyronnet. Gazel (Président des anciens combattants), Joseph Jean (Ancien secrétaire de mairie), Julia (adjoint au maire), Ct Béteille, Callat (Président du Souvenir Français), Noubel (Conseiller général) et les anciens collaborateurs d'Albert Tomey : Amiel, Sarcos, Boudenne, Rimalho, Nogué, Bruela, Blanchard (ingénieur de la ville), etc.

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Le 10 février 1967, l'ancienne rue du marché prit le nom d'Albert Tomey, en reconnaissance pour l'œuvre qu'il avait accomplie en faveur des Carcassonnais au cours de ses mandats. S'il n'y a pas de rue Jean Mistler à Castelnaudary, il y a une rue Tomey à Carcassonne. Toute l'ambiguïté de la capitale audoise est peut-être bien là...

Sources

ADA 11 / Fonds Francis Vals

Journaux locaux

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28/04/2018

La naissance de l'hégémonie du Parti Socialiste dans l'Aude

Au lendemain de la Libération du département de l'Aude, déclarée officiellement le 25 août 1944, le paysage politique est à reconstruire. Au cours des derniers mois précédant la débâcle Allemande, l'aspect politique au sein des Mouvement Unifiés de Résistance occupe grandement les esprits. Les maquis d'obédience communiste s'occupent avant tout de liquider le nazisme, ennemi redoutable du bolchevisme depuis la fin du pacte de non agression. En coulisse, chacun place ses pions... Henri Noguères et Francis Missa pour le Parti Socialiste clandestin tentent d'obtenir de Gilbert de Chambrun (Chef régional FFI) et de Lucien Roubaud, des places à l'intérieur du futur Comité Régional de Libération. Le refus entraîne la saisine de la Commission des conflits du Conseil National de la Résistance ; elle se prononce en faveur de Noguères. Désormais, le Parti socialiste obtient la légitimité politique d'être représenté dans le Comité de Libération. Il ne va pas s'en priver... Contrairement à ce qui est largement défendu, les communistes combattants ne sont pas si nombreux dans le département de l'Aude. L'essentiel de la force des partisans du camarade Staline réside dans l'énorme débauche d'énergie à occuper le terrain malgré le manque d'effectifs. Là, où il faudrait dix personnes pour diffuser des tracts, porter des messages ou saboter des routes, une seule personne parfois exécute ce travail. Sur le plan politique, le parti communisme fonde plusieurs mouvements dont le Front National, pour donner l'impression de sa puissance, alors même qu'il fonctionne qu'avec peu de militants. En dehors de sa sphère d'influence, le Parti Communiste place des sous-marins dans d'autres mouvements : Parti Socialiste, Mouvement de Libération Nationale, C.G.T, etc. Le Parti Socialiste veut avant tout éviter que les partisans de Moscou ne s'emparent du pouvoir par les armes. Ce ne sont pas les seuls, car les parachutages alliés sur les maquis communistes de l'Aude sont quasiment inexistants, au cours de l'été 1944.

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Dans ce pays où tout est à reconstruire après l'effondrement du régime de Vichy, le Parti Socialiste joue sa carte. Son objectif ? Chasser du pouvoir les Radicaux-Socialistes, qui ont la main mise sur l'Aude depuis plus d'un siècle et qui, dans leur majorité, ont été Pétainistes. En septembre 1944, la droite qui n'était incarnée politiquement que par Vichy n'existe plus. Un boulevard s'ouvre devant la gauche, encore faut-il faire preuve d'opportunisme. Le résistant Francis Vals d'obédience socialiste, propulsé à la tête du Comité Départemental de Libération fait appel à un ancien de la S.F.I.O, conseiller départemental de Capendu avant guerre. Georges Guille de retour à Carcassonne après avoir été professionnellement exilé par Vichy, n'a pas de passé de Résistant connu. Qu'importe ! Vals en fait son adjoint ; il lui donne pour mission de chapeauter les Comités Locaux de Libération, chargés de mettre en place les municipalités provisoires. Dans celles-ci, il faudra veiller à épurer les anciens sympathisants du maréchal non sans quelques difficultés : "Beaucoup d’anciens membres de municipalités nommées par Vichy s’opposent à l’installation des Comités Locaux de Libération. Toute personne qui y fera obstacle sera traduite devant un tribunal populaire. (Jacques Bounin - Commissaire de la République)" 

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© affiches.socialistes.free.fr

A côté de ses fonctions au Comité Départemental de Libération, Georges Guille multiplie les réunions politiques durant l'automne 1944. Il créé une cellule de recrutement de jeunes socialistes et l'on ne se bouscule pas au portillon. Selon Robert Anguille, qui fut de ceux-là, vers le mois d'octobre-novembre 1944 il assista à l'une des réunions de Guille au café Calmet à Carcassonne : "Il n’y avait pas grand monde afin de refonder la section socialiste de l’Aude ; à peine sept personnes. Dans ce café, Guille s’emportait contre les quelques militants car les affiches étaient trop petites. Il y avait Claude Escuret (fille d’une journaliste de Midi-Libre) qui deviendra secrétaire fédérale du PS. A cette époque, la permanence se trouvait en face de la poste. Le Midi-Libre à l’angle de la place de la poste, côté pharmacie. Les jeunes communistes, tous Staliniens, étaient plus nombreux. On arriva à 1200 jeunes socialistes dans l’Aude ; la section de Narbonne était la plus importante. Celle de Carcassonne comptait 400 militants entre 1973-1974." Petit à petit le Parti Socialiste (SFIO) tisse sa toile en partant à la conquête du département. Si le gain électoral encaissé lors des élections municipales de 1945 peut être considéré comme modeste, celui des cantonales renverse la carte politique de l'Aude. En 1936, trois cantons étaient socialistes et les autres, radicaux. En 1945, 28 cantons socialistes, 2 communistes et 1 M.R.P.

A Carcassonne, les élections municipales de 1945 portent aux affaires la liste commune Républicaine et antifasciste. Avec la volonté de Roubaud, l'ancien député Radical-Socialiste Henri Gout, qui n'avait pas voté les pleins pouvoirs à Pétain, devient maire de la ville. Dans tout le département, les femmes ont pour la première fois la possibilité de voter. Ceci explique en partie, un taux d'abstention avoisinant les 40% en moyenne. Dans les villages des Corbières, les sympathisants de la Ve colonne sont restés chez eux. 

Elections municipales 29 avril 1945

Carcassonne

Inscrits : 19403

Votants : 12100

Exprimés : 11058

Elus

Henri Gout (Parti Radical Socialiste), Mlle Billot (Résistance), Lucien Roubaud (PS), Dr Cannac (Résistance), Léon Noubel (PS), Louis Raynaud (PS), Gaston Valette (PS), Maurice Demons (PS), Mme Picolo (PS), Jean Sablé (Résistance), Léopold Castel (Résistance), Léon Bonnemaison (PC), Henri Maury (PC), Louis Amiel (PRS), Emmanuel Mestre (PC), Jean Denat (PC), François Vidal (PRS), Camille Gachet (PRS), Suzanne Lespinasse (PS), Jean Rougé (PRS), Joseph Comes (PRS), Léonce Escande (PRS), rené Paris (PRS), Emile Patebek (PS), Mlle Germaine Gladieu (PC), François Cathala (PRS), Charline Margarida (PC), Mme Roche (Résistance), Jules Pelouze (PC) et Marie-Jeanne Mavières (PRS).

Narbonne

Liste Socialiste élue

Castelnaudary

Inscrits : 5601

Votants : 3824

Exprimés : 3701

Elus

Liste des groupements de Résistance et d'Union Républicaine et Antifasciste 

Joseph Degrave / Maire

Limoux

Inscrits : 3908

Votants : 3159

Exprimés : 3116

Elus

Liste Résistante contre Liste Radicale

La Nouvelle

Inscrits : 1682

Votants : 827

Elus

Liste unique avec 368 voix, soit 44% des votants

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Après le congrès d'Epinay, Georges Guille s'opposera à la main mise de Mitterrand sur l'appareil politique nouvellement constitué. La fin de la S.F.I.O sonnait pour lui le glas de l'idéal auquel il croyait. Bientôt, il ne serait plus le Président du Conseil général de l'Aude, laissant à Robert Capdeville la destiné du département de l'Aude. 

Sources

Notes, recherches et synthèse / Martial Andrieu

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24/10/2017

L'ancien président de la République René Coty, en visite à Carcassonne

Après avoir passé le pouvoir en janvier 1959 au général de Gaulle, l'ancien président René Coty entreprit un voyage incognito à travers les Pyrénées, en compagnie de son frère et de sa belle-sœur. Ce périple s'acheva à Vernet-les Bains où l'illustre pèlerin logea à l'hôtel Moderne. Après quoi, il reprit la route avec une escorte de deux motards en direction d'Amélie-les-bains par le col di Fourtou. C'est là qu'il devait rencontrer le docteur Noveau, chef du sanatorium "Al Sola". Une heure plus tard, la voiture redescendait et filait par la route de Perpignan. Après Thuir et Prades, sa DS relia la route de Mont-Louis, puis de Quillan pour rallier Carcassonne par la Haute-Vallée de l'Aude. Ce n'est que vers 18 heures ce mercredi 23 septembre 1959 que l'ancien président de la République descendit en toute discrétion au Grand Hôtel Terminus de Carcassonne. Il demanda à la réception des brochures touristiques de la Cité, car avait l'intention d'aller la visiter le lendemain matin. Averti de cette arrivée, M. Bonnafous, préfet de l'Aude, se rendit au Terminus et demanda audience auprès de M. Coty. L'entretien en tête à tête dura une heure environ, après quoi l'ancien de chef de l'état préféra dîner dans son appartement. On veilla à ne pas le déranger...

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Le lendemain matin à 9h15, avant de faire un rapide tour en voiture dans les lices, le président, qui connaissait la Cité pour l'avoir déjà visitée, souhaita se recueillir dans la basilique Saint-Nazaire. Vers 10h15, il rejoignit son hôtel et repartit avec sa famille et son escorte en direction de Toulouse. Dans la ville rose, il se rendit durant trente minutes à la basilique Saint-Sernin avant de filer vers Paris. Le président René Coty mourra deux ans après d'une crise cardiaque.

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22/09/2017

La visite de S.A.R Monseigneur le duc d'Angoulême, neveu de Louis XVIII

Privé de courrier de Paris entre le 29 mars et le 19 avril 1814, le département de l'Aude se trouva dans une situation politique difficile. Nul avis de ce qui s'était passé dans la capitale ; l'information ne circulait que par voie publique. La ville de Narbonne était devenue le quartier général du maréchal duc d'Albuféra et de son armée. Après le maréchal duc de Dalmatie s'était retiré à Castelnaudary avec ses troupes. Une proclamation adressée par le maréchal Suchet à ses soldats, le 18 avril, un ordre du jour donné le lendemain par le maréchal Soult, manifestèrent leur adhésion au rétablissement de S.M le roi Louis XVIII sur le trône des Capétiens. Le 20 avril, toutes les autorités, tous les fonctionnaires de Carcassonne se réunirent pour exprimer le même sentiment. Par un mouvement spontané toute la ville fut illuminée. L'avènement de Louis XVIII le 6 avril mettait fin au règne de l'empereur Napoléon Ier. Cette information mettra deux semaines à arriver à Carcassonne.

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Louis-Antoine d'Artois, duc d'Angoulême

(1775-1844)

Informé que Mgr le duc d'Angoulême devait se rendre de Bordeaux à Toulouse, le préfet de l'Aude s'empressa d'aller dans cette dernière ville, afin de présenter à S.A.R l'hommage de son respect et de sa fidélité. Il fut suivi de plusieurs membres du Conseil général et des conseillers municipaux des villes du département. Le Baron Trouvé, préfet de l'Aude sous le Second Empire et dont l'épouse avait été reçue par Joséphine en 1811 au château de la Malmaison, ne mit pas beaucoup de temps à tourner sa veste.

Le prince arriva le 27 avril 1814 et ce jour-là, le préfet de l'Aude eut l'honneur de dîner avec S.G Lord Wellington. Admis le lendemain avec les députations à l'audience du prince, le préfet lui adressa le discours suivant :

J'ai l'honneur de présenter à Vôtre Altesse Royale, les députations du Conseil général et des conseils municipaux des villes du département de l'Aude. Nos vœux les plus ardents, le besoin de nos cœurs sont aussi de posséder un prince si cher à tous les Français ; n'osant encore, malgré la proximité de Toulouse, nous livrer à cette flatteuse espérance, nous venons déposer aux pieds de V.A.R l'expression de notre joie, l'hommage de notre respect et de notre fidélité. Oui, Monseigneur, tous mes administrés ont vu, avec autant d'attendrissement que d'enthousiasme, les descendants de Saint-Louis remonter au trône de leurs ancêtres, à ce trône illustre par la bonté paternelle de Louis XIII, par la loyauté chevaleresque de François Ier, par l'héroïque et touchante popularité de Henri IV. 

Au milieu de la grande réconciliation de tous les peuples qui ne rivalisent plus que d'amour pour la paix et pour le bonheur du monde, qu'il m'est doux, Monseigneur, d'être auprès de V.A.R, l'interprète des sentiments d'une nombreuse et intéressante population, heureux moi-même, si l'époux de l'auguste fille de Louis XVI daigne agréer le serment que je fais de servir avec un dévouement sans bornes S.M le roi Louis XVIII et la famille des Bourbons.

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Louis XVIII

MM. Pech-Palajanel, maire de Carcassonne, et Galabert, maire de Castelnaudary, eurent l'honneur de complimenter aussi S.A.R qui témoigna sa satisfaction pour les sentiments qu'on venait de lui exprimer, et promit d'en rendre compte au roi. Le lendemain, le préfet fut informé que Mgr duc d'Angoulême était disposé à venir dans le département de l'Aude pour y passer la revue des armées. Le soir, au cercle du prince, il en obtint la certitude de S.A.R elle-même.

Le 3 mai 1814, le duc d'Angoulême arriva à une heure de l'après-midi à Castelnaudary, accompagné seulement de MM. le duc de Guiche et le vicomte d'Escars, ses aides-de-camp. Il trouva les maréchaux Suchet et Soult, passa les troupes en revue et fut complimentés par les autorités. A une lieue de la ville, il rejoignit le préfet avec la garde d'honneur à cheval. Celui-ci s'adressa au prince :

Les vœux du département de l'Aude sont comblés. V.A.R nous accorde une faveur à laquelle nous aspirions. Depuis près de 40 ans, ce pays n'avait été visité par aucun membre de la famille régnante ; aucun ne s'était arrêté dans la ville de Carcassonne, depuis le séjour que daigna y faire l'auguste prince qui, par de si longues et si rudes épreuves, mûri dans l'art de gouverner, promet à la France un règne de paix, de justice et de bonheur. 

Le bonheur ! Déjà votre présence en est le gage ; elle est l'aurore des jours fortunés qui vont prospères, longtemps négligés, et dont V.A.R vient réparer l'abandon. Monseigneur, le département de l'Aude vous offre une physionomie particulière et peut-être unique en France. Il n'a point été ensanglanté par les fureurs de l'anarchie ; il n'a point été la proie des ressentiments, des réactions et de, vengeances ; il était impatient de faire éclater son respect, sa fidélité, son amour pour la famille des Bourbons. Si la ville de Castelnaudary a jouit la première de la vue d'un prince qui fait l'espoir, qui fera les délices de la patrie, les villes de Carcassonne et de Narbonne brûlent aussi de partager cette heureuse jouissance et de prouver leur enthousiasme et leur dévouement à V.A.R et au souterrain que la main de la providence a replacé sur le trône de Saint-Louis et de Henri IV.

Cent coups de canons annoncèrent l'arrivée de S.A.R. Elle monta à cheval et traversa, ayant a ses côtés MM. les maréchaux Soult et Suchet, les lignes de troupes qui bordaient son passage, et qui défilèrent devant elle aux cris de "Vive le Roi !". Le maire à la tête du conseil municipal, attendait le prince à la porte dite de Toulouse (place Davilla) ; il le complimenta, lui remit les clefs de la ville, lui offrit un dais, que S.A.R refusa. Son entrée dans Carcassonne se fit à cheval ; elle fut signalée par des acclamations à chaque pas. Un arc de triomphe avait été élevé, toutes les rues, toutes les maisons étaient décorées de tapisseries, de drapeaux blancs et de guirlandes ; toutes les fenêtres étaient remplies de dames élégantes ; de toutes parts, on entendait les applaudissements et les mêmes cris longtemps prolongés de Vive le Roi, vive le duc d'Angoulême. La garde royale l'escorta et la garde nationale à pied formait la haie.

C'est ainsi que S.A.R fut conduite à l'hôtel de la préfecture, préparé pour le recevoir. Au haut de l'escalier, la fille du préfet, à la tête des demoiselles de la ville, toutes vêtues de blanc, s'avança un bouquet de lys à la main. Le prince admit toutes les députations qui se présentèrent, et fut conduit dans le même appartement qu'avait occupé, en 1777, Le frère de Louis XVI (Louis XVIII). Après le souper, S.A.R voulut bien honorer de sa présence le bal qui était préparé à l'hôtel de ville. Le lendemain à cinq heures et demi du matin, le prince se rendit à la cathédrale  ; le clergé l'attendait à la porte avec un dais, sous lequel il fut conduit à un prie-dieu. La messe fut célébrée par M. de Laporte, évêque de Carcassonne. Le prince partit ensuite pour Narbonne avec le maréchal duc d'Albuféra.

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© Musée des beaux-arts de Carcassonne

Claude-Joseph Trouvé, par Roque fils

En janvier 1815, le Baron Trouvé et son épouse sont présentés au roi et à la famille royale. Au mois de mars, retour de Napoléon de l'île de d'Elbe ; le préfet Trouvé s'entretient avec Fouché, chef de la police. Après le Cent jours mettant définitivement fin à la tentative de retour de Napoléon, le préfet est admis à Saint-Denis le 8 juillet 1814 et renvoyé à Carcassonne. Le 15 novembre 1815, le duc et la duchesse d'Angoulême font un nouveau séjour à Carcassonne et dormiront à la préfecture. Le baron Trouvé sera destitué par ordonnance royale le 5 septembre 1816.

Sources

Description générale et statistique du département de l'Aude / Baron Trouvé / 1818

Souvenirs d'un octogénaire / Baron Trouvé

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17/08/2017

Le dernier duel au pistolet entre deux Carcassonnais

 Le duel d'honneur est le fait pour un homme de "souffler" (généralement avec un gant) un adversaire ayant attenté à sa réputation ou à son honneur. Le refuser c'est prendre le risque de passer pour un lâche ou un traître et de perdre ses relations. Des règles codifiées organisaient les duels avec des témoins. Cette pratique va peu à peu tomber en désuétude, jusqu'à sa disparition presque totale après la Seconde Guerre Mondiale. Si aucun texte actuel ne prévoit explicitement l'interdiction des duels, il ne demeure pas point que les deux parties s'exposeraient au principe selon lequel "le consentement de la victime n'exclut pas la responsabilité de l'auteur d'une infraction. Le participant au duel se rendrait donc coupable, en cas de mort de l'autre, de meurtre, et en cas de blessure, de violences volontaires (avec circonstance aggravante : préméditation, usage d'une arme)."duel-pistol.jpg

Image extraite du film Barry Lyndon

Au début du XXe siècle, il y avait dans notre ville un certain nombre de journaux qui se partageaient la faveur des lecteurs : "La dépêche de Toulouse", dirigée à Carcassonne par l'avocat Osmin Nogué, beau-frère de Maurice et Albert Sarraut ; "Le petit Méridional" de M. Cabanis ; "L'Express du Midi" de M. Barrière ; "La France de Bordeaux" par M. Saunac ; "Le Télégramme" de M. Garès, oncle de René Descadeillas qui fut le directeur de la Bibliothèque municipale ; "Le courrier de l'Aude" d'Hippolyte de Bordas. La concurrence allait bon train et surtout l'animosité des différences politiques. Pour un mot ou pour un adjectif, on s'envoyait des témoins et Maître Abadie du 17e dragons préparait les combattants. Les combats en champ clos opposaient Garès à Nogué, Garès à Cabanis et Cabanis à Nogué. A l'issue de ce dernier duel, l'avocat Nogué fut assez sérieusement blessé au bras droit.

"Les garnements allaient chanter sous sa fenêtre le grand air des "Huguenots" de Meyerbeer : En mon bras droit, j'ai confiance."

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Osmin Nogué

Parallèlement à ces combats politiques à Carcassonne, il y avait des duels provoqués pour des raisons d'ordre privé. Ville de garnison aristocratique, des intrigues trop poussées étaient la cause de combats courtois, mais ardents. Le dernier duel qui eut lieu fut celui de Jean Mistler - député de Castelnaudary, homme de lettres et Académicien - avec Roger Detours. Il date de 1934 ! A la suite des évènements de février, Mistler, faisant partie du gouvernement Daladier, souleva l'ire de Roger Detours, qui, le rencontrant au Café Terminus, le gifla à deux reprises

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Jean Mistler

Mistler fit alors un discours. Il parla de la République, de ses immortels principes devant les jours de belote goguenards. L'affaire se termina au champ de tir de Villemaury, près de Palaja. Selon les chroniqueurs de l'époque, les pistolets partirent de travers...

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