22/02/2017

Ferdinand Alquié (1926-1985), philosophe et membre de l'Institut de France

Ferdinand Alquié est né à Carcassonne le 18 décembre 1906 dans une famille de viticulteurs catholiques et royalistes. Au contact de René Nelli, Joe Bousquet et François-Paul Alibert, il créa dans les années 1920, les revues "Chantiers" puis "Les cahiers du sud". Après des études au lycée de Carcassonne, il entre à la Sorbonne et est reçu premier à l'agrégation de philosophie en 1931.

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© Collection particulière

Ferdinand Alquié en habit d'académicien

De 1932 à 1937, Ferdinand Alquié enseigne au lycée de Carcassonne. Pendant l'Occupation, il se trouve à Paris comme professeur de Khâgne et participe à des actions de résistance. En 1947, il soutient sa thése sur Descartes à Montpellier en qualité de maître de conférences. Cinq années plus tard, il occupe la prestigieuse chaire d'histoire de la philosophie moderne à la Sorbonne. 

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Il est l'auteur d'un nombre conséquent d'ouvrages dont la Philosophie du surréalisme en 1955. En 1975, il est élu comme membre de l'Académie des sciences morales et politiques. Ferdinand Alquié a publié des ouvrages sur René Descartes, Emmanuel Kant et Baruch Spinoza. Il est cité comme consultant au générique du film de Roberto Rossellini « Cartesius » (1973), sur la vie de Descartes. Il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1975. Jean Guitton lui succède en 1987. Il est décédé le 28 février 1985 à Montpellier.

Un rue à Carcassonne dans le quartier du bois de Serres porte son nom, mais comme toujours les services administratifs n'ont pas pris soin de l'orthographier correctement. Nous avons donc Ferdinand Alquier avec un r final et sans dénomination en dessous pour dire ce qu'il fut.

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La maison de Ferdinand Alquié (à gauche) en haut de la rue de Verdun porte sur la façade une plaque en hommage au philosophe Carcassonnais

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© Chroniques de Carcassonne

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17/02/2017

René Gimenez alias "Jim" et son piano à bretelles

On parle souvent de Gualdo à la Trivalle... Qui n'a pas connu René Gimenez alias "Jim" pour les carcassonnais ? Toujours souriant avec son accordéon, c'était l'ami de tous les noceurs. Il faut dire qu'il en connaissait un rayon sur le répertoire de bal musette...

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De la java au tango, il jouait presque toujours d'oreille et en lui sifflotant la mélodie le "Juke box" de Jim se mettait en route... Les fêtes de quartier ne connaissaient que Jim. Hélas son accordéon s'est tu à jamais en 2005, au grand désespoir de tous ses nombreux amis. La fin d'une époque où des gens simples et populaires amenaient de la gaieté en ville.

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14/02/2017

Auguste Pierre Pont (1880-1964), chanoine de la Basilique St-Nazaire et St-Celse de Carcassonne

Si par décision municipale en date du 16 février 1970, l'ancienne place St-Nazaire prit le nom d'Auguste Pierre Pont c'est parce que le dévouement de cet homme d'église fut exemplaire. Au moment où une certaine formalité politique tente d'installer dans les esprits qu'être catholique c'est faire passer les pauvres pour des profiteurs, les étrangers pour des criminels et qu'être bien français c'est être chrétien, on pourrait alors exhumer des mémoires l'oeuvre de ce curé. Car lui ne regarda jamais d'où venait la brebis, si elle était aisée, ni de quelle couleur était sa robe. L'oeuvre du bon pasteur est de rassembler le troupeau, n'est-ce pas ?

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© J-L Bergnes

Le chanoine Auguste Pierre Pont

Né à Chalabre le 1er janvier 1880, Auguste Pierre Pont fit ses études à St-Louis de Limoux. Admis au Grand séminaire de Carcassonne, il fut ordonné prêtre le 29 juin 1904. Vicaire d'Alzonne le 1er août de la même année, de Lézignan le 16 octobre 1906, de St-Vincent à Carcassonne le 1er août 1908. Curé de Montlaur le 15 juillet 1925 ; c'est en 1934 qu'il prend la charge de la basilique St-Nazaire de la Cité. Il la gardera jusqu'à sa mort. Auguste Pierre Pont fut de ses hommes d'église qui, pendant la triste période de l'occupation, eurent une attitude remarquable. On peut citer avec les abbés Gau et Courtesole. Alors que le sommet de la hiérarchie catholique s'était plus ou moins compromis avec Vichy, ces curés firent actes de résistance. A St-Nazaire, l'abbé Pont cacha dans la crypte des personnes pourchassées. On peut citer un aviateur américain : le colonel Sully H. de Fontaine.

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Quand vint l'heure du jugement dernier pour ceux qui avaient opté pour le mauvais camp, l'abbé Pont qui était aumônier de la prison confessa les prisonniers avant leur exécution. Ce n'était après tout que des brebis égarées qu'il fallait ramener sur le chemin de la rédemption. 

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© J-L Bergnes

Les obsèques d'Auguste Pierre Pont par Mgr Puech

« Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite: “ Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” (Evangile selon St-Mathieu)

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02/02/2017

A t-on tout écrit sur Pauline Fourès, la maîtresse de Napoléon Bonaparte ?

Après avoir recensé bien des ouvrages parus sur Pauline Fourès, nous pouvons dire que l'épisode  concernant son séjour dans notre ville n'est souvent que pure romance. Pire encore ! Les articles de journaux locaux nous racontent parfois l'existence de cette aventurière qui fut maîtresse de l'Empereur, comme étant Carcassonnaise. Ce n'est quand même pas tout à fait exact. Nous avons donc pris le parti, non pas de synthétiser ce que le lecteur pourra lire dans n'importe quelle biographie, mais de rechercher de nouveaux éléments. En faisant l'étude généalogique et sociologique de sa belle famille, nous avons pu comprendre comment cette jeune femme a pu construire son avenir et sa légende.

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Pauline Fourès

 Marguerite Pauline Bellile naît le 15 mars 1778 à Pamiers dans l'Ariège. Elle est la fille d'Henri Jacques Bellile, horloger de son état, et de Marguerite Bérandou. On en sait trop comment cette jeune et jolie jeune femme vint à Carcassonne.

"Elle était sans fortune et ne jouissait pas, à dit depuis M. Fourès, de cette réputation de modestie, qui dans les petites villes surtout y supplée quelques fois (Les femmes galantes / 1837)"

A Carcassonne, elle résidait dans la paroisse St-Vincent - le quartier de son futur époux - et travaillait comme apprentie modiste. C'est d'ailleurs à son travail qu'elle rencontra Jean-Noël Fourès qui n'était autre que le neveu de sa patronne, selon Frédéric Masson (Napoléon et les femmes / 1894). Il semblerait toutefois que l'historien de Napoléon se soit égaré sur la filiation. Elisabeth Pascal Fourès née en 1765 était en fait la soeur aînée de J-N Fourès. Son grand-père Robert Fourès ayant été tailleur d'habit dans le quartier, il se peut qu'elle ait repris l'affaire de celui-ci. 

Pauline Bellile, surnommée "Bellilote" par les Carcassonnais, apprenait donc son métier chez Elisabeth Fourès. Là, elle rencontra Jean-Noël Fourès né le 8 octobre 1769 à Carcassonne, fils de Philippe Fourès (Marchand détaillant) et de Catherine Biroben. Le jeune lieutenant du 22e chasseurs à Cheval s'était retiré dans sa famille, après une vilaine blessure contractée pendant la campagne d'Espagne. Malgré le désaccord de ses parents, Jean-Noël Fourès épouse Pauline Bellile le 8 pluviôse An VI (27 janvier 1798). Le couple en pleine lune de miel ne restera pas longtemps à Carcassonne, car Fourès est appelé à s'embarquer pour l'Egypte. Masson raconte, que Pauline s'était costumée en habit de chasseur à cheval et avait réussit à se faufiler sur le navire avec son mari. Sur place, la beauté de Pauline se fit remarquer auprès des officiers. Le 17 décembre 1799, Fourès reçoit l'ordre de s'embarquer, seul cette fois, pour l'italie et de porter des dépêches au Directoire à Paris.

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Napoléon Bonaparte

"Dès le jour du départ de Fourès, Bonaparte a invité la petite femme à dîner avec plusieurs autres dames françaises. Il l'a à côté de lui et lui fait galamment les honneurs. Mais tout d'un coup, simulant une maladresse, il renverse une carafe d'eau glacée et l'entraîne dans son appartement sous prétexte de réparer le désordre de sa toilette. Seulement l'absence du général et de Mme Fourès se prolongea trop longtemps pour que les convives, demeurés à table, pussent conserver des doutes sur la réalité de l'accident. Le doute fut moins permis encore lorsqu'on vit meubler en hâte une maison voisine du palais d'Elfibey, habitation du général ; Mme Fourès y était à peine installée que survint Fourès.

Fourès que Marmont avait vainement tenté de retenir à Alexandrie, arriva furieux au Caire et fit expier assez rudement à son épouse les libertés qu'elle avait prises. Pour se soustraire à ses emportements, Mme Fourès demanda le divorce, qui fut prononcé en présence d'un commissaire des guerres de l'armée. Après son divorce, Mme Fourès qui reprit le nom de Bellile, mais qui dans l'armée comme jadis à Carcassonne n'était connue que sous le joli nom de Bellilote, s'afficha en favorite."

Là, s'arrête la relation qui unissait "Bellilote" à Carcassonne...  Elle se console dans les bras de Kléber après le retour de Napoléon en France. Elle reviendra néanmoins en France en 1799 et rejoint Paris mais sans pouvoir approcher le Premier consul. Elle se remariera avec Pierre Henri de Ranchoux, nommé vice-consul puis consul en 1810 en Suède. Après une rencontre avec l'empereur, elle divorce à nouveau et se remarie avec Jean Baptiste Bellard, capitaine de la Garde. Après un séjour au Brésil où le couple fait fortune, elle revient à Paris en 1837, où elle vit confortablement. Musicienne, elle peint et collectionne les tableaux, et mène une existence paisible jusqu'à la fin de sa vie. Elle mourra à Paris en 1869.

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Tombe au Père-Lachaise (26° division)

Voici donc ainsi résumée l'histoire d'une petite apprentie modiste sans le sou qui, par un heureux mariage, se construira un destin assez exceptionnel. Nous le voyons, Pauline ne fut Carcassonnaise que très peu de temps. Elle usa de ses charmes à plusieurs reprises pour s'élever dans la société. Si elle n'avait pas épousé Jean-Noël Fourès dont elle garda le nom pour la postérité, que serait-elle devenue ? Aussi, avons-nous voulu chercher à savoir quelle était la famille Fourès à Carcassonne.

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En 1780, la famille Fourès habite le carron de Turle (ancien carron de David) dans la paroisse St-Vincent. En rouge et jaune ci-dessus, ce qui correspond aujourd'hui à l'agence bancaire du Crédit Lyonnais, rue de Verdun. Philippe Fourès, riche marchand détaillant de draps, y réside encore lors du recensement de 1799 avec son épouse, ses cinq enfants (dont Jean-Noël, fraîchement divorcé), son frère (Curé de St-Couat) et son beau-fils Jean Abrial. Philippe Fourès né en 1732, y mourra le 9 juillet 1802.

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La maison de la famille Fourès

Un des frères de Philippe Fourès, oncle et parrain du mari de Bellilote, s'appelait également Philippe (1737-1812). Négociant en draps, il avait exercé la profession de notaire entre 1767 et 1780. Sa maison donnait sur l'actuelle place Carnot (couleur bleue ci-dessus). Il a finit sa vie complètement ruiné par les assignats - monnaie fiduciaire de la Révolution française. Nos recherches généalogiques prouvent sa filiation avec Auguste Fourès (1848-1891), poète occitan natif de Castelnaudary.

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Quincaillerie Cuin

Jean François Noel Fourès - un autre oncle du mari de Bellilote - est le grand père de Marie Sidony Fourès. Elle épousa Jean André Cuin, fils de Paul Cuin, fondateur en 1795 de la quincaillerie bien connue des Carcassonnais. Au-delà de l'intérêt historique de nos découvertes, il nous permet d'écrire que les familles de grands commerçants Carcassonnais se sont toutes mariées entre elles. On pourrait citer en exemple : Cuin, Lamourelle, Lasserre, Sarraute, Fourès. 

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31/01/2017

Ces célébrités sont passées par le lycée de Carcassonne

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Gustave Téry (1870-1928) est né à Lamballe (Cotes d'Armor). Après des études à l'Ecole Normale Supérieure avec une agrégation de philosophie, il enseigne pendant sept ans. C'est durant ces années qu'il est professeur de 6e au Lycée de Carcassonne pour 300 francs mensuels. Il fait entre autre la connaissance de Paul Lacombe pour lequel il écrira le texte de plusieurs de ses mélodies. En 1904, Téry fonde L'Oeuvre, un journal pamphlétaire dénonçant le favoritisme, l'arrivisme et les scandales. Téry est l'auteur de Aristide le cynique (Aristide Briand). En 1915, il imprime à son journal une tendance pacifiste et milite pour la Société des Nations. En 1924, il soutient le Cartel des Gauches et meurt quatre ans plus tard.

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Henri Bergson (1859-1941), philosophe célèbre. Il a été nommé le 21 septembre 1883 comme professeur au Lycée de Carcassonne, mais refusa ce poste. Il préféra celui de Clermont-Ferrand.

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Alfred Dodds (1842-1922), Général français, commandant les troupes françaises au Sénégal à partir de 1890. Il mène la conquête du Dahomey de 1892 à 1894. Il fait ses études au Lycée de Carcassonne puis entre à Saint-Cyr, le 10 novembre 1862.

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Pierre François Charles Foncin (1841-1916), Géographe Français né à Limoges. Agrégé d'histoire, il enseigne au Lycée de Carcassonne en 1863. Il est l'auteur de Guide à la cité de Carcassonne (Imprimerie Pomiès / 1866)

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Alfred Jules Emile Fouillée (1838-1912), philosophe français. Après son agrégation, il enseigne notamment au Lycée de Carcassonne en 1864. Maître de conférence à l'Ecole Normale Supérieure en 1872, il est ensuite Docteur en philosophie. Parmi ses écrits: La liberté et le déterminisme ou encore La démocratie politique et sociale en France.

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Noël Auguste Delpech (1846-1935), professeur puis Sénateur de L'Ariège. Il enseigne au Lycée de Carcassonne vers 1878. Il est élu sous l'étiquette du Parti Républicain-Radical. Anticlérical et profondément républicain. Il est Co-fondateur de la Ligue des droits de l'homme et Président du Conseil de l'ordre du Grand-Orient de France. Noël Delpech, né le 22 décembre 1846 à Bonnac (Ariège),
décédé à Toulouse le lundi 11 mars 1935 à Toulouse, également vice-président du Conseil Général de l'Ariège, Conseiller Général du Canton de Quérigut.Président National du Parti Républicain Parti Radical et Radical Socialiste. Egalement Ecrivain et Journaliste à La Dépêche de Toulouse sous le pseudonyme de Nivodo. Ses deux fils sont Morts pour la France pendant la guerre 14-18. Il est inhumé à Foix.

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Eugène Terraillon, philosophe né en 1873. Il fut professeur de philosophie au lycée de Carcassonne. Parmi ses ouvrages: L'honneur, sentiment et principe moral; La morale de Geulincx dans ses rapports avec la philosophie de Descartes (1912).

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Raymond Gourg, Dr ès-lettres et professeur au Lycée de Carcassonne.

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Seules des recherches parallèles m'ont permis de vous présenter cet article.

En 1887, le petit et grand Lycée de Carcassonne comptait 757 élèves

79 pour l'enseignement classique primaire

494 pour l'enseignement classique

184 pour l'enseignement classique spécial

Parmi les autres enseignants moins célèbres, ma recherche m'a indiqué :

M. Filippi, en 1888

Campagnac Joseph, en 1881-1883 (1, rue Bellevue à Carcassonne)

Lebègues Jacques (51, Bd Barbès)

Duvafi Placide, Inspecteur d'Académie en 1883-1885

Peytraud Lucien, licencié ès-lettres et agrégé d'histoire en 1887

Henri Girard, en 1903

M. Robert, Abbé et Aumonier du Lycée en 1870

Sources:

G. Roustan, Les parlementaires français 1900-1914, 1914

Gustave Téry, Cahiers de la quinzaine, Sorbonne, 1902

Henri Bergson, Exposition du centenaire, 1959

F. Desplantes, le Général Dodds, Rouen, Mégard, 1894

G. Vapereau, Dictionnaire des contemporains, 1893

La grande encyclopédie, inventaire raisonné, Lamirault, 4e tome, 1887

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26/01/2017

Coco Alvarado : l'argentin de Carcassonne qui a du soleil au bout des doigts.

Quand on possède le talent et la grâce artistique, on se dit parfois qu'il vaut mieux aller se perdre dans la pampa plutôt que de rester à Carcassonne. Au moins là-bas, les rancheros dansent le tango et chantent Carlos Gardel. Ici, ils préfèrent plutôt faire tourner les serviettes en s'égosillant sur la chanson des sardines.

Qu'est donc venu faire l'homme aux doigts de soleil dans notre ville ? Montrer qu'ailleurs la musique populaire est un art de vivre que l'on pratique avec distinction.

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© Christophe Barreau

Hector Alvarado voit le jour à Buenos Aires en 1949. A neuf ans, sa grand-mère l'envoie chez un professeur de piano où il restera sept années à faire ses gammes. Il conjugue alors sa passion pour la musique avec celle pour le football en supportant le club de Boca junior.

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"Le King" à Buenos Aires. Rodriguez Pena 1062

En somme, comme tout argentin qui se respecte il a pour idoles Gardel, Fangio, Maradona et le tango. Lorsqu'il s'affranchit enfin de la technique du piano, il rejoint la formation "Los Martinicos" comme contrebassiste. Il joue au King ; un club aux 70 hôtesses située dans la capitale argentine.

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 A 23 ans, Coco - surnom donné par sa mère - s'envole pour le Japon. Avec la formation orchestrale "The latinos stones", il fera le tour du monde : Hong Kong, Macao, Séoul, l'Europe... En 1978, il débarque à Carcassonne avec "Los chicos" et presque comme toujours, il y restera pour l'amour d'une femme : Babeth.

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Avec le guitariste et chanteur américain Georges Benson

Pendant plusieurs années, Coco Alvarado jouera de toute sa classe partout où il y a un piano dans Carcassonne. Il enseignera et prodiguera des conseils à de jeunes pianistes, toujours avec cette amabilité et cette simplicité naturelle. A l'époque où Jean-Michel Signoles et M. Hamburger étaient les directeurs, il fut engagé comme pianiste dans l'hôtel de la Cité ; un établissement prestigieux qui travaillait comme un palace. La nouvelle direction s'est séparée de son pianiste il y a deux ans. Pour avoir entendu el Maestro Alvarado jouer, je peux vous dire que cet homme a bien du soleil dans les doigts.

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