29/08/2018

De l'ancien café Sallen à la Bulle, rue Barbacane

Au mois de février 1966, Albert Sallen surnommé Bébert fait l'acquisition de l'ancien café Azéma (Chez Paulin) situé rue Barbacane. A cette époque, le café Calmet placé entre les deux ponts (Vieux et Neuf) vient d'être rasé. On y fera la place Gaston Jourdanne avec son parking faisant face à l'actuel Centre des Impôts. Bébert est un étranger dans ce quartier, puisqu'il vient de la route de Toulouse, mais son passé de marchand de volailles l'avait fait connaître dans toute la ville. Outre les lotos de fin d'années qui sont toujours complets, le café Sallen se fait une réputation en raison de la qualité de la volaille préparée et surtout, du filet de bœuf aux cèpes que le patron cuisine mieux que personne. Les habitués ne s'y trompent pas : Georges Bès, Jeannot Canal, les frères Cano, les frères Chésa, les frères Franck, Rouby, Momon Sautel, Delampie, Vaissière, etc.

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© Bruno Courrière

Albert Sallen et son chien Porthos

 Au mois de mai, c'était la fête de la Barbacane. Il n'était pas question de manger autre chose que des escargots que l'on dégustait chez Bébert, évidemment. Après le tour de l'âne organisée par Gaby Fort, les tournées se faisaient chez Sallen. Le chef d'orchestre était aux fourneaux mais ses aides servaient en salle : Dany, Paulette et Geneviève. Dans le jardin à l'arrière du café, les Italiens jouaient aux boules confectionnées à partir de bois et de terre cuite. Doit-on évoquer les parties de cartes et comment on refaisait le monde devant l'établissement attablé avec un petit Pernod ?

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© Alain Machelidon

Albert Sallen vendra en 1976 son café pour des raisons de santé. La discothèque La Bulle a succédé au Café Sallen dans lequel retentissait la musique de José Marson et la voix d'un certain Gualdo. Luc Raucoules transforma le vieux bistrot en boite avant de le céder à André Garcia en 1981.

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© Google maps

Le Jardin d'été occupe les lieux

Le poète avait écrit que "les feuilles mortes se ramassent à la pelle", nous avons donc essayé d'en attraper quelques une au vol avant que "la nuit noire de l'oubli" ne fasse son œuvre.

Source

La dépêche / 14 novembre 1992

Une histoire de photographies / Martial Andrieu / Tome 3

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11/08/2018

La librairie Breithaupt conserve en ses murs un secret historique...

Trop peu de Carcassonnais savent aujourd'hui, le secret que renferme la librairie Breithaupt, 33 rue Courtejaire. Le temps fait sont œuvre d'érosion sur la mémoire collective, laissant aux fossoyeurs de l'histoire toute liberté pour agir à ses dépens. Aussi, essayons-nous autant que nous le pouvons, de rétablir ou d'approfondir certaines vérités que la modestie des héros d'hier, a complètement absorbée. Les vrais, ceux qui ont pris des risques, n'ont jamais fait valoir autre chose que leur sens du devoir. 

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 Monsieur Jules Breithaupt, né le 10 juillet 1910 à Carcassonne, mit sa librairie à la disposition de la Résistance pendant toute la durée de la guerre. Comme boîte à lettre "officielle" de l'armée des ombres, elle servit à faire transiter des messages entre les différents responsables et les maquis. Ces lettres se trouvaient placées en haut de la dernière étagère et lorsqu'un Résistant se présentait, il n'avait qu'à dire le mot de passe suivant : "Je recherche un livre de..." L'auteur, bien entendu, n'existait pas ! Jules Breithaupt recevait également dans son magasin le gratin de la Résistance régionale : Gilbert de Chambrun, Jean Graille, Jean Bringer, Lucien Roubaud, etc. Un bon endroit pour ne pas se faire remarquer ? Pas tant que cela... Louis Amiel, le bras droit de Bringer, faillit être confondu par la Gestapo alors qu'il avait acheté des cartes d'Etat-major chez Breithaupt. Par chance, lorsqu'il fut arrêté par elle, les agents de la sinistre police secrète Allemande allèrent à deux magasins de là chez Roudière, afin de prouver qu'Amiel s'était fourni chez eux. La Kommandantur était cliente de Roudière pour ses imprimés, mais aucun employé ne reconnut le futur Président du Comité Local de Libération. Quelque temps après, Amiel fut relâché.

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A la libération, Jules Breithaupt obtint sa carte de Résistant. Sans exagérer, on peut dire que sa librairie n'est pas qu'un lieu de culture, c'est aussi un lieu de mémoire de la Seconde guerre mondiale. 

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05/01/2018

Les débuts de Mistinguett à l'Alcazar de Carcassonne

A la fin du XIXe siècle, Carcassonne possédait encore plusieurs salles de Music-Hall. Dans le quartier du Palais de justice, on allait à la belle saison à l'Alcazar d'été - rue de Belfort - et à partir de l'automne, à l'Alcazar d'hiver. Cet établissement se trouvait sur l'actuel boulevard Jean Jaurès. Il fut transformé en cinéma "Le Boléro" puis dans les années 1990 en centre de contrôle technique pour les véhicules. C'est là que fit ses débuts en province, la jeune artiste Jeanne Florentine Bourgeois, connue plus tard sous le nom de Mistinguett.

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Mistinguett

(1875-1956)

Le pseudonyme de Mistinguett proviendrait de la déformation du nom de l'héroïne de l'opérette "Miss Helyett" d'Edmond Audran. Vous avez sans doute oublié cette œuvre musicale du compositeur de Gilette de Narbonne, Le grand Mogol ou de la Mascotte. Pour cette dernière, nos anciens fredonnaient "J'aime mieux mes dindons, j'aime mieux mes moutons quand ils font leurs doux glou glou flou. Quand chacun fait bê bê bê." Mistinguett fit donc ses premières armes à Carcassonne à une époque où elle ne connaissait pas encore la célébrité. C'est cette anecdote que nous avons retranscrite d'un entretien que donna M. Esparseil en 1960 à la presse locale.

"Il y avait une autre dans le quartier du Palais de justice, derrière l’Alcazar de la mère Annou, que tous les vieux ont connu. Celui-ci est remplacé par le cinéma en face de la préfecture. Toujours au grand complet, il était fréquenté par la troupe et les sous-officiers de cavalerie.
C’est là que j’ai connu Mistinguet alors toute jeune. Elle y venait avec l’un de nos camarades, sous-off, comme nous, et elle était déjà très amusante, promesse de la grande carrière qui fut la sienne.
Notre camarade, qui ne l’avait pas vue depuis une vingtaine d’années, eu l’idée, pendant la guerre de 1914, posant à Paris en permission, d’aller la voir. Elle était en pleine gloire et dans toute sa splendeur. Il fut reçu à bras ouverts."

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L'Alcazar d'hiver, sur l'ancien boulevard de la préfecture

La grande salle de l'Alcazar d'hiver se trouvait 17, boulevard de la préfecture. M. Feuillat avait à coeur d'y  engager des artistes, considérés par la presse locale comme ayant fait les beaux jours des cabarets parisiens : comiques troupiers, chanteuses réalistes, danseuses exotiques, etc... Carcassonne étant une ville de garnison, il fallait émoustiller le militaire. Très souvent, les voisins se plaignaient de l'agitation et des nuisances sonores dans le quartier. Sans compter, les amendes infligées à la direction pour salle de jeu clandestine. Cette salle servira également pour les meetings politiques ; on y entendra le Dr Ferroul. Rien d'étonnant à cela puisque Jean Feuillat fait partie du conseil municipal, dirigé par le maire Antoine Durand.

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La grande Mistinguett viendra ensuite à plusieurs reprises à Carcassonne au Théâtre municipal. Elle dormira même à l'Hôtel de la Cité en 1932. Parmi les grands succès de l'artiste : Ça c'est Paris !

Paris, c'est une blonde qui plaît à tout le monde...

https://www.youtube.com/watch?v=p2OxL7i_x_Y

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09/12/2017

Ces Carcassonnais engagés volontaires dans la Waffen-SS

Après sa prise de fonction à la tête de l’état, le maréchal Pétain décide de rassembler sous une même bannière l’ensemble des associations d’anciens combattants de la Grande guerre. La légion des combattants est ainsi créée. Voici comment le gouvernement de Vichy va se servir de la légitimité du vainqueur de Verdun pour assoir sa propagande et surtout, contrôler la moralité et les idées politiques des français. Les conditions d’adhésions à la Légion des combattants se limitant aux anciens combattants, son cercle est un peu trop restrictif. Ceux qui ne peuvent y prétendre seront reversés dans une nouvelle association appelée La légion des volontaires français. A Carcassonne, elle ouvre ses bureaux dès le 25 mars 1942 au n°14 de la rue de l’Aigle d’or. Elle possède un comité au sein duquel, on retrouve les noms de notables (avocat, radiologue, ingénieur, etc) de la vie publique Carcassonnaise. Chacun d’entre eux préside un groupe : collaboration, propagande, action sociale. Cette fois pour être légionnaire, il suffit d’en faire la demande ou, mieux encore, d’être coopté par deux membres. Le dossier de l’impétrant n’est valide qu’après une étude sérieuse de moralité civile et politique. Les candidats menant une vie dissolue et ayant des mœurs légères sont ajournés. Les relations extra-conjugales comme les divorces font l’objet d’un rejet, tout comme bien entendu l’appartenance à une société secrète, à un parti politique ou à un syndicat. En revanche, la L.V.F accueille avec bienveillance les brebis égarées, à fortiori si elles adhèrent déjà aux principes de la Révolution nationale prônée par Philippe Pétain.

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© Musée de la Résistance

Le gouvernement de Vichy tisse sa toile afin de contrôler les Français par eux-mêmes. La Légion des Combattants tint un premier meeting le 11 janvier 1941 au cinéma l’Odeum, en présence d’un millier de légionnaires et de volontaires de la Révolution nationale. Ceci, sous la présidence d’Henri Caillard, avocat narbonnais nommé par Vichy à la tête de la mairie de Narbonne. A Castelnaudary, l’assemblée générale de la légion eut lieu à la « Maison des œuvres » le 8 juin 1941 avec le futur Académicien Jean Mistler, maire de la ville. Une fois le fanion de la légion remis à la section, la réunion se termina par un défilé.

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Ainsi, à Carcassonne se créent des comités de quartiers, au sein desquels les commerçants adhérents à la Légion, sont chargés de donner des informations sur la moralité de leurs clients. Toute la ville est ainsi divisée en secteurs A, B, C… En consultant les archives, on est d’emblée surpris par les noms et le nombre d’artisans impliqués. Soyons magnanimes ! En 1942, le maréchal Pétain est encore une icône pour beaucoup de gens, capable de relever le pays après la défaite de juin 1940. Il suffit pour cela de se référer à l’accueil qu’il reçut à Carcassonne la même année ; des boulevards inondés de monde montaient ces cris fervents : « Vive Pétain ». Ceux qui avaient compris où le maréchal allait entraîner le pays, s’étaient rassemblés à la statue de Barbès. Ils entendaient déjà résister contre la machine idéologique implacable de l’Etat Français, pour la République. Ceux qui eurent le courage de se montrer subirent les coups du S.O.L (Service d’Ordre Légionnaire) venu en découdre avec les opposants. Certains parmi eux seront ensuite emprisonnés et exécutés par les hommes de Darnand. Le 12 juin 1942, le dirigeant de « Combat » Albert Piccolo est arrêté à la suite des protestations contre la conférence du professeur Grim - bras droit de Josef Goebbels. Picolo eut à ce moment-là la hardiesse d'arracher le bouquet de fleurs, que les collaborateurs allaient tendre à cette éminence grise du parti nazi. Ceci en pleine rue Courtejaire... Il venait ainsi de se signaler auprès des autorités préfectorales.

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Albert Picolo

Le S.O.L, fondé en janvier 1942 à Carcassonne disparaîtra en février 1943 avec la constitution de la Milice française, au théâtre municipal de Carcassonne. Notons tout de même que certains notables qui avaient adhéré à la Légion, en démissionnèrent au cours de l’année 1942. Au sein de la L.V.F dirigée à Carcassonne par Louis Boyer se trouve un organe appelé à combattre le communisme : La Légion des Volontaires Français contre le Bolchévisme. Elle tint une réunion au cinéma Le Colisée réunissant 500 personnes, le 23 mars 1943. L’inauguration du centre de recrutement des Waffen SS a lieu le 7 octobre 1943, rue Chartrand. Le capitaine allemand Reinhardt de la Kommandantur était invité, mais ne s’y est pas rendu. En soirée, on fête le départ de 10 volontaires conduits par le milicien Emilien Boyer. Le lendemain, c’est au tour du chef départemental de la Milice, Marcel Lefèvre, de partir pour la Waffen SS. Ajoutons que le mois suivant, Carcassonne est choisie comme lieu de rassemblement pour les Waffen SS de la région de Montpellier. La cadence des départs est de dix par semaine.

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Joseph Darnand qui avait déjà prêté serment à Hitler le 8 août 1943 est nommé SS-Frw Obersturmfûhrer à l’ambassade d’Allemagne à Paris. A partir d’octobre 1943, une partie de ses cadres de la Milice s’enrôlent pour la future Waffen SS française : Pierre Cance, Henri Fenet, Ivan Bartolomei, Albert Pouget, Pierre Bonnefoy, Jacques Massot, Léon Gauthier (fondateur du Front National avec Jean-Marie Le Pen), Jacques-Flavien de Lafaye, Paul Pignard-Berthet, Jean Artus, Noël de Tissot, Marcel Lefèvre (Chef de la Milice de l’Aude, né à Lézignan) et Emilen Boyer (Franc-Garde Carcassonne).

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Français engagés dans la division SS Charlemagne

Emilien Boyer naît le 3 avril 1910 à Carcassonne et réside 43, rive droite du Canal - aujourd’hui, avenue Pierre-Charles Lespinasse (résistant déporté). Il est ajusteur-mécanicien de métier, mais très vite devance l’appel sous les drapeaux et s’engage dans l’armée le 10 avril 1929. Comme tous les hommes de sa génération, il participe à la Seconde guerre mondiale dans l’armée française avant d’être démobilisé le 16 juillet 1940 après la capitulation. Son frère Louis était déjà secrétaire départemental de la L.V.F lorsque Emilien rentre dans la Milice française, plus exactement dans la Franc-Garde de l’Aude. Dans la nuit du 23 au 24 septembre 1943, il échappe à une tentative d’assassinat devant chez lui. Le journal « Combats » relate cet évènement dans es colonnes le 2 octobre : « Jeudi soir, à Carcassonne, le Franc-Garde Emilien Boyer, qui venait d’assister à une de nos réunions hebdomadaires, regagnait paisiblement son domicile lorsqu’il dépassa un groupe de trois individus aux mines suspectes qui paraissaient guetter sa venue. A peine avait-il esquissé un geste de défense que ceux-ci déclenchaient, en effet, sur lui, le feu nourri d’une mitraillette et deux révolvers. Cependant indemne, Boyer, sans perdre un instant son sang-froid riposta aussitôt, parvenant à mettre en fuite ses agresseurs. »
Ce journal ne dit pas qu’il se trouvait avec Marcel Lefèvre, qui échappa lui aussi à la mort.

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© Bundesarchiv

Lorsque Boyer arriva Sennheim pour sa formation de SS, il gagna un diplôme de vainqueur de la compétition de boxe de la Waffen-SS étrangère, délivré par le Reichsfûhrer-SS Himmler, le 23 novembre 1943. Rien d’étonnant à cela… Emilien Boyer pratiquait déjà la boxe en 1935 à Carcassonne ; il avait été sélectionné en équipe de France. Comme l’indique le Waffen-SS André Bayle dans une interview en septembre 2005, les hommes intégrant cette unité devaient avoir de grandes qualités sportives. Boyer intègre l’école des sous-officiers SS de Posen-Treskau au tout début de 1944. Ce n’est pas dans la division SS Charlemagne qu’il se mit à l’ouvrage, mais en Galicie (Ukraine) comme responsable des estafettes dans le 1er bataillon de la Sturmbrigade. Ce bataillon sera presque entièrement décimé, mais Boyer s’en sort. Il est même un des derniers à décrocher du terrain, le 22 août 1944, en emportant un Pierre Cance blessé sur une moto. Croix de fer 2e classe, il est ensuite promu Hauptscharfûhrer, le 12 novembre 1944 et dirige le Waffen-Grenadier Régiment SS 57. Nous n’allons pas nous étendre sur les états de service d’Emilien Boyer au sein de la SS. Après avoir déserté en avril 1945, il s’enfuit avec d’autres camarades et arrivent à se cacher en Allemagne jusqu’au 13 décembre 1945. Ils sont fait prisonniers.

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Emilen Boyer est rapatrié en France avant d’être condamné par la Cour de justice de Montpellier. Son frère Louis sera fusillé à Carcassonne le 7 juin 1945. Comme beaucoup de responsables nazis et de Miliciens, Boyer ne fera pas sa peine. Il sera exclu de l’armée et s’établira en 1951 à Saint-Sébastien sur Loire jusqu’à sa retraite. A la fin des années 1970, il reviendra habiter à Carcassonne. Là, il occupera les fonctions de secrétaire de la Carcassonnaise boxe avant de mourir en janvier 1995.

Loin de faire l’apologie de la Waffen-SS, il nous a paru intéressant d’évoquer cette épisode ignoré de la Seconde guerre mondiale concernant Carcassonne. N’oublions pas qu’en février 1944, un grand nombre de Franc-Garde partit de Carcassonne pour combattre la Résistance dans le maquis des Glières. L’ensemble des têtes dirigeantes audoises échappera aux jugements en se réfugiant en Espagne ; elle reviendra dans l’Aude après l’amnistie de 1952. En juin 1943, une estimation donne pour l'Aude 350 miliciens et 600 Franc-Garde.

Sources

ADA 11

Fonds Julien Allaux

Archives militaires de Fribourg

Encyclopédie de l'Ordre nouveau / G. Bouysse

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05/11/2017

Les vieux marchands de bonbons de Carcassonne

Il est loin le temps où les jeunes carcassonnais se ravitaillaient à la bonbonnerie Marseillaise de M. Raynaud sur le boulevard des tilleuls (Commandant Roumens). C'était au début du siècle dernier, à côté du Bazar du Bon marché et du café du Helder (café des platanes). Jusqu'à la libération et à la destruction du square gambetta par l'occupant, deux kiosques en pierres se tenaient parallèlement au jardin. Le premier, en face du musée était tenu par M. Andrieu. Le second, celui de Mlle Delphine, lui faisait concurrence en face de la maison Lacombe. Faut dire qu'il fallait du stock en réglisses, guimauves et autres sucettes pour les écoliers du groupe scolaire Jean Jaurès, inauguré en 1928. Ces kiosques ont été détruits comme celui qui à l'identique est resté quelques temps après place Davilla.

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Comme elles étaient délicieuses les sucreries de madame Bourrel... Juste après la guerre, la marchande de bonbons avait posé son étal dans la rue de la gare en face du Continental, pour la grande joie des enfants. Elle vendait des cocos, des bonbons acidulés en forme d'ostie, de la croquande, des sucres d'orge et des cacahouettes qu'elle faisait griller chez le boulanger M. Deveze, 33 rue de Lorraine.

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Le kiosque du boulevard Marcou face à l'école Ste-Marie auxiliatrice

Ce kiosque fut construit grâce à une délibération du conseil municipal en date du 9 novembre 1928, avec jouissance pour une période de 20 ans à M. Cros, résidant rue Clémenceau. Le 30 novembre 1948, il devint la propriété de la ville.

A partir du boulevard Barbès, en face le café du Midi (détruit), il y avait l'étal de madame Gillot surnommée "la japonaise" par les enfants, en raison de sa coupe de cheveux.

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Le vieux kiosque du Palais de justice qui sera rasé en 1959. On construira à l'opposé celui que nous connaissons aujourd'hui, dans un style plus moderne.

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Le kiosque de Mariano Ramon contre le mur du portail des Jacobins fut construit en 1909 pour M. Roucairos. On y vendait des journaux et des friandises pour déguster à la sortie de l'école. Il cessa son activité en 1985 et la transmit à Chantal Julien, habitant à Cazilhac. Au début des années 1990, le kiosque sera rasé lors de l'aménagement en surface du parking Jacobins. Il y avait également un kiosque du même style contre le mur du boulevard Marcou, à gauche en haut de la rue de Verdun. 

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Le marchand ambulant Almazor

Antonio ALMAZOR, exilé espagnol de Catalogne, arrivé en France dans les années 30 en traversant les Pyrénées à pied, engagé à la Légion étrangère au Barcarès, prisonnier en Allemagne lors de la seconde Guerre Mondiale puis libéré, il s'installa à Carcassonne. Avec son épouse, ils montèrent cette confiserie ambulante. De Castelnaudary, au stade Domairon, à la foire près du portail des Jacobins, ils étaient présents avec leur étal de bonbons de la Pie qui chante... ils faisaient de la Croquande. Présents lors des fêtes foraines, des marchés et sur des points stratrégiques, tous deux ont arrêté cette activité pour sillonner les routes de l'Aude, des Pyrénées Orientales et de l'Hérault avec un "tube" transformé en magazin de quincaillerie...

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Antoine ALMAZOR, naturalisé français, retourna en Espagne au milieu des années 70 en tant que touriste après la mort de Franco. Certains carcassonnais fréquentant les stades les jours de match se souviennent peut-être de cet étal de confiserie où l'on vendait aussi des sandwichs. Aujourd'hui décédé, Monsieur ALMAZOR est enterré au cimetière de la Conte

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Coma-Pérez

Plus bas, en face du portail des jacobins, qui n'a pas connu les bonbons de M. Coma puis de son beau-fils, M. Perez? Monsieur Pérez, ici avec son épouse faisaient aussi des crêpes et de la croquande (nougat caramélisé rougeâtre) pour les foires de la Sainte-Catherine (novembre) ou des comportes (mars). Avec son camion, on retrouvait aussi M. Perez pour les fêtes de la cité sur le jardin du Prado près de la porte narbonnaise. A sa suite, c'est leur employé depuis 23 ans, madame Quirant qui a repris l'affaire.

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Madame Quirant et sa fille Nicole, ont installé leur camion plus haut en tournant le dos à la caserne Laperrine. Elles ont étoffé leur stock en vendant des frites, Hot-dog, sandwiches Américains... La plus grande partie de leurs clients étaient les militaires du 3e RPIMA. Ils laissaient leurs listes et venaient ensuite se ravitailler chez madame Quirant. Une affaire florissante à cette époque. Puis après la guerre du Golfe, les militaires ont obtenu le droit d'avoir un appartement en ville. L'arrivée des fast-food et des pizzerias à Carcassonne au début des années 1990, a sérieusement fait chuter le chiffre d'affaire de ce commerce ambulant. La construction du parking souterrain a achevé tout espoir de reprise. On a d'abord voulu exclure ce commerce de son emplacement, puis on l'a mis dans une guérite dont l'exiguité ne permettait pas la poursuite de l'activité. Madame Quirant a jeté l'éponge et ainsi disparut le dernier et emblèmatique marchand de bonbons de Carcassonne.

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L'ancien camion de Mme Quirant ; la cantinière du 3e RPIMA

On pourra également citer Joséphine qui vers 1955 avait son étal de bonbons et de caramels en face de la clinique St-Vincent, sur le boulevard Jean Jaurès. En haut du boulevard Barbès, les glaces du couple Soler qui habitait rue du Cherche Midi. A côté du collège André Chénier, un marchand de bonbons. Mme Arcas fabriquait des sucres d'orge filants aux belles couleurs pastel. Elle les faisait dans sa cuisine au 9 ou 11 rue fortuné. Vers 13 h 30 les jours d'école, elle allait se mettre à côté de Mme Soler sur le boulevard de Varsovie derrière le monument aux morts.

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21/09/2017

Les souvenirs du quartier de cavalerie du 17e régiment de dragons (Caserne Laperrine)

Aujourd'hui, les Carcassonnais manifestent leur attachement aux marsouins du 3e Régiment d'Infanterie de Marine, comme ils le firent hier avec le 5e régiment de hussards, le 7e régiment de chasseurs à cheval et les 17e et 19e régiment de dragons. On ne peut tous les énumérer, mais juste mettre l'accent sur la tradition et l'histoire de notre ville de garnison. Jusqu'à la veille de la Grande guerre, Carcassonne avait été une place forte de la cavalerie française. Comme de nos jours, les militaires après leurs manœuvres sur le champ de tir de Romieu et leurs défilés sur les boulevards, participaient à la vie économique de la ville. Ce sont ces souvenirs que nous avons retrouvés dans un article de presse des années 1960, dans lequel l'architecte Raymond Esparseil raconte ce Carcassonne du XIXe siècle. Le fils de Marius Esparseil - inventeur de la mine de Salsigne - a construit l'actuel Théâtre municipal en 1935.

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© Martial Andrieu

Les cavaliers du 17e dragons dans la caserne Laperrine

Nous sommes arrivés au régiment peu après que Courteline (Georges Courtine, auteur dramatique. NDLR) eût terminé le sien, également dans la cavalerie, c’est-à-dire que nous avons connu tout ce qu’il a raconté et dont la tradition n’était pas encore perdue.
Si nous n’avons pas été les témoins de son fameux motif de punition donné par un adjudant à un bleu, qui, du troisième étage du quartier avait pris le soleil dans une glace pour le projeter violemment dans la figure de cet adjudant, nous en avons vu passer d’analogues, comme les deux jours de consigne avec le motif suivant : « A ri au nez de ce brigadier qui lui tournait le dos ».
Nous avons vu comme Courteline les prisonniers et les consignés se lever avant le réveil pour aller casser la glace des abreuvoirs dans lesquels les jeunes cavaliers devaient aller tremper leurs fesses en descendant de cheval tous ensemble et au commandement. Remède souverain, parait-il, pour préserver leurs postérieurs des écorchures si douloureuses lorsqu’elles sont à vif et lorsque l’on trotte à cheval sans étriers.

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© Martial Andrieu

Le 19e dragons à l'abreuvoir

La carrière des dragons était le lieu de rendez-vous de tous les Carcassonnais amateurs de haute voltige. Ils venaient admirer les exercices de voltige auxquels on nous astreignait. On était arrivé à nous faire exécuter des numéros de cirque auprès desquels ceux que l’on voit maintenant, ne sont rien. Pendant que nous voltigions, le 15e de ligne s’exerçait de son côté à des numéros de souplesse, où le bâton, la boxe et le chausson étaient surtout enseignés. Dans notre enfance, cela se passait boulevard Marcou, et nous y assistions avant notre entrée en classe au lycée.

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© Martial Andrieu

La voltige devant le manège du quartier de cavalerie


Cet enseignement, qui ne se pratique plus, était pourtant très utile, non seulement en matière d’assouplissement, mais aussi dans la vie, ainsi que je vais en donner la preuve. Un mouvement du chausson consistait à se recevoir sur une main et un pied, et à lancer l’autre sur la figure de celui qui était derrière vous.
Un de nos anciens de l’infanterie rentrait chez lui à Perpignan, dans la nuit, le long du quai conduisant à l’île Saint-Louis, lorsqu’il s’aperçut qu’un individu le suivait et se rapprochait de lui insensiblement, avec des intentions nullement catholiques, lorsqu’il fut assez rapproché, notre ami lui fit le coup du chausson en lui envoyant à l’envers un magistral coup de pied dans l’estomac. Il poussa un cri en tombant en arrière, pendant que notre ami se sauvait à toutes jambes.

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L'hôtel Dieu rasé en 1977 (parking du Dôme)

Ces classes de régiment se passaient à l’époque précédant Combes, l’irréligieux, avec le général de Galifet, ministre de la guerre, vieille baderne, bien que profondément catholique.
C’est pourquoi il existait à, ce moment une émulation religieuse extraordinaire de tous les grades. Chaque dimanche, le général de Benoist de Cavalerie en activité à Carcassonne, donnait l’exemple en assistant en uniforme avec beaucoup d’officiers et de sous-officiers à la messe dans la chapelle de l’hôpital. Cet hôpital était alors dirigé par des sœurs de charité. Il y avait une ancienne cantatrice, sœur Saint-Vincent de Paul, qui avait une très belle voix. Elle chantait à l’orgue pendant la messe de onze heures. La supérieure était très riche, elle avait proposé à la municipalité d’aménager à ses frais, un jardin devant la chapelle. Il fallait pour cela changer de place les poids publics, ce que la municipalité refusa.

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© Martial Andrieu

Dragon du 19e régiment

L’armée française, après la défaite (Guerre de 1870. NDLR), s’est reconstituée insensiblement jusqu’en 1889. Il y avait en outre les bataillons scolaires ; ils étaient commandés par un gradé de l’armée de 1870 qui était également au lycée et aux Ecoles Normales. Le bataillon du lycée était composé des classes supérieures, également celui de l’Ecole Normale de garçons, avec tambours et clairons. Il avait beaucoup de succès lorsqu’on le faisait manœuvrer en ville. Il était doté du fusil Gras et de la baïonnette. Il participait à toutes les prises d’armes ainsi qu’à la revue du 14 juillet.
Ceux qui préparaient Saint-Cyr dans les classes supérieures allaient monter à cheval dans le manège du quartier de la Cavalerie. Lorsque le jeudi et le dimanche on se rassemblait dans la cour du petit lycée pour aller en promenade, le professeur de gymnastique était là pour nous apprendre le défilé et la formation par quatre.
La marche au pas était exigée tant que nous traversions la ville. Le fourniment des anciens bataillons scolaires serait entreposé dans les greniers de l’Ecole Normale de garçons.

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© Martial Andrieu

A droite, la carrière des Dragons

La carrière des Dragons servait de rendez-vous pour les rassemblements de fêtes. Les masques et les chars du carnaval s’y réunissaient avant d’aller en cavalcade, au milieu de confettis, accompagner le bœuf gras enrubanné jusqu’à Charlemagne qui était le terminus de toutes les fêtes de cet ordre.
Le grand manège, le petit n’existant pas, servait de salle de bal, de fêtes et de banquets après la démolition de l’église des Cordeliers. Les ministres venaient y discuter de la politique après un bon déjeuner. Nous y avons vu Pelletan, Poincaré, Bourgeois, les Sarraut, etc. Carcassonne, patrie des Sarraut et par là même, berceau du parti Radical, était choisi de préférence par les chefs de parti politique pour s’y combattre à coups de discours. Marty, Carcassonnais, ministre des Travaux publics ; Gauthier, Audois, ministre de la Marine, faisaient partie des orateurs que les Carcassonnais ont applaudis.
Mais avec de si nombreux rassemblements politiques, la carrière et le manège étaient aussi utilisés pour de nombreuses fêtes des régiments. Ils se préparaient à l’avance pour les fêtes de Saint-Georges. Concours hippiques, carrousel, exercices de voltige, danseurs de cordes, clowns, etc.

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La vie de Carcassonne était très belle avec le régiment de cavalerie. Nous avions à faire à un colonel très cocardier. Il était aussi très religieux, imité en cela, par presque tous les officiers.
Il n’admettait pas qu’un sous-officier sortit en ville sans qu’il fût en tenue de fantaisie. C’est pourquoi il nommait de préférence des jeunes gens fortunés qui, tout en ayant de l’éducation, pouvaient se payer des tenues seyantes. On ne s’en privait pas : drap noir d’officier, pantalon rouge en drap satin, crinière de casque en cheveux de femme, chaussures élégantes à éperons mouchetés, etc.
Cet assortiment, on le comprend, servait d’attrait aux jolies personnes fréquentant le régiment.
Du reste, contrairement, à ce qui se passait dans l’infanterie, en dehors du service, le sous-officier de cavalerie, à cause de son éducation, était cordialement fréquenté par son officier, et, bien qu’avec une discipline de fer dont les jeunes d’aujourd’hui ne peuvent avoir qu’un bien faible idée, les relations d’inférieurs à supérieurs étaient toujours aussi respectueuses dans le service qu’amicales en dehors du service.
Il me souvient qu’au cours de manœuvres de division de 1898, étant porte-fanion du général, j’étais tenue de rester dans son entourage, au milieu de ses officiers d’état-major. Il ne faisait aucune distinction entre ses officiers et moi, lorsqu’il fallait, en plein bataille, aller porter un ordre ou modifier, un mouvement de troupe. Ses officiers de même, m’ont accueilli comme si j’étais l’un d’eux.

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Intérieur du quartier de cavalerie

C’était l’époque des bals de la préfecture que chaque préfet donnait plusieurs fois. Il s’y déroulait un certain faste rappelant l’éblouissement des fêtes d’autrefois ayant illuminé Carcassonne d’une ère de splendeur. Les grandes familles, les officiers, les chefs de service de toutes les administrations, y étaient invités avec les chefs d’industrie ou les gros propriétaires. Ces bals si distingués étaient l’objet de toutes les conversations et l’on s’y préparait longtemps à l’avance.

Bien que l’on dansât les vieilles danses et surtout la valse, il commençait à se parler des danses nouvelles : « C’est la danse nouvelle, Mademoiselle », commençait-on à chanter. Et en fait se fut le Cake-walk qui fit son apparition en premier lieu.

Je n’étais plus au service militaire et je m’exerçais à le danser avec ma cavalière (qui vit encore), quinze jours à l’avance, pour l’un de ces bals. Malheureusement, le jour du bal, je me trouvais sous-officier de dragon appelé à faire une période militaire. C’était une catastrophe, car en raison de la rareté des danseurs connaissant le Cake-walk, le coup de la surprise était manqué.
Néanmoins, me rappelant l’amicale fréquentation des officiers pour les sous-off d’autrefois, je suis allé demander au colonel de mon régiment où j’accomplissais cette période, l’autorisation d’assister à ce bal. Celui-ci, suivant la tradition qui n’était encore pas répandue. « Avec plaisir maréchal des logis, me répondit-il, je suis enchanté que l’un de mes sous-officiers aille au bal de la préfecture.
C’est alors que pour la première fois a été dansé le Cake-walk à Carcassonne, ce qui m’a valu des officiers assistant au bal, que je connaissais, une série de quolibets qui ont été répétés le lendemain par mes camarades.

Historique du 19e régiment de Dragons

Ce régiment fut formé en 1793 (décret du 27 février) avec le dépôt de volontaires à cheval réunis à Angers sous les ordres du général Leygonnier. Il prit part aux campagnes de la Première République etc de l'Empire et se distingua en maintes occasions et notamment : 

Armée de Moselle, de Rhin et Moselle, d'Allemagne 1794-1797

Armée d'Italie 1798-1799 (Porto-Fermo et la Trebbia)

Le 19e Dragons culbuta un corps de cavalerie napolitaine fort de 1500 chevaux. Pendant cette charge, le général Casabianca s'étant trouvé enveloppé par l'ennemi, fut dégagé par le maréchal des logis Martin qui reçut le brevet de sous-lieutenant en récompense de sa belle conduite.

A la Grande Armée 1805-1807 (Elchingen, Austerlitz, Iéna, Lubeck, Bohrungen et Friedland)

A l'Armée d'Espagne et du Portugal 1808-1813 (La Corogne, Braga, d'Oporto, de Las Rosas, Vitoria)

A la Grande Armée 1813-1814 (Dresde, Leipzig, Dantzig, Saint-Dizier, Brienne, La Rhotière)

Ce régiment fut licencié le 14 septembre 1815. Il ne fut reconstitué qu'en 1874 et formé par le 8e Chevaux-légers lanciers, lequel créé le 18 juin 1811.

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Le 19e régiment de Dragons au quartier de cavalerie

Ci-dessus, l'intérieur de la caserne Laperrine. Les écuries à l'arrière de la cour seront détruites après la Grande guerre et on élèvera un nouveau bâtiment à deux étages.

Sources

Raymond Esparseil / L'Indépendant / 1960

Notes, photos et synthèse / Martial Andrieu

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