25/11/2016

Jean-François Bousquet, ce curé de l'Aude massacré pendant la Révolution Française

Voilà encore une histoire dont on ne vous parlera pas dans les livres de catéchèse historique du département de l'Aude... La vie de Jean-François Bousquet, né à Ginestas le 8 juin 1751 de Jean Bousquet (ménager) et de Marie Thomas, ne fut pas singulière. Il n'y a pas dans cette histoire de Happy end, mais je vous garde pour la fin une belle surprise à terroriser tous les sans-culottes de la rue de Verdun. Je plaisante, bien sûr...

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Statue de Jean-François Bousquet à Ginestas

Docteur en théologie et licencié en droit canonique et civil, J-F Bousquet devint un des canonistes les plus réputés de l'époque. Sous les yeux de Mgr l'archevêque de Toulouse, Charles DE LOMÉNIE DE BRIENNE et de ses grands vicaires, il fouilla les documents du parlement ide Toulouse et commença son grand travail en deux volumes in-4° : Droit ecclésiastique français, où il traite des questions relatives aux collateurs ecclésiastiques dans la dispensation des bénéfices, indique les abus qui s'y sont introduits et trace le plan de réforme dont la jurisprudence sur ce point est susceptible.

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Eglise St-Saturnin de Pouzols-Minervois

Clerc-tonsuré en 1770, il est ordonné prêtre le 15 mars 1777 et prend en charge la cure de Pourzols-Minervois. Vers 1786, il alla se fixer à Paris et établit sa résidence chez les Eudistes. Il y vint attiré par le cardinal DE BRIENNE, afin de confronter les arrêts de Toulouse avec ceux du Grand Conseil et du Parlement de la capitale. Là, il se mit en relations avec BARRÈRE, qui deviendra membre influent de la Constituante, puis de la Convention et du Comité de salut public. Ces relations étroites avec LOMÉNIE DE BRIENNE et BARRÈRE pourraient faire soupçonner son orthodoxie. Il n'en fut rien. Successivement, Mgr DU LAU, archevêque d'Arles, à l'assemblée générale du Clergé le 21 août 1786, et Mgr DE DILLON, archevêque de Narbonne, ainsi que TALLEYRAND-PERIGORD, archevêque de Reims, à l'assemblée de 1788, firent de lui le plus bel éloge, et obtinrent en sa faveur une subvention de 4.000 livres d'abord et de 6.000 livres ensuite. Les ressources de l'abbé BOUSQUET étaient modiques. Aussi demanda-t-il au P. HÉBERT l'hospitalité aux Tourettes. Sa réputation s'étendit au-delà de la petite communauté et pour lui témoigner leur estime les prêtres de la paroisse Saint-Etienne-du-Mont, le choisirent le 21 avril 1789, en compagnie du P. HÉBERT, pour être l'un des 9 députés, chargés de la rédaction des cahiers du Clergé.

Ne remplissant pas de fonctions publiques ou paroissiales, l'abbé Bousquet ne fut pas tenu à prêter le serment constitutionnel. Mais quand la loi du 27 mai 1792 de déportation des prêtres fut proclamée, ils furent tous recherchés et le serment civique leur fut réclamé. Il fut l'un des premiers arrêté aux Tourettes et conduit à la section du Luxembourg. Là, Jean-François Bousquet refusa le serment et déclara :

"Je refuse tout serment, contraire à ma conscience et suis prêt à tout endurer même le martyre".

Deux jours avant le massacre, il songea à son ami BARRÈRE, et lui écrivit d'intervenir en sa faveur auprès de DANTON, ministre de la Justice. Danton promit bien à BARRÈRE et par deux fois la liberté, pour le lendemain même, de l'abbé BOUSQUET; mais la promesse ne fut pas tenue. Détenu dans l'église des Carmes, rue de Vaugirard, il fut le 2 septembre 1792 mis à mort avec 94 autres ecclésiastiques.

La tuerie des Carmes

Vers 16 heures, un groupe armé se rend à la prison des Carmes, où 150 prêtres insermentés ont été enfermés après le 10 août. Une heure auparavant, était passé le juge de paix Joachim Ceyra qui avait procédé avec célérité à l’appel des prisonniers, puis s’était tout aussi prestement retiré. Les prêtres sont alors poussés vers le jardin.

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Le perron d'où sortirent des prêtres

Aussitôt la tuerie débute par une fusillade, puis à coups de piques et de sabres ; certains religieux cherchent refuge à la chapelle, mais sont entraînés de force et exécutés dans le jardin ; certains toutefois réussissent à s’échapper. L’arrivée du Commissaire de la section du Luxembourg Jean-Denis Violette suspend pour un instant les massacres. Celui-ci établit une procédure en faisant office de juge occasionnel et fait comparaître les prêtres survivants. Les jugements consistent en une rapide vérification d’identité et un verdict rapide. Peu avant six heures tout est terminé, après 115 exécutions. Les quelques prêtres rescapés sont conduits au siège de la section du Luxembourg.

 Certains corps sont transportés au cimetière de Vaugirard et entassés dans une fosse commune ; d’autres sont jetés dans un puits du jardin, redécouvert, en 1867, lors du percement de la rue de Rennes, dont le tracé passe au travers du jardin des Carmes. Quelque temps après le massacre, les sœurs de J-F Bousquet - Marie et Rose - donnèrent procuration au citoyen Michel AZÉMA, député à la Convention, pour procéder à la levée des scellés apposés sur les meubles de leur frère, et le citoyen BONNARD, ancien réfectorier des Tourettes, vint au nom de ce dernier réclamer la montre que le martyr portait sur lui au jour de sa mort.

Le Bienheureux

Le 17 octobre 1926, le pape Pie XI a inscrit l'abbé Bousquet au nombre des bienheureux de l'église.

La surprise et la recherche du blog

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Jean-François Bousquet, curé de Ginestas béatifié par Pie XI, n'est autre que le grand oncle en ligne directe, du poète Joë Bousquet. Ce dernier n'a jamais caché ses convictions et son éducation religieuse. Sa famille a même hébergé l'évêque de Carcassonne, lorsqu'il fut expulsé au moment de la loi de séparation de l'église et de l'état. La soeur Henriette Bousquet épouse Patau, le raconte fort bien dans un manuscrit de ses mémoires. Quant à son frère, l'abbé Gabriel Sarraute fut son confesseur et lui administra l'extrême onction la veille de sa mort.

Sources

Histoire du clergé de l'Aude / Chanoine Sabarthès / 1939

Les martyrs Eudistes massacrés aux carmes / 1926

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08/04/2016

Où est donc passé le buste de Joë Bousquet ?

Dernièrement, je lisais la remarquable biographie du poète Joë Bousquet écrite par René Nelli et publiée chez Albin Michel en 1975 : Joë Bousquet. Sa vie, son oeuvre. Comme vous l'imaginez, certaines informations contenues dans cet ouvrage n'ont pas pu échapper à ma curiosité. On apprend qu'en 1946 la sculptrice Salomé Vénard réalisa un buste du poète Carcassonnais ; elle le représenta sous les traits d'une femme. René Nelli indique : "elle pressentait que la destinée de Bousquet allait bientôt se terminer. Il s'était enfin détaché du double qui était à la fois sa blessure, sa mère et sa propre conscience devenue maintenant assez libre pour ne plus considérer le corps comme un obstacle à l'esprit."

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D'après R. Nelli, ce n'est pas un mais deux bustes qui ont été réalisés par Salomé Vénard. Le premier, c'est celui dont nous venons de parler. Bousquet en fit cadeau à l'une de ses amies, mais cette dernière trouvant qu'il portait malheur décida de le rendre à sa créatrice. En 1951 - l'année suivant le décès de Bousquet - la sculptrice en exécuta un autre. L'état en fit l'acquisition et l'envoya en dépôt au Musée des Beaux-arts de Carcassonne. René Nelli - conservateur de ce musée depuis 1947 - note qu'au cours de réparations effectuées au musée des Beaux-arts, le visage de pierre de Bousquet eut le nez cassé... (Sic)

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Deux questions - vous le pensez bien - me tarabustent depuis quelques jours :

A quoi ressemble ce buste ? Qu'est-il advenu de lui ?

J'ai remué dans tous les sens internet afin de tenter de trouver une photographie de la sculpture , ceci sans résultats. Même le site du Ministère de la culture sur lequel elle est référencée, n'en possède pas. C'est alors, grâce à je ne sais qu'elle source divine - l'esprit de Bousquet soufflant sur moi - que j'ai trouvé sa photographie sur le frontispice d'un ouvrage de l'illustre poète.

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Voici donc Joë Bousquet sculpté comme Virgile, le poète de l'antiquité romaine. Aujourd'hui, il aurait le nez cassé ; le sphinx de Guizeh n'en est pas moins impressionnant de beauté. Tout ceci ne répond pas hélas à ma seconde question... J'ai tenté de joindre hier après-midi le directeur du Centre de la maison des mémoires, rue de Verdun ; il semblerait que pour moi, il s'en trouvait éloigné... du centre. Je ne cherche querelle à personne, mais en honnête citoyen - béotien de surcroît - il est normal que j'en appelle à la haute autorité intelligente à condition qu'elle veuille bien m'entendre. Donc, par l'intermédiaire de ce blog je la sollicite afin qu'elle nous dise ce qu'il est advenu de cet objet payé par l'état ; il est signé en bas et au dos. Se trouve t-il dans le musée des Beaux-arts,  dans un coin des réserves ou bien ailleurs ?...

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On pourra également se souvenir de ce médaillon réalisé par René Iché, commandé par l'Administration des monnaies et médailles et frappé en 1939. Il est signé et daté d'octobre 1938.

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Quant aux tableaux de la collection Joë Bousquet, voici ce qu'il est noté à la page 227 :

 Le conservateur du musée, René Nelli, en déposant lui-même les oeuvres surréalistes qui lui appartenaient en propre, obtint de quatre ou cinq amis de Bousquet qu'ils missent eux aussi, en dépôt au musée celles dont ils avaient hérité. Il y eut donc, pendant dix ans, au musée des Beaux-arts de Carcassonne, une salle Joë Bousquet. Mais la peinture surréaliste ayant pris une valeur marchande très considérable, les prêteurs - et quelquefois même les donateurs - revinrent sur leur décision première et, l'un après l'autre, retirèrent leurs tableaux. Il ne reste au musée de Carcassonne que cinq toiles ayant fait partie de la Collection Joë Bousquet, et le buste en pierre de Salomé Vénard, qui le représente.

Qu'est-il advenu de tout cela ? Le Musée des Beaux-arts de Carcassonne n'a pas - à ma connaissance - de salle consacré à ce style de peinture. 

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30/12/2015

Histoire de l'achat de la maison du poète Joë Bousquet

Dans un article publié hier par le journal "l'Indépendant", le nouveau conseiller départemental Jean-Noël Lloze en charge de la culture donne les nouvelles ambitions pour l'ancienne maison de Joë Bouquet, communément appelée "Maison des mémoires". Il souhaite impulser une dynamique en rapport avec l'offre culturelle de notre époque grâce à un réaménagement de l'espace, scénographie et boutique. Selon toujours ce journal, le Centre Joë Bouquet n'accueille que 6500 visiteurs par an et n'est pas toujours bien connu. Voilà un nouvel élan...

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© chroniques de Carcassonne

Il est vrai que vu de la rue, le Carcassonnais n'ose pas franchir le seuil de ce vaisseau considéré comme élitiste, gardé par les chevaliers en armure d'un temple littéraire. La mémoire universelle de Joë Bousquet et surtout son message de résistance doivent-ils appartenir à une poignée d'érudits ? C'est peut-être cette bunkerisation qui est en cause ; chacun sur ce point doit faire son examen de conscience.

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Pourquoi cette plaque depuis 2011 n'est-elle pas fixée sur la façade ?

Celui qui connaît bien Carcassonne sait qu'elle vit dans un monde politique bipolaire agissant à tous les niveaux. La bêtise et les sectarismes du dogme idéologique des encartés de droite et de gauche, ont créé des frontières à la connaissance ; ceci en dehors de l'intérêt général qu'ils prétendaient défendre. Sur ce point, la "Maison des mémoires" a mis très longtemps a être fréquentée et référencée par la ville de Carcassonne, gérée par l'opposition de droite au Conseil général. Je vous rassure, la réciprocité s'est exercée aussi dans l'autre sens pour ce concerne les initiatives culturelles de la municipalité. Et les Carcassonnais qui paient par leurs impôts, le financement des joujoux de ces messieurs ? Ils ont longtemps regardé le match comme au tennis, un coup vers la gauche et un coup vers la droite, avec pour conséquences, des balles dans le bas du filet. On pourra faire toutes les campagnes publicitaires, si les élus d'aujourd'hui ne font pas preuve de davantage d'ouverture que leurs aînés d'hier, les Carcassonnais continueront à penser à tort que l'on fait des réalisations sur leur dos pour le plaisir des quelques amis politiques. Leurs votes iront grossir les rangs des dépités et des poujadistes...

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Je vous propose de vous expliquer l'histoire de l'acquisition de la maison de Joë Bousquet - ce que personne ne vous a jamais raconté. Vous allez de suite comprendre à la lumière de ce récit, comment fonctionne depuis plus de 30 ans la vie politique Carcassonnaise pour ce concerne la culture.

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© Archives départementales de l'Aude

La chambre de J. Bousquet dans laquelle il reçut Aragon, Benda, Paulhan, Gide, Gallimard, Magritte... Là, où la barde de l'occupant, fut organisée la résistance intellectuelle au fascisme. Sur la cheminée se trouvaient deux anges de pierre gothique ; ils furent offert par Bousquet à René Nelli en cadeau de mariage.

À la fin des années 1980, la maison de l'illustre poète - située 53 rue de Verdun - était restée fermée depuis des années et en indivision dans la famille de J. Bousquet. Depuis 1950 - date de son décès - la chambre était restée dans son jus ; pas un seul objet n'avait été déplacé, ni remplacé. La nièce de Bousquet souhaitait vendre l'imposant immeuble qu'elle n'avait plus les moyens d'entretenir. Considérant la richesse patrimoniale du lieu, elle fit intervenir son cousin l'abbé Cazaux pour proposer à la ville de Carcassonne de l'acquérir. C'est à Pierre Sarcos - pharmacien de son état et adjoint au maire - que le prêtre s'adressa afin d'avoir un rendez-vous avec Raymond Chésa. La réponse de ce dernier fut - selon l'abbé - la suivante :

"100 millions pour une chambre, c'est bien cher"

La ville rejetant la proposition d'achat, la famille Bousquet se tourna vers le Conseil général. L'abbé Cazaux intervint alors auprès de Roger Bertrand - conseiller général et futur candidat socialiste à la mairie de Carcassonne en 1989. Emballé par l'idée, ce dernier réussit à convaincre le président Raymond Courrière de ne pas laisser partir à un bailleur privé, ce trésor historique de Carcassonne. Ainsi fut sauvée la chambre de Joë Bouquet et l'immeuble pour 125 millions d'anciens francs.

Remerciements

Abbé Jean Cazaux

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27/08/2015

Quand Jöe Bousquet tenta de sauver la Cité de la destruction

Une folle rumeur circula après la Libération de Carcassonne selon laquelle les Allemands auraient miné la Cité en 1944 dans le but de la faire exploser au moment de leur départ. Depuis novembre 1942, la vieille dame de pierre servait de Quartier général à l'État-major allemand. Nous n'avons jamais pu vérifier encore dans les archives si Carcassonne était en passe de brûler comme Paris, en revanche plusieurs démarches ont été menées par divers érudits pour éviter cette possible destruction. L'article ci-dessous vous renseignera davantage.

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La Wehrmacht n'avait-elle pas rasé Varsovie, Lidice et tant d'autres villes à l'est de l'Europe sans aucun respect pour l'histoire des civilisations ? En cela, voyez que le nouveau nazisme nommé "Daesh" n'a rien inventé. De l'idéologie fanatique du nazisme du XXe siècle, nous passons aux fanatismes religieux en ce début du XXIe siècle.

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© Maison des mémoires / Centre J. Bousquet

Le poète Jöe Bousquet écrit un lettre, adressée au préfet de l'Aude le 3 avril 1944, dans laquelle il lui demande de sauver la Cité médiévale. Ce courrier, je l'ai découvert dans un dossier aux Archives départementales de l'Aude.

Au nom de mes compatriotes et amis je sollicite, Monsieur le Préfet, de votre haute bienveillance des démarches immédiates en vue d'obtenir que Carcassonne soit déclarée ville ouverte.

La ville la plus ancienne de France et la seule dont la restauration ait constitué un fait mondial est le patrimoine commun de tous les grands pays belligérants. les archéologues et historiens allemands n'ont que l'exemple de notre Cité pour étayer leurs thèmes sur la construction wisigothe et leurs études sur ce point ont devancé et éclairé les nôtres. Les Anglais ont porté un grand intérêt à toutes les commémorations dont la Cité a été l'objet. Les Américains ont pris eux mêmes des initiatives dans ce sens et leur presse a célébré le bi-millénaire de Carcassonne.

Toutes ces grandes nations se sont montrées déjà accessibles à des demandes comme la nôtre et il nous appartient de solliciter sans hésitation la grâce d'une ville si digne de l'obtenir. Elle est la seule qu'il suffise de nommer pour que la requête paraisse naturelle - et opportune, quand l'occupant, qui n'a à connaître que son devoir militaire, s'apprête à restituer à son rôle historique la ville qui était entrée vivante dans l'histoire. Mais comme tous les belligérants qui savent notre cas hors de pair, ils n'attendent peut-être que notre initiative pour laisser à Carcassonne son caractère éternel et respecter en elle un trésor européen.

Joë Bousquet

Commandeur de la Légion d'honneur

Médaillé militaire

Croix de guerre.

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15/08/2015

"Joë Bousquet ou le mouvement paradoxal", téléfilm tourné à Carcassonne en 1977

Joë Bousquet ou le mouvement paradoxal

est un téléfilm réalisé par

Jean-Claude Morin

et tourné dans Carcassonne pendant l'hiver 1977. Il sera diffusé le 11 mars de la même année sur FR3.

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Ce court métrage de 13 minutes retrace à travers des documents d'archives et des scènes filmées dans Carcassonne, la vie résistante du poète audois. Il évoque la période de l'occupation durant laquelle, la chambre de Joë Bousquet servit de boite à lettre pour la résistance locale et de cache pour les intellectuels juifs ayant fui Paris. Madame Pataud, la soeur du poète, égréna tout au long du tournage une série d'anecdotes à ce sujet. Par exemple, comment Simone Veil transita par la chambre de Bousquet pour échapper à la répression des nazis. Le réalisateur aurait pu se contenter d'un documentaire en interrogeant René Nelli, Mme Pataud ou Gaston Bonheur, mais aidé par son épouse (Marie-France Briselance, historienne de l'art et productrice de télévision) il a effectué un véritable travail de recherche.

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Ceci malgré quelques inexactitudes historiques, comme le Palais de justice de Carcassonne transformé en Kommandantur. Cette dernière occupait en vérité, l'Hôtel Terminus et l'Hôtel de la Cité.

Synopsis

Il se nourrit d'un épisode historique bien réel au cours duquel Bousquet réussit à prévenir les officiers et sous-officiers de l'armée française qu'ils allaient être arrêtés par les allemands. Dans le film, une résistante (L'actrice Mme Joly) subtilise la liste des anciens officiers et sous-officiers de l'armée française à l'intérieur de la Kommandantur ; ils allaient être déportés. Elle la rapporte à J. Bousquet qui prévient les chefs du maquis. Les allemands seront étonnés du faible nombre de ces haut-gradés en résidence à Carcassonne...

Le tournage

Filmé aux abords du Palais de justice et à l'intérieur de la maison de Joë Bousquet, ce téléfilm a été perturbé par la grève des comédiens. La grue nécessaire aux prises de vues fut remplacée par un camion-grue prêté par les services techniques de la mairie. Le réalisateur dut également se contenter de quatre feldwebel en tenue vert-de-gris, dont le peu de ressemblance avec les soldats de race aryenne de la Wehrmacht ne manqua pas de faire parler les curieux. Autres anachronismes, les mitraillettes n'étaient pas raccords avec celles utilisées par l'armée allemande.

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Le bâtonnier Clément Cartier en bien mauvaise compagnie... en 1977.

La maison de J. Bousquet

En visionnant ce téléfilm, on revoit la demeure du poète audois dans son jus d'autrefois avant sa rénovation en Maison des mémoires.

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Vous pouvez visionner ce téléfilm sur le site de l'INA

https://www.youtube.com/watch?v=i8gLj1EwHWk 

Crédit photos

Audimage

(Avec l'aimable autorisation de P. Cartier)

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13:17 Publié dans Cinéma | Tags : bousquet | Lien permanent | Commentaires (2)