04/01/2016

Souvenirs du quartier des Capucins (Acte 1)

Difficile aujourd'hui de faire comprendre aux nouveaux habitants de ce quartier de la ville, la raison pour laquelle on le nomme "Les capucins". Le père Anselme, le dernier capucin à la robe de bure de ce couvent - est décédé depuis plusieurs années. Quant aux bâtiments monastiques fondés en 1867, ils ont été rasés en 2002 avec le concours de la municipalité de l'époque.

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Le couvent avant 2002

On trouve en lieu et place, une résidence d'un béton déjà ravagé par treize années d'intempéries. Cette destruction attira la foudre des riverains du quartier, mais rien ne sut empêcher l'appât du gain d'un promoteur immobilier, qui n'avait que faire des kermesses de charité du secours catholique... Imaginez-vous la Trivalle sans Notre-Dame de l'abbaye, la Barbacane sans Saint-Gimer ou encore la Pierre blanche sans le Sacré-coeur ?

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En 1962, un projet avait déjà mobilisé la population du quartier. La municipalité Fil souhaitant réhabiliter les vieilles bâtisses, devait les raser l'ensemble des Capucins. La mode était au immeubles en béton confortables et modernes, dans le style de Saint-Jacques - le Viguier. Pendant six mois, les habitants menés par M. Manceret se sont battus contre ce projet. Grâce aux manifestations, aux pétitions et au fusil de Mme Milhès devant sa porte, la ville rendit les armes. Il faut dire que ce quartier depuis l'attaque du fort du mail au début du XXe siècle, connaît très bien le mot Résistance.

La naissance du quartier

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Bordé par l'allée d'Iéna, le boulevard Barbès, la place d'armes et la rive gauche de l'Aude, ce quartier s'est construit entre le Pech Lagastou et la route impériale 119 ; en partie sur les terres de M. Laraignon. D'ailleurs de nombreuses rues portent le nom d'anciens propriétaires de terrains agricoles. On peut comparer le dessin urbain des Capucins à celui de la Bastide St-Louis, en raison de ses rues à angle droit et perpendiculaires. Il y a 100 ans, on compte 502 maisons abritant 1005 ménages pour 3592 habitants ; la population totale de la ville est de 28 868 habitants. Après la Grande guerre, des familles d'immigrés espagnols s'y sont installées, entassées parfois dans une seule et même maison.

La vie sociale

 Dans ce petit village, les gens vivaient chichement des travaux agricoles ou du traitement des chiffons. D'autres, étaient matelassiers, bourreliers, charbonniers ou tailleurs de pierre, comme Vidallet. Lefarré et Izquierdo avaient choisi la tonnellerie. Pierre et Robert Campagnaro réparaient leurs voitures dans un garage de la rue Alba. À Patte d'oie - le dépôt d'ordures du quartier - accueilli à partir de 1934 la base de production de mortier destinée aux grands travaux de construction de la ville.

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La jeunesse des années 30

 Le couvent donnait du réconfort moral aux épreuves de la vie et la soupe populaire y était servie. Cependant, la plus grande force aux Capucins, c'était la solidarité entre les habitants de toutes conditions, de toutes confessions, de toutes origines.

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La jeunesse des années 60

Le clochard Esquive appelé de son vrai prénom Georges, faisait partie de la famille.

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Personne n'a oublié Pierre Moffre, le coordonateur de cet élan humaniste. Si vous avez suivi Gino Cervi et Fernandel dans Don Camillo, il est inutile d'en dire davantage...

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La famille Loustot (Café de l'Industrie)

On ne se rencontrait pas dans d'austères hypermarchés, mais dans l'une des vingt-cinq épiceries, quatre boulangeries, deux cafés (Industrie et Lapasset). 

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La boulangerie Bonnafil

Les loisirs

Le samedi soir, tout ce petit monde dansait chez Quintilla au Païcherou en sifflant un "blanc" sous la tonnelle. À l'époque, Florent Quintilla ou Paul Chapeau te faisaient passer sur l'autre rive grâce au bac et son fil d'acier, tendu d'un bout à l'autre. Monplaisir d'été - une autre guinguette - attendait les amoureux qui se bécotaient pas sur les bancs publics mais dans le foin d'une grange, à l'abri des regards. D'autres, un peu plus grands, fréquentaient le lupanar du Chat noir, rue Laraignon. Ils y rencontraient les bidasses du 51e bataillon indochinois, en garnison à la caserne Laperrine.

Les écoles

Les garçons allaient à l'école publique, située à l'angle des rues du Mail et du 24 février - l'école Barbès l'a remplacé ensuite. L'immeuble appartenait au directeur M. Poux. Les instituteurs s'appelait Tarbouriech, Déjou, Sirven, Bès, Poux... Certains ont connu la règle en fer sur les doigts, la privation de la récré... À une autre époque, le corps enseignant c'était MM. Montech (directeur), Fages, Sadourni, Massine, Calvairac et Mme Avizou. Les filles étaient obligées d'aller à André Chénier.

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La plaque de l'école Sainte-Marie se trouvait sur le couvent de la place Davilla. Elle a été sauvée par J. Blanco.

Il y avait également des écoles privées comme celle des Frères de la doctrine chrétienne, rue des Amidonniers. Elle était vulgairement nommée, l'école des frères quatre bras. Ceci à cause de leur tenue vestimentaire : paletot sur les épaules porté en satinette, à grandes manches non enfilées flottant au vent. Les filles allaient à l'ancien patronage Jeanne-d'arc devenu écoles Sainte-Marie et Saint-Michel. Notons également une l'école maternelle des soeurs de Saint-Aignan, à l'angle de la rue des amidonniers et de la rue neuve du mail. Elle a fermé avant 1930.

Au moment de la construction de la nouvelle école Barbès, des préfabriqués avaient été installés à Patte d'oie pour le filles. Le jeudi, il n'y avait pas classe - c'est maintenant, le mercredi - on allait piquer une tête dans la païchère à Aude. Oui ! Quand tu es des Capucins, tu vas à Aude (le fleuve). On y croisaient ceux du club nautique ; les Crochemore, Septours, Lamy, Séguy, etc... D'autres écoliers se rendaient au patronage (école Saint-Michel), au cinéma "Les Capucines " (rue des Amidonniers), ou chez le scalp des coiffeurs Pécal et Bosc.

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© Claude Marquié

Le cinéma "Les Capucines" était tenu par Marcel-Yves Toulzet. C'était une ancienne chapelle... Tout a été rasé pour une résidence immobilière.

Le catéchisme

À la sortie de l'école les enfants allaient au catéchisme chez Mlle Pelouze, rue des amidonniers. L'abbé Gironce avait une voix de stentor et ne plaisantait guère, contrairement à l'abbé Lapalu.

Le Cagadou

Dans la descente de la rue Marceau Perrutel jusqu'au jardin de Bièche, était le cagadou. Malheur à celui, incapable de parcourir la pente en patin à roulettes sans réussir à se tenir debout. À vélo, l'exploit se résumait à descendre sans user des freins. Le manque de courage excluait tout participant de la bande à "Pichule" alias Gérard Almerge et de ses copains Fanfe, Rigadens, Titan, Baluchon, Villeuch, Guéga, Nano, Escudéro, Boutiole, etc...

Le sport

Les soirs d'été, on sortait les chaises devant les portes pendant que les gosses rêvaient aux exploits de l'ASC XIII, en tapant dans le ballon ovale au jardin de Bièche (ASPTT Tennis). Ce dernier était aussi les rendez-vous des embrassades sur la bouche. Les associations sportives animées par des bénévoles comme Alex Lagarde, ne transformaient pas les enfants en voyous des rues. Elles leur donnaient l'esprit de discipline et de camaraderie. On jouait également à la pétanque sur les terrains de Laperrine ou de Macao. Pour le jeu lyonnais, les champions de la boule joyeuse se nommaient Loustot, Ferrer, Fourès ou Fuzier.

Les fêtes

Personne n'a oublié la fête du quartier des Capucins avec l'orchestre José Marson, sur la place Joseph Poux. Les farandoles dans les rues, les lampions, les bals... Elle durait deux week-end consécutifs. On allait chercher le buis dans les bois pour la décoration de l'orchestre. Des mains bénévoles réalisaient des guirlandes... "La placette" n'étant pas goudronnée, il fallait aplanir le sol avec de la terre, de la sciure et des planches de bois. Autour de la piste de bal, le cafetier Loustot installait la buvette. Des glaces et des friandises étaient vendues par des marchands ambulants comme MM. Soler, Coma-Pérez ou Alcas. 

Pendant que José Marson chantait "Oh ! Cathy, Cathy", les gens entamaient la danse des sucettes. 

Le jeudi après-midi précédant la fête, il y avait le tour de table chez les commerçants et artisans. Le dimanche matin entre 9h et 15h, il se faisait chez les habitants du quartier. En échange d'un morceau de musique joué par l'orchestre, les riverains donnaient un peu d'argent pour financer les festivités.

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Cet article a été réalisé grâce aux témoignages d'anciens qui ne sont plus là... Citons l'excellent travail de mémoire de Mme Dariscon, tragiquement disparue. Je vous prie de m'excuser si par hasard, il devait y avoir quelques erreurs ou oublis, car je n'ai pas connu cette époque et je n'ai jamais habité ce quartier. Je lance un appel à toutes les bonnes volonté afin d'enrichir ces témoignages. Envoyez-moi vos souvenirs et vos vieilles photos, car il y aura d'autres épisodes à cet article.

andrieu-martial@wanadoo.fr

Remerciements

Alex Lagarde, Jean Lapasset 

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13/10/2015

Le monument aux morts du Couvent des Capucins retrouve la lumière !

Le samedi 12 octobre 2002, le Couvent des Capucins dans la rue du 24 février était entièrement rasé et allait laisser place à une résidence immobilière. Vous pouvez à ce sujet consulter ci-dessous l'histoire de cet énorme gâchis.

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Voici comment les peintures marouflées de Jacques Ourtal et le monument aux morts de la Grande guerre ont été sauvées in-extremis de la destruction.

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Voilà où en était la destruction quand avec émoi, on entendit: 

"Il faut tout arrêter, ils vont détruire les toiles de Jacques Ourtal".

Ne pouvaient-ils pas s'en soucier plus tôt ? Il paraît qu'on avait oublié le grand peintre qu'était Ourtal. Heureusement, L'abbé Didier Escoupérié passait par là, car sans lui... Bon, on dépêcha sur place les services de la DRAC qui ordonnèrent la sécurisation des oeuvres du peintre, marouflées sur les murs que la chute des pierres avait rendus poussiéreuses. La mairie, grâce à Nicole Bertrou, imposa au promoteur qui n'avait cure de ces objets d'art et qui, sans elle, les aurait passé au pilon, de financer le sauvetage. C'est dans des conditions précaires et dangereuses que Andrezej Mielniczek (restaurateur agréé par les Monum), Corinne Calvet et M-C Ferriol ont sorti les toiles posées contre les murs des chapelles et du choeur. Ils ont travaillé sur un échafaudage municipal inadapté, en risquant de prendre des pierres sur la tête à tous moments. Là, où il leur aurait fallu 15 jours, on leur en donna seulement quatre. Malgré cela, les toiles furent mises en lieu sûr avec le concours de la camionnette du père de Corinne. L'essentiel était sauf...

Que sont devenues les oeuvres d'Ourtal ? Le promoteur les a données (par la force des choses) à l'association diocésaine. La Sainte face a été vendue pour l'euro symbolique a la ville de Carcassonne, qui l'a déposée à l'église St-Vincent. La grande peinture représentant St-François d'Assise est enroulée dans un dépôt, en attendant de lui trouver un point de chute. Les anges et la grande fresque ont été protégés par la commission départementale des objets mobiliers, il y a environ deux ans. Il a été décidé que le monument aux morts serait déplacé dans la chapelle du cimetière St-Michel. Les tableaux sur toile sont à Notre-Dame de l'Abbaye. Quant aux statues, elles ont été données à d'autres congrégations religieuses. C'est selon Corinne Calvet, ce qui a permis de redécouvrir le talent Jacques Ourtal.

Le Monument aux morts

Après avoir été acquis pour l'euro symbolique par la municipalité de Jean-Claude Pérez - grâce à l'intervention des abbés Cazaux et Escoupérié - le monument aux morts a été installé dans la chapelle du cimetière Saint-Michel.

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Il s'y trouve actuellement et nous avons le plaisir de vous le faire découvrir en exclusivité dans son nouvel emplacement. C'est un miraculé qui a échappé aux bombardements de l'abrutissement de quelques incultes.

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© Jacques Blanco

Les noms de tous les frères Capucins de France, morts lors de la Grande guerre, sont inscrits sur ce monument. Au-dessus, les toiles du peintre Carcassonnais Jacques Ourtal.

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© Jacques Blanco

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14/05/2013

Le couvent des capucins, souvenirs de jeunesse

Le père Augustin

Au milieu des années cinquante, l'Ordre des capucins comptait 1136 couvents et 14839 religieux. A notre époque, deux capucins furent célèbres: le Padre Pio en Italie et l'Abbé Pierre en France. A Carcassonne, le père Augustin reste dans le souvenir de nombreux carcassonnais. Son profil ou son parcours ressemble à celui de l'Abbé Pierre.

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Originaire du Lot, le jeune abbé distribuait du pain et du charbon pour les pauvres dans les rues de Cahors. Ordonné prêtre le 29 juin 1932, il prend la bure franciscaine le 7 septembre 1938. De 1940 à 1947, il aumônier fédéral de la JACF (Jeunes de l'Action Catholique Féminine).

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Le père Augustin et les jeunes filles de la JACF

De 1946 à 1952, il est gardien du couvent de Carcassonne. C'est à dire Père supérieur ou, comme on disait à cette époque, Très Révérend Père Supérieur.

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Le père Augustin avec les enfants de choeur habillés en petits capucins

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Le père Augustin avec les jeunes

En 1952, le père Augustin n'est plus le gardien du couvent, cependant il reste à Carcassonne pour terminer son oeuvre et devient commissaire provincial du Tiers-Ordre. En juillet, Le père Augustin réunit le grand congrès national du Tiers-ordre. Il y a des délégations venues de Rome, Genève, d'Alsace, Paris et de tous les coins de France. A cette époque le rayonnement du couvent des capucins est important dans le diocèse et bien au-delà. Le père Augustin redevient le gardien du couvent pour trois nouvelles années (1955 à 1957). Il quitte le couvent en 1957 pour devenir curé de Prudhomat dans le Lot.

La chapelle du Tiers-Ordre ou chapelle St-Louis

Le père Augustin aménage une chapelle délabrée dans l'enceinte du couvent longeant le mur de la rue du 24 février. Coût: 200 000 francs, il n'y a que 20 000 francs en caisse! Il lance l'opération avec l'aide de Saint Joseph. L'inauguration a lieu le 3 mai 1949, la messe est célébrée par Mgr Pays, Evêque de Carcassonne. Tous les frais étaient couverts et l'équipe des tertiaires avait donnée 1600 heures de travail s'échelonnant sur plusieurs mois de 20 heures à minuit.

Les sans abris

Un jour, un homme prénommé Jean se présenta au couvent et fut reçu par le père Augustin. Il lui dit alors: "Voilà, je sors de prison, je n'ai rien. Si vous ne m'aidez pas je vais mettre fin à mes jours." Le père le recueillit au couvent et s'occupa de lui. Au début, il rendait quelques services et comme il était un bon maçon c'est lui qui restaura entièrement le pâté de maisons en ruines qui servira de colonie de vacances à Co de Laurentdans la montagne noire. Au départ du père, il fut installé chez les Clarisses de Mazamet où il termina sa vie soigné par les soeurs. A la suite de Jean et contre l'avis de beaucoup, il créa l'acceuil Saint-François pour recevoir les pauvres, les prisonniers et ceux qui sont sans travail, pour les nourrir et les héberger. En 1949, le soir de l'inauguration de la chapelle St-Louis, il n'avait qu'une seule motivation: "Les pauvres ne peuvent pas attendre!" Il lance l'oeuvre des sans-abris, il fait construire près de la chapelle des bâtiments neufs pour les acceuillir. Il les prenait entièrement en compte puisque nourris au départ, il trouvait pour eux du travail en s'occupant de leur réinsertion dans la vie. J'en ai revu plusieurs travaillant en ville qui encore aujourd'hui pourraient témoigner. Certes tout n'était pas idyllique, il y avait des bagarres, le père arrivait alors, retroussait ses manches et séparait les récalcitrants. Il y avait les beuveries le soir et des vols aussi. Rien n'empêcha le père de continuer sa mission malgré les difficultés. Cette entreprise n'était pas une sinécure, lorsqu'il commanda les travaux de construction des bâtiments, il n'avait pas le moindre sou pour payer. Il trouva l'argent en priant Saint-Joseph! L'inauguration eut lieu le 25 juillet 1949, par la suite il fallut un financement pour assurer l'hébergement de ces pauvres et un financement pérenne car l'accueil était ouvert tous les jours de l'année. Avec l'aide des tertiaires (on comptait 150 hommes regroupés sous le vocable de Fraternité St-Louis et de nombreuse femmes réunies à la Fraternité Sainte-Elisabeth), l'appel aux dons. Deux cents personnes donnent tous les mois pour nos pauvres et le bénéfice des représentations de la Passion et autres manifestations. Il assura le fonctionnement constant de l'accueil des sans-abris jusqu'à son départ de Carcassonne. Le maire de l'époque, M. Jules Fil, l'aida également et les deux hommes s'estimaient beaucoup.

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Jules Fil

Maire de Carcassonne de 1953 à 1968

Un premier bilan pour la période de mai 1949 à 1954 a aidé à nourrir, habiller, donner un bon lit et souvent du travail à plus de deux mille sans-abris. Soit plus de 10 900 nuits, plus de 20 000 repas, et distribué dix tonnes environ de vâtements. Cette oeuvre est liée aux représentations de la Passion qui sont une base de soutien importante.

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Le père Augustin avec les Sans-abris

Le Co de Laurent

Le père Augustin cherche un ermitage. Le 28 décembre 1953, il fait l'acquisition d'un propriété en ruine qui deviendra la colonie de vacances Co de Larent ou Mont Saint-Joseph. elle était située à 5Kms des Martys et 2,5Kms de la route de Mazamet à hauteur du hameau du Cun sur le territoire limitrophe avec le Tarn. Il n'y avait qu'un seul habitant, propriétaire d'une ferme: Monsieur Cros. Le reste était constitué de quelques maisons de pierre à l'état d'abandon, sans doute un ancien village appelé "Les Laurents". le père Augustin avait reçoit cette propriété en don de la famille Gabaude. Il l'a fait restaurer en 1954 pour en faire un lieu de recollection pour les tertiaires, un lieu de repos pour les capucins et les missionnaires, car la province de Toulouse avait une mission importante à Moundou (Sous-préfecture du Tchad). Il y avait l'été une trentaine d'enfants venant d'horizons divers: Les frères Séguela, Laforgue ou Porte (Quartier des capucins), Aussilloux, Griffe, Masseron, Martheleur, Sampietro, Authier (autres quartiers de la ville). On retrouvait des copains enfants de choeur des capucins ou figurants de la Passion.

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La statue St-Joseph à Co de Laurent

On percevait là aussi l'esprit du père Augustin car nul ne devait être empêché d'envoyer son enfant pour une question d'argent. Il y avait parmi les colons deux handicapés dont l'infirmité demandait l'aide des moniteurs et des copains. Enfin, quelques enfants venaient du Nid Joyeux, l'orphelinat de la cité tenu par les soeurs? Il ya vait des moniteurs comme Pierre Rougé qui deviendra Officier, dont le père vendait des draps dans la rue Victor Hugo à Carcassonne. Des novices capucins, je me souviens de François et de Guy Montaud. Il y avait d'autres capucins comme les père Louis Joseph, le père Samuel du Tchad qui deveindra évêque, et le père Marie Abdon de Bayonne (décédé en mars dernier à Bron près de Lyon). C'était la vie au grand air avec de longues marches à travers la forêt et de nombreuse activités.

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La colonie du Mont St-Joseph à Co de Laurent

500 mètres avant d'arriver à Co de Laurent, au Séba on parcevait une belle propriété appartenant aux protestants de Mazamet qui servait l'été de colonie de vacances. la père Augustin organisait tous les ans deux journées, une chez eux, une chez nous où pasteurs et pères capucins devisaient ensemble pendant que les jeunes colons catholiques et protestants jouaient joyeusement et partageaient le goûter dans une ambiance sympathique. Sorte d'oeucuménisme avant l'heure. La colonie finie, nous n'avions qu'un souhait: s'inscrire l'année suivante.

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Le Séba

La passion

Sous l'impulsion du père Augustin, la Passion est représentée pour la première fois depuis la fin de la guerren au Couvent des capucins en 1947. Ernest Philoctète en est le directeur et jour le rôle du Christ. En octobre 1950, la salle de la Passion est démolie, elle n'est pas aux normes et bien trop petite. La première pierre d'un théâtre moderne est posée. Toujours en 1950, la Passion est représentée au Grand théâtre de la cité. Succès énorme: 6000 personnes! En raison des travaux du nouveau théâtre les représentations de la Passion ont lieu au théâtre municipal de 1950 à 1953. La Passion est à nouveau représentée au Grand Théâtre de la cité. Après la représentation, une messe est célébrée sur la scène par le nouvel évêque de Cracassonne, Mgr Pierre-Marie Puech. La nouvelle salle de la Passion sera inaugurée le dimanche 28 mars 1954.

L'église Saint-Joseph

Lors de ses pérégrinations à bicyclette, le père Augustin s'était rendu compte que le plateau Paul Lacombe n'avait pas d'église et que ce quartier allait s'agrandir. Savait-il que la maire Jules Fil prévoyait d'éténdre la ville dans ce secteur en y créant notamment un lycée qui portera son nom? Le fait est qu'il se soucia de chercher un emplacement qui pourrait convenir. la place Wilson était l'endroit idéal mais il n'y avait pas de place pour une construction nouvelle. Il pensa alors qu'une ferme qui se trouvait en bordure ferait l'affaire. il alla troyver les propriétaires pour leur expliquer son projet. L'étonnement fut grand car les fermiers n'avaient aucune intention de vendre. L'acquisition de la ferme se réalise tout de même en 1955 et le projet de construction d'une église est lancé. En 1957, Mgr Puech érige ce lieu de culte en paroisse. elle portera le nom du Saint patron du père Augustin qui remet la somme de 1 300 000 francs pour terminer les travaux. L'église sera inaugurée le 24 mars 1960

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L'église Saint-Joseph à Carcassonne

Une fin annoncée

Si la mort effective du couvent peut être datée du 12 octobre 2002, jour où les pelleteuses entreprennent la démolition, il faut dire que c'était une mort programmée de longue date. Je dis cela pour la comptréhension des évènements. L'idée ou l'idéologie était qu'il fallait chnager les structures et les orientations de l'église, faire du neuf. Ces nouvelles situations dataient d'avant guerre et avaient même commencées d'exister au milieu des années vingt. L'action catholique était considérée comme le fer de lance de la modernité chrétienne et les anciennes structures apparaissaient comme un obstacle au développement de cette action. Les jeunes prêtres des années trente étaient en âge d'espérer occuper les postes à responsabilité du diocèse. La père Augustin était un homme de convictions, de carcatère et d'autorité; il ne serait pas facile de le rouler dans la farine. Egalement, le puissant Tiers-Ordre sous la houlette du docteur Jean Aussilloux et d'une équipe d'hommes qui tenaient la route: Souchon (directeur de la Banque de France), le colonel Pierre-Marie de Thélin de Blomac, Toulzet (patron du Rex), Lucien Pascal, Georges Meunier, Jean Griffe, Ernest Philoctète, Jean Bonnafous, Oscar Teisseire et bien d'autres... ne s'en laisseraient pas compter. A la tête de l'Evêché de Carcassonne, un jeune et brillant évêque, Pierre-marie Puech, ne laisserait pas davantage s'engager une entreprise de démolition sans réagir. L'entreprise était donc difficile mais avec le temps, la patience et la ruse, on saurait faire ce qu'il faut en saisissant toutes les occasions opportunes qui se présenteraient.

Pour qui sonne le glas?

La première sonnerie fut la réélection du gardien du couvent. Le père Augustin occupait ce poste et le renouvellement de sa charge arrivait à échéance. Il souhaitait continuer l'oeuvre entreprise, les frères étaient majoritairement d'accord. Les membres du Tiers-Ordre souhaitaient aussi cette continuité dans leur très large majorité. Un noyau rebelle conduit par le père Raphaël soutenus par quelques prêtres de l'évêché empêchèrent le père Augustin de demeurer le supérieur du couvent. Sachant le complot ourdis contre lui et son eouvre, il quitta le couvent et redevint prêtre dans son diocèse d'origine, le Lot. Jalousé parce qu'il fausit beaucoup de belles et grandes choses par des détracteurs qui ne faisaient rien, il les gênait. Avec le départ du père Augustin le glas commençait à tinter. Toutes ses oeuvres allaient s'effondrer les une après les autres...

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Le père Augustin (Abbé Langlès) avec sa mère

La colonie de vacances de Co de Laurent fut arrêtée et vendue dans les années 1960. Le père Raphaël essaya de débaucher les jeunes colons pour les inscrire à sa colonie en Dordogne mais sans succès. Un jour, il réunit au couvent les jeunes pour une après-midi récréative avec goûter et projection de diapositives. Il dit tellement de mal de la colonie de Co de Laurent, que personne n'a voulu aller à la sienne, car nous savions par expérience combien ses arguments étaient faux et malveillants. Nous avions le sentiment très fort d'avoir eu à faire à un homme malhônnète. En 1961, un nouveau coup de théâtre! Lors d'une réunion houleuse qui devait démarrer la saison de la représentation de la Passion, un noyau rebelle s'interposa pour enpêcher la continuation de cette oeuvre magnifique. On se fâcha fort, le ton monta mais au final M. Philoctète jeta l'éponge et la Passion à Carcassonne cessa d'un coup d'exister. Les mêmes avaient convaincus un groupuscule d'acteurs, versés dans l'action catholique de faire échouer l'entreprise et de cesser les représentations. La chapelle Saint-Louis sera transformée en dépôt de matériels puis en salle de gymnastique pour les lycéens de Saint-Stanislas, ensuite elle tombera à l'abandon. Les successeurs du Père Augustin, de braves gens, comme le père Jean ou Etienne n'avaient pas l'envergure pour résister contre vents et marées devant la nouvelle vague qui devait tout emporter après le Concile. Le coup fatal tomba avec la nomination du Père Raphaël comme gardien du couvent. Il ferma l'accueil de St-François déclarant que les sans-abris relevaient du commissariat de police! Les responsables du Tiers-Ordre écrivirent au Préfet pour l'informer du changement de titre et de siège de l'acceuil St-François. Il s'appellera désormais Foyer St-Joseph et sera situé au 52 de la rue de la République. ce projet n'aura pas de suite et l'accueil sera dissous quelques années après. Le père Raphaël installa le chauffage central au couvent, acheta une traction avant de 15 chevaux et une moto. Il se tua d'ailleurs avec cette dernière qu'il menait à grande vitesse sur la route de Perpignan. Entre temps, le Tiers-Ordre avait été miraculeusement décapité et toute l'équipe de dirigeants écratée, remerciée et remplacée. Beaucoup avaient été débauchés pour servir les nouvelles orientations diocésaines; il fallait faire du passé table rase! Les tertiaires se réduisirent comme peau de chagrin et le petit nombre restant accompagna jusqu'au bout le déclin du couvent, qui, avant de disparaître totalement était devenu une simple maison de retraite pour capucins agés.

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Père Augustin, Gabriel Langlès (1906-1983)

En attendant que les deux évêchés de Carcassonne et de Cahors ouvrent un procès en béatification, il serait judicieux qu'une rue de la ville porte le nom du père Augustin. Qu'un buste en bronze le représenant soit placé dans l'église Saint-Joseph, car il esr bien le fondateur de cette église même si personne n'en parle! ce ne serait qu'une juste reconnaissance pour cette âme de feu.

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Une énorme MERCI à Gérard Authier pour cet émouvant témoignage!!!

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11/05/2013

Le couvent des Capucins, massacré par un promoteur immobilier

Voilà bientôt dix années que l'ancien Couvent des frères Capucins a été rayé à jamais de la carte et de l'histoire de Carcassonne, pour servir les intérêts financiers d'une opération immobilière. La constitution d'une association de défense créée par des habitants du quartier pour le sauver, les recours pour faire échec au permis de construire, les 1300 signatures de pétitionnaires... rien n'y à fait car au bout du compte, l'ensemble des bâtiments seront livrés aux bulldozers. Détruire une église et un couvent, ce n'était pas une première dans la préfecture audoise. Le couvent des cordeliers en 1902 (place de Lattre) et l'hôtel Dieu (Dôme) en 1977 ont subi le même sort. Ce qui est inexcusable, c'est l'improvisation et la sauvagerie avec laquelle on allait s'attaquer aux oeuvres d'art picturales et sculpturales.

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Il était donc un couvent, fondé au faubourg Laraignon en 1866 sur un terrain d'un hectare et demi. L'acquisition en avait été faite par J-B Gouttes (Lyon), F. Potton, P. de Galibert (Toulouse), C. de Longueville (Besançon) et F. Arnoux (Paris), tous religieux de l'ordre des Capucins. Celui-ci était présent à Carcassonne depuis 1592. Le 21 février 1867, la première pierre bénite est posée par l'abbé de Niort en présence de Mgr de la Bouillerie (Evêque de l'Aude), de vicaires généraux et du père Dominique (Père provincial des Capucins).

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Cette pierre bénite large de 30 centimètres, haute de 10 est bâtie dans l'angle S-O des fondations de l'église. Une fois les travaux achevés, l'église et le couvent seront bénis le 15 juin 1868. Le décret de Mars 1880, ordonne la fermeture des congrégations et des couvents et les Capucins sont contraints de partir. Ils ne reviendront que dix années plus tard. Ils seront à nouveau expulsés en 1903, en raison de la loi de 1901 les accusant d'appartenir à une congrégation non autorisée. Soutenus par les habitants du quartier, ils se barricaderont dans leur couvent qui lui, sera assiégé par la troupe. Finalement délogés, ils seront amenés manu-militari en prison pour quelques jours. Leur retour au couvent ne se fera qu'après la grande guerre.

"Les Capucins étaient respectés par tous les habitants du quartier. Si certains religieux restaient effacés, marchant dans la rue, le regard lointain, et, égrénant dans leur main leur chapelet pendant à leur ceinture de corde, d'autres étaient plus proches des civils, conversant et plaisantant facilement avec eux. Ah! Ils ne respiraient pas la richesse les pauvres moines; vêtus de leur habit de bure marron, l'hiver, une pèlerine à laquelle s'accrochait un capuchon, complétait leur tenue. Petite calotte sur leur crâne rasé, barbe plus ou moins fournie, pieds nus dans des sandales à lanières de cuir; l'hiver, leurs pauvres orteils étaient rouges, gercés, gonflés d'engelures. Les Capucins avaient instauré, bien avant Coluche, un mini restaurant du coeur; en effet, tous les jours, ils offraient aux déshérités de la vie, aux exclus, un repas chaud dans une pièce du Couvent où les malheureux venaient se restaurer et retrouver un peu de chaleur humaine." (Extrait de Simone Dariscon)

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Le monastère était situé au sud de l'église et avait une longueur de 33 mètres. En son centre, le cloître richement fleuri autour d'une statue de la vierge couronnée avec l'enfant Jésus, vivait hors du temps. Au premier étage, se trouvaient les cellules des moines.

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L'église possédait une voûte en plein cintre de 30 mètres de haut pour 16 de large. Dans le choeur, le père et l'oncle de Jacques Ourtal réaliseront une fresque. Il s'agit d'une peinture sur toile marouflée représentant l'imposition des stigmates à Saint-François d'Assise.

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Première chapelle à droite: Saint-Antoine de Padoue.

Peinture marouflée de Jacques Ourtal (1932)

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La chapelle du "Monument aux morts" de tous les Capucins tombés durant la grande guerre décoré par Jacques Ourtal en 1923. Au dessus, des guirlandes de chrysanthèmes entrelacées d'un ruban tricolore. Ce monument était unique en France !

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La chapelle au moment de la destruction du couvent

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Détail de l'oeuvre du peintre Jacques Ourtal dans la chapelle à droite

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Dans la même chapelle, à gauche

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La sainte face, peinte par Jacques Ourtal

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La peinture sur toile marouflée de J. Ourtal dans le choeur

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Elle sera sauvée in-extremis par des amoureux du patrimoine et mise à l'abri. Sans leur vigilence, elle serait partie dans les gravas du couvent.

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Courant 2001 on apprit que le Couvent, propriété du clergé lyonnais, venait d'être vendu à un promoteur immobilier toulousain pour la construction de 152 logements et 174 places de parking. L'ensemble des bâtiments seraient donc détruits. Aussitôt, une association "les amis des capucins" se constitua pour protester contre le projet. Menée par Bernard Martin, elle obtint que l'on sauva l'église pour la transformer en maison de quartier. Il s'agit d'un leurre et d'un peu d'enfumage. La mairie qui souhaite voir l'aboutissement du projet, leur promet bientôt une maison de quartier sur les anciens terrains Delteil (dix ans après, elle n'est pas sortie de terre). L'utilité de l'église est à nouveau menacée et l'association va tenter de faire annuler le permis de construire, puis de faire classer le Couvent. Selon les Monuments historiques ces bâtiments n'ont pas de valeur patrimoniale notable et il n'y pas lieu de les conserver. Les Bâtiments de France mettront un avis favorable au permis. Pourtant:

"L'insertion du projet dans son environnement n'est pas réalisée", que sa "monumentalité est totalement hors d'échelle par rapport aux maisons qui font l'identité du quartier. Il est consternant de voir que malgré mes indications, aucune correction n'a été apportée au dossier initial en ce qui concerne les prestations", et notamment sur les volets roulants "interdits pour tous les abords de monuments historiques". (M. Melon, Architecte en chef des ABF/ L'Indépendant 30/09/02).

Nous voyons ici qu'il s'agit d'une histoire de gros sous sur un projet immobilier défiscalisé (Loi de Robien). Le pot de terre contre le pot de fer. D'un autre côté, les motivations de l'association étaient-elles pour la sauvegarde de l'église, ou pour préserver le calme que 200 nouveaux véhicules viendraient ébranler dans la rue du 24 février ? A ce propos, nous allons voir que ce n'est qu'in-extremis que l'on se souvint de la richesse des oeuvres picturales de l'église. Ceci, grâce à une commission extra municipale.

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Voilà où en était la destruction quand avec émoi, on entendit: "Il faut tout arrêter, ils vont détruire les toiles de Jacques Ourtal". Ne pouvaient-ils pas s'en soucier plus tôt? Il paraît qu'on avait oublié le grand peintre qu'était Ourtal... Bon, on dépêcha sur place les services de la DRAC qui ordonnèrent la sécurisation des oeuvres du peintre, marouflées sur les murs que la chute des pierres avaient rendus poussiéreux. La mairie imposa au promoteur qui n'avait cure de ces objets d'art et qui, sans elle, les aurait passé au pilon, de financer le sauvetage. C'est dans des conditions précaires et dangereuses que Andrezej Mielniczek (restaurateur agréé par les Monum), Corinne Calvet et M-C Ferriol ont sorti les toiles posées contre les murs des chapelles et du choeur. Ils ont travaillés sur un échaffaudage municipal inadapté, en risquant de prendre des pierres sur la tête à tous moments. Là, où il leur aurait fallu 15 jours, on leur en donna seulement quatre. Malgré cela, les toiles furent mises en lieu sûr. L'essentiel était sauf...

Que sont devenues après dix ans, les oeuvres d'Ourtal? Le promoteur les a donné (par la force des choses) à l'association diocésaine. La Sainte face a été vendue pour l'euro symbolique a la ville de Carcassonne, qui l'a déposée à l'église St-Vincent. La grande peinture représentant St-François d'Assise est enroulée dans un dépôt, en attendant de lui trouver un point de chute. Les anges et la grande fresque ont été protégés par la commission départementale des objets mobiliers, il y a environ deux ans. Il a été décidé cette année que le monument aux morts serait déplacé dans la chapelle du cimetière St-Michel. Les tableaux sur toile sont à Notre-Dame de l'Abbaye. Quant aux statues, elles ont été données à d'autres congrégations religieuses. C'est selon Corinne Calvet, ce qui a permis de redécouvrir le talent Jacques Ourtal.

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L'église éventrée par les pelleteuses

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Le cloître

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Le samedi 12 octobre 2002, une vision de guerre semble avoir atteint le Couvent. Un siècle et demi d'histoire religieuse locale venait d'être transformé en gravats.

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Voici ce que l'on a bâti en lieu et place dans la rue du 24 février:

"Le clos des Capucins"

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Sources et photos:

Quartier des Capucins / Simone Dariscon

L'indépendant, La dépêche, Le Midi-Libre

Tous mes remerciements à Suzanne Bezombes, Corinne Calvet et Marie Marty

NB: La porte fracturée lors du siège du fort du mail en 1903 a été également sauvée!