05/09/2014

Plan du souterrain allemand dans la Cité de Carcassonne

Terminé, les hypothèses plus ou moins farfelues entretenant les légendes ! Cette fois, nous avons mis la main sur un plan réalisé par l'architecte Henri Nodet, architecte en chef des monuments historiques à Carcassonne après la guerre.

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À gauche, nous voyons clairement que les forces d'occupations avaient creusé un souterrain partant des fossés du château comtal, jusqu'à la tour du trauquet. Ce conduit passait sous les places Cros-Mayrevieille et Marcou.

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Sous la place Marcou, le souterrain rejoignait une ancienne salle médiévale de l'église Saint-Sernin, rasée à la Révolution française. Cette salle existe toujours et son accès se fait par une trappe, située sur la place.

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Après la guerre, une partie de ce souterrain a été comblé par le forage de puits de comblement. Le départ du conduit se situe en dessous du pont de pierre menant au château comtal et passe sous la barbacane de celui-ci.

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Un dessin réalisé par le peintre Jacques Ourtal en 1944 est sur ce point, très évocateur...

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16/06/2014

Les résultats de la pétition sur la Cité

Nous ne boudons notre plaisir de vous montrer un des résultats de notre mobilisation contre le mauvais entretien de la Cité de Carcassonne. Pour mémoire, c'est à la suite de plusieurs constats relevés dans la basilique Saint-Nazaire — notamment, l'état épouvantable de la chapelle Pierre de Rodier— que nous lancions une pétition en janvier 2013 qui réunit 2700 signataires de tous les pays. Les travaux avaient été budgétisés depuis plusieurs mois, mais n'étaient jamais lancés, au grand désespoir de Mgr de la Soujeole.

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État de la chapelle Pierre de Rodier en 2013 sous les gouttières

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État après les travaux en mai 2014

On se souviendra du peu de soutiens dont nous avons pu bénéficier de la part des notables et plus largement, de ceux qui étaient concernés au premier chef. Cette action eut tout de même un autre effet bénéfique pour Carcassonne que bien sûr, on se garde bien de dire... Au moment où la polémique enflait mettant en évidence l'incurie de l'état au sujet de la Cité et plus largement du patrimoine de Carcassonne, le préfet de l'Aude pour tenter de calmer le jeu, obtenait des crédits pour la restauration de l'ancienne manufacture de la Trivalle.

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La manufacture royale de la Trivalle en 2014

Tant et si bien que les agents du patrimoine n'en crurent pas leurs yeux quand, quelques semaines après, ils apprirent le lancement de ce chantier sorti du chapeau ministériel. En effet, seule la restauration de la cathédrale Saint-Michel était prévue de longue date, par le plan de relance du gouvernement Fillon. Notre instance à démontrer que les crédits alloués pour Carcassonne n'arrivent jamais à destination, aura payé. Ils semblaient être captés à la source par des administrations préférant peut-être Montpellier à Carcassonne.

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20/03/2014

La Cité de Carcassonne en musique

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"La cité de Carcassonne" est une épopée Héroi-Comique d'Auguste Dupuy-Albarède, éditée en 1913 aux éditions Maurice Sénart. Elle retrace en musique et d'une manière épique l'histoire de la plus grande forteresse médiévale d'Europe, des Wisigoths jusqu'à François 1er. La construction de l'oeuvre est volontairement chronologique et utilise la forme que l'on retrouve souvent chez des compositeurs d'opéra comme Meyerbeer. Un prologue (Le Carcassez), Trois actes (La Cour des guerres, La Cour d'amour, La Cour des miracles) et un épilogue (L'adieu) dans lesquels s'intercalent des chants tirés le plus souvent du répertoire languedocien. Le lien entre ses nombreux motifs musicaux est confié à un narrateur (L'évocateur) chargé de situer l'action dans son contexte historique. Un héraut annonce l'entrée des personnages tels que les poétes Louise Labé et Clément Marot ou royaux, comme Marguerite de Valois et François 1er. L'ensemble de cette fresque médiévale est sans conteste une ode à l'amour courtois dans le style de la Chanson de geste.

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Cette vieille complainte (Lo cocut) a été retrouvée par le félibre J. Dupuy, père de l'auteur. C'est l'exemple de ces naïves productions de chanteurs populaires qui, devant l'abandon de la langue occitane, essaieront de composer en français. Les tournures en occitan sont ici francisées... On mit également des paroles sur des airs de danses comme la Trompuzo, la Trallo, Le Rebiroulet, le Bourril ou le Ramelet.

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La danse du coucou

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Les illustration de cette partition sont l'oeuvre du peintre chaurien Paul Sibra (1889-1951). Au moment de la parution de ces dessins, cela fait deux ans à peine qu'il a commencé une formation de peintre à l'Académie Jullian dans l'atelier de Jean-Paul Laurens. Le travail s'est fait en famille puisque Paul Sibra est le neveu d'Auguste Dupuy-Albarède. Ce dernier est l'auteur de plusieurs ouvrages dont "Poèmes de l'harmonistique" (1948) et "La musique plastique" (1953). Par ailleurs, le prix Dupuy-Albarède est une récompense décernée aux instituteurs dans le cadre d'un travail de recherche.

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27/05/2013

Une hirondelle fait-elle le printemps?

Puisqu'aujourd'hui aucun média ne souhaite reconnaître que la pétition initiée en janvier dernier pour protester contre plusieurs années d'incurie dans la Cité de Carcassonne, a fait avancer les dossiers mis sous la pile. Qu'elle a obligé les collectivités territoriales et l'état a déployer des moyens pour son entretien. Qu'elle a mis sur la place publique les "petits arrangements entre amis" opérés au détriment de l'ensemble des amoureux du site. Enfin, qu'elle a informé sur les responsabilités de chacune des administrations au sein d'un comité de pilotage opaque dont d'ailleurs, nous ne savons toujours pas qui le dirige, qui le nomme, qui en fait partie. Voilà un bien étrange fonctionnement dans une démocratie élective, où ceux qui décident sont ceux qui n'ont été choisi par le peuple lors d'un scrutin. A mon sens, la faiblesse de la France depuis quelques décennies c'est l'incompétence ou la légèreté de l'élu, obligé de remettre ses décisions dans les mains de fonctionnaires tout puissants.

Ce qui avance

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La tour de la chapelle noyée sous 1m3 de fientes de pigeon

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En mai, l'épais matelas de fientes a été nettoyé. Malheureusement, l'obturation des ouvertures par des grillages afin d'éviter l'entrée des pigeons se fait attendre. Dans quelques temps, il faudra tout recommencer...

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On a aperçu un faucon. Suffira t-il a faire fuir les pigeons?

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En janvier, c'était le rodéo des véhicules dans les lices pour ne pas abimer leurs amortisseurs sur les pavés.

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En mai, la calade a été entièrement refaite. Le gazon a été semé de chaque côtés et des billes de bois ne permettront plus aux véhicules de labourer le terrain.

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En janvier, une eau pestilentielle coulait à travers la muraille de la porte d'Aude

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En mai, il semble que l'on ait réussi à colmater la fuite

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En janvier, le chemin couvert menant à l'église St-Gimer était une jungle

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En mai, on a débroussaillé cette friche immonde. Plusieurs éléments d'époque médiévale sont à nouveau visibles (escalier, voûte...). Malheureusement, on n'a pas débarassé les remparts des lierres incrustés dans la pierre. Si cela devait rester ainsi, il y aurait fort à parier que les tomberaient de la muraille sous la pression des racines.

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Les travaux promis depuis des mois ont enfin débutés à la basilique. Mgr de la Soujeole pourra dire la messe sans prendre l'eau des gouttières sur la tête. Reste encore le problèmes des pigeons... Dimanche, il n'y avait toujours pas d'eau bénite dans les bénitiers, pour éviter de se signer avec la merde des pigeons.

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Du mobilier urbain a été posé dans un jardin sans gazon en face de la basilique

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Ceux du jardin du Prado viennent d'être remplacés (voir article du 24 mai). Pourquoi donc n'ont-ils pas de dossier?

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En janvier, on voyait les tubes en pvc sortir à la porte de Rodez.

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En mai, du remblai a été apporté à cet endroit

Ce qui stagne ou recule

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A l'entrée du château comtal, le panneau installé par les Monuments nationaux n'indique toujours pas le musée archéologique. Par contre, il n'oublie pas de mentionner la boutique de souvenirs que le visiteur ne pourra pas manquer. Pourquoi? Il entrera et sortira obligatoirement par là dans le circuit des visites.

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Au pied de la porte Narbonnaise et dans l'ensemble des lices, les herbes atteignent un mètre de haut. On nous dira qu'il a beaucoup plu, mais à Carcassonne on attendra juillet pour que tout soit cramé. Ainsi, nul besoin de passer la tondeuse... Allez visiter les châteaux de la Loire, une région où la pluviométrie est plus importante que dans l'Aude. Tout y est nettoyé régulièrement!

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Sur les remparts (ici, porte d'Aude), les fleurs sauvages et autres herbes sont fixées sur la muraille. Selon Gauthier Langlois (historien médiéviste), la valériane contribue à la dégradation des maçonneries.

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Pendant ce temps, au château comtal dans le domaine du seigneur Dedolin (administrateur de la Cité)... Là, tout n'est que calme, luxe et volupté...

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Dans les lices, à la hauteur du théâtre Jean Deschamps, des ornières de 30 cm de profondeur

Carcassonnais, ne soyez pas dupés! L'opération Grand site que l'on vous promet dans la concertation, sera ce qu'en auront décicé au final les fonctionnaires de l'état. Car, c'est l'état qui possède les financements et celui qui paye, a le dernier mot. Restons vigilents et mobilisés!

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26/05/2013

Contradictions journalistiques sur la Cité de Carcassonne

La pétition que j'ai initiée au mois de janvier sur le mauvais état d'entretien de la Cité de Carcassonne, fut diversement commentée dans les rédactions des journaux locaux. Les griefs exposés contre les pétitionnaires sont devenus aujourd'hui des contradictions devant lesquelles, il me paraît normal de mettre leurs auteurs. Ainsi, par exemple, j'ai décidé de retranscrite ci-dessous deux éditoriaux signés du rédacteur en chef du journal l'Indépendant publiés à quatre mois d'intervalles. Chacun en tirera les conclusions qu'il souhaite...

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Dimanche 13 janvier 2013

"Notre chère cité"

Internet est un terrible outil, capable de transformer en brasier la moindre étincelle. Ainsi en est-il de la pétition lancée la semaine dernière sur le web concernant l'état de "délabrement" dans lequel serait la Cité de Carcassonne. En quelques jours, les signatures se comptent par milliers, ce qui, ramené à l'échelle mondiale de la toile - et de la renommée du monument - est finalement peu de chose. Face à ce mini-buzz (on est loin des audiences de Gangnam Style, quand même), le préfet de l'Aude, très sensible aux nouveaux moyens de diffusion de l'information, réagit sous la forme d'un communiqué chiffré. On y apprend tout l'argent public qui est dépensé, mois après mois, dans la préservation de notre belle Cité. Mais que valent, au final, cette succession de sommes assez astronomiques, ces millions d'euros, face aux photos d'un autel de la basilique St-Nazaire recouvert d'une bâche et de gargouilles qui tiennent avec des fils de fer, diffusées via la toile dans le monde entier ? Poser la question, c'est déjà y répondre. Les râleurs de la Cité veulent-ils payer plus d'impôt pour financer les travaux du monument ? Non, bien sûr. Ils voudraient que l'État dépense moins d'argent ailleurs et en mette plus sur son patrimoine. Mais quels sont les services de l'État dont ils bénéficient aujourd'hui et dont ils accepteraient de se passer ? La police, l'école, la voirie, la Sécu ? Tiens, il faudrait faire un sondage Internet pour le leur demander…

Dimanche 25 mai 2013

"Grands sites"

On peut comprendre que les Carcassonnais aient du mal à y croire. Cette semaine, pourtant, un pas important a été franchi vers la mise en place effective de l'Opération Grand Site : désormais, le programme des actions qui vont être menées sur le monument est en cours d'écriture. Visiblement, les financements sont là, et les résultats devraient suivre. Mais que la procédure a été longue ! Le site internet du réseau qui regroupe ces 40 hauts lieux touristiques de France, nous apprend que les prémices de l'OGS de Carcassonne datent de l'année 2000. Treize ans donc pour entrevoir un début de réalisation concrète. Il a d'abord fallu créer un syndicat mixte associant l'État et toutes les collectivités concernées (Ville, Département, Région), puis mener les premières études afin d'analyser comment le site fonctionne actuellement et quels sont les points à améliorer. Ensuite, parvenir à faire travailler tout ce monde ensemble. Enfin, réfléchir à la position de la Cité dans son environnement. Car comment améliorer l'accessibilité du monument et ses retombées économiques sans lien avec les autres pôles d'attraction que constituent la Bastide d'une part, et le Canal du Midi tout proche… Sans oublier qu'il s'agit d'un monument situé en zone urbaine, où vivent et travaillent au quotidien des centaines de personnes… Ne nous leurrons pas, ce sera encore long. En effet, le Mont Saint-Michel, grand rival de la Cité en terme de fréquentation touristique, a démarré son OGS en 1995 ! Et ne l'a toujours pas achevée…

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