27/01/2017

La chapelle de Sainte-Croix, à jamais disparue

 Hélas, trois fois hélas, il ne reste rien de la Chapelle de Sainte-Croix car selon des témoins, son état de délabrement menaçait la sécurité des visiteurs et on entreprit de la détruire en 1966. C'était une époque où l'on ne se préoccupait pas de la restauration du patrimoine ; il faut reconnaître avec justesse que sur ce point les temps des choses ont évolué. En compensation, dans les années 60-70 quelques hommes avec peu de moyens ont mené un travail formidable d'inventaire pour tenter de sauver ce qui pouvait l'être. Ce fut le cas d'Antoine Labarre (1910-1995), artisan de la sauvegarde du petit patrimoine carcassonnais, dont on ne parle plus maintenant mais à qui nous devons beaucoup. Parmi ses sauvetages, il faut compter la pose de la statue "La France blessée" dans le cimetière St-Michel après 40 années d'oubli dans un entrepôt municipal.

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Sur cette photographie prise d'avion en 1928 (collection Martial Andrieu), j'ai réussi à retrouver la chapelle de Sainte-Croix au bout du chemin du même nom. Bâtie vers le XIVe-XVe siècle, l'édifice se trouvait selon l'abbé Sabarthès (Dictionnaire topographique de l'Aude/ pp.376) sur l'ancienne route de Carcassonne à Lagrasse et à l'intersection de deux chemins, l'un allant à Palajanel, l'autre à Cazaban.

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A l'aide d'un puissant scanner j'ai agrandi cette partie de la photo, bien plus petite qu'un timbre poste. On obtient une image, certes de médiocre qualité, mais qui prouve qu'en 1928 la chapelle était encore debout.

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© SESA

Plan en coupe de la chapelle Sainte-Croix détruite en 1966

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Aquarelle de Mme P. Andrieu peinte en 1925

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La chapelle en 1966

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Le chevet

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 Antoine Labarre et Albert Blanc décidèrent avec l'aide de la municipalité en 1972, de matérialiser l'emplacement de l'ancien édifice religieux par une croix.

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La croix est ainsi scellée sur une ancienne borne d'octroi qui matérialisait l'entrée de Carcassonne. Elle se trouvait près de l'actuel stade Mazet, sur la route de Limoux.

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Une plaque en marbre blanc rappelle l'emplacement de la chapelle. Sur l'ancienne borne d'octroi, on été gravés les initiales d'Antoine Labarre et d'Albert Blanc avec la date de 1972.

Si vous souhaitez vous rendre sur place, longez le mur du cimetière de la Cité à partir de la porte Narbonnaise. Prenez ensuite le première chemin à gauche, il se nomme Sainte-Croix. Un kilomètre après, vous arriverez à l'ancienne chapelle de Sainte-Croix.

Documentation

Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude

Mise à jour Janvier 2017

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05/07/2014

Une merveille cachée dans Carcassonne!

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Vous êtes vous demandé qu'elle merveille pouvait bien se cacher derrière ce mur que l'on aperçoit face à la gendarmerie, avenue du général Leclerc?

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Ce bâtiment abrite actuellement la Structure Aceuil Enfance du Conseil général de l'Aude. Tour à tour Direction départementale des PTT (1906), puis celle de la Jeunesse et des Sports. Au XVIIe siècle, c'était le fond du parc de la Manufacture Royale de la Trivalle dont on vient d'achever la restauration de la façade au pied du Pont vieux.

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En empruntant le trottoir du Pont neuf, on distingue une partie de la merveille cachée

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Mais lorsqu'on se trouve à l'intérieur, c'est Versailles à Carcassonne!

Cette fontaine monumentale fut batie au XVIII siècle. En pierre de grés, sculpté, et abritée dans une grande niche surmontée d'un fronton circulaire. Elle était alimentée par le surplus des eaux provenant de la source de la Gravette (INFO:Antoine Labarre) et servait à la teinturerie. Les eaux de la riviere Aude faisaient tourner les machines (INFO: Claude Marquie)

Nous devons ces clichés à Jacques Blanco et à sa perspicacité puisque ce bâtiment est toujours fermé. Encore une splendeur de notre ville, bien mal exposée, entretenue et fermée aux publics!

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03/07/2014

Le buste du Dr Gally se trouve bien au nouvel hôpital

Contrairement aux informations que des responsables de l'accueil du nouveau Centre hospitalier de Carcassonne avaient données à Jacques Blanco, la preuve nous est maintenant donnée que le buste du Dr Gally s'y trouve bien. Ne lisant pas dans la boule de cristal, nous ne pouvions que conclure à sa disparition.

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L'oeuvre d'art signée Jean-Baptiste Malacan

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Le buste a été placé dans la Salle du conseil d'administration de l'hôpital. Dès lors, peu de personnes pouvaient être raisonnablement au courant de son placement à cet endroit. Nous appelons encore de nos voeux qu'une commission municipale chargée de répertorier l'ensemble des oeuvres d'art dans l'espace public de la commune, se mettre en place.

Nous remercions le Dr Lazarovici de nous avoir transmis ces clichés

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13/06/2014

Il faut sauver "las Montjoias" de Maquens!

"Las montjoias" sont des espèces de capitelles en pierres maçonnées servant à capter l'eau de plusieurs drains. Le nom viendrait du latin " Montus juveus" (c'est une hypothèse). Elles possèdent toutes un toit à double pente et une porte en fer; leur origine remonterait au premier empire. Aujourd'hui, elles ne servent plus à rien sinon à interroger les curieux que nous sommes et finalement à essayer de les protéger. Pourquoi? Tout simplement, car elles font partie du patrimoine culturel comme la cité médiévale de Carcassonne qui, dans l'esprit d'une majorité, ne représentait plus rien d'utile au début du XIXe siècle. Alors, avant que les engins de chantiers ne viennent les détruire pour agrandir la route ou construire un lotissement, il nous appartient de tirer la sonnette d'alarme. Ces "Montjoais" méritent une restauration et une mise en valeur...

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En bordure du chemin allant de la zone de la Bourriette au hameau de Maquens.

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À l'intérieur, une citerne

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En bordure du chemin de l'argentier à Maquens

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Le travail des hommes... vu de l'intérieur.

Si vous doutez encore du bien fondé de la démarche, voici:

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Le château d'eau de Maquens construit en 1885 à l'entrée du hameau. Il fut détruit sans concertation en septembre 2008, sous le regard bienveillant de la municipalité de l'époque. Gênait-il? Point du tout!

Source: Au centre, il est une mémoire (Laleman / 2011)

Crédit photos: J. Blanco (sauf, la dernière)

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09/10/2013

Les gardes-barrière

Depuis l'automatisation des passages à niveau, le métier de garde barrière a peu à peu disparu. Il n'est pas certain que la sécurité se soit renforcée avec cette mesure puisque chaque année on enregistre de nombreux accidents à ces points de passage. A Villalbe, sur la ligne Carcassonne-Quillan il y avait deux passages à niveau, contre un seul maintenant. Le premier à l'entrée principale du hameau était tenu par la famille Eps. Le second, 500 mètres plus loin en direction de Limoux avait été confié à M. Julié puis à la famille Arly. Je suis souviens quand un véhicule voulait franchir la voie, que l'agent SCNF tournait la manivelle qui permettait de soulever la barrière. Cela donnait lieu à un bonjour, comment ça va? Aujourd'hui que sont devenues les maisons des gardes-barrières? Elles ont été achetées par des particuliers et souvent transformées. Cependant, elles ont toutes un point commun. Celui de posséder un puits et un numéro sur leur façade. Si vous voulez voir comment cela fonctionnait, regardez-donc le film "le petit baigneur" avec Louis de Funès. Il y a une scène qui a été tournée à un passage à niveau à Azille, hélas détruit depuis.

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Le passage à niveau à l'entrée de Villalbe

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La  seconde maison du garde barrière à la sortie de Villalbe a été transformée. Sur la gauche, l'ancien passage à niveau.

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22/06/2013

Et pendant que David Guetta, la Cité sombra sous l'enfumage

Vous avez pu voir dans le documentaire sur la Cité de Carcassonne diffusé sur France 5 dimanche dernier, l'administrateur du château comtal présenter une mosaïque romaine. Une mosaïque de l'époque d'Auguste, et non du IIIe siècle comme dit par erreur dans le commentaire. Monsieur Dedolin, l'administrateur du château, fait part de sa volonté d'ouvrir au public ce merveilleux vestige archéologique. Nous ne pouvons qu'aprouver ce projet pour lequel nous militons depuis longtemps sur ce blog, mais avec la mutation annoncée de M. Dedolin à St-Cloud, il risque fort d'être remis aux calandes grecques.

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La mosaïque recoupée par les murs médiévaux

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C'est dans la cour du château comtal (ici au premier plan) que l'on a découvert des vestiges archéologies de tout premier plan. Afin de les protéger, on a coulé une dalle de béton soutenue par les piliers.

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Sur cet emplacement, on a découvert une maison du Ier siècle de notre ère avec une mosaïque et les fondations de l'église Sainte-Marie du XIIe siècle. Cette dernière fut rasée au XVIIIe siècle.

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L'abside de la chapelle sous trouve sous la dalle de béton. Nous voyons à droite l'étayage de chantier pour la soutenir.

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Un laboureur, détail de la mosaïque

(Bull. Sesa/ Tome LXVII, 1967)

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Mosaïque provenant de la villa Gallo-romaine de Gourgouli à Peyriac-Minervois, installée en 1967 en ce lieu par Claude Journet.

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Nous nous sommes procurés une note interne signée de la main Patricia Corbett, l'administratrice qui a précédé M. Dedolin dans ses fonctions au sein du château comtal. Datée du 27 février 2006, voici ce qu'elle indique:

 « Le diagnostic réalisé par SOCOTEC [bureau de contrôle] sur la solidité de la dalle de la cour d'honneur couvrant la mosaïque soulève des problèmes d'ordre structurel important qui mettent en cause la solidité générale de cette partie de l'édifice. » En conséquence cette note de service interdit « l’accès au public et au personnel » de cette salle. Elle interdit aussi « l'organisation de toute manifestation ou rassemblement de groupes de visites sur la dalle de la cour d'honneur » et affirme que « la mise en place d'un étaiement est demandée à l'Architecte en chef des monuments historiques »

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Aucun étai n'a été posé depuis cette date et la dalle continue à se dégrader. L'eau qui la traverse dépose un voile calcaire sur la mosaïque. Nous apercevons même une fissure sur le soutenement à droite.

En attendant cette reconstruction indispensable nous apprenons qu’une sorte de croissanterie va être installée sur la dalle. Ce choix de cet emplacement a été dicté par des raisons commerciales : il est dans un point de passage obligé, à la fin du circuit sur les remparts donc à un moment de la visite où les touristes risquent d’être assoiffés et affamés. Cette installation va donc contribuer à créer des rassemblements de personnes sur la dalle, particulièrement aux moments de pics de fréquentation. Il est donc surprenant de constater l’autorisation de cette installation alors que la note de service interdit toute manifestation ou rassemblement sur cette dalle pour des raisons de sécurité !

Ainsi va la vie à Carcassonne et que l'enfumage continue!

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