18/06/2014

François Pastour (1899-1948)

Le 13 mai 1948 disparaissait en pleine Cour d'assises de l'Aude, François Pastour, Procureur de la République de Carcassonne. Au moment où il pronoçait ses réquisitions lors d'un procés, le magistrat s'effondrait sur sa chaise sans qu'il fut possible de le ramener à la vie. François Pastour avait succédé à A.E Morelli, procureur de Carcassonne envoyé en déportation et mort à Dachau le 17 février 1945 (le jardin à l'entrée du Palais de justice porte son nom).

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François Pastour naît le 16 avril 1899 à Antibes dans un milieu d'universitaires. Après de brillantes études secondaires, il s'inscrit à la faculté de droit d'Aix en provence. Le 9 mars 1923, il est membre du barreau de Nice puis deux ans plus tard, il est reçu parmi les premiers au concours d'entrée de la magistrature. Il est nommé comme juge suppléant du ressort d'Aix le 10 mai 1925, puis est affecté au tribunal de Tarascon. Substitut à Perpignan le 9 août 1931 et à Bordeaux le 30 mai 1935, il participe ensuite à la guerre avec le grade de Capitaine. Ses faits d'armes lui vaudront deux citations à l'ordre de son régiment. Ce n'est qu'après l'armistice qu'il prendra ses fonctions le 22 janvier 1941, à la cour d'assises de l'Aude comme procureur.

François Pastour était très apprécié pour son humanisme. C'est grâce à lui que furent organisés dans le département des centres pour mineurs, afin que ceux-ci n'aillent pas en prison avec de dangereux malfrats. Au moment de l'épuration, c'est le procureur Pastour qui jugea en qualité de commissaire du gouvernement, les collaborateurs comme René Bach, par exemple.

Il est décédé dans l'exercice de ses fonctions le 13 mai 1948. De nombreux hommages lui furent rendus par ses pairs en la cathédrale Saint-Michel. Parmi eux: René Pech (Président la chambre des huissiers de l'Aude, Me Frontil (Bâtonnier de l'ordre des avocats), M. Barradat (Président de la cour d'assises), M. Rouvière (Président du tribunal civil)et M. Hugues (Procureur général). Il est inhumé à Antibes.

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08/04/2014

Au nom du père...

Louis Andrieu est né le 10 avril 1937 à Carcassonne d'une mère originaire de Figueras en Catalogne et d'un père menuisier à la Barbacane. Il passa son enfance entre ce faubourg de la cité et la rue de la digue. Ainsi, il fit la connaissance de nombreux copains de la Trivalle (comme R. Chésa) malgré que ceux-ci ne se mélangeaient guère avec l'autre quartier rival. Son père qui jouait dans l'harmonie municipale lui transmit l'amour de la musique et ainsi de retour de la guerre d'Algérie, en dehors de sa profession de menuisier, Louis Andrieu animait au piano certains bars de la ville. La fièvre du jazz l'avait guidé sur les pas d'Eroll Garner et on le retrouvait souvent à la cité, au piano à l'Hostal dont le patron était Jean-Loup Peters. Son chapeau vissé sur sa tête, sa moutache finement taillée à la Clark Gable et sa cigarette au bec faisait de lui un personnage attachant. Il se retrouva en 1983 au Conseil municipal élu UDF sur la liste de R. Chésa...

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Il prit alors sa nouvelle fonction attachée au hameau de Villalbe comme une mission désinteressée au service de la population. Même si cela peut paraître de nos jours curieux, ce n'est après tout que le devoir de tout homme politique. Il ne comptait pas ses heures et mangeait froid le midi; obtenant un secours pour telle famille en difficulté, faisant retablir l'électricité à ceux à qui faute de paiement on l'avait coupée, les dossiers de surendettement... Sans compter les chiens égarés, les nuisances sonores, la gestion du foyer...
Tout ceci lui valut d'être affublé par les villalbois du titre symbolique et honorifique de "Maire de Villalbe". Son combat pour les autres, il le paya chèrement quand il fut licencié en 1986 de son travail et pensant que sa fonction le lui interdisait, il ne demanda l'aide de personne.
Quand le Président Mitterrand fit une visite officielle à Carcassonne en 1986 (je crois), il y eut une réception en mairie avec un discours du chef de l'état devant l'ensemble du Conseil municipal. Faisant fit des consignes de la majorité, Louis Andrieu, fut le seul à applaudir Mitterrand. Ce dernier après en avoir terminé descendit de sa tribune, se dirigea vers le petit menuisier villalbois et lui serra la main. Comme quoi, on peut être petit par la position sociale et grand par la hauteur d'esprit! "Qui s'abaisse sera élevé" (St-Luc)
En 1995 après douze années de loyauté, ses anciens alliés le remercièrent par une indifférence polie en ne le reprenant pas sur la liste. Plongé dans un vrai désarroi, ils n'ont pas été nombreux à prendre des nouvelles du petit menuisier humaniste de villalbe. Aussi à sa mort le 30 aout 2007, il y avait une foule de gens... des modestes, des sans grades. Bref, de vrais amis dont Isabelle Chésa! Le député J-C Pérez avait envoyé une lettre de condoléances à ma mère. Pas une gerbe de fleurs de la municipalité de l'époque, mais ce qui est sûr c'est qu'il a emporté avec lui les fleurs des habitants de Villalbe qui le tenaient en haute estime.
 
Vous n'êtes pas obligés de me croire car la vérité historique ne se nourrit pas de sentimentalisme, mais ainsi était mon père: Un homme droit, honnête et franc... pas un politicien.042.JPG
A mon initiative et sur la proposition d'Isabelle Chésa, l'ensemble des élus du Conseil municipal Larrat (de droite et de gauche) ont voté à l'unanimité le nom d'une place Louis Andrieu à Villalbe en 2008. Cette plaque fut dévoilée en présence d'élus de toutes sensibilités. M. Tarlier représentait le groupe socialiste. Les porte-drapeaux étaient ses anciens compagnons d'AFN 

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La plaque à côté de l'école primaire du hameau de Villalbe

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