25/03/2017

La création d'une déviation dans le quartier de la Barbacane

Au fil des années, le trafic automobile était devenu exsangue à l'intérieur de la rue Barbacane à tel point que les véhicules n'arrivaient plus à se croiser. Traverser cette artère comprise entre la route de Saint-Hilaire et le jardin Pierre Sire relevait de la gageure. Au cours de l'année 1984, la ville de Carcassonne décide avec l'aide financière du Conseil général de l'Aude qu'il sera réalisé une voie de contournement de la rue Barbacane. Une nouvelle route passant à proximité du Moulin du Roi puis du béal sera créée afin de fluidifier la circulation. A l'issue des travaux d'une durée d'un an et demi, les voitures emprunteront la rue Barbacane en sens unique à partir de la route de St-Hilaire. Les autres feront le chemin inverse par la nouvelle artère ainsi réalisée, depuis la ville vers la route de St-Hilaire.

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Le 25 avril 1985, le conseil municipal fait l'acquisition de plusieurs parcelles de terrains comprises entre la rue Dujardin-Beaumetz et l'actuel giratoire, à l'entrée de la rue Barbacane. A Charles Crouzet on prend deux parcelles de 254 m2 et de 309 m2 payées 100 francs / m2. A Georges Crouzet, 2816 m2 achetés 20 francs /m2, comprenant une maison et un bâtiment agricole acquises pour 171 860 francs. A Philippe Crouzet, 1372 m2 avec reconstruction à l'identique des bâtiments. A Monsieur Pradel, 1284 m2.

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© Bulletin municipal / Mars 1985

Les travaux sont prévus en deux tranches. La première débutera en 1985 par le Pont vieux, la rue Barbacane, la petite côte de la Cité et enfin la déviation. Une partie du jardin Pierre Sire sera amputée afin d'élargir la chaussée. La seconde en 1986 concernera l'aménagement de la rue Barbacane entre la Petite côte de la Cité et le chemin des Ourtets. Le coût total des travaux est de 4 753 000 francs.

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La nouvelle déviation par la rue Dujardin-Beaumetz

L'inauguration en présence de Raymond Chésa - Maire de Carcassonne - et de Robert Capdeville - Président du Conseil général de l'Aude - a lieu durant l'automne 1986.

"Je suis heureux d'inaugurer avec vous aujourd'hui cette petite rocade intérieure. Heureux aussi, du débat qu'a suscité cette initiative parmi la population. Il a prouvé qu'à Carcassonne toutes les opinions peuvent s'exprimer et que la démocratie participative, chez nous est une attitude réfléchie et une pratique quotidienne. On parle souvent d'un quartier historique comme d'un coeur. Mais que vaut un coeur dont les artères se bouchent, le menant, lentement mais sûrement à l'asphyxie ? Avec la mise en service du doublement de la Barbacane, je suis certain que vont se succéder aux traditionnels embouteillages une grande facilité de circulation et, aux difficiles conditions de stationnement de naguère, des possibilités jamais atteintes en places de parking. Jusqu'alors, on ne faisait que passer dans le quartier , s'y arrêter relevant du défi. Aujourd'hui, on pourra s'y attarder."

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Au cours de l'année 1987, c'est toute la rue Barbacane qui subit un lifting de la voirie. Ce quartier si vivant avec ses commerces n'est aujourd'hui que l'ombre de ce qu'il fut autrefois. Espérons que l'Opération Grand Site donnera un coup de fouet à ce passage ignoré des touristes vers la Cité.

Sources

Carcassonne, ta ville / Mars 1985

La dépêche du midi

Conseil municipal / 25 avril 1985

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08/02/2017

La création du jardin Bellevue en 1995 à Carcassonne

Avant que la municipalité Chésa ne se décide à créer un jardin public en bordure du quai Bellevue, le terrain était occupé depuis longtemps par des jardins potagers appartenant à plusieurs propriétaires. Il s'agissait d'un endroit plus ou moins laissé à l'abandon par certains et séparé par des enclos de fortune. D'autres, y cultivaient des légumes pour leur consommation personnelle. Il faut dire que cet endroit avait un certain charme, comme on peut le trouver encore à l'intérieur de nos villages. La ville acquit les terrains à MM. Toustou, Monier Jean, De Geoffroy, Oulié, Laffargue et à Mesdames Lanau, Moulet, Monier, Emma et Fontanilles. Les autres comme MM. Ramon Marius, André et Roger Campo, Clément Castilla et Mlle Homps, les échangèrent contre une parcelle aux jardins de la Reille.

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Le chantier en 1993

Ce projet sera présenté durant la campagne des municipales de 1989. Après la reconduction aux affaires de la ville du conseil municipal sortant, une maquette présentant la future réalisation est installée dans la mairie en février 1991. Il s'agit d'une aire de loisirs avec un parking de 140 places longeant le quai Bellevue. Un jardin planté d'arbres bas pour ne pas cacher la vue sur la Cité. Une aire de jeux pour les enfants et un coin de repos pour le 3e âge. Un théâtre de verdure pour y donner des concerts qui sera remplacé dans la version finale par un boulodrome. Les remblais nécessaires proviennent du chantier de construction du parking des Jacobins.

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Le passage au gué sur l'Aude

Faute de financements, le chantier de terrassement commencé en 1991 restera en l'état pendant quatre ans. Les travaux arrêtés ne reprendront pas avant l'année 1994, précédent l'élection municipale de 1995.  Jusque-là, les riverains n'auront devant leurs yeux qu'un terrain vague et boueux. 

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© Google maps

Le jardin Bellevue sera inauguré au début de l'année 1995 avant l'élection municipale. C'est une belle réussite qui a offert une plus-value à toutes les maisons bordant le quai Bellevue, avec une vue imprenable sur la Cité. Le jour de la fête nationale lors de l'embrasement de la Cité, les spectateurs viennent en masse y admirer le feu d'artifice. 

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Ce tilleul centenaire devait être abattu dans le plan initial, mais une pétition des habitants du quartier a permis de le conserver.

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Au mois de juin 1995, afin de fêter l'élection de Jacques Chirac à la présidence de la République, les jeunes du RPR ont planté symboliquement ce pommier dans le jardin. Cet arbre fruitier que l'on cultive en Limousin - terre natale du candidat - avait été au coeur de la communication de sa campagne électorale.

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27/06/2016

Souvenirs de la fête de Saint-Nazaire à la Cité

Aujourd'hui disparue, la fête de Saint-Nazaire - patron de la Cité - tombe le 28 juillet mais on tâchait de la faire coïncider avec le dernier dimanche du mois. Cet évènement réunissait uniquement tous les jeunes originaires de la Cité, à l'exclusion de tout autre groupe constitué. Quand certains d'entre-eux durent partir habiter des villages environnants, ils purent retrouver naturellement leur place au sein de la famille citadine lors de la préparation des fêtes de Saint-Nazaire. 

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Dans les années 60, les jeunes de la Cité se retrouvaient au café Blanc, dans la rue Cros-Mayrevieille, autour d'une partie de cartes ou de dés, en train d'échanger leurs convictions politiques, professionnelles ou sentimentales. La vieille forteresse avec ses huit cents habitants vivait avec l'esprit d'un village très fier de son identité, contrairement à la Ville-basse. Le café Blanc était devenu le quartier général de la jeunesse où se décidaient le samedi soir le programme du week-end. On y trouvait de fervents défenseurs du rugby à XIII, mais aussi à XV sans que cette rivalité sportive ne nuise à l'ambiance de camaraderie. C'est surtout à cet endroit que se préparaient - trois semaines avant - les festivités de la Cité.

Les préparatifs 

L'argent étant le nerf de la guerre, la petite subvention municipale ne suffisait pas à organiser correctement les réjouissances. Alors, après avoir choisi un orchestre, un Tour de table se mettait en route dix jours avant le début des fêtes dans le but de récolter des fonds. Pour ceux qui ignorent ce qu'est un Tour de table, il s'agit de passer dans toutes des maisons au moment du repas afin de proposer un morceau de musique. Le propriétaire est libre de demander ce qu'il veut aux musiciens, qui très souvent jouent d'oreille la partition souhaitée. Il est arrivé à cette époque que l'on entende La Marseillaise ou l'Internationale. 

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Les réunions se tenaient au Pré-haut, situé à la Porte Narbonnaise devant le pont levis. C'est là que se faisaient les préparatifs concernant la décoration, le déguisement et la sortie de l'âne. De Ladern-sur-Lauquet, on ramenait des rameaux de buis pour orner le podium de l'orchestre éclairé grâce aux soins des services municipaux. L'âne servait au "Tour de l'âne" sur lequel prendrait place le dernier marié de l'année, auquel on ferait faire le tour de la Cité selon un rituel bien défini. 

Les repas familiaux

Comme pour toute fête de village, on recevait de la famille. Les femmes préparaient alors des plats traditionnels à cette fête : Pour midi, des escargots ; pour le soir, un cassoulet de haricots roux accompagnés d'un canard. 

"Dès le matin, les maîtresses de maison lavaient les escargots ramassés un ou deux mois avant et qui avaient jeûné depuis ; on leur donnait de temps en temps un peu de farine et du thym pour les parfumer. Le travail de lavage, assez long, consiste à malaxer à grandes poignées les escargots dans les marmites remplies d'eau et de vinaigre pour nettoyer les coquilles et faire baver les animaux. Cette opération avait lieu dans la rue pour faciliter les nombreux rinçages. Ces préliminaires culinaires réunissant les familles bavardes sur les pas de portes, constituaient déjà une partie de la fête. On préparait ensuite une sauce au safran qui devait imprégner toutes les coquilles, on entendait dire : "Cado cagarol deus beure un cop" (chaque escargot doit boire un coup), chacun devait emporter une quantité de sauce, mais par extension on pouvait comprendre qu'il fallait boire un coup après chaque escargot. Il est vrai, le vin et la nourriture tiennent une place importante dans la fête et pour caractériser l'aspect physique coloré des gros buveurs, on disait : "Las restas son rojas" (Les crêtes sont rouges).

(Jacques Khoudir / Travail de maîtrise)

Le début de la fête

Au milieu de l'après-midi, on voit arriver autour de l'âne et au centre des badauds, les visages grimés à l'aide d'un bouchon noirci à la flamme des festejaïres (fêtards). "Soun pla poulits" (Ils sont bien beaux), avec leurs chemises blanches dépareillées - les hommes en femme et les femmes en homme - avec un bonnet sur la tête. Il n'est pas rare d'en voir un avec une culotte de grand-mère. Les meneurs guident la danse et impulsent le rythme. En 1974, l'affaire suspecte de la mort du cardinal Daniélou chez une prostituée donne des idées à l'un d'entre-eux :

" Pour parodier l'affaire, il en prit les apparences et fut escorté par un groupe de jeunes habillés en moines, distribuant aux badauds des rondelles de tomates, en forme d'osties et fortement poivrées, bénissant le public en l'aspergeant à grands coups de goupillon trempé dans un seau hygiénique. Le simulacre de communion et de cérémonie religieuse avait un caractère sexuel marqué d'abord avec les aliments épicés pour solliciter le désir et puis par le besoin de salir au moyen d'aspersions d'immondices symboliquement représentées par le seau hygiénique ; cette cérémonie, répétée tout au long du parcours, interprétait d'une façon satirique et subversive l'actualité."

Le centre de ce groupe déguisé est animé par un âne, sur lequel a pris place le dernier marié de l'année. Affublé d'un costume de cérémonie avec un chapeau haut de forme, il tient une perche au bout de laquelle est fixée une paire de cornes d'où pendent des fruits et légumes : un paire de citrons, des oignons et une aubergine. Cette dernière est appelée dans l'Occitan populaire "Viet d'ase" (Vit d'âne). La virilité se rappelle qu'elle n'est pas à l'abri des épreuves maritales représentées par les cornes du cocu. Il se peut que la femme monte sur l'âne, mais elle sera positionnée tournant le dos au mari en regardant la queue de l'animal. 

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© Paola Bourrel

Tour de l'âne à la Barbacane

"Autrefois, avant la mise en route de ce défilé, les hommes mariés exécutaient une danse particulière, dite des "gabels" (des sarments). Ils avaient confectionné des petits fagots et poussaient l'âne vers la piste de danse du pré-haut. Les enfants qui les précédaient criaient alors : "Aïci los gabels ! Aïci los gabels !" (voici les sarments). C'était un avertissement aux danseurs. Les hommes mariés poursuivaient les jeunes gens et les frappaient de leurs sarments, la place nette, la musique prenait un air à l'usage exclusif des mariés. Les jeunes essayaient de s'introduire clandestinement, mais certains, qui ne dansaient pas faisaient bonne garde, chassant impitoyablement les intrus, on appelait cela la "scena dels labels" (la scène des sarments). Après quoi on formait le cortège.

Le cortège

L'itinéraire allait dans le sens inverse des aiguilles d'une montre : Pré-haut, rue Cros-Mayrevieille, Grand puits, Basilique Saint-Nazaire, rue du plô, école, petit puits, place Marcou, Château comtal, place Marcou. Sur le parcours,  dans le public les touristes sont les victimes... Dans la langue occitane, on les interpelle tout en les arrosant d'eau avec un atomiseur agricole. 

"Une fois un jeune avait fait pourrir un camembert et en offrait à des Américains, qui, devant ce geste généreux et fraternel, se croyaient obligés de paraître enchantés."

A la basilique St-Nazaire, des jeunes montèrent sur le toit et déversèrent de l'eau dans les gargouilles pour surprendre les touristes. A l'école, on faisait une pause pour se rafraîchir alors que place Marcou, une farandole s'organisait. Toute les trois mesures, on s'accroupissait en remontant verticalement plusieurs fois en chantant :

Jules est Hercule

Sébastien musicien

Papa somnambule 

Maman ne fait rien...

Une fois le Tour de l'âne terminé, le bal débutait au pré-haut et se terminait par un Buffoli.

Nous avons rédigé cet article grâce à un travail de maîtrise de 1975 réalisé par Jacques Khoudir sur le carnaval de Carcassonne. Il important de lire sa conclusion ci-dessous...

"On peut se demander si cette fête, qui a conservé fidèlement la tradition, a de l'avenir. Son élément moteur est la jeunesse, or actuellement la population de la Cité diminue et vieillit. On compte huit cents habitants et une moyenne d'âge de cinquante ans. Bien des citadins reviennent animer la fête, mais lorsqu'il n'y aura plus leur famille ni le moyen de copains qui vivent dans la Cité, ce sera fini. D'autre part, il existe un mouvement, amorcé depuis peu, de changement de population : des étrangers à la ville achètent de plus en plus de maisons à l'intérieur de la Cité, ils ne l'habitent que très peu de temps dans l'année et menacent la mentalité citadine de plus en plus minoritaire. Ce phénomène d'immixtion d'étrangers dans le Languedoc, que l'on rencontre dans les Corbières où s'ouvrent énormément de résidences secondaires pendant deux mois d'été, accélère la récession de l'originalité ethnique de notre communauté tout en étant le signe d'alarme de la mort d'une région.

La relève à long terme pour la fête de la Cité apparaît comme mal assurée, déjà certaines activités festives isolées et permanentes s'estompent. Les "tustets" deviennent rares ou très mal acceptés par les victimes qui ne jouent plus leur rôle, seuls les jeunes de huit à douze ans pratiquent ces farces de temps en temps., mais seront-ils encore dans la Cité lorsqu'ils devront organiser la fête ? Verrons-nous peut-être alors une animation mercantile organisée par les commerçants et la municipalité recomposant le folklore pour touristes ? Cela est fort possible, mais pour le moment la fête de la Cité vit."

Le Tour de l'âne est mort

Jacques Khoudir avait vu juste en 1975. En 2012, l'association "Los ciutadins" par la voix d'Antoine Espanol annonce la fin du Tour de l'âne :

"Le 6 septembre 2011, Serge Doumerg est mort subitement. Nous étions sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Traumatisé par cette disparition, on n'a pas fait le tour de l'âne l'an dernier. C'était le début de la fin. Nous sommes une association vieillissante et la Cité n'a plus rien à voir avec le village d'autrefois. Il est de plus en plus difficile de faire quelque chose à la Cité sans gêner les terrasses. Il y avait sans doute autre chose à en faire qu'un centre commercial mais on ne refait pas l'histoire…"

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© La dépêche

Antoine Espanol poursuit la mémoire de cette fête si particulière à travers son blog, riche en anecdotes et en photographies. Je vous conseille d'y jeter un oeil

http://losciutadins.blogspot.fr

Source

Le carnaval de Carcassonne / J. Khoudir / 1975

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25/06/2016

L'arbre de la liberté au hameau de Villalbe

Il est toujours là depuis 27 ans, mais qui s'en souviens et surtout qui le sait ? Cet arbre de la liberté, planté comme des milliers d'autres à travers la France afin de commémorer le bicentenaire de la Révolution française. Nous avons retrouvé ce tilleul dans le jardin d'enfants situé derrière l'église de Villalbe. Hélas, aucun cartel à son pied n'indique l'origine de son existence à cet endroit. C'est devenu un arbre comme les autres qui pourrait un jour être abattu dans l'anonymat.

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Voici un texte que nous proposons

Cet arbre de la liberté a été planté par les élèves de la l'école de primaire de Villalbe en 1989 afin de commémorer le bicentenaire de la Révolution française, en présence de Raymond Chésa, maire de Carcassonne.

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Cet arbre a été inauguré en même temps que la cantine de l'école, qui comptait alors 40 élèves.

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Le beau tilleul de la liberté au milieu des pins, derrière l'église de Villalbe. Au moment où la République vacille sur ses fondements, il est temps de rappeler à nos enfants que la liberté peut s'arrêter du jour au lendemain. Que c'est une valeur à entretenir chaque jour ; si l'on ne prend soin de bien l'arroser, elle se fane et finit par périr.

On peut reprocher certaines choses à Raymond Chésa, mais pas celles de n'avoir pas cherché à transmettre l'héritage fondamental du symbole républicain. Au moment où nous avons le plus besoin de nous réconcilier et de nous fédérer, les responsables politiques actuels portent une lourde responsabilité dans la banalisation des valeurs et de leur transmission. Il ne suffit pas de parler, il faut agir en Républicain et s'élever en exemple au-dessus de la mêlée. Reprendre à leur compte des idées des ennemis de la liberté à des fins purement électorales, ce n'est pas servir l'idéal de l'époque des lumières. C'est tout simplement donner raison à ceux qui préfèrent l'obscurité.

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05/06/2016

La cité Saint-Jacques en 1961

La cité

Saint-Jacques

comprise entre l'avenue Henri Gout et la rue Achille Laugé est constituée par 368 logements locatifs, dont les premiers furent livrés le 1er août 1957.

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La cité St-Jacques en 1961

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Vue aérienne en 2016

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La caserne de gendarmerie n'est pas encore construite (pastille rouge). La cheminée industrielle de l'usine Sicart de Tri des chiffons (pastille violette). En bordure de l'avenue Henri Gout, l'ancien magasin des meubles Gérard n'est encore qu'un jardin cloturé.

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L'avenue Henri Gout, ancienne route de Montréal

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Cheminée industrielle dans la rue Achille Laugé 

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La petite maison du buraliste à l'angle de la rue Toulouse-Lautrec n'existe pas encore (pastille jaune). Les immeubles de la cité St-Jacques (pastille verte). De nombreuses maisons sortent à peine de terre au milieu des jardins.

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La rue Achille Laugé et le buraliste à gauche.

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La ferme agricole de St-Jacques, au bout de l'allée des pins, a donné son nom au quartier.

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L'ancienne ferme de St-Jacques, dans la rue André Le Notre, a été acquise par la ville de Carcassonne dans les années 70. Les bâtiments sont occupés par le club de l'âge d'or, le FACV...etc.

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Le stade Mazet (pastille verte), L'école des arts (pastille violette), le château du Marquis de Gonet (pastille rouge), le hameau de Maquens (pastille jaune), la route de Limoux bordée de platanes (pastille bleue). Pour cette dernière, l'aqueduc la longeait encore après le rond point de l'hôpital en direction de la ville. Bien sûr, à droite les pavillons de St-Jacques III ne sont encore que des terrains.

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On se souviendra sans doute des commerces de cette époque : Epicerie Castan, épicerie Armaing, boucherie Seguy, Bureau de tabac Alary, etc.

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21/05/2016

L'histoire du hameau de Montredon

Le hameau

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Montredon

est situé dans le canton est à 3 kilomètres de la Cité, sur un mamelon rocheux dominant à l'ouest le fleuve Aude et en face, le domaine de Saint-Jean, le Fresquel et le Canal du midi. Le nom de Montredon provient de "Monte rotundo" qui signifie butte arrondie. En 1215, le village est donné par Simon de Montfort à la maison de la milice du Temple de Montredon.

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Le hameau vers 1900

Le 22 mars 1703, Monsieur de Cazes, Conseiller au Parlement de Toulouse, devint acquéreur de la Seigneurie de Montredon avec la haute justice, exercée par un procureur et par un juge. Le dernier seigneur de Montredon fut M. Antoine-Roch David de la Fajolle.

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L'église Notre-Dame

La nouvelle église a été édifiée en 1763, car il existait un lieu de culte mal situé dans un endroit fort élevé et d'un accès très difficile en hiver. Une nouvelle maison presbytérale avait été élevée en 1630, en remplacement de l'ancienne qui tombait en ruine. L'église de Montredon fut jusqu'en 1750 celle de Saint-Martin-de-Persan ; elle fut démolie en 1763. Elle a été aménagée à usage de cave. Une pierre qui était encastrée dans le mur du sanctuaire a été déposée au musée de Carcassonne. S'y trouve t-elle encore ? Elle relate une fondation des messes faite en 1521 par André Barona, Docteur à l'université de Toulouse, vicaire perpétuel de cette église.

Le domaine de Saint-Martin

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© chateausaintmartin.net

Le domaine de St-Martin, situé à l'est de Montredon, était autrefois fief, puis métairie noble, sous le nom de Saint-Martin-de-Persan (Villa Porciano). Il appartenait au XIIIe siècle à Rainier de Chauderons et tomba en 1238 entre les mains du roi pour fait d'hérésie. Il devint ensuite la propriété de Bernard de Gougens, notaire de la Ville basse ; puis successivement de Jean Bousquet (1453) - notaire de la Cité, Pierre-Antoine de Saint-Martin (1680) - Conseiller du roy et juge criminel en la Sénéchaussée de Carcassonne, Jean Escapat (1747), David de la Fajolle (1759). En 1820, il fut divisé en deux parties appartenant à Louis Mahul et M. David. A la fin du XIXe siècle, Saint-Martin-le-haut est à M. Bertrand et Saint-Martin-le-bas à Jules Rivals - ancien député de l'Aude. 

Aujourd'hui, le domaine de Saint-Martin est devenu l'une des tables les plus réputées de la région grâce à son chef, Jean-Claude Rodriguez.

Le domaine de la Fajolle

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© Google maps

Ancien fief de la maison de la David de la Cajole. En 1789, Germain David de la Fajolle était Conseille du roi et lieutenant particulier de la Sénéchaussée de Carcassonne. A la fin du XIXe siècle, ses descendants possédaient toujours le domaine. Le domaine possède un hippodrome utilisé chaque été pour les spectacles de variétés du Festival de Carcassonne.

Sources

Cartulaire et archives de l'ancien diocèse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne

(Mahul / 1857)

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